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Full text of "Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes"

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RECUEIL 



DE 



TRAVAUX RELATIFS 

A LA 1 

PHILOLOGIE ET A L'ARCHÉOLOGIE 

ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES 

POUR SERVIR DE BULLETIN A LA MISSION FRANÇAISE DU CAIRE 

PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE 

G. MASPERO 

MEMBRE DE L' I N S T 1 T U l' 
PItOFKSSKUU AU COM.1V.F. DK FllANCK, Dir.KCTKUH d'iSTUOES A I.'kCOI.K PI; A lliiU I: I)I:S HAUTKS itrUDES 



Vol. XXIV. Liv. 1 et 2 




PARIS (2 ) 

MBKAIKIE É.MILE BOUILLON, ÉDITEUK 

67, RUE DE RICHELIEU, AU PREMIER 
MDCCCCII 

Tous f/roits réi'crré.''. 



Toute demande d'abonnement doit être dccomjm'jnùe de son. /nontanr en un chèque oit. iiwndr'''pru^r< 

an nom de M""" E. Bouillon. 



Les abonnés trouveront dans le présent fascicule le titre du tome XXIII 



CONDITIONS D'ABONNEMENT AU RECUEIL 



Le Recueil paraît par volume composé de quatre fascicules. 

Les abonnements se font pour le volume entier, il n'est pas vendu de fascicules séparés. 

Paris 30 francs. 

Dkpartements et Union postale 32 — 

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OUVRAGES 

relatifs à la philologie et à l'archéologie orientales 

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RECUEIL 



DE TRAVAUX RELATIFS A LA PHILOLOGIE ET A L'ARCHÉOLOGIE 
ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES 



1902 Fascicules I et II 

CoNTEXL" : 1) Coiitributo alla Geografia dell' Egitto romauo, da F. P. Garofalo. — 2) Les Idoles arabes et 
les Divinités égyptiennes, par Ahmed-Bey Kamal. — 3) Notes d'épigraphie et d'archéologie assy- 
riennes, par V. ScHEiL, O. P. — 4) Berichtigung. — 5) Varia, von Wilhelm Spiegelbf.rg. — 6) Stu- 
dien zur koptischen Litteratur, von Adolf Jacoby. — 7) Studien ùber die Geschichte des aegyplischeu 
Hausschafes, von D"^ J. U. Dûrst (Zurich) und Claude Gaillard (Lyon). — 8) A travers la vocali- 



sation égyptienne, par G. Maspero. — 9) Le roi ( oTU 1 ( sl ]' P^^ Pierre Lacau. — 10) La 

lecture du mot n^y P^'" Pierre Lacau. — 11) Mélanges assyriologiques, par François Martin. 

— 12) Les plus anciens Monuments égyptiens, par Edouard Naville. 



CONTRIBUTO ALLA GEOGRAFIA DELL' EGITTO ROMANO 

DA 

F. P. Garofalo 

Continuando gli studi suU' Itiiierariam Antonini, ci siamo occupati di quanto esso 
riferisce intorno ail' Egitto, con V aiuto degli autori (specialmente di Strabone, Plinio, 
e massimamente, di Tolomeo clie dà il migliore materiale), degli altri Itinerari, délia 
Notitia Dignitat. Orient., degli scarsi monumenti epigrafici, oltre dei documenti copti, 
e anche più recenti, e délia geografia moderna'. 

In Itiner. Anton, si fa menzione di parecchie vie, che si possono distinguere cosi : 

A) Via dalla Siria fine a Pelusium (pag. 152 W). 

B) Da Pelusium ad Alexandria (152-4). 

C) Da Alexandria a Meniphi (155-6). 

D) Da Pelusium a Memphi (162-3). 

E) Da Pelusium a Serapeum (170-1). 

F) Da Memphi m su lungo la sinistra del Nilo (156-62). 

G) Da Serapeum, o da Heroonpolis, lungo la destra del fiume (164-70). 
E finalraente dall' interne del paese fino al sinus Arabicus. 

H) Da Serapeum a Clysma (170). 

K) Da Coptus (Vedi ^^ia G) a Bérénice (171-4). 



1. Quanto alla geografia di questo paese, rimandiamo aile opère di H. Brugsch, Geogr. fnschri/ten, t. I ; 
e specialmente, Dictionn. géogr. de Vanc. Egypte (Leipz., 1S79; e Supplem., 1880); di Amélineau, la Géogr. 
de l'Egypte à l'époque copte (Par., 1893); e anche di E. Quatremère, Mémoires géogr. et histor. sur l'Egypte 
(specialmente t. I); di F. Roaiou. in Mélanges d'archéol. égypt. et assyr., t. 111, p. 101 sgg. — Quanto a 
cane geograflche, ricordiamo quelle annesse al fascicolo « Egypt Exploration Fund — Archaeological Report » 
(1896-97), maps I-IV. 

recueil, XXIV. — NOUV. SÉR., VIII. 1 



2 CONTRIBUTO ALLA GEOGRAFIA DELL' EGITTO ROMANO 

Si hanno quindi le vie per i centri più important!' : Pelusium {claustra ^gypti), 
la capitale Alexandria, Memplii (importante anche nell' età romana), Heroonpolis^ 
Clysma\ e i due notevoli empori Coptus e Bérénice". Questi ultimi tre luoghi si 
riferiscono al commercio fra il Nilo, il Méditerranée, il Mar Rosso, e quindi anche con 
r Arabia e l' India'. 

A 

E la via proveniente dal Nord-Est. Vi s' incontra : 

Dopo Ostracena (Ostracine)', Cassio, o per dir meglio, Casio (donde incomin- 
ciava 1' Egitto)', 

E poi — dopo 20 mp. — Pentaschœno\ e indi — dopo 20 mp. — Pelusio. 

Questo tratto fra Casium (oppidum), o Casius mons" (od. Catieh), il limite délia 
provincia, e Pelusium (od. EI-Fermâ), ilbaluardo dell' Est, èdell' estensionedi 40 mp., 
secondo il nostro Itiner.\ — Nel mezzo di questo tratto precisamente, si incontra il luogo 
Pentasclioinos, a o cr/oivo-. rispettivamente da Casium e da Pelusium ; vale a dire, 
V intero percorso era di 10 a/oïvoi. 

Qui adunque lo a/oTvoç è valutato --= 4 milia pass. (^ km. 5,92), secondo la pari- 
ficazione légale del sistema Egizio-Tolemaico al Romano, e come ci è confermato da 
un altro documento, parimente delT età impériale {Tabul. Héron. )^\ Taie distanza 
(10 a;^oTvo'.) corrisponde — sulla base di 1 o/oTvo; = 30 stad. — a 300 stadi'' (o 320 st..., 
calcolando lo <t/oIvo; = 32 stadi romani)''. Lo ayoTvo; poi, nel suo valore reale e antico, 
era superiore a 4 mp. rom. ; e ï equivalenza ufficiale romana era non précisa, ma espressa 
con cifra rotonda, approssimativa. 



1. Manca 1' indicazioae délie altie slrade partent!: 1° da Coptus verso il porto del Golfo Arabico Myos 
Hormos, stazione notevole (Strabone, XVII, 1, 45); 2° da Apollonospolis Maior (vedi via F) a Bérénice; 3' da 
Antinou polis (via G) a Myos Hormos, e di qui, lungo la costa del Mar Rosso, a Bérénice (cf. Reoue archéolog., 
XXI, p. 314 sg.). E di altre, da Coptus, da Syene verso porti del Mar Rosso. Noliamo, che queste prime due 
vie, probabilmente, non erano più frequeniate, almeno, diremo quasi, ufiBcialmeute, nel tempo délia redazione 
deir Itiner. Anton. Cio vale particolarraeute per la seconda, la «nova via Hadriana». Di certo per evitare il 
pericoloso Mar Rosso, si usava di più la via da Coptus a Bérénice. 

2. SuUe quali ultime località vedi specialmente Strarone, XVI, 4, 2; Ptolom., IV, 5, 14, etc. 

3. Vedi Strab., XVII, 1, 45; Plin., Hist. nat., V, 9 (11), 60, e VI, 23 (26), 103; Aristid., Oration., t. III, 
p. 536, ecc. 

4. Intorno a questo commercio, anlichissimo ed et\ergieamente ripreso per cura del governo impériale 
romano, vedi MoMMsiiN, Rôm. Gesch., t. V, 596 sgg., e un cenuo in Jung, Grundriss d. Geogr, c. Italien u. d. 
Orbis roni., 2 éd., 16:2 sg. 

5. V. anche Hikrocl., Synecdem., 727, 1; Geokg. Cypr., Doser. Orbis rom., ed. Gelzer, p. 35, ecc. Cf. 
Amélinkau, op. cit., p. 2S8 sg. Si sa che i norai di luoghi Egiziani sono in forma greca, ma i più derivati o 
tradotti da nomi indigeni. 

6. Herodot., II, 158, 4. 

7. Cf. anche Hierocl., 727, 3 W; .Steph. Byz., *-. o. ; Geokg. Cypr., loc cit. 

8. Cf. DiODOR., XX, 74, 2; Mêla (Chorogr.), I, 61; IH, 74; Vitruv. (de Archit.], VIII, 3, 7 R.; Hierocl., 
727, 2; Stepii. Bvz., s. c, ecc. SuUe forme del nome, cf. Brugsch, Dict., p. 915 sg. Sono Kiatov, ch' è da 
preferire, o Ki-riiov. 

9. In Tab. Peut, si ha mp. 21, cioè 23 + 8 (da Casius a Gerrhon, e di qui a Pelusium). Taie cifra si devo 
aumenlare, probabilemeiite correggendo VIII in XVII. E cosi avrebbesi 23 -f 17 = 40, quanlo in Itiner. Ant. 

10. I, 24; VI. 8 (apud Hultsch, Métrologie. Script. Rel., I, 184, 4; 193, 3). 

11. Strab., XVI, 2, 28, Vedi Tab. Héron., cit. — In appoggio dell' equivalenza dello o-yoïvo; a 30 stad., 
potremmo addurre anche la notizia della longitudine di Alessandria, ch' era di 30 slad. (Jos. Flav., Bell. 
Jud., II, 16, 4). 

12. Su questa misura itineraria cf., oltre dell' opéra di Fr. Hultsch, Griec/i. u. rôm. Métrologie, 2 ed. (41, 6; 
53, 1, etc.), specialmente 1' articolo di I. Lévy, nello présente Recueil, XV (1893), p. 162 sgg.; e il lavoro di 
W. Sghwap.z, Der Schoinos (Berlin, 1894), p. 32 sg. 62, 83 sgg., etc. — Più ampiamente ritorneremo sulla quis- 
tione, in un nostro studio spéciale : « Lîna Ricerca metrologica ». 



CONTRIBUTO ALLA GEOGRAFIA DELL' EGITTO ROMANO 



I 






Le due vie hanno di comiine Alexandria. Poi 

Chereu. 

Herniupoli 

Nitliine. 

Andro. cl ( Andro. 



lO 



Chereu mp . 

Hermupoli — 



24 

20 

21 
65 

Questo tratto comune andava quindi per Chereu (Chaereu, cioè Xatpéou [TrôXi;j\ 
Hermupolis (la Minor)', e Andro {Andros in Not. Dign. Or., XXV, 1, A, 5; 'Avopwv 
[-ïTÔXt;]' o Andropolis)\ Fra queste due ultime stazioni è indicata, in un solo passo dell' 
Itiner., una Nithine. 

Le distanze sono date in mp. 2^'" -\- 20^ -\- 2\ (nella Via C)"; e su questa base 
bisogna tentare 1' ubicazione, particolarmente di Andro. Le medesime distanze devono 
essere anche nelT altra via B, dove sono invertite le prime due {Itiner., p. 154, 4-5), dando 
perô un totale identico (20-J-24). Si deve perô correggere 1' altra, da Hermopolis ad 
Andro portandola a 21 (circa). Pertanto bisogna diminuire le due cifre 24 (20) e 12 
[Itiner., p. 154, 2-3), oppure cancellare questa mansio ignota A^/i!/ime (Nitine), il nome 
délia quale non ha riscontro in nessun altro'. 

Le due vie poi si ditîerenziano nel percorso successivo. L' una si volge verso Pelu- 
sium, r altra in direzione di Memphi, passando per 



co 
I 



Tava 

Cyno 

Thmuis. . . 
Tanis . . . . 
Heracleus. 
Pelusio. . . 



mp, 



12 
30 
25 

22 

22' 

22 

133" 



O 






Niciu. 



Letus. 



31 



28 



Memphi 20 

^79 



1. I testi apud Sethe in Pauly's R. Enc, s. q. v., e aoche apud Quatremère, op. cit., 1. 1, p. 418 sg. È 
1' od. El Keriùn. — E ^ r, Xagpt'oj /.war, di Strab. (XVII, 1, 22), cbe perciô era situata a 8 mp. (= 2 cryoïvoi) da 
Schedia, corae questa distava da Alexandria 16 mp. (^ 4 a/oïvot)- 

2. Strab., XVII, 1, 22; Plin., V, 9, 49; Ptol., IV, 5, 46; Hierocl., Synecdem., 724, 1; Georg. Cypr., 
p. 36. È r od. Damanhour. 

3. Ptol., ibid.; Hierocl., 724, 8. La forma Andro trovasi altrove (Athanas., Ep. ad Antioch., 10. Cf. 
Andro-nicius di Georg. Cypr., 37). È detta anche ^Ua AndropoUs (Ephem. epigr., IV, 891, 12). 

4. Diversa da « Archandrupolis » (cioè « 'Ap/_ivôpoj nôXiç», o «Archa» in Baoenn., Herodot., II, 97 sg., 
e apud Sthph., s. c); perché questo luogo era fra Canobus e Naucratis (Pietschmann in Pauly cit.), e in 
oltre le forme sono beu differenli. 

5. Vedi Gregor. Nazianz., Orat., XXI, p. 391, — dove la distanza è di una giornata di cammino. 

6. A questo tratto da Chaereu ad Hermupolis si riferisce il miliar. conteneute m' iscrizione bilingue 
(Proceed. Soc. Bibl. Arch., t. XVIII. p. 54). 

7. Che non più alte debbano essere le cifre, si puô desumere anche da ciô, che sommati questi m. 65 
coi 133 (vedi innanzi), indicanti 1' intervalle fra Andro e Pelusium, si ha 198, cifra che non si puô aumentare. 
Cf. la distanza data dagli autori fra i due estremi ostia Niliaci, il Pelusiaco e il Canobico, e fra questo ed 
Alessandria. Cioè mp. 170 + 12 (Plin., V, 9, 48; 10, 62), o stad. 1300 + 120 (Strab., XVU, 1, 2. 6 e 17). ecc. 

8. Ne in «Naithu» (?) di Not. Or., XXV, I, C, 3 (cf. Bôcking, Annot., p. 307). Ne in « NtTptw-rriç » di 
Strab. (XVII, 1, 23). Se si potesse pero questa Niihin?, idenlificare con Nitria, distante 40 mp. da Alexandria 
(RuFiN., De Vit. patr., 477), si confermerebbe la nostra supposizione délia nécessita délia riduzioue non lieve 
délie cifre segnate in questo passo dell' Itiner. (154, 2-3). 

9. Ptol. dà per errore molto di più (vedi Schwarz, in Rhein. Muséum, 1893, p. 271, n. 1). Su questo 
cammino cf. Qu.\tre.mère, op. cit., t. I, p. 510. 



4 CONTRIBUTO ALLA GEOGRAFIA DELL' EGITTO ROMANO 

Cioè la B) per Tava\ Cytio {Cynopolis)\ Thmuis\ per la nota e importante 
Tanis, ed Heracleus ('HpaxXéoj; [tiôXi;])*. La C) per Niciu (Niquious) e Letus (Letous) 
LetuspolisY . Se questaè 1' od. Aousîm, la prima deve trovarsi nel borgo di Ibschady, 
come si desume specialmente dalle distanze". 

D 

« Iter a Pelusio Memphi. » 

mp. 123 sic 

Daphno 16 

Tacasarta (?) 18 

Thou 24( s^ ^ 

Scenas Veteranorum 26 {"^«Sg?* 



Heliu 14i> 



> 



Memphi 24 

122 

Attraverso Daphno [Daphnœ in Herodot., II, 30 e 107; Daphne in Steph.), Taca- 
sarta (Tacasiria in Not. Or., XXV, I, C, 2)^ si giungeva a Thou [PtoL, id., 73; Not., 
id., C, 4)', a Scenas Veteranorum {IVot. Or.) e ad Heliu cioè Heliupolis [Heliopolis 
degli autori)". 

Questa via non toccava Heroonpolis, la quale è a mp. 24 da Thou {Itiner., 170,1)» 
cioè quanto o più délia distanza fra Tacasarta e Thou. 

E 

« Iter a Serapio [corr. Serapeo] Pelusio. » 

mp. 60 sic 

Magdolo 12 

Sile 12 

Thaubasio 28 

Serapio (Serapeo) 8 

60^" 
Questa via è nella cosi detta Augustamnica (che fu, sotto il Basso Impero, una 
délie provincie Egiziane'^), e percorre il deserto, attraversando le tre stazioni inter- 
medie Magdolus'\ Sile (5e/e (?), Sellœ m Not., XXV, I, B, 4) e Thaubasio {Thau- 

1. Ptol., IV, 5, 50; Hierocl., 725, 4; Georg. Cypr., 37 (e Adnot., p. 123); Steph., s. c. Sul sito vedi 
RoBiou, iu Mélanges d'archéol. cgypt. et assyr., t. III, p. 117 sg. 

2. Pi.iN., ibid., V, 10, 64; Strab., ibUL, 49; Hierocl., 725, 6: Kuvto. 

3. ProL., ibid., 54; Hierocl., 727, 12; Gkorg. Cypr., 35; Amm. Marcellin., XXII, 16; Steph., ecc. Cf- 
QuATREMÈRE, ibid., p. 129 sgg. 

4. Ptol., 53, ecc. E = alla « Sethroe» di Steph. (vedi Geohg. Cypr., 36). 

5. Ptol., 46, ecc. 

6. Cf. A.MÉLiNEAU, op. cit., p. 277 sgg., che dimostra cio anche coi documenti. La cifra dell' Itiner 
relativa alla distanza fra Niciu e Letus, deve conservarsi. Quella di Ptol. è errata, a meno chè non si voglia 
credere (col Robiou, loc. cit., p. 106) chè la via dell' Itiner. sia mollo più al di là di quella direita lungo il fiume. 

7. Per il sito, cf. Bôcking, Annot. ad Not. Or., p. 306. 

8. Strabone. ibid., 27; Plin., V, 9, 49; Ptol., ibid., 53; Hierocl., 728, 3 ('H)iou), ecc. 

9. Per il sito, cf. Amélineao, op. cit., p. 355 sg. 

10. Cf. Plin., V, 11 (12), 65, che pone mp. 165 da Pelusium ad Arsiuoë, cioè 75 da Pelusiuni a Serapeum 
(togliendo i 50 che l' Itiner. Anton, dà fra Serapeum e Clysma od Arsinoë. Vedi via H), eccetto chè quesf ultima 
distanza sia superiore a 50 mp. 

11. In correlazione col canale congiungeute il Mediterraneo col Mar Rosso (vedi Lumbroso, L' Egitto, 
2 éd., 23 sg.). 

12. Cf. Steph. Byz., s. o. 



COXTRIBUTO ALLA GEOGRAFL\ DELL' EGITTO ROMANO 



baseo (?))', corrispondenti agli odierniluoghi Meschtôl e Habasch la prima e V ultima'. 
F e G 

« Iter per partem Arabicam trans 
Nilum. » 



Q>. 



% 



'Oy- 



P) 



Ci 

m 






o 



os 



Memphi (a 24 mp. da Heliu) * 

Peme 

Isiu 

Cène 

Tacona 

Oxyrliynco 

Ibiu 



Hermopoli 

Cusis : 

Lyco 

Apollonos Minoris . . . 

Hisoris 

Ptolemaida 

Abydo 

Diospoli 

Tentyra 

\ Contra Copto 

Indi. 

Papa 

Hermunthi 

Lato 

Apollonos Superioris. 

Contra Thmiiis 

Contra Ombos 

Contra Syene 



20 
20 
20 
20 
24 
30 

24 
24 
35 

18(17?) 
28 
22 
22 

28 
27 
12 

8 
30 
24 
32 
24 
24 
23 



Y) 



T-l 
I 



a) Parte da Serapeum, o meglio, 
da Hero {HeroonpoUs) , 
distante dalla précédente mp. 18 



O. 



o 



I 



o 



Oh 



lO 



lO 



:0 



Indi va a Thou — 
Poi a Vico ludœorum 

— a Scenas Veteranorum . 

— a Heliu 

\ Ed a Babylonia 



/ Scenas Mandras mp. 

Aphrodito — 

Thimonepsi — 

Alyi - 

Hipponon — 

ÎMusœ — 

Peos Artemidos — 

I Antinou — 

J Pesla — 

Hieracou — 

Isiu — 

Muthi — 

Anteu — 

Selino — 

Pano — 

Tliomu — 

Chenoboscio — 

Copton — 



24 

12;14?) 
12 

18(14?) 
12(16)' 

12 
20 
24 
16 
16 
30 
34 

8 

24(23?) 
28 
20 
24 

8 
16 
16 

4 
50 
40 



Vico Apollonos mp. 6(co(l. Reg.) 

Thebas mp. 22 

Contra Lato — 40 

Contra Apollonos — 40 



Z, \ Ombos — 40 

Svene ^ 30 



1. In «Thaubaseos» si deve forse correggere la « Thaubasteos » di Notit., ibid., C, 1. 

2. Che la seconda sia 1' od. Salehîeh, uon è credibile, percliù lo vietano principalmente le distanze (cf. 
A.MÉLiNEAU, p. 459). In Tââpmâau la fissa, ma dubitando, il Brugsch [Geogr., p. 264). 

3. .Seconde il eod. Scorial. Quasi quant' è la distanza in Ptolcm. 

4. Cf. ISO stad. in Flac. Joseph., B. Jud.. VII, 10, 3 (deve lo stad. è = 7 1/2 mp. rom.). 



CONTRIBUTO ALLA GEOGR.\FL\ DEXL' EGITTO ROMANO 









E finalmente : 

Parembole 16 

Titzi 2 

Taphis 14 

Talmis 8 

Tutzis 20 

Pselcis 12 

Corte 4 

Hiera Svcamino 4 



Pliilas mp. 3(daaumeDt.) 



^ \ Contra Taphis mp. 24 

Contra Talmis — 10 



Ph / Contra Pselcis. 



[ 



24 



— 10(11?) 



Adunque nel tratto a) : 

Dopo Serapeum, si lianno Hero' cioè Heroonpolis [Heroopolis) degli autori* (od. 
Tell el-Maskhoutalî), r/«oa', Scenas Veteraiioruin {Not. Or., XXV, I, A, 4; e B, 7)*, 
Heliu cioè HeliupoUs^ e finalmente Babylonia s. Babylon. notevole posizione strate- 
gica' (presso od. Fostât). 

Il tratto compreso fra Thou ed Heliu è ricordato anche in un altro passo dell' 
Itiner. (p. 163, 2-4). Perô qui, oltre délia mancanza di una stazione intermedia, si hanno 
cifre differenti. La distanza fra Scenœ ed Heliu dev' essere la medesimanei due passi, 
XVIII XIIII (cifre facili a scambiarsi graficamente), e forse è da preferire la seconda, 
anche perché nell' altra via D le cifre sono esatte o quasi. Quanto alla distanza fra 
Thou e Scense, si ha nel nostro "passo 12 + 12 = 24, e nelT altro 26. Onde, eccettochè 
non si voglia credere, che in questa via G il percorso difïerisse alquanto, dobbiamo 
ritenere^ che le cifre ammontanti a 24 siano da portare a 26, cioè forse 14 -f- 12. Ora 
nel passo nostro (p. 169, 5) è notato fra Thou e Scen?e Veteranorum un Viens Ju- 
dœorum, che dev' essere, come ora si è detto, a 12 (0 14) mp. da Thou, e a 12 da 
Scense Veteranorum. Non è sicuro se esso sia non diverso da Castra Judœorum di 
Not. Or. (XXV, I, C, 5). Non puô certamente credersi identico ad una délie xaToixîa-. 
dei Giudei in Egitto, situate in Heroonpolis e in Leontopolis, benchè vicine. Solo si 
puô confrontare, con molta probabilité, con quella esistente nel paese fra Pelusium e 
Memphi'. 

P) Veniamo al medio Egitto". Verso la destra del Nilo erano Scenas Mandras 
(Mandrorum : Not., B, 3), Aplirodito (Aphroditopolis secondo gli autori', V od. Atfîh), 
Thimonepsi (Thimunepsi (?) : vedi Not.j B, 8), Ali/i (meglio che Aiy di A'ot., C, 7), 



1. Cosi anche in Steph. ('Hpo)), e in un miliar. (E/>hem. epigr., V, n. 18,1328= C. /./,., III, Suppl., 
6633) : «Ero». 

2. Strabone, XVII, 1, 26; Plin., V, 9, 50. 

3. Vedi sopra, pag. 4. 

4. Vedi BocEviNG, Annot., a. q. 1. 

5. Vedi sopra, pag. 4. 

6. Strab., ibid., 30; Notit., XXV, I, A, 2; Steph., s. o., ecc. I testi in Quatremère, op. cit., 1. 1, p.46sgg. 

7. Vedi H. Willrich, in Archic /. Papyrus forscli. u. cerie. Gebiete, t. I, 1, p. 52 sgg. ; e anche G. Schu- 
BART, Quœstiones de rébus militar. qualesfuerint in regno Lagidarum, Diss. inaug., 1900, p. 35, n. 4. 

8. Nel nostro prospetto (p. 5 sg.) sono segnati i nomi délie stazioni délie due vie, gli uni di fronte agli 
altri, secondo le rispettive distanze. 

9. I testi apud Pietschm.ann in Pauly's EncycL, s. e. Aphroditopolis, n" l. La forma dell' Itiner. Anton. 
è da accettare, perché confermata da Not., ibid., C, 6; da Hikrocl., 730, 2; Georg. Cypr., 38. 



CONTRIBUTO ALLA GEOGRAFIA DELL' EGITTO ROMAND 



Hipponon yeô'iNot., B, 9j, Muse (meglio Muson)\ Peos' Artemidos (od. Scheikh- 
Hassan), Antinou (cioè Antinoupolis'), e una Pesla (?). E nella parte opposta del fiume, 
Peme {Pâme' ?), Cène [Caene, Caenepolis), Tacona, Oxyrhyncho (nota e importante 
città)', Ibiu\ Hermopoli (la notevole Herniupolis Magna''), Cusis (vedi A^ot., 
XXVIII, I. A, 9; Georg. Cijpr., p. 39 (Cusos), ecc; 1' od. 'Al-Qousièh). 

Passando ail' Egitto superiore, suUa via G incontriamo : Hieracon (Hieraconpolis, 
r Hieraco di Not., B, 16, dove è posta immediatamente prima di Mutlieos)', Isiu 
[Not., B, 3)', Miithi [UwihQo^ : Not., B, 17), A/^^ea (Antaeu", Antaeupolis"), Selino, 
Pano'*(PanopoIis, ecc", 1' od. Akhinîm), T/iomii (Thmou Not., B, 4)", Chenoboscio 
{Chenoboscia nelle fonti'% 1' od. Kasr-e>;-Saiyâd), e Copton. 

Neir altra via F) : Lyco (Lycon, Lyco(n)polis), Apollonos [Apollinos) Minoris"' 
(o Mtxpa degli autori)", distante da Lyco forse un po' meno di 18 mp. ''; un' ignota 
Hisoris {T)'\ Ptoleniaida [cognominata. Hermiu), città principale di questa regione, 
Abr/do*" (r od. Arabat-el-Madfuné), Diospolis (cioè laMinor", diversa dalla Maior ch' 
è Thebae;, Tentyra (Tentyris di Plin., V, 9 (11), 60, 1' od. Denderah). 

E sulla riva opposta a Coptos è Contra Copto, stazione militare non lontana da 
quella'*. 

Quanto aile distanze notiamo. che non lungi da Coptus seconde le cifre è Contra 
Copto, a 4 rap. circa in su. Taie dato è ben possibile, quantunque non sia assurdo 



1. Com' è in 'Sot., C, S. Vedi Brugsch, Dictionn., p. 308. 

2. Forse da Ylrfi-iz't cf. coq la forma « Po<5-artemidos » in Not., B, 1 . Non ci pare accettabile la lettiira Speos. 

3. Ptol., 61 ; Am.m. Marcell., XXII, 16; Hierocl., 730, 8, ecc. (I testi in Quatre.mêre, t. I, p. 39 sg.). È la 
nota fondazioiie del tempo di Adriano, uell' Heptanomis, cui si aggiunse allora un nomos nuovo (Schwarz, in 
Rhein. Muséum, Ll, 636 sg.). 

4. Cf. col nome di un villaggio IISijl;; (Oxyrh. Papyri Gren/ell-Hunt, t. II, Pap. 277, lin. 3, 13). 

5. Strabone, ibicl., 40; Plin., V, 9, 49; Ptol., 59. 

6. Per il silo cf. Amélineau, lac. cit., 202. 

7. Strab., 19; Plin., l. c, e 61: Ptol., 60; Ammia.n. Marcell., l. c; i\'ot., XXVIII, I, A, 2. 

8. L' omonima località in Strab. (XVll, 1, 47) potrebbe essere non différente da questa, ove si ammettesse, 
ciô che non è impossibile. che 1' illustre geografo I' abbia spostata, cioè inserita più a nord, verso Latopolis e 
Apollonospolis. Del resto da questo scrittore non si desume, che la sua Hieraconpolis fosse situata sulla sinistra 
del Nilo; giacchè egli, dopo di aver meuzionato città poste sulla sinistra del fiume, ricorda Thebte e Coptus che 
sono sulla destra, indi Hermntuhis e Latopolis situate alla sinistra, poi Syene e Philai, sulla destra, eic. Onde 
uoa si sa dove si trovasse 1' Hieraconpolis. messa dopo Latopolis, qualora non si preferisca credere, che fosse 
sulla destra, come 1' Apollonospolis, messa subito dopo di Hieraconpolis, era sulla sinistra. 

9. Sulla qiiale cf. G. Daressy, in Reouo arc/iéolo;/., sér. III, t. XXV (1894), p. 203. 

10. Cosi pure in Ptol., 71. 'Avtéo-j, in Hierocl., 731, 4; e in Gkorg. Cypr., p. 39. 

11. Secondo gli altri autori (raccolti in PauUjs Enci/cL, s. q. v.). la Diodor. (I, 21, 4) è detta 'AvTai'o-j 
xa)|j,r,, perché, sebbeue grossa località, priva di costituzione urbana. 

12. Vedi Hierocl., 731; Georo. Cvpr., 39; Agatharcii., fr. 22 (in Geographi gr. ininor., l. I, p. 122). 

13. Plin., V, 9 (11), 61. Si ha la forma « Panonpolis » negli autori greci (Come in Strab., ibicf., 4). L' altra 
forma « Pauospolis ■> s' incontra nei papiri (vedi Wesselv, in Wien. Studien, VII, p. 133). 

14. La forma TaoCv si ha in più nomi (Brugsch, Gaogr., p. 190). 

15. Vedile in Pauly' cit., s. c. Clienoboskia, e anche in Qu.viremère, t. I, p. 448. 

16. Puo star bene la forma Minoris piuttosto chè Minore, non essendo necessario aggiungere poli ad Apol- 
linos (cf. le forme Heracleus, Heliu, Letus... semplicemente). 

17. Strab., ibid.. 19; Plin., L c, e V. 9, 49; Xot.. Or., XXVIIl, I, A, 1; Hierocl., 731, 3, ecc. 

18. Perché il totale fia Lyco e Ptolemaida è nell' Itiner. Anton, di 68, meutre chè la cifra 64 data da Ptol. 
è più esatta (vedi Schwarz, in Rhein. Muséum, N. F.. XLVIII. p. 269). 

19. Cf. Brugsch, op. cit., 216. 

20. Strab., 42; Plin., 60; Ptol., 70; Xot.. ibid., B, 11; Am.mian. Marckll., XIX. 12, 3; Hierocl., 731, 8. 

21. Strab., 44; Not., A, 5; Hierocl., ibi-cL, 9; Georg. Cvpr., p. 39, etc. 

22. Sul significato dei luoghi aveuli per prenome Contra, cf. Sethe, in Pauly's Encgcl., s. v. Contra. 



8 CONTRIBUTO ALLA GEOGRAFIA DELL' EGITTO ROMANO 

ridurre alquanto le cifre délia via G, forse di qualcuna délie ultime due mansiones ' , 
ovvero aumentare qualcuna délia via F\ 

y) Dopo Coptos venivano Vico Apollonos\ Thebœ (che rimaneva sempre un luogo 
importante). E nella riva opposta, cioè sulla sinistra, erano un' ignota Papa{Tj\ 
Hermunthi {Hermunthis di Strabone, 47, e Not., A, 16, e Georg. Cypr., p. 40, od. 
Hermonthis negli altri autori% V od. Erment), Lato {Not., A, 6; Georg. Cypr., 40; 
o Latopolis, Latoupolis degli autori classici = od. Esnèh), Apollonos Superioris {Not., 
A, 11^ cioè Apollinopolis od Apollonospolis Maior", 1' od. Edfu). Di fronte a queste 
due ultime erano, sull' altra via G, Contra Lato (Not., B, 8) e Contra Apollonos 
{Not., B, 9). Su questa mçdesima via erano poscia Ombos'' e la nota Syene (Assuân). 
Opposte aile quali erano, nella via F, Contra Ombos e Contra Syene {Not., B, 23). 
Prima di Contra Ombos è inoltre notata una Contra Tlwiuis, di sito incerto, la quale 
presuppone 1' esistenza di una ThnndSj di cui si è veduta un' omonima sulla via da 
Pelusium ad Alexandria. 

Relativamente aile distanze, poichè fra Lato e Contra Lato non dev' esserci molto 
intervallo, bisogna ridurre le cifre délia via G, e precisamente la prima 22, preferendo 
la variante 6, cosi che si abbia per la prima via 8 -j- 30 -|- ^4 = 62, e per V altra 
6 -j- 22 40 =: 68. Foi da Lato a Contra Syene si ha 103, e da Contra Lato a Syene 110 : 
cifre quasi sicure e accettabili. 

8) Segue 1' ultimo tratto, al di là del confine dell' Egitto proprio, cioè dell' ultima 
cataratta presso Syene. Le vie vanno da Syene a Hiera Sycaminos nel territorio 

EtiopicO dettO Awoô/.âjyoïvo;. 

Da Syene a Philas" (od. Pilak). E di fronte, da Contra Syene a Parembole {Not., 
XXV, I, A, 6), a T^it^i, a Taphis\ a Tabnis" (1' od. Kelâbscheh), Tatzis e Pselcis 
(Pselchis in gr., 1' od. Dakkey). 

Neir altra via G erano le opposte ris^ettivamente Contra Tapliis, Contra Talniis 
e Contra Pselcis. 

In ultimo, sulla sinistra del Nilo, erano Corte'^ e Hiera Sycaminos^^ (od. Ma- 
harraka). 

Le distanze poi sono : Nella via F, da Syene a Pselci, mp. 72. Ma nella G, da 



1. Si osservi, che in Ptol. la distanza fra Pano e Chenoboscia è minore di quella notata nell' Itiner. 

2. Ptol. pone fra Tentyra ed Hermunthis una distanza maggiore di quella dell' Itiner. 

3. Vedi Strab., 46 e 47. L' « Apollinopolis parva » di Ptol., 73, che la pone presso Coptus, non puô essere 
che questa. 

4. Cioè « Pape » del documenti Copti. Si é voluto confrontarla con « Pampanis » di Ptol., 68 (cf. « Pam- 
pane» di Not., B, 10), appartenente al nomos Tentyrites (Ptol.) e perciô non lungi da Tentyra. 

5. Plin., V, 9, 49; Ptol., 70; Steph., s. q. c. 

6. Ptol., l. c. I testi in Pauly's Encycl., s. v. Apollinopolis, n" 1. 

7. Ptol., ibid. ; Hierocl., 732, 7. — Cf. Plin., V, 9, 49. È 1' od. Kôm Ombô (Sul sito cf. Champollion. 
l'Egypte sous les Pharaons, t. I, p. 167 sgg.). 

8. «Phil^» è la forma esalta. .Strabone, ibid., 49; Plin., V, 9 (10), 59; Ptol., ibid., 74; Olympiodor., 
fr. 37 (in F. H. G., IV, p. 66). I testi in Quatremère, op. cit., t. I, p. 384. 

9. Cf. iscrizione del re Siico {C.I.Gr., III, 5072), sulla quale vedi Hermès, X, 129 sgg. 

10. Vedi cit. C. I. Gr. , III, 5072 (ed Hernies, l. c.;e Lepsius, Denkni., XII, 97, 440), e anche III, 5039 sgg., 
e Olympiodor., l. c. 

11. Cortia : Agatiiarcii., De Mari Eryt/ir., fr. 22, in Geogr. gr. minores, t. I, p. 123. 

12. PiiN. e Ptol., II. ce. ; e Philostrat., Vita Apoll., VI, 2. 



CONTRIBUTO ALLA GEOGRAFLA DELL' EGITTO ROMANO 



Contra Syeiie a Contra Pselcis, 61. Onde cccetto chô non si voglia ammettere, che la 
diflferenza in meno nella G si ricolleghi alla differenza in più che si ha nella stessa via 
per i tratti precedenti — v' è qualche errore in meno nella predetta via G, il quai 
errore deve trovarsi nella cifra da Syenea Pliilas, che non puô essere di 3 mp., perché 
in realtà e seconde gli autori è maggiore(10 mp. sccondo Ptolom.; 100 stad. secondo 
Strabone, /. c, 50)'"'. In tutto la distanza da Syene a Hiera Sycamino è di mp. 80 
nella via F, quasi uguale a quella délia G, dove si ha : 3 [da corregg. in 10 o poco 
meno] +24 + 10 -[-24+ 10 (11?) = 78 (79?) circa. 

H 

Da Serapeum a Ciysmo {Clysma)\ mp. 50. {Itiner., p. 170,4). 

Questa via terminava a Clysma (od. Tell Kolzum presso Suez)', e si connetteva 
con la via E (e quindi col Mediterraneo), e con la G (e quindi col Nilo). La via intera 
attraversava il canale detto di Traiano, sboccante a Clysma, e avente per centro 
Heroonpolis (od. Tell-el-Alaskhoutah) ; perciô mettente in comunicazione il Mediter- 
raneo col Mar Rosso e col Nilo. 

A questa via intera, da Heroonpolis a Clysma, lunga mp. 50 [vedi via G] 
-[-18 = 68, si riferisce un miliar.. dove si ha precisamente l'indicazione Ab Ero in 
Clysma, cioè délia via cominciante da Heroonpolis e terminante a Clysma. Esso è 
un lapis collocato al 9° miglio di taie via (Mommsen, C.I.L., III, Supplem., 
n. 6633, p. 1214). Ne v' è ragione per credere la Clysma del miliar. diversa dalla 
nostra (come suppose il Mommsen, in Ephem. epigr., V, n. 1328, p. 570 sg., — indotto 
dalla credenza, che nelT iscrizione fosse indicata tutta la distanza, in mp. 59, inferiore 
alla reale, ch' è data dall' Itiner., in 68 fra Hero e Clysma)'. 

K 

« Iter a Copto Beronicen (") usque. » 

(Cioè da Kouft a Berânis). mp. 258 sic [non 208]. 

Questa via, antica (detta Filadelfia)", e restaurata da Augusto (che cioè fece anche 



a. Questa forma Beron. — Trovasi in Hierocl., 733, 3; in Georg. Cypr., Desc.r. Orb. rom., p. 41 (vedi 
Adnot. in Georg., éd. Gelzer, p. 145), ecc. E anche in iscrizioni (C.I.L., IX, 3083). 

1. Cf. anche Heliodor., ^^thiop., VII, p. 373. — Questa cifra di Strab. corrisponde o a 3 ^yoïvoi o a 21/2 
(cioé a mp. 10). 

2. Nel miliar. con iscrizione bilingue (del principio del II, secolo), trovato pochi anni fa in Abou-Tarfa, 
a sud di Philte (Vedi Seymour dk Ricci, in Comptes rendus de l'Ac.ad. des Inscr. et Belles-Lettres, 1900. 
p. 78 sgg.), é indicaia la distanza: 32 mp. da Phil.iî (tanto più che nulia dice 1' ignoranza dell' esistenza, a taie 
distanza, di un' antica localitâ. parimente come si sconosce 1" esistenza di un' allra, a 32 mp. a nord di Philse). 

La lettura nell' altro lato délia colonna « 'xVtvô "0[[i.êo-j] », proposta da S. de Ricci, loc. cit., é assolutamente 
arbitraria; e quindi non si couferma la cifra dell' Itiner. per la distanza da Ombos a Philae (32 mp. secondo 
r Itiner. non 34). 

3. Forma preferibile a « Ciysmo », « Clismo '>. Vedi Ptolcm., IV, 5, 14; Hieroci.. (autore del sesto secolo), 
728, 7; e il miliario che innanzi citererao. 

4. Per le vie da .\rsinoë, cf. Mitthcil. a. d. Sainml. d. Papyr. Erzh. Rain., II-III (1887), p. 261 sgg. 

5. Non 69, come disse erroneamente il Mo.mxisen, Ephem. epigr., V, p. 17. 

6. Ariëmidor. (apud Strad., l. c, infra) riferisce 1' opinione, che ne attribuival' apertura a Tolomeo 
Filadelfo. 

recueil, XXIV. — NOUV. SÉR., VIII. 2 



10 



CONTRIBUTO ALLA GEOGRAFIA DELL' EGITTO ROMANO 



per altre vie) ', aveva stazioni fornite di WpsVa'îc o grandi cisterne. Éricordata da Strab. 
(XVII, 1, 45) e da altri, specialmente da Plin. {Nat. Hist., VI. 23 (26), 102, cf. 29 (33), 
168), che spiega le varie mansiones collocate, « aquationum ratione' ». 

Ponendo i nomi délie stazioni dell' Itiner., e di Plin., gli uni accanto agli altri, 
abbiamo : 



1. Peniconon (?) (Pœniconon? meglio, 

Phœniconon] C^) mp. 27 

2 . Didime (Didyme ?j {<') 24 

3. Afrodito { Aphrodite) 20 

4. Compasi 22(26?) 

5. lovis (o23?) 33^ ^ 

6. Aristonis 25/ 1| 

7. Phalagro(f^) 25(11 

8. Apollonos 23 j s- 

9 . Cabalsi (e) (meglio di 24] 27 

10. Cenon (Caenon) Hydreuraa. ... 27 

11 . Beronicen 18 

Totale mp. 258 



a) Hydreuma mp. 22/ ^ 

h) In monte < 

c) Hydreuma Alterum \95 



d) In Monte 

(prossimaalla seguente). 

e) Hydreuma Apollinis \ 184[ 

/) In moûte 

g) Hydreuma Novum \ 230 

h) Hydreuma Velus s. Troglodyticum 7(9) 
k) Bérénice 20(18) 

257 



Corainciando dalle ultime mansiones, osserviamo l' identità di Hydreuma Vêtus 
sive Troglodyticum {h) con Cœnon Hydreuma. Perocchè Plin. dice, che quella dista 
7 mp. dalla précédente stazione, cioè in tutto 237 da Coptus, e quindi 20 da Bérénice; 
anzi, tenuto conto del deoerticulum di 2mp. (Plin., /. c, 103), la distanza sarebbe a 
18 da Bérénice, precisamente quanta è nell' Itiner. fra Bérénice e Cœnon H^^dreuma. 

L' Hydreuma Apollinis {e) è anche identico alT Apollonos dieW Itiner. '. lufatti esso 
dista da Hydreuma Vêtus m. 239 — 184 ^ 55, quasi quanto Apollonos da Caenon 
Hydreuma secondo V Itiner., dove meglio che 24-[-27è daammettere 27 -f- 27 = 54, che 
più si avvicina alla cifra Pliniana. 

Vediamo ora se 1' Hydreuma Alterum (c) corrisponda a Compasi. La distanza fra 
Compasi e Apollonos é secondo i codd. dell' Itiner., maggiore di quella fra Hydreuma 
Alterum e Hydreuma Apollonos, che Plin. pone in 184 — 95 = 89. Dali' altro canto, 
fra Compasi e Coptus la distanza è quasi uguale a quella fra Hydreuma Alterum e 
Coptus, cioè 90 [94?] (Itiner.)'', e 95 (Plin.). Non v' ha quindi altra soluzione ail' infuori 



b. Cf. con « Phoenicone », di Not. Or.. XXVIII.I, B. 7. Vedi Oly.mpiodor., fr. 37 (in F.H.G., IV, p. 66). 

c. Cf. « Didymos » délia Tab. Pcutiii;). 

d. La forma « Philacon » délia Pcuiing. si avvicina forse alla genuina <I>u).axôJv ? Vedi suUe ^uÀaxat iu 
Egitto, ScHWARTZ, in A^. Ja/irb. f. PliiLol. u. Padag., 1891, p. 71.3. 

e. Cosi in C. /.£,.. 111. 6627. 

1. E/j/iem. epigr., V, p. 5 sgg. ; C./.L., III, suppl., 6627. Puoi anche cf. Garuthausen, Augustus u. 
seine Zeit., I, 1, p. 455. 

2. Di oui 4 sono i veri e propri v/ope-JuaTa, cioè aventi carattere ufficiale, militare (Lumbroso. L'Egitto, 
2a éd., 34-36). Vedi anche E. Scuiaparei.li, Studi suW antico Eçjltto, I (Roma, 1890), p. 103, e n. 4. 

3. La stessa forma èin Peuting. e anche quasi in Ravenn. — « Apollonos hydreuma » in cit. C.I.L., III, 6627. 

4. Cioè 24 + 24 + 20 + 22 = 90. O ponendo 26 in vecc di 22, si avrebbe 94. 



LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITÉS ÉGYPTIENNES 11 

di questa : porre cioè Compasi nello stesso luogo, e forse un po' prima di Hydreiima 
Alterum. E bisogna inoltre ridurre le quattro cifre dell' intervallo fra Compasi e 
Apollonos, in modo che tutte queste cifre, addizionate aile precedenti 93 (o 94) e aile 
susseguenti 54 -\- 18= 72, corrispondano al totale 258 (dato nello stessio Itiner.). Laonde 
la somma délie quattro cifre dev' essere 96 (o 92?). Questo devesi efifettuare senza 
bisogno di cancellare nessuna délie mansiones, ma ammettendo le cifre 23, 25, 25, 23, 
cioè in tutto 96. 

Quanto ail' ubicazione. rimandiamo alla relazione scritta da W. GolénischefE, il 
quale visitô tutti questi luoghi'. 

Vogliamo, in fine, fare un' osservazione intorno alla data redazione di questa parte 
deir Itiner. Anton. 

Dallo studio délie vicende del paese situato oltre i confini dell' Egitto proprio, cioè 
del cosi detto AwoExâayo'.vo;^ rilcviamo, che questo territorio, rioccupato sotto Auguste, 
per molto tempo rimase ail' Impero', e più tardi (nel secolo III) invaso da Barbari, fu 
da Diocleziano, che 1' aveva ripreso, a Barbari attribuito'. Onde la redazione dell' Itiner. 
non puô essere posteriore a quest' imperatore', poichè dopo la cessione ufficiale del 
paese ai Barbari, al territorio non si poteva attribuire alcun valore, nemmeno politico o 
militare, e perciô non poteva interessare 1' indicazione délie vie". 

Napoli, luglio 1901. 



LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITES ÉGYPTIEJXJNES 



PAU 

Ahmed-Bey Kamal 



Les Arabes, à l'époque anté-islamique, professaient trois doctrines : le natura- 
lisme, le déisme et le paganisme'. Certaines de leurs tribus avaient adopté le judaïsme, 
d'autres le christianisme et d'autres le sabéisme, mais elles croyaient toutes aux \ 
différentes influences produites, dit-on, par les vingt-huit mansions de la lune. \ 



1. (( Uae excursion à Béréaice », nello présente Recueil de Trac, rclat. à la philol. et à l'archéol. égypt. 
et assyr., t. XIII (1890), p. 75 sgg. (con lab.). Qui le indicazioni sono poste in laffronto a quelle di altri scrittori. 

2. Sulla quai espressione, forse impropria, cf. questa Recueil, t. XV, p. 169. — Questo territorio di 12 d/oïvo'. 
giungera a Meiakompso (Tachompso), non a Hiera Sycaminos. Laonde non si regge l'equivalenza a 12 (ryoïvot 
dei 54 mp. che Plinio pone fra Syene e quest' ultima localiià (VI, 29 (351, 184). 

3. Vedi le iscriz. C.I.Gr., III, 5101, 5042 sg., ecc. Cf Pïolom.. IV, 5, 74; dal quale avitore soltanto ci è 
dato taie nome del paese, e in oltre da un documento, sul quale vedi Wilcken, in Hermès, XXIIl (1888), 
p. 595, n. 3. 

4. Procop., Bell. Pers., I, 19; vedi Oly.mpiodor., fr. cit.; e C.I.Gr., III, p. 487, e anche 438. — Cioé il 
territorio a sud di Philse (cf. Archic. /. Papyrus/orsch. del Wilcken, t. I, p. 396). 

5. Aggiungasi, che in Itiner. Anton, manca la ineuzione délie città « Diocletianupolis », « Maximianupolis » 
(HiEROCL.. 731, 11; 732, 3; Georg. Cvpr., p. 39, etc.). 

6. Come abbiamo dimoslrato molto probabile auche per la parte riguardante la Brilaunia (vedi nostra me- 
moria in Rendiconti R. Istit. Lomb., ser. II, vol. XXXI V, 1901, p. 842). 

7. \^^^\•\A iU^ \SCS-\ iljbfcj ^U-ûll ilai. 



12 LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITÉS ÉGYPTIENNES 



Le paganisme a dû prendre naissance de temps immémorial, parce que TArabie 
était le théâtre de la guerre typhonienne, et les textes égyptiens signalent Hathor, 
Renen, Bès, Ratho et beaucoup d'autres comme divinités adorées en Arabie et en 
Egypte; toutefois, si l'on se réfère aux historiens arabes, on verra qu'il a commencé 
au temps de l'Ahqaf primitif, c'est-à-dire deux cents ans après le Christ, et qu'il 
s'éteignit au commencement du VII'' siècle'. Quelques autres auteurs assurent que la 
religion d'Abraham et d'Ismail se maintint pure de toute idolâtrie parmi les Arabes 
ismaélites et gorhomites, jusqu a l'extinction de la dynastie dont Mohamed le Jeune 
fut le dernier roi. Suivant d'autres historiens encore, dont l'opinion est beaucoup plus 
probable, à mesure que la nation ismaélite se renouvelait par les rejetons d'Adnân, 
elle croissait en nombre autour de la Mecque, et chacune de ces nouvelles familles, 
dans l'impossibilité de subsister sur un territoire trop peu étendu, était obligée à 
chercher ailleurs une autre demeure. Alors elle emportait avec elle une pierre arrachée 
dans l'enceinte de la Kaâbâ, pour la garder comme relique précieuse ; elle érigeait cette 
pierre à l'endroit où elle s'établissait, et elle y faisait les tournées processionnelles 
(Tawaf), comme on les pratiquait autour de la Kaâba. 

La continuité de ce Tawaf autour des pierres amena insensiblement les descen- 
dants d'Ismaël éloignés de la Mecque à adorer ces pierres mêmes ^ ou à respecter 
d'autres pierres qu'ils avaient adoptées'. Cette adoption des pierres comme idoles a 
dû commencer à une époque reculée, parce que les noms ou les surnoms de quelques 
princes des seconds Djorhom, tels que le deuxième Abd-Jalil et le quatrième Abd-el- 
Madan, font présumer que, même à la Mecque, l'idolâtrie se mêlait, dès leur temps, 
au culte du dieu d'Abraham; car Jalil et Madan ont certainement été des idoles. Au 
dire de notre prophète Mohamed, dont les paroles sont rapportées par Abou-Horera, 
« Amrou-ibn-Lohaï fut le premier fondateur de l'idolâtrie à la Mecque ». Ibn Hisham 
ajoute, à l'appui de ce hadits, qu'il avait entendu dire que Amrou-ibn-Lohaï s'était 
transporté de la Mecque pour affaire en Syrie. A son arrivée à Maâb, territoire de 
Balqa, habité alors par des Amalîkas, il vit que cette peuplade adorait des idoles : 
a Que sont ces idoles que vous vénérez ? » leur demanda-t-il. Ils répondirent : « Ce 
sont des idoles auxquelles nous demandons la pluie et la victoire, qu'elles nous donnent 
sans retard. » Désireux d'embrasser leur doctrine et de la propager, il leur demanda 
une idole pour l'emmener à la Mecque, où elle devait trouver tout honneur. Sur sa 
prière, on lui céda Hobal qu'il installa en effet dans cette ville, et il invita les habi- 
tants à lui rendre hommage*. Depuis lors, l'idolâtrie fut établie, et le nombre des 
idoles augmenta de plus en plus dans la Kaâbâ, jusqu a ce qu'il y en eût 360 auxquelles 



1. ^ ^A^\ \Y r^ ^^1 -^jtW ^ ç^\ ^[\j p. 56-57 -^j\ ^\i^\ ï,Vl Ji^l s <^^l ^1 • 

3. Serat-Errasoul, p. 12 v°. 

4. ^^l ^ \XL^\ iJoAj .Uoïïl ij^^ - or <i.^ ^u* à »^lll -^ -u^ J^ <>\jj- 



LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITES EGYPTIENNES 13 

les Arabes immolaient des chameaux et des moutons'. La Kaâbâ était devenue le 
Panthéon, comme la Mecque l'entrepôt général, de toute l'Arabie'. Le culte que les 
gens de la Mecque rendaient aux divinités patronales des tribus d'alentour était le 
symbole de l'alliance qui unissait cette ville à ses voisins'. 

De ces divinités, je n'ai pu recueillir que les noms suivants : 

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1. Oum-Grohmit, contemporain d'Amrou-ibn-Lohaï, composa à cet effet les deux vers suivants : 

lU>ji c—ii uj>- <^ (J-^ ^' v::.^-v>-l jlJ dU[ j^ l 

Cet épisode dut avoir lieu quatre cents ans avant l'islamisme, s'il remonte au temps de Sabour, fils 
d'Ardshir, fils de Zabek ; il serait antérieur encore, s'il se plaça au temps de Sabour-Za-el-Aknaf. Voir 

^^i aL^ LiCli-l ii_vAj <-V*j2\ iUj. 

2. Grande Encyd. franc., t. XXIII, p. 1176. 

3. >AoA ^J^\ Atfi^ J\ iljj ^ \ro -a1^. 



14 



LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITÉS ÉGYPTIENNES 



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1. Wkllhausijn, p. 2, :î, 61. 



LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITÉS ÉGYPTIENNES 



15 



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1. Les noms de ces idoles ont été recueillis dans les ouvrages ^ , 



suivants : j-^ ^fi^ll _^^ .a^ 0:' ^'jJ ^ 

1 »j^j ^^'*'*' ^.r^' r^* 



16 LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITÉS ÉGYPTIENNES 

On trouve beaucoup de ces idoles introduites en Egypte et qui furent admises de 
très bonne heure dans le panthéon égyptien. Cela provient de ce que l'Egypte était, 
dès la plus haute antiquité, en relations commerciales avec la côte méridionale de 
l'Arabie sur la mer Rouge et avec la côte habitée par les Somalis. Ce sont ces deux 
régions qui sont appelées Pount dans un document qui remonte à la IV^ dynastie\ 

On sait que le Tonoutir, explore par la reine Hatshopsouîtou, confinait au Pount et 
comprenait toutes les régions inconnues situées au sud-est de l'Egypte, entre autres 
l'Arabie. Elle y envoya chercher par mer toutes les denrées précieuses dont l'Egypte 
avait besoin pour son culte et son industrie. Au temps de Ramsès III, une expédition 
navale fut dirigée contre l'Arabie ; on en ramena des vaisseaux et des galères chargés 
de produits du Pount avec les merveilles mystérieuses du pays. Le Pharaon fit venir 
en Egypte les chefs de Tonoutir et leurs enfants, qui arrivèrent en paix avec leurs 
richesses*. 

Enfin, Ramsès IV, le dernier des Pharaons qui se soit occupé d'entretenir des 
rapports entre l'Arabie et l'Egypte, ouvrit une voie nouvelle au commerce, et peut- 
être essaya faiblement de rétablir la suzeraineté exercée jadis par ses glorieux ancêtres 
de la XVIIP et de la XIX« dynastie'. 

Tout cela prouve que, dès les temps les plus reculés, il y avait des routes tracées qui, 
traversant le désert Arabique, aboutissaient à un port de la mer Rouge, d'où l'on 
gagnait sur des navires les ports de Tonoutir. Les historiens classiques mentionnent 
encore des relations entre l'Arabie et l'Egypte. Entre autres, on peut citer Diodore, 
Strabon et Pline l'Ancien. Ce dernier attribue à des Arabes la fondation d'Héliopolis'. 
Enfin, l'Arabie fournit au panthéon égyptien la déesse Rannou et le dieu Bès', ainsi 
que beaucoup d'autres divinités qui pourront trouver place dans cette étude. Indépen- 
damment de ces divinités, certains dieux de l'Egypte paraissent avoir été eux-mêmes 
liés au Pount et au Tonoutir par quelques incidents de leur histoire. Des épisodes de la 
guerre typhon ienne ont eu ces contrées pour théâtre ; aussi Horus et Isis, sous sa forme 
guerrière d'Hathor, sont-ils fréquemment mis en rapport avec ces deux régions'. C'est 
en tenant compte de ces relations bien authentiques entre les deux pays que j'ai osé 
entreprendre cette étude, qui pourra nous mettre sur la trace de quelques faits 
nouveaux.. 



A/WVA 



(j Jj, Manat, sL. 



Manat était l'une des plus grandes idoles arabes. C'était une pierre sur laquelle on 
tuait les animaux en sacrifice et en faveur de laquelle on faisait des prières. Ihn Zeïd 



>_gl3? 






1. Grande Enf^yd. franc., t. III, p. 807. 

2. Grand Pap. Harri^, pi. LXXVH, I, 8, 70. 

3. MASPiiiio. Histoire des peuples de l'Orient, 1886, p. 451. 

4. Pline, Hist. nat., 1. V^I, c. xxix. 

5. Chabas, Études sur l'antiquité historique, p. 148 et suivantes 

6. Ibid., p. 148-149. 



LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITÉS ÉGYPTIENNES 



17 



dit que c'était un temple à Mashlil, adoré par la tribu Kaâb. El-Dahhaq dit qu'elle était 
l'idole vénérée par les tribus Hozeïl et Khozaâ, et adorée aussi par les Mecquois; 
d'autres disent qu'elle était vénérée à la Mecque et chez d'autres tribus, telles que 
Hozeil, Khozaâ, Aous, Khozrag, et aussi chez les habitants de lathrib (Médine) et chez 
ceux des côtes de la mer Rouge vers Mashlil et Qodeïd'. 

Ces traditions, qui, quoique différentes, se complètent entre elles, font ressortir 
que Manat était une divinité mise dans un temple. Elle n'était autre chose que la déesse 
des Égyptiens, qui était l'une des sept Hathors représentées dans le temple 



<::) 






d'Esneh. Elle signifie la nourrice, comme le prouve sa variante , et était adorée 

^ AAAAAA -d nJ 

a Denderah'. Lanzone, dans son Dict. de Myth., p. 863, mentionne cette dernière 
variante comme nom de Hathor identifiée avec Isis. Hathor, qui signifie l'orbite solaire, 
symbolise la maternité et l'allaitement, et représente d'une manière générale la mère 
du soleil. Elle était adorée à Abou-Simbel, à Thèbes, à Héliopolis, à Kousse, à 
Nefrous, au Sinaï et dans le Pount. Les textes du Sinaï disent qu'elle y était la divinité 
locale. Il en résulte qu'elle y personnifiait la divinité femelle. La vache Hathor^ dit 
Brugsch, a une valeur cosmogonique et représente le principe féminin du Cosmos, 
comme le taureau représente la force masculine et créatrice de la substance primor- 
diale '. C'es^ pour cette raison, je crois, que les anciens Égyptiens avaient donné le nom 
de 






,,^^_^ à une constellation qui me parait correspondre en arabe à celle du jjj 
(piquet). 

On peut conclure de ce qui précède que Manat était adorée en Arabie, avec sa 
valeur cosmogonique, et que ses adorateurs étaient des vrais Sabéens. 



OBSERVATIONS LINGUISTIQUES 



Outre le nom de Manat, on trouve en égyptien plusieurs autres mots dérivés de la 









S 



AA/V^A^ 



\n 



racme , qui se rencontrent aussi avec le même sens en arabe. Tels sont : 

IlL. nom propre très familier chez les Coptes de nos jours. 

i^^ — ^ mort, trépas. 

\x^ port. 

\A pl. J^ poids de deux rotolis. 

ûU piocher la terre. 

/j^U ne minima quidem pars. 



.iiimiiii. i::^ 

ttmimi 

/VWVNA 



=0= 



AAAAAA \^ 



J^. <y 



manne blanche. 



1. Commentaire de Khatib-el-Shirbiui sur le Coran, t. IV, p. 123. Voir aussi Atfi> jj; dllil JUc J-l Vjj 

^5^^. 

2. Boghiet-el-Talibin, p. 131, 

3. Grande Encycl. franc., t. XIX, p. 911. 

RECUEIL, XXIV. — NOUV. SÉR., VIII. -i, 



18 LES IDOLES ARABES ET LES DIVLNITÉS ÉGYPTIENNES 



A® ^lo Mempbis, 



AA^A^^ 



6 



P U « ri ^ Éiiiiiitii — 

*'^, /www j) v^ quelqu'un, quelqu'une. 






i:,u pi. ù^ nom vulgaire pour désigner les petits gâteaux de 
différentes formes, et généralement de la forme 
indiquée par le déterminatif égyptien. 






Rotaâ — Uj 

Rotnâ désigne un temple d'idole vénéré par Rabiâ' (icjj). Ibn Ishac confirme cette 
attribution et ajoute que Rabiâ est une tribu descendant de Koleib, fils de Zeïd, fils de 
Amim. Mostaougbar mentionne cette idole dans le vers suivant : 

Je n'bésite pas à comparer Rotaâ ou Ritaâ à ^^Pr. , forme féminine de Râ, que 
les textes désignent par la légende suivante : '^ Pa ] 

Rât réside donc dans le Tonoutir\ Lepsius donne, comme variante de cette déesse, 
, Rataoui*, que ChampoUion appelait Ritho'. Elle avait pour fils ^^G 



o I 

Harpocrate, et se trouve coiffée, sur les monuments, du disque et des cornes de Hathor, 

et quelquefois associée au dieu Mentou. Elle était adorée dans la Thébaide et vénérée 

également sous sa forme d'Isis dans la localité appelée Senem\ 

Il est à remarquer que les Arabes honoraient au fond la déesse Hathor sous 

différents noms et avec des attributs variés, entre autres le nom de Rotaâ qui, par des 

modifications accidentelles qui nous sont inconnues, est devenue temple d'idole qu'elle 

avait été. 



J 



^ „ ;,- -^ '.J — Vanneau 



Boana est une idole adorée par des Qoreishites qui lui rendaient honneur, lui 
faisaient des sacrifices, prêtaient en sa présence des serments et restaient chaque année 
auprès d'elle une journée entière jusqu'à la nuit'. Je rapproche Boana de Bonou, 
^^ (vanneau), qui est consacré à Osiris et qui est l'emblème de la résurrection. 

Bonou, dont la présence à Héliopolis symbolisait le retour d'Osiris à la lumière'. 



J 



1. Lexique de Ferouzabadi, t. IV, p. 389. 

2. o^ ^o ^^^ ^^ ^jj^, _^ ^^ ^1 -j^^^ . 

3. Boghiet-el-Talibin, p. 157. 

4. Denhin., IV, 51. 

5. Champollion, Dictionnaire /liéroglyphigue, p. 110. 

6. Boghiet-el-Talibin, p. 157, et Piehret, Dict. d'Archéologie, p. 479. 

7. Saïd Dahlan, Ël-Slrah-cl-Nabaouya, p. 78. 

8. PiEiîRKT, Dlct. d' Archéologie, p. 94. 



LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITÉS ÉGYPTIENNES 19 

paraît avoir été le type de la fable gréco-égyptienne du phénix. Les Arabes ont fait 
de ce dernier nom Faqannos et l'ont ainsi décrit : a C'est un grand oiseau au bec percé 
de quarante trous. Il chante agréablement, en faisant toute espèce de mélodies mer- 
veilleuses et touchantes. Il se dirige vers un sommet de montagne et se met à 
ramasser des bois autant qu'il veut, puis il reste quarante jours à pleurer et à se 
lamenter sur sa mort. Beaucoup des gens qui viennent l'écouter trouvent du plaisir 
dans ses douces chansons. Il monte ensuite sur le combustible et bat fortement ses 
ailes jusqu'à ce que le bois prenne feu et le réduise en poussière. De cette poussière 
renaît un autre oiseau semblable \ » 

H. Brugsch a signalé que Bonou était aussi un des noms sacrés de la planète 
Vénus. Cet astre, par ses apparitions successives, au soir et au matin, était une excel- 
lente expression des périodes de renouvellement'. Je crois que les Qoreishites, ado- 
rateurs de Boana, tenaient compte de ces périodes, et qu'à la fin de l'année ils se 
réunissaient autour de leur idole et restaient toute une journée pour célébrer sa fête 
annuelle. 

L'àme, dit Maspero, est libre de prendre toutes les formes qu'il lui plaît revêtir. 
L'entrée de l'âme dans un épervier, dans un phénix, dans une grue ou bien dans une 
hirondelle, marquait seulement l'assimilation de l'àme au type divin qu'elle représen- 
tait'. Cette idée religieuse a trait à la tradition de certains savants arabes, exprimant 
que l'àme, après avoir quitté le corps, a toute liberté d'entrer dans un autre corps. 
Cette tradition s'appuie sur le Hadits (parole recueillie du Prophète) disant que les 
âmes des fidèles ou des martyrs s'introduisent au sein des oiseaux verts*. 

On voit donc par l'identité des noms et la concordance des traditions que <->\y 
n'est autre chose que le Bonou des Égyptiens. 



J m — o-* — •^^^' ■^^^' Bésa 



Bos est un temple élevé par Zalim, fils de Saâd, après sa visite de la Mecque, pour 
la tribu de Ghatafan. Il avait vu les Qoreishites faire le tour de Kaâbà et des courses 
entre Safa et Maroé, et il lui avait plu de mesurer Kaâbà et de bâtir dans son pays 
un temple pareil, de la même grandeur. Il détacha alors une pierre de Safa et une 
autre de Maroé, et les plaça dans le temple qu'il avait construit, en donnant à chacune 
de ces deux pierres le nom du rocher duquel elle avait été détachée. Depuis lors, les 
Qoreishites y accomplissaient leur pèlerinage, sans avoir besoin d'aller le faire à la 
Mecque dans les endroits sacrés. Cela ayant irrité la colère de Zoheir, fils de Ganab- 
el-Kalbi, celui-ci tua le fondateur et détruisit en même temps le temple'. 

L'assimilation de ^^ — Bos à Bès jl ' M^ des Égyptiens est un fait .qu'on peut 
confirmer facilement par les textes. Bès est d'origine non égyptienne et ses attri- 



1. Lexique de Ferouzabadi, t. II, p. 279. 

2. PiiîRRET, Dict. d' Archéologie, p. 94. 

3. Maspero, Histoire ancienne des peuples do l'Orient, p. 37, 1886. 

4. Boghikt-el-Talibin, p. 68. 

5. Lexique de Ferouzabadi, t. II, 236. 



20 LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITÉS ÉGYPTIENNES 



butions sont complexes. Un texte dit qu'il provient de l'Arabie^ non qu'il en soit 
originaire, mais c'est par là qu'il est arrivé en Egypte'. C'est effectivement par l'Arabie 
que les Égj^ptiens devaient communiquer avec l'Inde'. 

D'après la tradition arabe, Bos n'est qu'un hôte passager de l'Arabie, parce que le 
temple qui lui a été consacré n'était qu'un monument éphémère. Cela s'explique s'il 
était venu de l'Inde dans la vallée du Nil, en passant par l'Arabie où il ne fit malheu- 
reusement qu'une courte apparition. Et c'est donc de TÉgypte qu'il passa aux Assyriens, 
aux Phéniciens et aux Cypriotes, dont les imitations sont tellement exactes qu'on doit 
les garder comme des calques du type égyptien'. 



Â^' jJA^ ~~ ^^*^^^^' Sirius — ^Sy> 



A l'époque anté-islamique, un des notables des Khozâïtes et des ancêtres maternels 
du prophète Mohammed, au nom d'Aboukabshé, ayant observé que le cours de Sirius 
fait contraste avec celui des autres astres, en ce sens que Sirius traverse le ciel en 
longitude, tandis que les autres le font en latitude, se mit alors à adorer cet astre le 
plus brillant au ciel, et invita sa tribu Khozââ et les Himyarites à lui rendre honneur. 

Les infidèles parmi les Qoreïshites, qui se rappelaient le fondateur de la doctrine 
sothiaque, avaient surnommé le prophète Mohammed « fils d'Aboukabshé » ; car celui-ci 
leur avait imposé Sirius comme dieu, et Mohammed leur institua l'islamisme. 

Les Arabes qui n'adoraient pas cet astre croyaient qu'il avait de l'influence dans 
l'univers; c'est pourquoi le Suprême-Etre, pour leur enlever cette fausse idée, se 
qualifia Dieu de Sirius*. De tous les astres, le mieux connu et le plus important était 
l'astre d'Isis, Sirius d'où les Arabes ont fait iSj»^ ■ Les Égyptiens le nommaient Sopti 
et les Grecs Sûthis\ 

La divinisation de cet astre est affirmée par les textes égyptiens. Mariette a décou- 
vert à Assouan un temple consacré â Isis-Sothis n -^^ À ^ . qui était considérée comme 
la régulatrice de l'année égyptienne civile et comme le point de départ du nouvel an 
qui commençait au lever héliaque de l'astre. Une partie du temple de Dendérah était 
consacrée aux cérémonies du culte de cet astre \ 

Il est donc prouvé que Sirius était vénéré par les Arabes aussi bien que par les 
Égyptiens ; mais les motifs qui ont donné lieu à sa vénération n'étaient pas les mêmes, 
car les Arabes l'avaient adoré à cause du contraste que son cours présente avec celui 
des autres astres, tandis que les Égyptiens ne l'ont fait qu'à la suite de son lever qui 
marquait le commencement de l'inondation et de l'année civile, si bien que le système 
chronologique du pays reposait sur lui '. 



1. PiERRKT, pict. d'Archéologie, p. 94; voir aussi Denkm., IV, 65, 85. 

2. Chabas, Études sur l'antiquité historique, p. 94, 144. 

3. Ibid., p. 148. 

4. Commentaire d'Ibn-el-Kbatib-el-Shirbini sur le Coran, t. IV, p. 133. 

5. Maspero, Histoire ancienne, p. 71, 1886. 

6. PiERRKT, Dict. d'Archéologie, p. 520. 

7. Maspero, Histoire ancienne, p. 72. 



LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITES EGYPTIENNES 21 



M-k 



^ — -u^ — Sàd 



Sàd est une idole figurée sous la forme d'une longue pierre. Elle était adorée par 
les Milakanites, descendant de Kanaué, qui l'avaient dressée dans une région de leur 
territoire. Un homme de cette tribu vint avec des chameaux qu'il avait achetés pour les 
offrir à l'idole, en vue de solliciter sa bénédiction. Les chameaux paissant, ayant vu 
l'idole dégouttant du sang du sacrifice, prirent la fuite par terreur en se dispersant çà 
et là, ce qui mit le Milakanite en colère. Il saisit alors une pierre et la jeta contre 
l'idole en disant : « Que tu ne sois pas bénie, car tu as effrayé mes chameaux. » Il partit 
ensuite à la recherche de ses bêtes, et, les avant réunies, il dit : 



Jk«-- *v^ *^jA_s JjL-- VjSiZ^i \ LL,—- «-»-?^ JL*.Mi / V ' '^' 



Je me permets, sous toute réserve, de rapprocher j^«- de la déesse égyptienne 
Saàt, TtTtT ^^ , parce que c'est le nom de l'Hathor qui est adorée en Arabie'. Si 
cette identité a sa raison d'être, il s'ensuit que les Milakanites adoraient Hathor sous le 
nom de Saâd, et que ce dernier nom, qui signifie le bonheur, est sémitique et non 
égyptien \ 

OBSERVATIONS LINGUISTIQUES 

L'emploi du signe ]^a ï, à la place de la lettre arabe ^ est très fréquent, surtout 
dans les mots sémitiques, par exemple : -g^ TtT»T ^^^® = '^^i- tête — ^^jl T^T^T ^^^^ 

^= ^ , présenter ses respects, saluer, ^ ; T^T^T ^^ ^^^ ^1 , ^U , soumission, 
paix, cesser, abandonner. Le signe ^ remplace souvent le signe ^=^>, tel que |l \\^ ■, 

Thagout est une idole adorée surtout par les Mecquois. Le mot a dans la langue 
plusieurs sens tels que Satan, démon, diable, sorcier, magicien, devin, homme rebelle 
et méchant'. Il est cité plusieurs fois dans le Coran, entre autres dans deux versets 
suivants : 

Chap. IV, 54. — « N'as-tu pas remarqué ceux qui, après avoir reçu une partie des 
Ecritures, croient au Djebt et au Thagout (noms des divinités ou des temples des 
Arabes idolâtres', et qui disent aux infidèles qu'ils suivent une route plus vraie que 
les croyants ? » 



1. \KoK .^ ^UU or ZJ^" ^llA à dim ju. Ju^ S} i'jj 

2. Boghiet-f.l-Talibin, p. 189. 

3. DùMiCHEN (IV, 36,12) dit qu'elle signifie la primordiale. 

4. Lexique arabe de Ferouzabadi, p. 414, t. IV. 



22 LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITÉS ÉGYPTIENNES 



Chap. IV, 63. — « N'as-tu pas vu ceux qui prétendent croire aux livres envoyés à 
toi et avant toi^ demander d'être jugés devant Thagout, bien qu'il leur ait été défendu 
de croire en lui? Mais Satan veut les faire dévier bien loin de la vérité'. » Les Arabes 
connaissaient bien Hermès Trismégiste, identifié par les Grecs au dieu lunaire des 
Égyptiens, Téhut, Thoth ou Thot. L'identification se fit à cause du caractère de 
conducteur des âmes commun aux deux divinités : l'épithète de « trois fois le plus 
grand » fut empruntée aux Égyptiens par les Grecs. Beaucoup d'anciens livres, au 
nombre de 20.000 d'après les uns, de 30.500 d'après les autres, portaient son nom. 
En outre, les écrits alchimiques, sous le nom d'Hermès, sont continuellement cités 
par Zosime, par Stéphanus et par les autres auteurs grecs d'ouvrages scientifiques. 
Les Arabes en ont connu ou composé d'autres, et la fabrication des écrits hermétiques 
en latin a duré pendant tout le moyen âge^ Enfin Hérodote, en parlant des ibis 
(symboles de Thot) qui combattaient avec les serpents ailés venant de l'Arabie pour 
faire du mal à l'Egypte, nous rappelle que les Arabes savaient que ces oiseaux étaient 
respectés par les Égyptiens''. Si l'on se rapporte encore à la mythologie, on verra que 
le culte d'Hermès existait dans une grande partie du monde sous différents noms. 

, Thot, O %^ > ^i^ , copt. n, TisSi, ^s&\, grue, ibis, sert à écrire le 



nom du dieu Thot; ^^, [J®, ^11^' T^' #^D' "^' ^'^''^^ '^""'^^ ^''''^ 
on faisait une huile^ nommée takhou, en arabe '^, huile de sésame (?). Si l'on admet 

ce rapprochement ^ y^^^^ homophone de Cj^I[U, ne serait que le sésame, plante 
très répandue en Egypte, et ne devrait être consacrée au dieu Thot que par simple 
calembour. 



^ 



— 9'\^ — Sowâ 



Cette idole est mentionnée avec d'autres au Coran, dans le chap. lxxi, dit de Noé : 
(22) (i Leurs chefs criaient : N'abandonnez pas vos divinités^ n'abandonnez pas Wedd 
et Sowâ, (23) ni laghouth, ni laouk, ni Nesr. (34) Ces idoles en ont égaré un grand 
nombre et ne font qu'accroître l'égarement des méchants ^ » Selon les commentateurs, 
ce sont les noms de quelques hommes vertueux qui auraient vécu entre Adam et Noé; 
le respect qu'on avait témoigné pour leur mémoire aurait ensuite dégénéré en grossière 
idolâtrie". 

Mawardi dit que Sowâ était une idole adorée par la tribu de Hozeïl sur la côte de 
la mer Rouge. Radi raconte qu'elle était vénérée par la tribu de Hamadan. Waqidi 
s'explique autrement : « Il signale que Wedd avait la forme d'un homme, Sowâ celle 
d'une femme, laghouth celle d'un lion, laouk celle d'une jument, Nesr celle d'un 



1. Trad. du Coran par Kasimirski, p. 71-72. 

2. Grande Encycl. franc., t. XIX, p. 1188. 

3. Trad. arabe d'Hérodote. MV-MT iLi^^ Yo iv,L. (j^j[.i!) j^l ^\:.<jl 

4. FiÉRRKr, Voca^HZaf/-e, p. 679. 

5. Trad. du Coran par Kasimirski, p. 480. 

6. Commentaire de Kliaiib-el-Shirbini, t. IV, p. 378. 



LES IDOLES ARABES ET LES DIVINITES ÉGYPTIENNES 23 

aigle'. » Il parait cependant que Sowâ a été introduit de bonne heure dans le pan- 
théon égyptien, parce qu'elle est homophone de ''^(j^^ • qualifiant la forme locale 
d'Hathor de Lycopolis', connue depuis l'Ancien-Empire. Comme cette dernière déesse 
était adorée au Sinai et dans le Pount', aussi bien que dans plusieurs villes de l'Egypte, 
on pourra vraisemblablement admettre son identité avec ^'j-- 



A "p ^^ J<} — ^y, — laghouth 



laghouth était adorée par plusieurs tribus, entre autres Anéôm des Taites, les habi- 
tants de Gorache, la tribu Mazheg, Ghatif de Morade à Gorf dans la région de Saba en 
Yémen, Morad. Ghatafan '. 

Ibn Osman-el-Hindi déclare avoir vu laghouth en plomb. On le portait, dit-il, en 
voyage sur un chameau, et l'on ne s'arrêtait que lorsque ce chameau s'agenouillait de 
soi-même. Alors on campait dans cet endroit, disant que l'idole l'avait choisi à cet effet', 
laghouth étant homophone de 7\ ^ j| , dont le nom est mystérieux, l'identi- 

fication entre eux est^ paraît-il, admissible. Plutarque appelait cette déesse égyptienne 

Sawd'.c . 

En se référant encore aux textes et aux tableaux égyptiens, on verra que cette 
déesse, qualifiée fille de Rà, œil de Rà, régente d'Héliopolis, est représentée avec la 
coiffure hathorienne\ ce qui nous porte à y reconnaître une forme d'Hathor adorée au 
Sinaï et dans le Pount. Les Arabes devaient, par conséquent, la connaître. Levi affirme 
aussi que lou-s-aas est le nom d"Hathor-Astarté\ Cette dernière déesse étant origi- 
naire de Sidonet admise dans le panthéon égyptien, elle est donc phénicienne, et c'est 
de la Phénicie qu'elle passa à l'Arabie et en Egypte. 



0\ — c$> — Ozza 



Ozza, nom d'une idole de la tribu de Ghatafan', mentionnée dans les versets sui- 
vants du Coran : ^18) « Il (le prophète) a vu la plus grande merveille de son Seigneur. 
(19) Que vous semble de El-Lat et d'Al-Ozza? (20) et de cette autre. Menât, la troisième 
idole"? » 

Les commentateurs disent qu'Ozza était un arbre sacré, adoré par Ghassan, que 
son nom est dérivé de celui de Dieu, Jr_jc, puissant, cher, honoré, ou bien qu'il est la 
forme féminine de jcill , puissante. Ils ajoutent que le prophète Mohammed avait ordonné 
à Khalid-ibn-el-^\''alid de couper cet arbre, et que ce dernier, s'étant mis à l'abattre, 
s'écria : 

iJtui ^; ail ^jj ji di:i^ V dijiy<"jc i 

1. Brugsch, Dict. Géogr. p. 662. 

2. P. PiERRKi, dans la Grande Encycl. franc ., t. XIX, p. 911. 

3. \AoA <L- (J, ^^jJall oT l\^ pH* J; iljj) ^1« ^^ J.^ J*l_5 ^L? ^^ ^ > • 

4. Commentaire de Khatib-el-Shirbiui, t. IV, p. 378. 

5. Boghikt-f.l-Talibin, p. 111. 

6. PiERRET, Dict. d'Archéologie, p. 278. 

7. S. Levi, Dizionario, t. V, 2, p. 3. 

8. Kasimirski, Dict. arabe-franc., t. III, p. 300. 



24 NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 

« Ozza ! infidélité et non louange à toi, j'ai vu que Dieu t'a dédaignée \ » 
D'après Mohammed ibn Hisliam, Ozza était adorée à Nakheleh par les Qoreïshites 
et par les Beni-Qanané, gardée et soignée par les Beni-Shéïban *. 

Ibn Hisliam raconte que le prophète avait envoyé Khalid-ibn-el-Walid avec 
mission de détruire, à Nakheleh, Ozza, qui était un temple fondé par El-Salmi et 
vénéré par les Qoreïshites, Qanané et Modar. Le fondateur, ayant appris le but de la 
mission, pendit son sabre dans le temple et s'appuya contre le rocher sur lequel ledit 
temple était élevé. Alors il se mit à dire : 



yo^i^^ ^\-^ f\—\ ^i-^ '-^^ ^'JlI J^ Ï ôl (i> U 



Bref, Khalid accomplit sa mission en détruisant le temple. 

I (j Pn et iS'f "^oi^t homophones et paraissent ne désigner qu'une seule déesse, 
adorée aussi bie n en Arabie qu'en Egypte, car les textes égyptiens signalent son 
culte dans | ^.^^.^ l'Arabie septentrionale et dans beaucoup de villes de la vallée du Nil*. 

Or, il est tout probable que ces deux noms identiques désignent la déesse Ouadji, 
devenue en grec Bouto, bien que les traditions arabes ne concordent pas bien avec 
les rôles que les anciens Égyptiens prêtaient à cette divinité. 



NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 

PAR 

V. SCHEIL, 0. P. 

LXII. Rois, princes et dieux nouveaux. — 1. Je trouve trois nouveaux rois sur 
quatre tablettes achetées récemment par moi au Bazar de Constantinople. La première, 
bien cuite, rappelle par le fond et la forme les plus beaux contrats de l'époque Ham- 
murabi-Samsi iluna. Les trois autres, non cuites et en mauvais état, sont un peu moins 
anciennes et rappellent, par le type d'écriture plus cursif et plus couché, certaines pièces 
d'Abisum et successeurs. 

a) Liste de dons en argent (SA-BA...) de Ya--si ilu qui l'apporte de TIN-TIR- 
(ki), de I-li za-ni-i-ni, de Sin be-el >->jp, de Sin ta-ya-ar, de Ha-ab-di a-ra- fils 
de Sin a-bu-su, de Sin se-nii, etc. 

Date : ID SU-ZIR-A UD 24 {kani) 

MU ilu SIN {EN-ZU) I-RI-BA-AM sarri. 



1. Trad. du Coran par Kasimirski, cliap. lui, p. 434. 

2. Commentaire du Coran par Khalib-el-.Shirbini, t. IV, p. 122, 123. 

3. ^AoA 4;L- f-^U *l^* ^l^ â vfilll JLc J<^ Jl Vjj 

4. Lanzoni!, Dizionari di Mitoloçjia, p. 177. 



NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 2n 

b) Pièces de comptabilité intéressant Samas ha-zi-ir, Na-na-a ri-èa-at, E{^)-la- 
la-tum, etc., et les fonctionnaires PA-{mes). 

Dates : ID GUD-SI-DI-A UD 4 (kam) 

MU 4^ If -^ et CZLjf ^ {XERGAL ILU) sarri. 
ID KIN [ilu) Istar UD 29 {kam) 
MU NERGAL ILU sarri. 

c) Pièce de comptabilité (fournitures). 
Date : ID AS A UD 15 {kam) 

MU ^ ï^ Ç=T GIR{'>)-NE-NE (ou TE-DIM-DIM) sarri. 
De ces trois noms, le premier Sin iribam est absolument certain. A cause du 
caractère peu ferme de l'écriture, je serai moins affirmatif pour les deux autres. 

d) J'ai aperçu aussi une tablette votive au nom de Gungunum sar ^"^{sic) gr<^ «< y 
^]^, sar KI-EN-GI KI-BUR-BUR, par conséquent, de Gungunum, roi de Larsa 
(et rien d'Ur), i^oi de Sumer et Accad. 

e) Un autre roi de ces pays, mais d'une époque postérieure^ à en juger par l'écriture 
négligée assez semblable à celle des Kassites, s'appelait deux fois, dans une inscription 
votive, y ^^ *^I^T'^ *"Hf~ It II ^^^^^B' c'est-à-dire iY/-?V/ Aya, dont le sens peut 
être (( victime, c'est-â-dire offrande vouée à Aya ». rac. np":, ou encore et mieux « nour- 
risson de Aya », rac. pr, en comparant lidu, lid, (( enfant », formé de ibi. 

2. Profitons de l'occasion pour signaler aussi un nouveau patesi d'Asnunak, que je 
trouve sur un beau cachet-cylindre en lapis : 

Ur {ilu) Nin-gir-su 
pa-te-si ^ *^"fff ('^^'O 
Gir-ra ba-ni 
dumu-ni. 

3. Je possède un autre petit document juridique mentionnant un nouvel éponyme 
de la fin du royaume d'Assyrie sous la forme suivante : ^y>- >4^ y *->^ >-][f^ ^n 
^^^ ^y »-]^ ^y>^ "^yy^, que je lis : limmu ilu Nabû tap-put ital-ak rab saq. 
Le nom signifie : « le dieu Nabû marche en (ma) compagnie ». 

Le signe ZAG, KIR, doit avoir une valeur phonétique PUD, d'où sa valeur idéo- 
graphique /)î2«î?<^ /)wc/i< ou vice versa. A ce titre, ce petit document serait doublement 
intéressant ! 

4. Un prisme votif en lapis, avec inscription babylonienne (époque kassite ou 
après), nomme deux dieux nouveaux. — D'après un estampage : 

TAK SIT {TAK) Z A-GIN Cachet en lapis 

y {ilu) Nabu apal iddin, {AK A MU) que Nabu bal iddin, fils de 

apal-su sa 

y {ilu) Samas eris {KAM) a-na balat Samas eris, pour la vie 

napsâti-su a-ra-ak de son âme, la prolongation 

umê-su [u] sa-bat de ses jours, l'atteinte 

RECUEIL, XXIV. — NOUV. SÉR., VIII. 4 



26 NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 

a-hu-ti-èu a-na [Uta) ^ "^11^^ ^^ -^^^ désir, à la déesse GAB-SAG (ou 

RIS), 
hi-rat (i/u) Jy i^^ff bêli-su iqi-es. épouse du dieu A-IM, son seigneur, a 

voué ! 
La variante ou mieux l'addition de sabat abutisu aux formules ordinaires est 
intéressante. 

Les deux noms divins paraissent ici pour la première fois. 

LXIIL Pièce juridique d'Élam, en langue sémitique. 

'■ ^ ^ <^ fcfT ^ ^ ^ ^.^ ^ ^^..^,^. Ki-si-im-ma-ra-tu 
^^^ ^v ^^ ^^ ^ ^} f^< ^._.^_^^ .^ g._.^_^^^ 

^< <u 4- ^ ^^ ^^ é^ ^^ Sa-'-ru-uk-ra NU-SAB 

isT ^ ^r r- ér, FvJX. fe^ ^ ^- ^ pj uti Ku-te me-te-en itti Ta-ak ra-li 

r. ur ri^f ^ EE^ ^.-a /<r ^ ^< ^4. 5 Si-il-ha i-na tu-ub-ba-ti-èa 



fct 



-i-T <viT <<^^«^ rf tî^ s^^ ^r 



?-/m na-ar a-ma-tt-su 
"^ éu. <!^ m^J j^^r ^ <£^ /^>j-,'M itti Ê-RU-A a-na si-mi 

Tft^^r fe^ s?^ ;<^^ £3\| ^^^ ^jj ^^ ^ ^_^^^^ ^^_^^ p-_^ gi_irt2-ma-as 

fe^ «^< ^'ijb Tï^*ï fcïï <^ ^ ?Y-^?-m a-/m si-mi-su 

'- fe^ .^ .SI ^< ïï? ferr <ffi| ^rr H <u( s^ lO ga-am-ru-ti 6 siqlukaspUs-ku-ul-ma 
£5ÏÏ [f ^ fcjrr <5i,< Oa v^< ^ is-a-am u-ul ip-ti-ru 

Mfr <a:^ t^ ^ ^ ^ ^ ^^_j^^ ma-a/2-^a-^a NU 

^ «-^^< te^ ^5$; <^ ^ ,<^ Sï-mw ga-am-ru kîvi 

Xî£T fc^-- ^^ '^«sj ^ ^ ^^ fi^a ip-pa-ùq-va-ma kirê 

'S-. -^ TÎ if^ ji«i j\i^ fc^ fc^ f^< ^^ ^^ 15 ?i eg/e' sa Si-il-ha sa-i-su 
t<^ ^f t-^ iëf t^fcj- < < ^ ^^, »j.y sa it-ti Ba-la-u-u i-zi-zu 

^!<T hn^r ;<ît'^ t-uf ^-< 4$) <^ ^^ a-/îa ta-'-hu-me sa-ki-in 

i^X i-^*- t^^ 4L 4rfcf <(T. ^, ^,^ ^^f r sa PAL Sal-la u (ilu) Susinak 

S^r u^^ 4- ^r ^ ïï-mM jod/i (?/m) Samas 

io ^r— «^ <^ tj4,r '^'-44ff', 4., '— 20 ^â/2 [ilu) Ru-hu-ra-te-ir 
<f- z-jr /^ ^ t:fe ^giy^ ^ /)«« Sa--ru-uk-ra NU-SAR 

47- 4^ <^ ^f fc^ ^^r j_^ /)â/z (sa/) Mi-it iz-:;u-us 

Ë- «-*r <-^ '^^r H»7 /^2â/' Na--hu-hu 



Ȕ- ^i' 



pan [sal) At-tar su-tu 
^ •— ^ .^ — ^o marat Zi-u-u 



^H- »-^ ^^ -i< «^ ^ ^T <*î? ^<'^ ^'ET pàn{sat}Mu-ukti-timârTe-imTu-tu 
<f-^.- Sï^r ^ ^^ r- <^r p^r ^^^ ^^al) Ta-ak me-te-en 






mâv Ak-ka-ma-nê-ni 
pân Is-sap{'?) {ilu) Samas dup-sar 
30 pân (sal) Ku-ri Za-am 
zu-pur-su-nu 



NOTES D'EPIGRAPHIE ET D'ARCHEOLOGIE ASSYRIENNES 



27 



1 Un verger (dit de) Kisimmaratu, 
part (appartenant) à Silha, 
dont Sa'rukra est jardinier, 
(sis) à côté de Kute meten, à côté de 
Tak-rali, — 
5 Silha, dans son bon plaisir, 

dans la manifestation de sa volonté, 
ce verger avec maison en vente 
à Atta pil gimmas 
a donné. Pour son prix 
10 complet, on a pesé six sicles d'argent 
et payé. Pas (d'hypothèque) à dé- 
gager. 
Pas de hutte (à fournir) au jardinier. 
Le prix complet du verger 
il a réclamé. Les vergers 
15 et les champs de Silha, possession 
qu'elle partage avec Balauiu, 



sont fixés au cadastre. 
Celui qui contesterait, (on lui coupera 
main et langue). Par le nom de 
Salla et du dieu Susinak, 
ils ont juré, devant Samas, 
20 devant Ruhuratir, 

devant Sa'rukra le jardinier, 
devant Mitizzus, 

fille de Na'huhu, 
devant Attar sutu, 
25 fille de Ziuiu, 

devant Muk titi, fille de Tem Tutu, 
devant Tak meten, 

fille de Akkamanêni, 
devant Issap Samas, scribe, 
30 devant Kuri Zam. 

(Marque de) leurs ongles. 



2. Zittu = HA-LA — Silha sonne bien élamitiquement, sans que nous puissions 

savoir si la racine en est sémitique ou anzanite. 

3. L'emploi presque exclusif de '^IJI pour la valeur sa remonte à une haute antiquité 

en Élam. Voir Textes élam.-sémit., I, p. 78, I. 7, 9. 
Sa'rukra. rappelle le nom du roi anzanite Sirukdu ( Textes êlam.-anzaniteSj I, 
XLII, 3). 

4. Les coupes Kute meten et Tak rali sont justifiées par Tak meten (1. 27). 

5. Le signe qui se lit ub est à remarquer sérieusement pour sa forme très particulière. 

6. Ina na-ar amatisu; cf. namar kabitti. Rac. la:. 

8. Atta pil gimmas (var. Atta pil gimas) rappelle une autre classe de noms propres 
commençant par Atta, a père », babyl. Abi. Cf. Atta paksu (ou husu), prince 
de Suse, Textes élam.-sémit., I, p. 79. Gimmas, 3" personne du parfait. 

11. Iptiru, mot à mot : « rançon ». 

12. Var. ul manzaza NU-SAR. Or, NU-SAR, sans le déterminatif ^j, marque, 

lignes 3 et 21, « le jardinier ». 

15. Saisu = sâsu. 

16. Izizu, ailleurs zi::^u au permansif. Évidemment, de zâzu avec médiale "^ au lieu de i. 

17. Var. tahliumu, tahhume. Valeur me de >— <, intéressante. Autre emploi dans itme, 

« il parla », et dans les textes anzanites : niqabe pour niqame (voir Textes 
élam.-anzanites, I, p. 79). Le sens de o cadastre » me paraît imposé par le con- 
texte et s'harmoniser avec ce qu'on sait déjà de ce mot : misru tahhumu 
iskunnu. 

18. Sa PAL s'écrit pour sa idabbubu et est complété ailleurs par rittasu u lisaèsu 



28 NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



unakkizu, sous-entendu dans le cas présent. Ritta ne peut être que la « main ». 
Cette formule comminatoire est propre à ces textes juridiques d'Élam. 
Sum Salla nous donne probablement le nom du grand dieu »->Jf- ^J»— , qui, de 
même qu'ailleurs, va cette fois de pair avec Susinak. Fréquemment on ne men- 
tionne que Salla, toujours sans le déterminatif ilu. 
Le nom de Susinak >^] ERIN reproduit assez fidèlement les signes de la brique 
de Susinak sar ilâni ( Textes élam.-sémit., I, p. 120^ voir planche afïérente). Ces 
documents sont d'ailleurs de même époque, celle des Sargonides ou peu avant. 
Le serment était prêté par les contractants en présence des dieux Samas et 
Ruhuratir. 

21. Le nom des témoins offre à eux seuls autant d'intérêt que le document envisagé en 
lui-même. Le mélange de noms sémitiques et anzanites y est frappant. Le plus 
curieux est (1. 26) Muk-titi qui rappelle {Kudur)-Mawuk. Cf. Sayce, Rec. de 
Trav.j XIII, p. 126, etc., où divers noms ont l'élément Muk et où se trouve 
même Ma-uk-titi, p. 131. 

24. Attar suiu rappelle un autre nom anzanite, celui du roi Attar kittah que je relève 
dans une stèle de Sutruk Nahhunte {Textes élam. -anzanites, XLI, note). 

30. Kuvi Zam (var. KuriZami) se compare à Kuri Gugu, Kuri Galzu et Kuri JJumban, 
où Zam, Zami, Gugu, Galzu, ^umban sont des noms divins. 

LXIV. Extension de l'Empire babylonien sous Samas sum, ukîn. — Ce petit 
texte suivant, qui m'appartient, est de nature juridique, mais nous apporte par accident 
une notion historique bien intéressante. Il ne s'agit en effet que d'un prêt d'argent. Mais 
le document se termine ainsi : 

Mukinnu (témoins) | . . .di epus [KAK-us) 
mâr T Ba-ma-a 

y {ilu) Samas iddin mâr Y [ilu) Bel ib-ni 
y {ilu) Nabû li'u (DA) mâr y Ri'u alpê 
u amil sangu (ou dupsar) y {ilu) Nabû ka-^ir 
(Fait à) {âl) Na-gi-ti arah AFIN 
ûm 1 {kam) satti 15 {kam) 
{ilu) Samas sum ukîn (idéogr. ordin.) 
sar Tin-tir-{ki) . 

èamas sum ukîn était donc souverain de Nagiti. Or, jusqu'à ce jour, nous ne con- 
naissons de ce nom que la ville située de Tautre côté du fleuve Amer, nâr Marratu, 
ou golfe Persique. 

Les textes disent : 

Nagiti sa ebirtan {nâr) Marrât {Sennach., Sm. 40, 10), et Marduk bal iddin, 
vaincu, s'embarque et se réfugie dans cette ville; 

Nagiti sa mât Elamti {Sennach., IV, 25); 

Nagiti sa qabal tâmdim {Sennach., Sm. 88, 27); 



BERICHTIGUXG 29 



N'agité raqqi (des marais) sa qabal tamtim {Sennach., III, 56). Voir Del., Par., 
323-324. 

L'Empire babylonien s'étendait donc, à cette époque, jusque sur l'autre rive du 
golfe, sur la région ëlamite dont Nagiti faisait partie. 

LXV. Le symbole du taurillon et le dieu Rammân [Adad). — Sur divers reliefs 
de Kudurru et ailleurs, on voit figuré le dieu Rammàn-Adad debout sur un taureau 
tenant en main soit la foudre, soit le vase qui inonde et féconde la terre. Quel rap- 
port y a-t-il, non entre le dieu et la foudre ou Tinondation, mais entre le dieu et le 
taureau, sa monture? Aucun rapport réel. Il s'agit d'un jeu de mots. Le tonnerre se 
dit rîmu en assyrien, et le dieu du tonnerre s'appelle, Brunn., 8826, Adad sa rîmi 
(>->^ ^ ^). Or, Rimu est aussi le nom du buffle. 



BERICHTIGUNG 

Da der Unterzeichnete aus besonderen Grùnden nur die erste Korrektur lesen 
konnte, so mùssen hier die Verbesserungen und Zusâtze nachgetragen werden, welche 
der zweiten Korrektur vorbehalten waren. Von Interpunktionszeichen und unwesent- 
lichen Korrekturen sehe ich dabei ab. 
S. 3^ Z. 6, 1. vokalisiert. 
Anm. 5, 1. I, S. 23. 
S. 4, Z. 2, 1. Vermutlich. 
Anm. 1, I. demotisch. 

S. 5, Z. 9, 1. 'Hpwo'.dooî und 'HocÔot^. 

z. 14, 1. Achmimer Stèle. 

Anm. 4, 1. / . 

S. 6, z. 6, 1. Also heisst. 

Fùge liinzu : Nach einer freundlichen Mitteilung von Crum steht in der That 
(OK Hg^HT im Text. Da die Bedeutung « gefallen » o. à. sein muss, so môchte ich 
annehmen, dass die besprochene Wendung vorliegt, nur dass hier der stat. absolutus 
WK mit R statt ô.k* gebraucht ist. In jedem Fall ist die Conjectur [t]wk ûg^HT iu keiner 
Weise gesichert. Ûbrigens sehe ich nachtrâglich, dass bereits Lauth {À. Z., 1868, 
S. 91) fur coK îigHT die eben vorgeschlagene Erklârung gegeben hatte. 
Anm. 3, 1. an den Herrn. 
S. 7, z. 6, 1. nach. 

Z. 4 V. u., 1. zur. 

Anm. 1, 1. S. 41. 

S. 8, Z. 5, 1. bestehen. 

Zu X fuge hinzu : Zur Steuer der Wahrheit sei bemerkt, dass bereits 
Brugsch, W6., 1/75, Ainujô. mit 'm\hic zusammengestellt hat. 
S. 10, Z. 3, 1. Sinuhe. 



30 VARIA 

Am starksten ist von dem oben bezeichneten Missgeschick der koptische Text 
betroiïen worden, insofern es mir nicht môglich geworden ist, die Leseaccente, die sich 
namentlicli in dem Texte der Rûckseite finden, vollstandig wiederzugeben. Da es zu 
umstândlicli Nvâre, aile Accent nachtrage hier zu verôfEentlichen, die ja aucli nur fur 
metrische Fragen Interesse haben, so stelle ich dem Interessenten gern den revidierten 
Text zur Verfiigung. Sonst ist zu bemerken, dass Vs. 13 ùber Ae.* ein Kreis steht, 
falls es sich nicht um einen Klecks handelt. Z. 5 lies nejuL[e.q]. Z. 21 sind die Reste '^i 
des in Klammern geschlossenen n(5'i noch sichtbar. 

Rs. 3, ïiber oA*.« ein Kreis. Z. 17, lies g^ïtTeqjuLH[Te. Z. 20, steht vor noiroeiiy sicher 
kein e, Avie ich als zweifelhaft angegeben habe. 
S. 14, Z. 1, 1. erzâhlt. 

Z. 10 V. u.. 1. Text. 

Z. 8 V. u., 1. das îi des Genetivs und die Pràposition u. 

Z. 7 V. u., 1. epoq. 

Z. 2 V. u., 1. dass das. 

Anm. 1, streiche « und Holder ». 

W. Spiegelberg. 



VARIA^ 

VON 

WiLHELM Spiegelberg 
XLIX. — ZU DEM NAMEN DES BUCHISSTIERES 

Vor einiger Zeit habe ich' im Anschluss an die griechischen Transcriptionen 
vorgeschlagen, den bei Macrobius sich fîndenden Namen des heiligen Stieres Bacis 
durch Biicis zu ersetzen. Neuerdings' hat Maspero gegen diesen Vorschlag Einspruch 
erhoben — und mit voUem Recht. Es liegt keine zwingende Veranlassung vor, die Lesung 
Bacis zu emendieren. Nur môchte ich im Gegensatz zu Masperos Ausfuhrungen (a. 0.)' 
die Vokalschwankungen û und â dialectal deuten. Freilich weist Maspero {Rec. de Trav., 
XXII, 218) darauf hin, dass die iilteste keilschriftliche Transcription (c. 1400 v. Chr.) 
Amanu{m) bietet, wâhrend etwa 700 Jahre spâter Amanu und Amunu neben einander 
vorkommen und noch 200 Jahre spâter von den Griechen "A[ji[i.tov' gesprochen wird. 

Ich halte es aber fiir sehr gewagt, aus diesem eineii^ Beispiel den Schluss zu ziehen, 
dass die Vokaiisation mit â die âlteste gewesen sei. Man muss sich ja auch vor Augen 
halten, dass dièse Transcription nicht nui' verschiedenen Zeiten, sondern auch ver- 
schiedenen Vôlkern ansehôrt. 



1. s. Recueil de Tracaux, XXI, 39 fî. 

2. Arcliicjur Papyrus/'orschung, I, S. 144. 

3. Recueil de Tracaux, XXIll, S. 48. 

4. Vgl. auch namemlicb, Rec, XXII, S. 218 ff. 

5. Zu der altercn Form A[jlo-jv, s. u. 

6. Il» .\manljatbi liegt Wechsel von kurzem a und o in geschlossener Silbe vor. 



VARIA 31 

Niemand leugnet heutzutage, dass die Sprache des alten ^Egyptens ebenso ihre 
Mundarten besass wie ihre Tochter das Koptische. Dass wir das heute nur noch alinen 
konnen, liegt daran, dass die Mundart vor allem in der Vokalisation zu Tage trat, 
welche in der hieroglyphisclien Schrift versclnvindet. Wir miissen also vom Kopti- 
schen ausgehen, wo wir die Mundarten untersclieiden konnen, nur so konnen wir m. E. 
die Transcriptionen von Nicbtàgyptern in ihrem Vokalismus versteben. 

Wenden wir uns zunacbst den Transcriptionen des Gottesnamens Amon zu. Das 
Koptiscbe «.aaotu zeigt uns deutlicb, dass wir hier eine Nominalbildung vor uns baben 
mit dem Bildungsvokal nacb dem zweiten Konsonanten, also eine Bildung wie totiot 
aus tw^t. In "m^'n ist der Hiilfsvokal e der Doppelkonsonanz vor « zu a, geworden und 
der Bildungsvokal û ist in den spàteren Transcriptionen ! seit Herodot} ' durcb ô ersetzt 
worden. 

In der àlteren keilschriftlicben Wiedergabe lautet der Gottesname Amànu, in der 
jiingeren Amànu und Amùnu, wobei icb auf Grund der agyptiscben Lautgesetze 
accentuiert babe. Wir baben also 3 Bildungsvokale, die sicb in folgendem Scbema 
darstellen : 

a. Keilschrift 

Alt (babyloniscb) â 
Jûnger (assyriscb; û 

b. Griechisch 
Alt û 
Jïinger ô 

c. Koptisch 
û 

Icb glaube nicbt, das sicb daraus eine lautpbysiologiscbe Vokalfolge ergiebt, die 
aucb cbronologiscb stand bâlt. 

Icb glaube vielmebr, dass wir nur auf dialektalem Wege zu einer Losung der 
Scbwierigkeiten gelangen konnen. Wirwissen jetzt, dass sicb innerbalb verscbiedener 
uns nocb bekannter Dialecte' der Wecbsel von à : ô : û findet. 

So tritt im Fajumiscben gelegentlicb fiir co (ô) ein «. â; ein, was sicb nocb in 
griecbiscben Transcriptionen' wie Qi- (fur ew-:)oder Ux-M:^ (f. nauwe-.;) nacbweisen 
làsst*. Andrerseits ist bekannt, dass im Acbmimiscben oft ein û dem ô der anderen 
Dialekte entspricbt'. 

Bei diesem Befunde scbeint es mir ara nàcbsten zu liegen, die scbwankende 
Wiedergabe des Bildungsvokals des Gottesnamens einfacb auf die Verscbiedenartig- 
keitdesselben in den verscbiedenen Dialektenzuruckzufïibren. Der Babylonier, welcber 



1. s. Sethk, Verbum, I, § 44, 5. 

2. Ich brauche kaum darau zu erinnern, dass nur ein gerioger Bruchteil der gewiss zahlreicheu Dialecte 
des alten .'Egypiens auf uns gekommen ist. 

3. Stern, Kopt. Qram., § 13, 47. 

4. S. Spiegelberg, Demotische Stuclien, I, S. 24% und Recueil, XXIV. Die griechische Wiedergabe des 
Namens Thot. (Im Druck.) 

5. Stern, in À. Z., 1886, S. 130. 



23 VARIA 

im 14' Jahrli. Amanu schrieb, liôrte also deii Gottesnamen in einem Dialect, der dem 
jetzigen fajumischen nahe stand^ wer Amûn transcribierte, batte den Namen in der 
Form gebort, wie ihn die meisten uns bekannten Dialecte aussprecben, wàbrend die 
jungste Vokalisation Amôn wobl nicht dialektal aufzufassen ist. 

So glaube icli nun aucb, dass Bacis eine Dialektvariante von Biichis ist. Dass sie 
nur einmal neben der hàufigen letzten Form zii belegen ist, giebt uns ein Recbt zu 
der Annabme, dass der Dialect, welcber â statt û zeigte, im Vergleicb zu dem ûDialekt 
nur geringe Verbreitung oder Bedeutung batte. Das stimmt aber auffallend zu dem, 
was wir iiber die Bedeutung der mittelàgyptischen Dialekte (â) den ïibrigen gegenûber 
wissen. 

Da icb gerade von dem Buchisstier rede, so môcbte ich bier die demotiscben 
Schreibungen desselben anfûbren, die bislang als solcbe nicbt erkannt worden sind. 
Sie stecken in dem n. pr. P-^df-°s''r-b"h welcbes icb in den folgenden Formen nacb- 
weisen kann. 

A \^,')i^[/oV^\^^' 

B S'-^^P.^^.'- 

Die Lesung ist dadurcb gesicbert, dass an der zweiten Stelle der griecbiscbe Text 

nacb einer gùtigen Mitteilung von Wilcken nsToiopSo (=: iis-ojopooù/t;), scbreibt. Den 

Namen des beiligen Stieres von Hermontbis giebt das Demotiscbe also gut wieder, 

indem es das h *>-=- sebr ricbtig mit der Gruppe bezeicbnet, welcbe es u. a. fiir 

Ci I 
« Leib » und If « Artund Weise » (g^e : ^e) anwendet. Die Querstricbe in B. sind freilich 

ungewobnlicb. 

L. — DIE GRUPPE "^^, <=> IRÏ 

I 

Fur die Gruppe var. <=>, welcbe fruber allgemein r[',) gelesen wurde, wie 

ja zweifellos zunâcbst und zumeist zu lesen ist, ist neuerdings in bestimmten Verbin- 
dungen der Lautvvert irï nacbgewiesen worden'. So ist sicber a irï l'hi « Liste » 

und irï pr o Tempel » zu lesen*. l'rï bedeutet dabei « das was gebort zu », ist 

also die Adjectivbildung der Prâposition <:=>, wie sie bekanntlicb aucb sonst z. B. 
in dem Titel o Vorgesetzter » in dieser Scbreibung vorliegt'. Dass der neutriscbe Begriff 
durcb das Masculinum ausgedrûckt wird, entspricbt dem spàteren Spracbgebraucb''. 
Icb glaube nun ausser den genannten nocb andere Beispiele dièses Lautwerts von 
. <^r> nacbweisen zu kônnen, welcbe icb zunâcbst folgen lasse. 

I. "^I^^fc^ r'rï w'J in der allgemeinen Bedeutung « Weg n z. B. Sinuhe, 

10-11, VjrM^i Y t\ -jT) K^ t . ? « icb begegnete einem Mann, der am 



1. Brugsch, Thésaurus, S. 1059. 

2. Pap. Berlin, 3116, 4, 10. 

3. Grifpith, Kahun Pap., S. 18. 

4. Si'iEGKLBERG, Rccueil, XXI, S. 46. 

5. PiKUL, A. Z., 1883, S. 128, Num 1, und Spiegelberg, Recueil. XVII, S. 96. 

6. S. Sethe, Verbum, II, § 739. 



VARIA 33 

Wege stand' ». Auf dièses 'rï-wlt gelien, wie Griffith [Stories, S. 93) richtig gesehen 
bat, neuàg. û'^u, rw",-t\\nà. demot. /y-^zurùck, von denen kopt. pi abgeleitet 

sein durfte. Dagegenist piw-yH « vicinia » vielleicht auf Sçs^^lJO 'rï'wj-t {\ok2i\. 

epe-(i\c<'j<-() (( ^vas zum Quartier' (Stadtteil) » zuruckzufùhren. 

II- Pl^ c?'^'' ''''^"?/'^^^ « Vorrat» a. 0. Das Wort sf, ist bislang zwar nicht 

naciigewiesen werden, aber, wenn ich nicht irre, steckt es m deni aSw, welcnes 
Horapollo als « rlior^ç. xoocpr, » erklârt. Demnach wird sf, etwa sf^', vokalisiert' gewesen 
sein, mit Abfall des ' im Auslaut und Ûbergang des f in p, beides ganz belcannte 
lautliche Erscheinungen. 

III. i^ l'rï hd oder irï pr hd « Schatzhaus », Pap. Harris (s. Piehl, Dict. du 
Pap. Harris). 

IV. In Sinuhe 52 ff. môdite ich "^^^^ 1 ^ (vgl. 61) und ^T^)l'^%^! 

I i:::^ M I I I I tii) _CE>^ -il VJ I 

ebenfalls erkhïren als « das was zu den -^=^] ^ , J'^k. V n' S^^^o'^t » etwa a Bar- 
barenhaufen, Feindeshaufen ». 

Ich glaube nun die Spuren dièses t'rï abgesehen von pne und dem zweifelhaften 
pewTTH noch im Koptischen nachweisen zu kônnen. In dem koptischen Testament der 
Susanna (.4. Z., 1884. S. 148), werden unter a Frauensachen » auch p-xcoxe genannt. 
Ist das etwa l'rï d\d\ a was zum Kopf gehôrt » also Kopftucb? 

Den hier aufgezâhlten Beispielen, lassen sich gewiss noch andere hinzufûgen, Vor 
der Hand mag es genïigen, darauf hinzuweisen^ das var. <=> in manchen Verbin- 

dungen irï zu lesen ist und zwei Bedeutungen besitzt. 

a) Eine masculine. 

« Welcher, hôher ist als » = Vorgesetzter z. B. frï Nhn « der Prafect von 
Nhn ». 

b) Eine neutrische. 

(( Was gehôrt zu ». Es erweitert und verallgemeinert den Begrifî des folgenden 
Wortes. 

LI. — ZU PAPYRUS EBERS 2/3, FF. 

Am Ende des ersten Absclmittes des Papyrus Ebers findet sich folgender Zau- 
berspruch : 

« Erinnerst du dich nicht, wie Horus und Set in die grosse Halle (?) von Helio- 



1. bagegen bedeutet X | ^^. <j> ^ ^ r',n iVjt « Mûndung des Weges ». S. Brugsch,W6., VI, S. 718. 

AAAA/NA ^ l _tJC)^ ^ 

2. S. Spiegelberg, Rechaungcn aus der Zcit Setis I, S. 55 ff. 

3. Also eine Bildung wie tottcot. Die ursprûngl. Vokalisation lautete 5/'«!««", wie totwt auf tit'Oteœ 
zarûckgeht, deuu nur so ist der lauge Voirai in scheinbar geschlossener Silbe erklârlich. 

RECUEII., XXIV. — NOUV. SÉR., VIII. 5 



34 VARIA 

polis gefuhrt' wurden, als ùber die Hoden des Set mit Horus verhandelt wurde? » 

Was nun folgt, ùbersetze icli zunâchst mit Ermnn, Gram., § 204, und Sethe, Ver- 
bum, II, § 406. « Da war er (se. Horus) frisch wie einer der auf Erden ist und that 
ailes was er will [sic ' wie jene Gôtter, welche dort sind. » 

Icli glaube, jeder, der dièse Ûbersetzung unbefangen prùft, wird daran Anstoss 
nehmen mùssen. Demi so giebtderText keinen Sinn. 

Was soll das pràsentische Tempus in der Erzâblung? Vor allem aber wird der 
Widersinn des Gauzen klar, wenn man sicbvor Augen hait, dass iitrw ntï(w) 'm « die 
Gôtter der Unterwell sind'' )). Es wùrde also von Horus erzàblt, dass er der Gott, wieder 
frisch wurde wie ein Erdenbewohner, und dass er thun konnte, was er woUte, wie die 
Gôtter der Unterwelt. Und das ailes im Anschluss an das bekannte Gericht in Helio- 
polis^ wo der Streit zwischen Horus und Set entschieden wurde. 

Es ist nun m. W. nie bemerkt worden, dass wir von wn hrf an ein wôrtiiches 
Zitat aus dem Todtenbiich, lxxu, 14 (éd. Naville), vor uns haben. 

Aus dieser Stelle aber wird klar, dass die Tempora wn sd/nf und t'wf sdnif die 
auch sonst bekannte Bedeutung haben, indem sie das Ergebniss einer vorhergehenden 
Handlung bezeichnen. Man muss also ubersetzen « er wird (wieder) frisch, wie einer 
der auf Erden war, und er thut, was er will, wie jene Gôtter des Jenseits ». Es ist das 
eine der Wendungen, in welchen das selige Leben des Verstorbenen gepriesen wird. 

Man siehtalso, das Zitat des Todtenbuches ist unbedenklich an den vorhergehenden 
Satz — vielleicht gleichfalls ein Zitat — angehângt. Bei einem Zauberspruch^ der wie 

der Zusatz lehrt, von vorn nach hinten und umgekehrt rezitiert werden sollte, 

stôrte ein solches Verfahren nicht. Haben doch zu allen Zeiten Zauberspriiche nicht 
zuletzt durch ihre Sinnlosigkeit auf die Gemiiter der Glâubigen gewirkt. 

LU. — DIE PARTIKEL NHMN 

Nachdem Sinuhe dem Fûrsten Amuanschi den Tod Amenemhets I mitgeteilt 
hat, giebt dieser seiner Bevvunderung fur den grossen Herrscher in den Worten 
Ausdruck : « Was macht denn jenes Land (i. e. ^gypten) ohne ihn, jenen vortrefïlichen 
Gott, dessen Furcht unter den Fremdvôlkern ist wie die der Shmt zur Zeit der Pest (?) » 
Sinuhe will den Fiirsten in seiner Erwiderung iiber die Zukunft -^gyptens beruhigen, 
und so erzàhlt er, dass wieder ein kràftiger Herrscher auf dem Throne des Vaters sitzt. 
Dièse Mitteilung beginnt er nach der jungsten Ûbersetzung Ermans* mit den Worten : 
« Uns rettet sein Sohn, der in den Palast eingetreten ist, nachdem er die Erbschaft 
seines Vaters empfangen hat. » Das ist gewiss grammatisch unanfechtbar. Aber wenn 
man die Stelle im Zusammenhang liest, wird man sich fragen, was denn die Wendung 



1. In dem Sinn von « vor Gericht fûliren ». Zu dem term. techn. vgl. Spiegklberg, Studien u. Materia- 
lien, S. 83. 

2. « WoUte » wùrde m/yY-n/"lauten. 

3. Spiegelberg, Recueil, XXI, S. 49. 

4. Aus den Papyrus der Kouiglichen Museen. 



VARIA 35 

« es rettet uns » hier soir. Der syrische Fiirst hat ja gar keine Bemerkung gemacht, 
an welche sich dieser Ausdruck anscliliessen kônnte. Das liât offenbar auch Griilith, der 
Verfasser der Ûbersetzungen in Pétries « Egyptian taies, S. 103, gefûhlt, denn er 
ùbersetzt : Forgive me, bis son now enters the palace^ and bas received tlie inberi- 
tance of bis fatlier ». 

Es liegt bier mimlicb nicbt das Verbum nhm (itoTg^îi) vor, sondern eine Partikel 
nhmn, die icb nocb an einer anderen Stelle nachweisen kann, im Pap. Ebers 1/2. Hier 
lautet die bekannte Einleitung, mit welcber sicb das Buch selbst einfûbrt. 

1=^^ ^ . Â R i C P '"'"'^ liBs ^ 51 1 C n " 51 1 ^^^^ i\ û '^ ? ^ 5l I R 9. """^ 



« Icb ging bervor ans Heliopolis mit den Fûrsten (srw) des « grossen Hauses », den 
Herren des Schutzes, den Fûrsten der Ewigkeit. Siebe (o. à.) icb ging bervor aus 
Sais^ mit der Mutter(?) der Gôtter (= Neit?), sie gaben mir ibren Scbutz ». 

Icb babe an einer Stelle eine leicbte Conjectur vorgenommen, indem icb in 



I die Pluralstricbe gestricben babe, die ia aucb zweifellos binter 
\^i ^ ' j LU n_ 

feblerhaft sind. Wir erbalten damit den bekannten Titel der Gôttin Neit, welcbe u. a 
auch [j "^ 1 - "^ 111 ^^ 41-'^ ^ ® {Naoph. Vatican., Z. 19) « Neit, die grosse, 
die Gottesmutter der grossen Gôtter in Sais » heisst^ 

Vor allem aber bleibt wicbtig, dass an dieser Stelle ^ nur als Partikel 

gefasst werden kann, etwa in dem Sinne der obigen Uber setzung. Und das ist 

AftAAAA a 

auch der Sinn in Sinuhe. Aucb da kann in dera Zusammenbang des Ganzen ^\ 

'^'^^^ ^g^y^''^--^— ^^ <=> ■■■^ n ^ c^^"^ nur beissen : « Siebe (o. à.) sein Sohn ist in den 
Palast eingezogen. » 

Was den Ursprung der Partikel anlangt, so will icb ledigiicb darauf binweisen, 
dass sie eine A^-bildung ist wie ^^in, i\jn, prjn. Das Scbwanken der Scbreibungen 

AA/V^A^ pj n AA/WVA a /vwv\^ 



^ (P. Ebers) V\ _ -n (Sinube) kônnte zeigen — freilicb sind zwei 

Stellen nicbt beweisend, — dass man sicb bereits am Ausgang des mittleren Heicbes 
ùber den Ursprung der Partikel nicbt mebr ganz klar war. 

LUI. — <5±=^ == MIK (( SIEHE » 

In der von Maspero' verôfïentlicbten Nektanebosstele fîndet sicb folgender Ebren- 
titel des Kônigs ^ L=/l ^^ ^ A ® . Maspero ùbersetzt in seinem vortrefflicben Kom- 
mentar*, der das Verstândniss dièses scbwierigen Textes ganz hervorragend gefôrdert 
bat, «le roi vigoureux qui protège l'Egypte ». An dieser Ûbersetzung ist nicbts zu 
beanstanden, aber der Lesung sdr fur "j^ vermag icb micb nicbt anzuscbliessen. Es 
liegt nâmlicb in "^c^A® die spiite Scbreibung — nacb ptolemâiscber Art — fur den 

1. Masperos grammatisch ebeiifalls zulàssige tjbersetzung (Mélanges d'archéologie, S. 76), passt ebenso 
wenig in den Zusammenhaug. 

2. S. Brugsch. Thésaurus, S. 684 ff. 

3. Musée égyptien, Tafel 45. 

4. A. O., S. 41. 



36 STUDIEN ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 



hàufio'en Titel - n ' vor, den wie Brugsch richtiggesehen hat, He rma pion durch sein 
ô'î È^ûXaÇev aI'yuîitov ùbertragen hat'. Ich glaube daher, dass "^^ durch - .n mi'kj zu tran- 



scribieren ist, eine Lesung, welche Piehl fur unsere Hiéroglyphe aus ptolem. Texten 
(P. 5. B. A., XIII, S. 245) erschlossen hat. Mit dieser Lesung gewinnen wir nun auch 
fur ein anderes 'f=^ eine gute Lôsung, welches ich an drei Stellen angetroffen habe, 
wo es von den Interpreten der betreffenden Inschriften verkannt worden ist: 

Louvre, A. 93' : ^@ l?! ^I| î? J ^'^^®<^ P ^"^^ Serapeumstele no. 359\ 

In beiden Beispielen ist "^ mik(j) eine spâte (saïtische) Schreibung fiir die klas- 
sische Form k\ « siehe ». Es ist also einfach zu iibersetzen : 



a) (( Siehe ich wachte, indem ich die Schônheit von Abydos damit(?) erstrebte 
(o. a.). )) 

b) « Siehe ich wachte taglich, ohne zu schlafen, indem ich allen Ruhm fiir dich 
erstrebte. » 



STUDIEN ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 

VON 

Adolf Jacoby 

Unter dem Titel « Studien zur koptischen Litteratur » habe ich die Absicht, in 
dieser Zeitschrift in zwangloser Folge kleinere Aufsâtze, auch Verôffentlichungen von 
Texten, zu geben. Die erste der heute verofEentlichten Studien beschaftigt sich mit 
dem sehr interessanten Traktat, den Hebbelynck im Muséon publicirt und giebt fur 
Stucke desselben den Nachweis griechischer Recension. Die zweite Studie giebt den 
Text eines Papyrusblàttchens der Strassburger Sammlung, ein Fragment der Petrus- 
Paulusakten, das die oft gemachte Beobachtung, dass die koptischen Textrecensionen 
den griechischen gegenuber sich sehr frei verhalten, neu beslâtigt. 

I 

Zu dem von Hebbelynck verôffentlichten mystischen Traktat ûber die Bedeutung 

des Alphabets. 

Im Muséon, nouvelle série, I (1900), 1 fî., hat Hebbelynck begonnen, einen 
mystischen Traktat ïiber die Bedeutung des Alphabets zu publiciren. Es ist schon 
mehrfach auf die mannigfaltigen Berûhrungeii mit altérer griechischer Litteratur, se 
nam^ntlich mit den Pachomiusbriefen, hingewiesen worden und die Wahrschein- 

1. W6., II, s. 618. 

2. Wie ich jetzt sehe, hat auch Ermau iu seiner neuerlich verôSentlichtea Ubersetzung (A. Z., 1900, 
S. 128), die obige Lesung vorgeschlageu. 

3. S. Piehl, A. Z., 1894, 118 ff. 

4. Ed. CiiASsiNAT, Recueil, XXIII, 78; Piehl, A. Z., 90, 107. 



STUDIEX ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 37 

ichkeit griecbischer Abfassung des Traktats im Original behauptet worden'. Icb 
môcbte zu dieser Frage im folgenden einen Beitrag liefern. Auf Seite 28 lï. wird die 
Bedeutung der Zabi 22 der griecbiscben Bucbstaben be.sprocbeir. Es iieisst da folgen- 
dermassen : 

•xoTTcnooTc '2i-e iicg^iki iieTÎtg^HTOT ^ojpic ne-7i xxn. ne\^i* iies.i ïïtô. necÇiAococÇoc 
oviK^^OT epooT ng^*.e '" ek."!rto n*.! ÛTCiAime* eiigôL-xe eni'xoTTCiiooTc ûcg^A.!* cecTJULçÇtonei 
on juiit ne^pi^JULOc JÛLni-xoTTcnooTc iig^coÊ. ïït*. niiOTTe t*.«.ioot g^jiTeKTHcic ctc u*.i ne* 

niyopn ne Tiyopn Sue" 

njueg^cne.?r ne nnei^g^ eTCA^necHT SinnoTn* 

nAieg^ujCJuinT ne nAxooT eTceknujioi JiinK*.^. -"^^i neTC*.necHT ïiAioq' 

nxieg^qTOOT ne nKeoTe. nKô.g» ère ne.i ne TieTigoTiooT' 

nxieg^'^OT ne nenn*^ CTg^i'XJUL nuiooT exe ne^i ne ne^np* 

nii-eg^cooT ne nKA.Ke eT^^i-sAx nnoTn* 

nAieg^cA-ujq ne noToein cTO-yxioTTe cpoq ose nKiDg^T' 

njuLe^ujAiOTn ne necTepetoxi*^ nt^i eTOTAAOTTe epoq •xe Tne* 

HAieg^v^ic ne nnwp-x eAoA linAiooT cn«.T neTcevnujcoi ïinecTepecojui*. juin nefce>.necHT 
SiAJLoq* 

njueg^AAHT ne ns'to'An etoA JûLnKewg^ eÊoA g^juLnujiK nAj.ju.ooir* 

njuieg^JuinTOire ne noTtong^ eiioA neniiOTô^nH ' g^iTiJU. ng^o iinK«.g^' 

njuLeg^junTcnooTTC ne ïïnujHn sir ■ ïîpeq'^Kes.pnoc neTepe ne<3'po3' oicoot* 

njneg^ic ne npecÇpoiroein THpoT eTpoToein* 

njuieg^j>jLnTà.qTe ne npn juin noog^- 

njueg^juLnTH ne T3'inK«>ev"ir g^ju. necTepeooJuew îÏTne* 

njuiegJU.nTd.ce ne Rt^it eTgnïijuooTr' 

njueojuuTCAkUjq ne ïîgik.<VekTe ïÏTne- 

njuLegjunTU|JUHn ne ïîkhtoc THpoT cto nno(3' jun nexgJunjuooT 

njuegJUHT\^'ic ne nn {sic) -eHpion THpoir* 

njuieg-xoTcoT ne ne-xekT&e THpoT ïïpeqne-xJUi^TOT • 

mueg-soTTOire ne ïÏTfinooire Tnpo-y eT^i-xn nneTujoTCooT* 

njuegotOTTcnooirc ne nptojue ïï'Aot'iKOc n-xtoK eko'X jûLnKOCAJioc Tnpq* 

eicgHHTe TenoT* eic neg^iiHTe HnnoTTe nTek.Tiyu)ne g^nT(3'i$icconT JûnKocjuoc -xoTTcnooiFc 
ne* 

eT^ie nei.1 oTn -xottcootc ïÎ'îs.coju. nnTA.ir'xiHne " jûLjuoot gn Tne^Ae^iA. •^jè.THKH girn 

RlOT'^*.! • 



1. Vgl. Hebbelynck in der Eiuleitung zii seiner Publikation und Améuneau in der Reçue de l'Histoire des 
Religions, XXJl, 268 : « Pour moi, l'œuvre priniiiive a été écrite en grec d'abord et traduite ensuite en copte. 
Les raisons d'une pareille opinion sont plus subjectives qu'objectives... » Vgl. auch l. c, 278. 

2. Man vgl. auch zu dieser Zahlensymbolik : A. Wirth, Chronograp/usche Spâne, 40 : 22 Bûcher zàhlt 
die beilige Schrift, 22 Bucbstaben das hebràische Alphabeth, 22 Glieder die Geschlechterreihe bis auf Jakob, 
wie das Jubilœenbuch hervorhebt, Adam batte 22 Tôchter nach dem Bericht der Araber, von 22 weiblichen 
Gottheiten, Alonotb, sprecheii pbônikische Weiheinschriften anf Gypern, Alexander soU 22 V'ôlker bezwungen 
haben. 

3. L. engôwC. Die Hd. schreibi ng^â^e. 

4. Lies ûnikoT&.nH. 

5. Lies îîigHn. Die Hd. gebraucht ùbrigens auch gelegenllich ne beini pluralischen Subjekl vgl. 18. 
Schôpfungswerk. Vgl. auch den Wechsel von ne und je bein fem. sing. Subjekt. 

6. Lies nTôLTr-xiHne oder enTô-T-xiraie. 



38 STUDIEN ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 



CTfie n*.! on ■xottciiootc niyo JxxxtKce. e.qujA.d.TO-y îts'i coAoAiUin* h-^i&ik' JûLnpne* 

•soTTcnooTC -^e ng^wâ «.qe^ewT ïï(3'i nnoTTC g^nTCRTHcic -xiit eigopn-* eqcTTJUia.ne ïï.Tiju.ir- 
CTHpioit lÏTOiROTiuienH îïoiT'x*.! îÏTe neix^c" tô^i ctc om -xoTrciiooTC ng^coA îïg^HTc 5in*.pe.- 
■îkoçoii' jua.AAo« -xe «.Tite^ir epooT «(S*! ït*.^ioc eirujoon g^iiTeqg^Tuo^Hcic • CTe n».i ne* 

niyopn ne TtS'moTOjpn iïrô.fipiHA uje». Tn*.poeitoc' 

nA5ieg^ciiô.ir ne Ttî'inei JûinnoTTC nAoroc efioAg^en Tne* 

nAJieg^ujojLiiiT neq(3'iuiQU)K eg^oirn eTUiHTpô. Iini>.p-ee«iKH g^noircJULOT «A.TiyA.'xe epoq* ôlITU) 
Teq^m'2tIC^l.pe ng^HTC ô^-xit cnepjuiik. ïïpcoAi.e* 

njuie^qTOOir ne ne^ponoc iin\^ic ïtefiOT nTec<?'in(». 

nJu.eg^'^OTr ne T<3'inju.ice ïï«.tto)Aai. «.tio ïîô.TTek.KO* 

nuLeg^cooTT ne enô.i*.i' îÎTg^TrAHKie^ Sinctojui*. ïinnoirTe* 

nAJLeg^C6.ujq ne ncAie ïînoAiiAioii îÎTeqcôLp^* 

nAieg^ujAioTTii ne nfi*.nTicJUi«» eTTe^eiH-y nTe.q-x.iTq g^JumeqoTtouj 

nxieg^-vL-ic ne TJULttTJuinTpe SLneiciiT etoAg^n Tne* •2ie ne.i ne nà.igHpe n*.ju.epiT" 

nAieg^ASLHT Te T<3'iiiei enecHT ÏÏTe nenne. eTOTr*.*.fi ne>ctojuLei.TOc • 

nxieg^JULiiToire ne nnoAejuioc ïinepç^c efioAg^Ai. n-xi.ie ovfi.e m^iô.ÉioAoc g^JunTpeqepnHCTCTC 
ïîpjuLe ug^ooir* «.tco «..q'xpo epoq* g^coc encoq ne ne-xpo noiroeiiy niju* 

nAieg^juLiiTcnooTc ne neujnnpe eTO-ywTq enevepH-y ÛTô^qd^e^if • 

njuieg^AxnTigoAXTe Te TcS'innTé.qujefiTq ' g^Aineqg^pÉi g^noTrjunTé^Tnojtone • 

nA3Le^juinT*.qTe ne nn*.eoc ïîott'xô.i g^xineqoTtou} g^iotAi necT*..irpoc • 

njuieg^juLnTH ne nxioir RpeqTô^ng^o nTe ni«>TAioir' 

njuLeg^jLj.nT&.ce ne ns'inô^TTKô.e.q ^ g^junTù^qoc* 

njueg^JunTCô^ujq ne T^infiioK enecHT e*.Ju.nTe *.tco eeine e^pe^i nnev^T^ç^ooire nreeTOir«>.*.ii' 

njueg^AiHTujJULHn ne TS'inigcoA n*.AinTe enoTg^xx ïïneT g^n njuL«L eTJu.xiôké.-y • 

nuieg^juLnT'x^ic ne Teq«>.n«.cTes.cic eTO^^^k.A.£l eÉioAg^n neTJUiooirT* juinîïc*. ujoJunT îî^oot* 

nxieg^'xoirioT ne Tcq^inficoK eg^peki enlînHTe* 

njULeg^-xoTTOTre ne TeqcS'ing^AXOoc nc«. o-!rnô.JLi ïîneqeicoT g^nneTTsoce* eiujd.-xe eTAinTpWAJie 
g^utnTpeq-xiTc " • (siC 

nAieg^-xoTTcnooTC ne Teq(3'inei on efioAg^n Tne g^nTeqxieg^cnTe Iin*.ppo"irciôk e'^g^ô.n encT- 
ong junncTAxoDiTT. 

eicg^HHTC e. ng^iojJi oriong^ eÉioA Tenov -se ni'xoTrTcnooTrc ngtofi. eTg^n TOiKonojuiiA.. 
ïine5(^c xin ni'îtoirTcnooirc îîg^tofi lÎTe^nnoirTe e^è^ir g^enTeKTHcic ' ceo îÎTTrnoc eneirepHir n-»e 
on ÂinKe -xoiTTcnoo-yc Rcg^ô^i eTgn nekAcÇ&.ÉiHT*^ k*.t*. nTTPnoc nT*.nigpn -xcoq* 

ÛRERSRTZUNG 

EBENSO KAPITEL III 

Zweiundzwanzig Buchstaben aber sind in ihnen ausser (/.wp'';) dem ? und dem (]> welche 
die Philosophen spater hinzugethan haben. Und dièse — ich meine die 22 Buchstaben — 

1. eujopn fur ïtiyopn findet sich in der spâteren Litteratur auch sonst vgl. Erman. Volkslitteratur; 
Steindortf, yEp. Zcitsr/ir., 1900. 

2. Lies en-sidwiK, vgl. auch ng^«s.e stait eng^o^e oben. 

3. Sic. Das e ist wohl Dit!ograi)hie? 

4. Dies ist wohl eine spâte, iukorrekte Konstruktion ; vgl. auch TS'ine.TKô.ii.q. 

5. Lies T(3'in*L"!rKek*.q. 

6. Lies pju.neTpeq'xiTC. 

7. Lies g^nTeKTHcic. 



STUDIEN ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 39 

stimmen wiederum ùberein rjacpiovsTv) mit der Zahl (àp-.OtjLÔ;) der 22 \"\'erke, welche Gott in 
der Schôpfung (y.-rr.T!; = /.tît-.;) geschaffen hat, nâmlich folgende : 

(1) Das erste ist der erste Himmel ; 

(2) Das zweite ist die Erde, welche unter dem Abgrund ist; 

(3) Das dritte ist das Wasser, das ùber der Erde, und das, welches unter ihr ist; 

(4) Das vierte ist die andere Erde, nâmlich das Trockene; 

(5) Das fiinfte ist des Geist (-va) ûber dem Wasser, nâmlich die Luft (Hp)', 

(6) Das sechste ist die Finsternis ûber dem Abgrund ; 

(7) Das siebente ist das Licht, welches man Feuer nennt; 

(8) Das achte ist das Firmament (j—pÉcoua), das Himmel genannt wird; 

(9) Das neunte ist die Spaltung der beiden Wasser, des, das liber dem Firmament (n-re- 

pÉwjJta), und des, das unter ihm befindlich ist; 

(10) Das zehnte ist das Heraustreten der Erde aus dem Grund der Wasser; 

(11) Das elfte ist die Erscheinung des Pflanzen (^0T2/r,) auf der Oberflâche der Erde; 

(12) Das zwôlfte ist (die Erscheinung) der fruchtbringenden Baume, welche Samen tragen; 

(13) Das dreizehnte sind aile Lichttrâger, welche leuchten; 

(14) Das vierzehnte sind die Sonne und der Mond; 

(15) Das fiinfzehnte ist ihre Befestigung am Firmament (xispiwfxa) des Himmels ; 

(16) Das sechszehnte sind die Fische im Wasser; 

(17) Das siebenzehnte sind die Vôgel des Himmels; 

(18) Das achtzehnte sind aile grossen Tiere (■''-^"o;) und die des Wassers; 

(19) Das neunzehnte sind aile wieden Tiere (Or.p-ov) ; 

(20) Das zwanzigste sind aile giftigen Gewûrme ; 

(21) Das einundzwanzigste sind aile Vierfûsser auf dem Trockenen; 

(22) Das zweiundzwanzigste ist der verstàndige (XoYr/.ôç) Mensch, die Vollendung der ganzen 

Welt (y.oc7.uo;). 

Siehe nun, siehe die Werke Gottes, die bei der Griindung der Welt (xôcrjjioi;) geworden sind, 
sind zweiundzwanzig. 

Deshalb giebt es 22 Bûcher, die von den Juden im Alten Testament (-aÀa-.à c'.x-r,y.T^ = o:!x^x.r,) 
gezàhlt worden sind. 

Deshalb hat Salomo weiter 22,000 Ochsen geschlachtet bei der Einweihung des Tempels. 

22 Werke aber oi) machte Gott in der Schôpfung {y-r,rs:z = •/.•:• j-.î; von Anfang an, indem er 
das Mysterium ([jfj=r:r;piov) der Okonomie (o'.xojutivr, ; 1. statt dessen olxovoijtîa vgl. u.) des Heils des 
Christus (x.?) bezeichnete ((TT,[jLa(va)), die 22 wunderbare (-apâoo^oç) Werke in sich begreift; viel- 
mehr aber 'u5).Xov oé), die Wùrdigen 'i^oî), als sie auf seiner Grundlage (j-ôOscrt;) standen (d. h. 
seine Jûnger) haben sie gesehen, nâmlich folgende : 

(1) Das erste ist die Sendung des Gabriel zu der Jungfrau (-apOévo;); 

(2) Das zweite ist das Herabkommen Gottes des Logos (>>ôyo<;) aus dem Himmel; 

(3) Das dritte ist sein Eingehen in dem jungfrâulichen (TrapOevr/.r;) Mutterleib (fjt'^-oa) in einer 

unausprechlichen Gestalt und seine Fleischwerdung (-^âp^) in ihr ohne menschlichen 

Samen (onrÉpfjia); 

(4) Das vierte ist die Zeit (■/p'^j^io^) der neun Monate ihrer Schwangerschaft ; 

(5) Das fùnfte ist die unbefleckte und unverletzte Geburt; 

(6) Das sechste ist das Wachsen der Jugend (il'.yAx) des Leibes (awaa) Gottes; 

(7) Das siebente ist die gesetzliche (vôtjf.fjio;) Beschneidung seines Fleisches (j^pÇ); 



40 STUDIEN ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 



(8) Das achte ist die gepriesene Taufe (paTTTto;a.a), die er freiwillig auf sich nahm; 

(9) Das neunte ist das Zeugnis des Vaters vom Ilimmel : das ist mein geiiebter Sohn; 

(10) Das zehnte ist das Herabkommen des heiligen Geistes (i^va) ohne Leib (àjwaaTo;) ' ; 

(11) Das.elfte ist der Krieg (tcôXsijioî) Christi (xi) aus der Wûste gegen den Teufel (SiâêoXoî), 

da er 40 Tage fastete (-viQcxskiv) ; und er besiegte ihn, wie (wç) ihm der Sieg zu jeder 
Zeit gehôrt ; 

(12) Das zwôlfte sind die Wunder, die einander ûbertrafen, die er that; 

(13) Das dreizehrite ist seine Verwandlung in seine Gestalt in Unwandelbarkeit ; 

(14) Das vierzehnte ist das Heilsleiden (TràOo;) aus freiem Willen auf dem Kreuz (axaOpo;); 

(15) Das fùnfzehnte ist der lebenwirkende Tod des Unsterblichen; 

(16) Das sechszehnte ist seine Grablegung (-î^tfo;) ; 

(17) Das siebenzehnte ist der Niedergang zur Amente (Hôlle) und um die Seelen der Hei- 

ligen heraufzufûhren ; 

(18) Das aclitzelmte ist die Beraubung der IlôUe, um die dort Befindlichen zu retten; 

(19) Das neunzehnte ist seine heilige Auferstehung (ivajTacn;) von den Toten nach drei 

Tagen ; 

(20) Das zwanzigste ist sein Aufsteigen zum Ilimrael; 

(21) Das einundzwanzigste ist sein Sitzen zur Rechten seines Vaters in der Ilôlie, indem 

ich die Menschheit meine, insofern er sie angenommen hat; 

(22) Das zweiundzwanzigste ist sein Herabkommen vom Himmel bei seiner zweiten Pa- 

rusie (-Kappoua'.a r= irapouafa), iim ZU ricliteu die Lebendigen und die Toten. 
Siehenun ist das Werk offenbart. Denn dièse 22 Werke, die in der Okonomie (oIxovo[a(a) des 
Christus (/>) begriffen sind und dièse 22 Werke, die Gott in der Schôpfung {y-ir^uii ^= xx(ai;) ge- 
schaffen bat, sind untereinander Typen (xjttoc;), ebenso wiederum, wie die andern 22 Buch- 
staben, welche im Alphabet (à)/i>â6T,xo;) enthalten sind nach (/.a-â) dem Typus (x'jttoc), von dem 
wir zuerst sprachen. 

Zu diesem Text besitzen wir nuneinegriechische Parallèle, welche die ursprùnglich 
griechische Abfassung wenn niclit des ganzen, so doch mancher Teile des Traktats zur 
Gewissheit erhebt. Der Kodex befindet sich in der kaiser!, kônigl. Hofbibliothek zu 
Wien und triigt die Signatur Vinclob. theol. gr., 326. Er ist bei Lambecius-Kollar, 
Commentar. de biblioth. Cœsar. Vindob., HI, 2, folgendermassen beschrieben : LIX : 
« Quinquagesimus nonus, codex manuscriptus theologicus gr?ecus est chartcBUS medio- 
criter antiquus in octavo, constatque centum triginta sex foliis et ad Joannem Sam- 
bucum, ut ipse solita propriœ manus inscriptione testatur, olim pertinuit. » Der Kodex 
enthàlt allerlei Ausziige aus Kirchenvatern : Athanasius, Johannes Damascenus, Hip- 
polyt von Theben, Sophronius Hierosolymitanus, Basilius, Anastasius Sinaïta, Gregor 
vonNyssa, Gregor Thaumaturgus und Anonymes. Auf fol. 136 r. : « Anonymi cuiusdam 
autoris synopsis viginti diiarum periodorum Christi, earumque cum viginti duobus 
operibus creationis totidem litteris alphabeti hebraïci comparatio. » Der Schrift nach 
stammt die Hd. aus dem Ende des XV. sœc. Der Text wurde verôffentlicht von 



1. Dièse Auffassung widerspricht direkl der des Evangeliums, \vo es bei Lucas ausdrùcklich heisst èv 



STUDIEN ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 41 

A. Wirth, Ans orientalischen Clironiken, 232; seine Kopie indess ist nichtganz genau : 
eine Collation des Textes liât mir Herr D"^ A. von Preraerstein giitigst angefertigt. 
Der Text lautet : 

(Fol. 136 r.) E!j:v al Trepîooo'. toô xopiOD t,jji(Ï)v 'Ir,(TOÙ Xpidxoù" 
â. 7) àiroXf/ Toù raSp'.TjX "pô; iirjv 9eÔTO/.ov : 
p. T, xaTaSaTiî Toy Oeoy Xôvo'j aooau-o; (JjXXth1''-î 
v. IvvaiJLTjViaToî xuocfopta" 

0. ^^vir^'ZK^ a^Oopoî" 

1. aU^TQTtÇ -JlXtX'aç ÈVÔÉJIJIOU* 
(Fol. 136 V.) Ç. T, TIEp'.-OlITiî -XT^pOJT'.;- 

Ç. 10 IxouJiov pâiTT'.aiJia : 

TJ. \ [Jiapt'jpta -a-upo; xa; Trve'juaTO? rt^^'.o'i- 

6. "iXr, — 3o; Tov ôidtSoXov y.aî vîxr, fJLî-rà to pi— TiTaa. 

ï. f, -rtbv TT, aîîwv O'jvaijt'.;;' xal r, £Ç a'jTwv (jiapT'jpîa oti 6îoî ô XotaTOî* 

'.a. à'voo^oî [jLETajJiôpcptojt;- 

'.ê. ■?-, TO'J Tta-Laôî cjavipwT'.;* 

10-. -fj iXO'jT'.o; jTa'jpwff'.î' 

tî*. f, -oj OavxTO'j vç'jjiî • 

'.ç. Tj -îacpT/ 

'.^. \ h> Tw aOTj xa-stêajt;" 

tr, . r, -ro^ qtoo'j ox'jXe'jT!;" 

t6. f, TO'.if'jfjLEpo; àvâaTatxiî" 

X. f, * [i.£xà T"f,v àvâîrajiv TSJîapaxovTTijjiïpoî \x%-'x tîôv !jiaOT,TWv tx^oiol^^m'it^ y.ol] tyj; àva- 

(TTaaewi; Triuxtutrii;" 
xa. r, àviXiriil/'î* 
xS. £x Oî^'.wv Toù' raTOoç àTroxaxdtffTaTt? xo^j Oîoù xa; àvOowTou Xottrxoù" xo'JXtov xwv x6 xoù 

XptCTXoù* — paY[Ji5txwv xaî TTcOtôotov xj— coT'.; ■?!>; xà xo £pY^ "''iî xxttxsioî, à £7:o'!r,7îv ô 

OeÔç' xaxà xoùxo ol^ xal ô àXîfâêTjxo; xwv 'louoaîtov** 

Ot* xpaxoyvx£ç suyeaSat xov yp^'l'*'''^* 'V' o^Xxov àaapxioXôv xa'. xXf.-aô?; oi'ji\r^l"' xôv 
xiXa* EjyeaBat o5v irapaxaXsïv'' O'.à Seôv xov 7TXâjxr,v. 

Es ist auf den ersten Blick klar, dass beide Texte in inniger Beziehiing zu einander 
stehen. Zugleich erkiârt sich mm auch die sonderbare Benutzung des griechischen 
Alphabets in dera koptischen Text, wo zuerst ? und <!/ ausgemerzt werden mùssen, um 
die Zabi 22 berauszubekommen : die Symbolik bezog sich auf das hebrâische Al- 



1. L. àTtOTTOÀr,. 

2. 10 corr. aus Tv. Die Zeile Ty tehll. 

3. i£ corr. aus lo. 

4. Wirth : 6. 

5. Kein Absatz, wie Wirth iha macht. 

6. Wirth om. xoù XpioroC. 

7. Wirth om. oï. 

8. Keiae Lùcke, wie Wirth andeulet, sondern Absatz. 

9. Wirth : ot^ (?). 

10. Wirth : êo-j),ov 'Itoavvr|V. Aav.T,). ist grôsser geschrieben. 

11. Ilapay.x =: Tîapav.a/.ïrv. 

. HECUlilI., XXIV. — NOUV. SÉll., VIII. 



42 STUDIEN ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 

phabet. Eine Spur dafiir zeigt sich ja noch in der Symbolik der 22 Bûcher des Alten 
Testaments, die den 22 Buciistaben des Alphabets auch von den Rabbinen verglichen 
werden\ Leider hat der griechische Text, der offenbar ein durf tiges Excerpt ist ans 
einer umfangreicheren Schrift (s. den Schluss), die 22 Schôpfungswerke nicht mehr. 
Um so mehr stimmt aber die Symbolik der Werke Christi mit dem koptischen Text 
uberein. AUerdings ist auch hier wieder der griechische Text nicht ganz in Ordnung, 
fehlt doch die Zeile îy vollstàndig und vielleicht sind einzelne Verschiebungen in den 
beiden Texten darauf zurûckzufuhren. Abgesehen von einzetnen Zusâtzen im Kopten 
stimmen wôrtlich oder. fast wôrtlich uberein die Punkte : 1, 2, gr. 3 = kopt. 4, gr. 4 
= kopt. 5, gr. 5 = kopt. 6, gr. 6 = kopt. 7, gr. 7 = kopt. 8, gr. 8 = kopt. 9, gr. 9 
= kopt. 11, gr. 10 = kopt. 12, gr. 11 = kopt. 13, gr. 13 fehlt im Kopt., gr. 13 fehlt 
ûberhaupt, gr. 14 — kopt. 14, gr. 15 = kopt. 15, gr. 16 = kopt. 16, gr. 17 = kopt. 17, 
gr. 18 = kopt. 18, gr. 19 = kopt. 19, gr. 20 fehlt im Kopt., gr. 21 = kopt. 20, gr. 22 
= kopt. 21, kopt. 22 fehlt im Gr. Man sieht also, dass die Anordnung in Verwirrung 
geraten ist, stellenweise auch nicht genau die gleichen Werke genannt sind; dennoch 
ist die wôrtliche Ubereinslimmung vieler Sâtse ein Beweis fur die Abhàngigkeit 
beider Texte von einander. Namentlich ist dafiir ins Feld zu fiihren der Schluss beider 
Texte, die sich hier genau entsprechen, wobei der Kopte allerdings bei der Erwàhnung 
des Alphabets auf seine Deutung des griechischen Alphabets zurùckweisen muss. Die 
grôssere Ursprùnglichkeit und das hôhere Alter liegt auf Seiten des griech. Textes. 

Vielleicht spielt ein gûnsiger Zufall uns eiues Tages noch mehr und besseres Ma- 
terial in die Hânde. Vorlâufig kann auch dieser Beitrag uns zur Erklàrung des inte- 
ressanten koptischen Werkes dienlich sein. 

II 

Ein Fragment der Petrus-Paulusakten. 

Die Strassburger Sammlung koptischer Papyri, aus der bereits die neuen Evan- 
gelienfragmente, Reste einer unbekannten, altchristlichen Schrift, vielleicht des 
iEgypterevangeliums, bekannt geworden sind, enthâlt ausserdem noch mehrere inté- 
ressante Fragmente altchristlicher Litteratur. Unter N" 9 ist ein Bruchstùck der ^c^a 
Pétri et Pauli erhalten, leider nur von geringem Umfang. Das Blâttchen hat 0,131 m. 
Hôhe und 0,098 m. Breite und ist ziemlich beschâdigt. Die Schrift verrat eine kràftige 
Hand. Sie ist durchweg steil und gleichmàssig, eine der Buchhandschriften, w'\q sie 
sich in den litterarischen Fragmenten hàufîg findet. Die Zeit wage ich nicht, zu 



1. Ich mâche noch darauf aufmerksam, dasr auch die jùdische Kabbala die 22 Buchstaben des hebràischen 
Alphabets mit der Schôpfung in Zusammenhang bringt. So bilden nach dem Sepher Jezira « die 22 Buch- 
staben des hebràischen Alphabets nicht allein die Elemente der Sprache, sonderu ebenso die Elemente aller 
Dinge, » vgl. Bloch, in Winter und Wcnscue, Goschichte des jûdcschen Litteratur, III, 240 fi., namentlich 
S. 241. L. c, S. 245 : « § 2. Zehu Zahlen, in sich geschlossen — und 22 Buchstahen, deren Priricip die Grund- 
elemente, sieben zwiefache und zwôlf einfache, sind, » vgl. auch S. 247, § 10. 

Wie ait dièse Spielereien sind, das beweist die Thatsache, dass Mani sein Evangelium nach den zwei- 
undzwanzig Buchstaben des (syrischen) Alphabetes anordnete; vgl. Kessler. Mani, I, 205 ff. 



STUDIEN ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 



43 



bestimmen (5-6 Jahrh.?). Der Papyrus hat eine dunkle Fârbung und ist ziemlich 
schleclites Fabrikat; die Schrift ist stellenweise etwas verwischt. 

Koptisch sind bisher m. W. von den Petrusakten Fragmente aus dem Borgiani- 
schen Muséum (vgl, Zoega, Catalogus, 229 ff.; Guidl, Rendiconti délia R. Accademia 
dei Lincei, 1887 ,, 33 fp.) bekannt geworden; ausserdem hat 0. v. Lemm im Bulletin de 
V Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, nouvelle série, III, 240 fï. , einige 
Bruchstiicke verôffentlicht. 

Das Recto unseres Fragments (Faserung horizontal auf vertikal) enthàlt folgenden 
Text^ : 



1 &.]tfOK 'fitd.é.Ae eg^ 

p]*>.I es. coq UTik 

A]oc ïiceqiT eg^ 
5 p]«wi cTne iy«wn«^ 
eijior njue. îÏTiki 
e]i eAoA îïg^HTq >• 
JU.]*.po-v eipe g^woT 
nJTeig^e etg-îte oir 
10 niga'oju. ïiïiooT 
ne-xe nHpioii 
ïineTpoc -se 
eiJULC -xe etg-xe 
. . . efeoA 2^1 ... . 



1 Ich werde hinauf • 

steigen auf ihn und werde 
rufen meine En- 
gel (i-(yt\oç) und sie werden mich 
5 hinauf zum Himmel, zu meinem 
Vater, tragen, zu dem Ort, von dem 
ich ausgegangen bin. 
Môgen sie selbst ein 
Gleiches thun, wenn 
10 sie es vermôgen. 
Nero sprach 
zu Petrus : 
Wisse : wenn. . . 



Verso (Faserung vertikal auf horizontal) 



1 ne'xe nppo is.e. n 

5 ne-XA-q ïïs'i ciAJL[con 
nAid.t'oc xe co[TTppo 

AJLOir. ôwICOUg^' TT[e 

■xe irppo -xe g^«k.n 
10 Ao)c es^irtouj •s.le.n 



1 Der Kônig sprach : Mor- 
gen wird eure 

Prûfung (oo-/a[jia(jîa) 
auf einmal offenbar werden. 
5 Da sprach zu ihm Simon 

der Magier {[J-y-'i'o;] : O [Kônig], 

ich bin ein Magier ([ji^yo;]; wenn ich 

gestorben 
bin, bin ich (wieder) aufgelebt(?)'. Da 

sprach 
der Kônig : Ich habe 
10 einfach (âuÀwç) befohlen, dass 



1. Untergesetzte Puukte bezeiohaen unsichere Lesuugen. 

2. Der koptische Text ist hier eine uageschickte Ûbersetzung des Griechischen; ob ich darnach den kopt. 
Text richtig ergauzt oder verstanden habe, lasse ich dahingestellt. 



44 STUDIEN USER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 



p*.cTe TCTTin*. ihr morgen er- 

•i.oKiAi.«.^e xxn probt werdet (oox'.[aâÇco), 



.... oc It . . CT . 



Damit vergleiche man den enisprechenden griechischen und lateinischen Text, 
wie er bei Lipsius-Bonnet, Acta apostolorum apocrypha, I, 144 fï., sich findet : 

30. 2(|jia)v eTuev xÉXeuaov -jpyov \xoi. oî/.ooo- Simon dixit : Jube mihi turriin altam fa- 
fXYjuai 64'TiXàv £x ÇjXwv, xa'. àvEXôcov ïtz aj-cov bricare ex lignis, et ascendam super eam, et 
xaXÉffw TO'j; àYYÉXo'j; [jiou /.al ÈTTixa^co auToTc, '(va vocabo angelos meos et prsecipiam eis, ut 
Ttivicov ôpwvxcov àvacûépwj! [xe Tipôi; -cov TraxÉpa [xou cunctis videiîtibus in cœlum perferant me ad 
£iî xov oùpavôv xai toùto ouxot fjtfj ouvâixsvot uotTiffai patrem meum : hoc isti dum facere non potue- 
IXIyy^ovxai ôtvGpwTTot àTratosuxo'.. '0 0£ NÉpwv àxo'jaa; rint, probabis eos homines esse imperitos. 
xw néxpiti eTttev 'A/.r^xoa;, néxps, xo Tiapà Sîpwvo; Nero autem Petro dixit : Audisti, Petre,quod 
eîp-rifiîvov; Èx xo'jxou cpav/iCôxat, oVr/y ojvap'.v è'^e-. Simon dixit? ex hoc apparebit quantam vir- 
oyxo; ■/■] 6 esôî coù. néxpoç cTttev xpâxtcjxe ^a.<j<Xz~j, tutem habeat vel ipse vel deus tuus. Petrus 
el rieEXe;, t,ojvou voi-aai oxi oaiijioviwv TOTiXr^pojxai. dixit : Optime imperator, si velles, poteras 
Népwv eTtcv x( pioi Xôyiov Ttsptôowv x'jxXoucTioieTxs; intelligere quia dœmonio plenus est. Nero 
i, auptov 7]|Jt3pa 6|jiâ; ooxt[jLâcr£t. dixit : Quid mihi verborum ambages [circui- 

tus] facitis? Crastinus dies vos probabit. 

31. Stfiwv eTttev -KiaxE'kii;, k'^i^ï ^aaiXEù, oxi Simon dixit : Credis, bone imperator, quia 
piYo; eî^iî, b; àTrÉSavov xa; àvlax/iv; t^v yàp xxX. magus sum, cum mortuus fuerim et resur- 

rexerim? Egerat enim, etc. 

Die koptische Textrecension stimmt also nicht genau mit der griechisch-lateini- 
schen ûberein, wie das ja bei den meisten der koptischen Recensionen der apocryphen 
Akten der Fall ist. Zii Z. 6-7 des Recto vgl. man Lipsius, /. c, 207, 15 : Kà|jL£ Ix xwv 
oùpavwv TrefxtfGÉvxa. Teilwcise làsst der kopt. Text Zusàtze erkennen, teilweise verkùrzt er. 
Bei dem geringen Umfang lâsst sich allerdings nichts weiter als dièse Nichtùberein- 
stimmung feststellen. 



SÏUDIEN tJBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 

VON 

D'' J. U. DûRST (Zurich) und Claude Gaillard (Lyon) 

Ober das aegyptische Hausschaf ist in neuester Zeit mehrfach verhandelt worden 
und erscheint es uns zweckmàssig eine eingehendere Betrachtung darùber anzustellen. 

Es soll sich hierbei vor allem um das àlteste Schaf Aegyptens handeln^ dasjenige, 
welches C. Keller^ als « Tragelaphusrasse » bezeichnet und das wir « ziegenhôrniges » 
Schaf nannten'. 

Die àltern Aegyptologen haben die Darstellungen dièses Tieres auf Denkmàlern 

1. c. Kellkr, Die Abstammung der Rassen unseres Hausscha/es (Oester. Molk. Zeitg., 1899, u" 4 u. 5). 

2. U. D0r8t, Die Rinder oon Babylonien, Assyrien und Aegypten. Berlin, 1899, p. 21. 



Tafel I 




Hornzapfenquersclinilt. Nat. Grosse. 



Ocis v(dacoac(jj/pticus. Kjôkkennioddinger von Toukh (Ober-Aegypten), 1/2 nat. Grosse. 

Muséum von Lyon. 




"\^ 



Ocis lonijr'pc's. Widder von Mogador (Marocco). Hinteransicht. Vergl. anatom. Samrnlung 

des Muséums zu Paris. 




Hornzapfeiiquerschnitt. Nat. Grosse. 



Derselbe. Vorderansicht. 



Tafel II 





Octs longipcs. Widder von Fe/zan. Vergl. anatom. Saiumlung des Muséums zu Pari> 

Hinteransicht. 





Derselbe. Vorderansicht. 



/I 





Hornzapfenquerschniit. Nat. Grosse. 
Octs strcpsiccros. Ungarn. SaQimlung von D' Dùrst. 



STUDIEN iJBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 15 

aegyptischer Kunst stets als Ziegenbildnisse aufgefasst. Ja sogar der treffliche Zoologe 
R. Hartmann, der Kenner der afrikanisclien, speziell der aegyptischen, Haustierwelt 
ist in demselben Irrtume befangen und nennt sogar als Stammvater dieser Ziege den 
Markur (Capra megaceros)\ 

Natûrlich waren infolge dessen die Aegyptologen stets einstimmig der Ansicht^ 
dass, wie es Joli. Dûmichen formulirt, auf den Grabkapellen von Gizeli und den 
Pyramiden von Sarkkarali wohl Rinder, Ziegen und Antilopen bildlich dargestellt 
seien, die Schafe jedoch nicht, sie daher im Niltale noch nicht vorgekommen seien. 
Dièse irrtùmliche Auffassung gelangte so in verschiedene, bedeutende zoologische 
Werke' und fùhrte zu Trugschlùssen. 

Dennoch ist die Eigenart dieser dargestellten Tierspezies zwei Autoren, die als 
Landwirte sicli mit der aegyptischen Viehzucht bescbàftigten, nicht entgangen. Es 
sind dies P/'o/l A. Pagenstechev'^ in Heidelberg, der 1878 dièse Tiere als Schafbôcke 
mit Hôrnern, die horizontal stehen und Schraubenwindungen besitzen, bezeichnete 
und P/'o/". A. Thaer in Giessen'. 

Einige spâtere Autoren wie z. B. Erman^ und Hahn^ haben dann, wohl meist auf 
Thaer fussend, dièse Tierdarstellungen richtig als diejenigen von Schafen bezeichnet. 

Von Durst sagt C. Keller, dass derselbe 1898/99 auf die Verwandtschaft der 
altaegyptischen Schafe mit dem Zackelschaf hingewiesen'. 

Es durfen also wohl Pagenstecher und Thaer als die ersten Entdecker dieser 
prâpharaonischen Schafrasse angesehen werden. 

Prof. Z)' C. Keller* betrachtet neuerdings dièses « uraegyptische oder vorpha- 
raonische Hausschaf » oder « das aegyptische Zackelschaf » als vom afrikanischen 
Màhnenschafe {Ammotragus tragelaphus Gray) abstammend und als enge zusammen- 
hàngend mit den Dinka- und gemâhnten Fezzan-schafen. Dièses sind zentralafri- 
kanische Schafe, die mit den Schafen von Togo, dem oberen Nigger und der 
Guineakûste zu der Form Ovis aries longipes Desmarest oder Ovis longipes Fitzinger 
gehôren und die schon Paul Matschie aufïallend an Ovis tragelaphus erinnern". 

G. T/ulemus^" schliesst sich der Keller'schen Auffassung an und hait den Abbil- 
dungen auf aegyptischen Denkmâlern zufolge dièses Tier fur ein autochtones aegyp- 
tisches Schaf, das von dem « kebsh » dem Ammotragus ti'agelaphus Gray abstammt, 
und sehr nahe verwandt mit dem Sav- und Togo-schafe ist. 



1. R. Hartmann, Daricinismus und Thierproduction. Mûnchea, 1876, p. 205. — Ibid. Die Haussâugetiere 
der NUlânder {Annalen der Landœirtschaft, 22 Jahrgaug, 43 und 44 Bd. ). 

2. A. Brehm, Th'.erleben; C. Kellkr, Die Ticricelt in der Landœirtschaft ; Wilckens, Die Rinderrasscn 
Mitteleuropas ; Baranski, Gesrhichte der Tierzucht, u. a. 

3. A. Pagenstecher, Studien suin Ursprung der Rindes (Fti/ilings landcc. Zoitung, 2 Heft. Febr. 1878. — 
Separatabdruck, p. 5). 

4. A. Thaer, Die altaegyptische Landœirtsckaft (Landicirtsch. Jahrbiicher con Tliiel. Berlin, 1881). 

5. A. Erman, Aegypten und aegijptisches Leben, II Ed., p. 571. 

6. E. Hahn, Die Haustierc, etc. Leipzig, 1896, p. 161. 

7. C. Keller, Die Absiamrnung der Rassen unseres Hausscha/es. — Separatabdruck, p. 6. 

8. Ibid., p. 7-9. 

9. P. Matschie, Sûugetiere aus den Sammlungen des Grafen Zecli in Kratyi, Togo (Souderabdruck) 
Siîsungsberickte der Gesellscli. Naturf. Freunde, 1839, u° 1. 

10. G. Thilenius, Das acgy/jtische Haussc/iaf, vol. XXII, dieser Zeilschrift, Paris, 1900. 



46 



STUDIEN ÙBEK DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 



C. Keller hat sich dann in einer aller neuesten Arbeit fur die mutmassliche 
Entstehung des aegypti.sclien Zackelscliafes aus Ammotragus tragelapJius und seine 
Umwandlung durch Kreuzung in das ziegenhôrnige Torfscliaf der Pfahlbauer und das 
heutige Bùndner (Nalpser)-Schaf ausgesprochen'. 

Soviel liber die litteraturgeschichtliclie Seite unserer Frage. — Wir wenden uns 
nunmehr nacli Aegypten, uni etwas ïiber Geschichte und Gestalt dieser Schafrasse 
an Hand archaeologischer Dokumente zu erfahren. 

Als die bislier alteste und zugleicli vortrefîlichste Abbildung dièses Schafes haben 
wir die schon mehrfach zitirte, prâbistorische Schieferplatte des Muséums von Gi- 

zeli' (Fig. 1) aufzu- 
fassen. Sie stammt 
nacli Morgan aus 
derselben Epoche 
wie dieMonumente 
von Negâdah und 
Abydos, d. h. aus 
den ersten Zeiten, 
die der Eroberung 
Aegypten s durch 
die spàtern Aegyp- 
ter folgte. Wir 
sehen das Schaf hier 
mit Eseln und Rin- 
dern zusammen dar- 
gestellt. 

Aus spàtern 
Zeiten sind beson- 
ders einige Bilder 
von den Grabka- 
pellen von Gizeh (z. B. Ostv^^and, Grab 75, Grab 16 u. a.)', den Gràbern von Béni 
Hasan*, El Bercheh', Cheikh-Said°, Saniet el Meitin' und mehrere Zeichnungen auf 
Papyri' zu ervi^àhnen, die sich vor allen andern durch Naturwahrheit ihrer Linien 
auszeichnen (Fig. 2 und 3). 

Erst mit der XII. Dynastie tritt neben diesem ziegenhôrnigen Schafe eine neue 
Rasse auf, nâmlich Oois plaiyura aegyptiaca Fitz., die, wie schon TkHenius'' richtig 




Fig. 1. — Schieferplatte aus dem Muséum von Gizeli (nach Morgan) 



1. C. Kelliîh, Die Abstammunrj des Bundnerschafos und Tor/scha/es. Vorgetragen iu der Schweiz, Na- 
tur/orscher Versammlung in Tliusis. Chur, 1900. 

2. J. DE Morgan, Rec/icrches sur les orirjines do l'Egypte, Paris, 1897, ch. vi, p. 263, pi. III. 

3. Lepsius, Dcnkinâlcr aus Aegy/itcn, Abt. II, Bd. II, Bl. 9; Bd. III, Bl. 51. 

4. NEVVBiiRiîY, Pkrcy, Bcfii Wasa/i, part 1. Loudoa, Surccy of Egypt., 1893, plate XXX. 

5. Griffith et Newberry. EL Bershch, plate XXV. 

6. Prisse d'Avennes, Monuments égy/iticns, bas-reliefs, pi. LXXX. 

7. Description de l'Egypte, 1821, pi. LXVIII, vol. IV, fig. 13; Lepsius, Abt. II, Bd. IV, Bl. 106. 

8. Papyrus 3859, Kunslhisl. Hofmuseum zu Wieu; Papyrus des Neb-Qued, Musée du Louvre. 

9. TiiiLENius, op. cit., p. 7. 



STUDIEN ÙBER DIE GESCHICIITE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 47 

erkannt, von Asien herstammt und mit dem Fettschwanzschafe auf babylonischen 
und assyrischen Reliefs nalie vervvandt ist. Knochenreste dièses Tieres sind nicht 
selten; verschiedene Museen besitzen schône Stûcke von Mamieii dieser Rasse, so z. B. 
die aegyptische Abteilung der Museen von Berlin und London, sowie das Natural 
History Muséum in South Kensington. 

Dièses neueingefùhrte Hausscbaf drângte das ziegenhôrnige allmâhlig immer 
mehr zurûck, bis es von der XVIII. Dynastie an, nicht mehr auf den Bildern figurirt 
und nurmehr in Mythen und Symbolen gekannt wird'. 

Die DarsteUungen des Schafes sind ûberall in annâhrend gleicher Weise ausge- 
fiihrt, was auf einen konsolidirten Rassentypus deutet, der ja iibrigens bei solch 
primitiven Rassen sich noch constanter, gleichmâssiger auspràgt. 

Der Kopf mit gevi^ùlbtem Profil, trâgt ein horizontal gerichtetes Gehôrn, das ge- 
wôhnlich eine Conchospirale von zwei Umdrehungen beschreibt auf eine Hornlânge, 
làngs der Axe gemessen, von 20-25 cm. Es erscheint als eine Eigentiimlichkeit dieser 
Rasse, dass die Hornwindung eine nur langsame ist. 

In der Form der Ohren existirt ein Unterschied zwischen den Bildern auf der 
Schieferplatte von Gizeh und dem Papyrus des Neb-Qued^ mit den ûbrigen uns 
bekannten DarsteUungen von 
Gizeh, El Bercheh, Cheikh-Said, 

SauietelMeitin, Béni Hasan u.a. -^ ^ 

Die Widder auf den erstgenann- ^y^ "( ^r- 

ten Dokumenten haben noch nor- 
male, seitwârts und rûckv^^ârts 
gerichtete Ohren, wàhrend sie 
auf den letztgenannten Bildnissen 
mit Hàngeohren dargestelltsind. 

Auf mehreren der Bild- 
werke zeigen die Widder eine 
starke Verlàngerung der unter 
dem Halse befindlichen Haare, 

WOdurch gewissermassen eine ^^'g-^- — <^''* ^««&'Pe-«/'«'«eo«e(y<//)«fcMsvoai Papyrus des Neb-Qued 
' (Muséum des Louvre, Paris). 

Art von Mâhne entsteht. Dass 

dieselbe aber auch oft den ganzen Hais bedeckt, wird uns erst durch die genannten 
Papyrusmalereien sowie durch ein im Muséum von Gizeh befindliches Widder- 
bildnis klar'. 

Der Hais erscheint infolge des.sen beim Widder massig und schwer, beim Schaf 
ist er schlank, Der Widerrist wird gewôhnlich stark erhoht dargestellt. Die Beine 
sind recht lang und hoch, der Leib wird dadurch in dem Eindruck der Schlankheit 
noch verstârkt. Der Schwanz der Tiere ist lang und reicht bei den Widdern der 
Platte von Gizeh sogar bis unter die Sprunggelenke. 




1. Vergl. spâter, p. 72-75, dieser Schrift. 

2. Prisse o'AviiNNKS, Monuments égyptiens, etc. Race ovine 




48 STUDIEN UBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 

Die Fârbung ist verschiedenartig, die eineii Tiere sind einfarbig, hell oder dunkel, 
die aiidern sind gefleckt. Nacli Griffitli sind die Scliafe von El Bercheh von folgender 
Farbonzeichnung : Widder rotbraun mit weissem Maul und Bauch, Schafe braun 
mit dichten, schwarzen Fleclcen von runder Form, rotbraun und weiss gesprenkelt, 
rotlicli, grau und weiss, steingrau'. 

Ein starkes Vliess scheinen die Tiere nie besessen /.u haben, sondern der Kôrper 
war wohl wie bei den verwandten afrikanischen Rassen mit strafEem, ziemlich kurzem 
Haar bekleidet. 

Es ist durch dièse aus den biidlichen Darsteliungen liervorgebenden Eigenschaften, 

die zu untersuchende Schafrasse als 
eine durchaus eigenartige Erschein- 
ung unter den Schafrassen des Alter- 
tumes charakterisirt. 

Unsere bis jetzt bloss auf rein 
archaeologischen Dokumenten fus- 
sendeUntersuchung wûrde uns nicht 
Y^g.i.-Ooisionri^pespaiaeoaegypUcus.EX.B^v^heh.Gv^hN't ^^^j. fuhren als wie die bisherigen 

(nach Newberry, Tafel XXV). ° 

Autoren; glïicklicherweise aber finden 
wir noch bei einer andern Forschungsmethode Unterstùtzung, nàmlich der verglei- 
chend-anatomischen. 

Unter den Mahizeitûberresten, die die pràpharaonische Bevôlkerung Aegyptens 
auf dem Boden ihrer Wohnungen oder Lager zuri'ickgelassen, fand de Morgan vor 
einigen Jahren eine ziemliche Menge verschieden gearteter Tierknochen. 

Dieselben, obwohl grôsstenteils arg zertrûmmert, wurden durch Prof. Z)'' Lortet, 
Dekan der medizinischen Fakultàt zu Lyon untersucht und die Liste der darunter 
vorgefundenen Sàugetiere, Vôgel, Reptilien und Fische durch de Morgan 1897 
publizirt'. 

Bei diesen Knochenresten befanden sich jedoch noch einige Schâdelfragmente 
eines kleinen Wiederkiiuers, dessen genaue Bestimmung aus Mangel an Vergleichs- 
material damais unmôglich war. Herr Prof. D"" Lortet hatte die Giite uns dièse 
Fragmente zum Studium zu uberlassen. 

Sie bestehen aus drei, im Muséum von Lyon aufbewahrten Stucken : Zwei Stiicke 
der fronto-parietal-Region des Schadels eines jungen Tieres und ein Hornzapfenrest 
eines erwachsenen Individuums (Tafel I, Fig. 1). 

Dièse Knochenreste wurden gleichzeitig mit den friiher besprochenen durch 
Morgan in den Kûclienabfàllen von Toukh gefunden. Toukh ist ein Nachbardorf von 
Negàdah im Sûdosten von Abydos, auf dem linken Nilufer gelegen. 

Die Reste stammen ans der untersten, als durchaus fiir pràhistorisch angesehenen 
Schicht der Ablagerung. Hier an dieser Stelle sind die Feuersteinwerkzeuge reichlich 
vertreten und finden sicli im Gemenge mit zerbrochenen Tierknochen, Gefâsstrûmmern, 



1. TniLENius, op. rU., p. 4. 

2. MOHGAN, o/>. cit.. p. 87. 



STUDIEN ÙBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 49 



die denen ans archaeischen Necropolen sehr gleiclien, kleinen Knochenspitzen, Meeres- 
und Nilmusclieln, Feuersteinknollen, Hàmmer und eine Menge Splitter. 

Dièse Hiigel von Toukh sind àchte Kjôkkenmôddinger, sie enthalten aile Elemente 
derselben und sind die letzten Reste des Dorfes, in dem die Leute lebten, die in der, 
niclit weit davon, im Sûdwesten der Berge gelegenen Nécropole ruhen. 

Die oberen Schichten der Kiichenabfâlle von Toukh enthalten ungebrannte Ziegel 
und einige gewôhnliche und seltenere Bronzeinstrumente. Sie datiren nach Morgan 
aus dem Anfange der pharaonischen Période. Eine flûchtige Untersuchung der Abfàlle 
von Toukh fûhrte Morgan zuerst zu der Auffassung, als seien aile Schichten Reste 
der autochtonen Bevôlkerung, aber das genaue Studium àhnlicher Hûgel in Kawamil, 
in Silsileh und in Toukh liessen ihn dièse erste Idée verLassen. « Jedesmal, » sagt er, 
« wenn man rohen Ziegeln begegnet, sei es in Kûchenabfâllen, sei es in Grabstàtten, so 
findetman gleichzeitig Metallgegenstànde, wie Harpunen, Nadeln, kleine Meissel, etc., 
vermischt mit Feuersteinen und Gefâsstrùmmern. Die ungebrannten Ziegel erlauben 
daher dièse Ûberbleibsel in die Anfangsperiode Aegyptens einzureihen. Nur die Kunst 
ihrer Bearbeitung ist einer der Charaktere dieser Epoclie. 

» In Toukh ist die Basis der Ablagerung durch prâhistorische Reste gebildet und 
nur in den oberen Schichten begegnet man den Ûberresten der aegyptischen Wohnun- 
gen, die durch die Tôpferei und die Metallobjekte charakterisirt sind. 

)) Die Gegend von Toukh wurde bald nach der Eroberung Aegyptens verlassen 
und durch die Stadt Noubt ersetzt, die einen Kilometer nôrdlicher liegt^ » 

Es steht fest, dass die Knochenfragmente, die wir untersuchen woUen, in der 
untersten Schicht der Kiichenabfâlle von Toukh gefunden wurden. Sie datiren daher 
aus der neolithischen Période. 

Das w^ichtigste Stùck ist die linke Hàlfte der Idntern Schàdelpartie. Dièses 
Stûck besteht aus dem Stirnbeine mit den Hornzapfén, einer Hâlfte des Pariétales und 
einem Teile des Schlâfenbeines. 

Das Vorderende des Stirnbeines ist nicht bekannt, der Knochen ist lângs einer 
Querlinie durch die Orbitalia ein wenig ûber den Supraorbitallôchern abgebrochen. 

An der Basis des Hornzapfens ist eine Hôhlung, welche die ganze Breite des 
Frontales einnimrat, von der Orbita bis zur sutura sagittalis; dieser Sinus setzt sich 
in den Hornzapfén etwa zwei Centimeter tief fort. Der transversale Stirndurchmesser, 
gemessen von der sutura sagittalis zu der Aussenseite des Hornzapfens, ist 55 mm. 
Das Doppelte dieser Zifïer gâbe den Totalabstand der Hornzapfén, der also daher 
zwischen den àussern Ilornzapfenbasen 110 mm. wâre. Die innere Zwischenhornlinie 
istungefâhr 44 mm., doch kann dièses Maass nicht mit absoluter Pràcision festgestellt 
werden, einerseits wegen der Abschleifung und anderseits wegen der horizontalen 
Richtung der Hornzapfén. 

Der Hornzapfén hat eine beinahe vôllig horizontale und transversale Richtung, ist 
nur sehr wenig aufwàrts und rûckwârts gekrùramt und dabei aber stark um sich selbst 



1. Morgan, op. cit., p. 66. 

RUCUEIL, XXIV. — NOUV. SÉIl., VIII. 



50 STUDIEN ÙBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 



gedreht. Die Spirale macht ungefâhr eine Viertelsumdrehung auf eine Lange von 
5 cm. Eine kieine Furche entspringt an der Basis der Stirn-Orbitalkante des Horn- 
zapfens und folgt dieser Kante bei deren Windung. 

Der Quersclmitt des Hornzapfens an seiner Basis weist nach innen eine sehr 
convexe und abgerundete Begrenzung auf, die nach hinten abgeflacht und etwas 
winkelig ist. Der Lângsdurchmesser der Basis ist 42 mm., der Querdurchmesser nur 
30, der Umfang 115 mm. 

Das Pariétale ist in der Mitte entzweigebroclien. Die Coronalnaht (sutura parieto- 
frontalis) ist noch nicbt synostosirt, sie entspringt an der hintern und âussern Kante, 
der Stirn-Orbitalkante des Hornzapfens und richtet sich geradlinig gegen die sutura 
sagittalis, mit der sie einen rechten Winkel bildet. Die beiden Telle der Coronalnaht 
formiren also gleichfalls einen Winkel, der nach hinten geôffnet ist. Die Lange des 
Pariétales lângs der Medianlinie ist 39 mm., die lialbe grôsste Breite in der Mitte 
betrâgt 46 mm. Die gesammte Breite ist also 92 mm. 

Das zweite Stùck dièses Fossils besteht in einem rechten Hinterschâdel, der jedoch 
durchaus identisch mit dem vorhergehenden ist und sich auf dasselbe Individuum zu 
beziehen scheint. Doch ist dièse Schâdelhâlfte nicht ganz so gut erhalten, v^ie die 
andere; die Furche des Hornzapfens ist hier fast vôllig durch die Abnutzung verwischt. 

Das dritte Stùck ist ein Hornzapfenfragment der rechten Seite. Es zeigt das innere 
Gevi^ebe des Zapfens, welches als eine ungemein dichte Diploë auch nicht die geringsten 
lumina oder sinus aufweist. Der Quersclmitt ist durchaus derselbe wie derjenige der 
vorbeschriebenen beiden Stûcke. Dieser Hornzapfen gehôrt jedoch ohne Zweifel einem 
alten Tiere an, denn die Furchen sind viel markirter als bei den vorbeschriebenen 
Stiicken. Dièse sind Reste eines jugendlichen Individuums. 

Bei der Vergleichung dieser Knochenfragmente aus den Kûchenabfàllen von 
Toukh mit den aktuellen Cavicornia bemerkt man zuerst, dass die Struktur des Stirn- 
beines und des Pariétales, der Querschnitt, die Richtung und die quere Insertion der 
Hornzapfen durchaus mit den Eigentïimlichkeiten der Schafe ûbereinstimmen. Aber 
anderseits ist die Hornzapfen furche, die gev^issermassen ein Schraubengewinde fur 
das Horn bildet, auch eine Eigentiimlichkeit besonders verschiedener Antilopiden, wie 
z. B. Tragelaphus, Taurotragus, Limnotragus und Strepsiceros. 

Auf Grundlage einergenauen Untersuchung der gesammten Famille der Antilopen 
sind v^ir zu folgenden Schlussen gelangt : Bei allea aktuellen Antilopen, i.ao die 
Hôrner in Spirale gedreht sind, ist das rechte Horn rechts gewunden, das linke 
dagegen links. Bei dem Wiederkàuer von Toukh, wie bei allen àchten Schqfen, sind 
die Hornzapfen in umgekehrtem Sinne gedreht : Der rechte Hornzapfen ist links, 
der linke rechts gewunden. 

Die Form der Hornspirale bei den verschiedenartigen Spezies von Antilopen und 
Schafen ist ein zu wichtiger Charakter, als dass es erlaubt wâre, denselben zu ver- 
nachlâssigen, wenn man die systematische Stellung der verschiedenen Formen dieser 
beiden Tiergruppen untersucht. 

Die Dilïerenz in der Hornform von Antilopiden und dem Fossile von Toukh 



STUDIEX UBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 



51 



unterscheidet daher dasselbe klar von allen lebenden Antilopen und rangirt es auf 
Seite der Schafe, deren Eigenschaften es durchaus aufweist. 

Man kann daher von jetzt an sagen : Das Fossil von Toukh ist keine Antilope, 
sonder n ein Schqf. 

Damit ist aber auch schon bestimmt, was fur ein Schaf es ist. Die Bildung der 
Hornzapfen und ilire liorizontale Richtung weisen deutlich auf das Schaf hin, das 
wir in der archaeologischen Einleitung dieser Untersuchung als pràhistorisch-aegyp- 
tische Schaf rasse kennen gelernt haben. 

Es ist fur uns daher kein Zweifel môglich, dass das Schaf der Kjôkkenmôddinger 
in Toukh ûbereinstimmt mit dem Schafe, das die pharaonischen Aegypter auf ihren 
Tempeln und Grabmauern abbildeten, dass wir also Schàdelreste dièses Tieres 
gefunden haben. 

Wir haben jedoch unser Schaf gegen einen môglichen Einwand in Schutz zunehmen. 

Die Unterschiede zwischen Schqf und Ziege sind so geringfûgig, dass man uns 
entgegenhalten kônnte, die Knochenreste môchten ebenso gut einer Ziege angehôrt 
haben, insbesondere, da es ja in der Tat eine aegyptische Ziege gibt, die dem genannten 
Schafe in Hornform sehr âhnlich ist, nàmlich Hircus mambricus Fitz. 

Dennoch ist in unserem Falle ein genauer Beweis zu leisten. 

Die osteologischen Differenzen von Ziege und Schaf wurden schon ôfters, z. B. 
von Geoffroy Saint-Hilaire\ B. H. Hodgson^ , H. v. Nathusius^ und RiUinieyer'' 
behandelt. Eine der wertvoUsten und ge- 
nauesten Arbeiten ist jedoch diejenige von 
Cornevin und Lesbre\ die zu ihren Studien 
eine grosse Zahl zahmer und wilder Formen 
verwendeten, aber nur erwachsene Indivi- 
duen gleichen Geschlechtes in ihre Be- 
trachtangen zogen, um aile Alters- und 
Sexual itâtsdifferenzen auszuscheiden . 

Als Charaktere derjenigen Schâdel- 
knochen, die bei unsern prâhistorischen 
Schafresten noch ûbrig geblieben sind, 
geben die genannten Auto ren folgendes an : 

(( Die Hinterhaupts-Scheitelbeinnaht 
ist beim Schafe beinahe vollstândig gerad- 
linig, wàhrend sie bei der Ziege einen Winkel bildet, dessen Scheitel sich zwischen 
die Parietalia einschiebt und das Interparietale umschliesst. 





FiK. 4. 



Ocis platyura. Syrien (Collection des 
Muséums von Lyon). 



1. J. GiiOPFROY Saint-Hilairk. Du Bélier à large queue (Description de l'Egypte, 1821, t. XXIIl). 

2. B. H. HoDGSON, On tke characters of tlie Jhâral, etc., with observations of the distinction between the 
gênera Capra and Ovis (Zoolog. Son. Procercl., II, 1834, p. 106-118). — Ibid., Ou the two wild species of sheep 
inhabiting the Himalaya région with some brief remarks on the craniological charakters of Ovis and its allies 
(Bengal. Journal. Asiat. Soc, X, 1S41, p. 230-234). 

3. H. VON N.vrHusius, Vortruge, Sclia/zucht, p. 4-11. 

4. RCti>:ever, Fauna der P/ahlbauten, p. 128. 

5. Cornevin et Lksbre, Caractères ostéologiques dijérentiels de la ckécre et du mouton {Bulletin de la 
Société d'Anthropologie de Lyon, 1891, p. 47). 



52 



STUDIEN UBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 





» Die Scheitelbein-Stirnnaht ist bei der Ziege geradlinig transversal, wàhrend 

sie bei dem Schafe einen Winkel bildet, dessen Scheitel zwischen die Frontalia hinein- 

greift (Fig. 4 und 5). 

» Wenn Hôrncr existiren, haben ihre Hornzapfen weder dieselbe Insertion noch 

dieselbe Form, nocli dieselbe Richtung, noch dieselbe Structur bei beiden Spezies. Sie 

entspringen viel nàher bei einander bei der 
Ziege als bei dem Schafe. Bei der Ziege sind 
sie viel mehr seitlich abgeflacht und weisen 
einen scharfen Vorderrand auf. Bei den 
Schafen sind sie viel dicker und ihre beiden 
Flàchen, eine ebene und eine convexe sind 
durch abgerundete, breite Rànder vereinigt. 
Die Ziegenhôrner sind im aligemeinen nach 
oben und hinten gerichtet und divergiren; 
die des Schafes bilden gev^ôhnlich eine Spi- 
rale. Die Hornzapfen derZiegen sind an ihrer 
Basis auf eine Lange von 5-6 cm. von einer 
kleinen Hohlung durchzogen, die mit dem 
sinus frontalis in Verbindung steht. Die 
Schafe haben keinen derartigen Divertikel, 
doch kommt es vor, dass der sinus frontalis 

Fig. 5. — Hircus mambricus vom Djebel Messeiris sicli wie eine Sackgasse in den Hornzapfen 

(Syrie) (Collection des Muséum von Lyou). ^^^^^^^ ^^^^^^^ ^^^^ 1_2 cm. tief. )) 

Wir haben die Richtigkeit dieser Beobachtungen an vielen hundert Schaf- und 
Ziegenschâdeln kontrollirt, die uns in den Museen von Paris, London^ Berlin und 
Lyon zur Verfugung standen. Die genannten Differenzen sind wirklich als ziemlich 
constante Unterscheidungsmerkmale aufzufassen. 

Dies gesagt, ist nun leicht zu bestimmen, was fiir einem Tiere, Ziege oder Schaf, 
die Schàdelreste von Toukli zugesprochen werden mùssen. 

Die Coronal- und die Lambdanalit, die innere Structur und Insertion, Form und 
Querschnitt der Hornzapfen, ailes correspondirt durchaus mit den osteologischen 
Charakteren der Schafe und jegliche Eigentïimlichkeiten der Ziegen fehlen beim 
Fossil von Toukh vôllig. 

Wir konnen aber noch einen weitern Beweis leisten; vergleicheu wir das Schâdel- 
rudiment von Toukh mit den Schàdelresten altaegyptischer Ziegen aus den Gràbern 
von Abadiyeh'. dann bemerken wir eine ungemein grosse Difîerenz in Form und 
Richtung der Hornzapfen. Die Hornzapfen der Ziege entspringen mehr in der Alitte 
jedes Frontales und weisen an ihrer Basis eine beulenformige Anschwellung auf. Sie 




■^ 



1. Abadiyeh, 22 engl. Meilea von Keiia. Aegypten. Wahrscheialich, VI. Dyn. 9 Schàdel und Schàdelreste 
dem British Muséum (Naiural History) im Auftrage des Egypt Exploiation Fund geschenkt von Prof. 
Flinders-Fetrie. 



STUDIEN ÙBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 53 

sind sclilank nnd scharfkantig, zuerst in der Flucht der Stirne riickwârts gerichtet 
und er.st spilter seitwârts und auswârts gedreht. 

Zieht mail nun noch den vielwirbeligen langen Schwanz mit in Betracht, wie die 
Aegypter ilin an dem Schafe auf den Denkmalern des alten Reiches darstellen, dann 
erscheint es durcliaus als ausgeschlossen, dass wii' es mit einer Ziege und deven 
Schâdelresten ^u tun haben. 

Es ist somit unsere erste Behauptung als absolut feststeliend anzuselien, dass die 
vorliegenden Knochenfragmente einem Repràsentanten des eigentlicben Genus Ovis 
zugehorten. 

Dièse Tatsacbe wird aber noch bekràftigt durch eine osteologiscbe Vergleichung 
mit recenten Schafrassen, die schon in ihrem âussern Habitas verwandtschaftliche 
Beziehungen zn den altaegyptisciien Hausschafen verraten. 

Es kommen hier vor allem in Frage, die afrikanischen Vertreter jener Schafspezies, 
die Linné' als Ovis guineensis undspâter Desmarest^ als Ovis aries longipes, Fitzingev^ 
dann als Oi:is longipes bezeichnete. 

Schon Keller und Thilenius wiesen auf die nalie Verwandtschaft dieser Rassen 
mit dem voraegyptischen Schafe hin, dem dieselben in ihreni itusseren Aussehen sehr 
àhnen, ja, mit dem sie sogar ûbereinstimmen, wie z. B. dem Sa^'-Schafe vom oberen 
Nigger. 

Wir wollen an dieser Stelle nicht die verschiedenen Gruppen und Rassen 
beriicksichtigen in die Fitzinger auf Grundlage seiner meist bibliographischen Studien 
dièse Spezies eingeteilt liât. Hier sei jedocli nur bemerkt, dass die Form des hochbei- 
nigen, mâhnetragenden, sclilichthaarigen, hàngeohrigen Schafes ausser Linné, Desma- 
rest und Fitzinger, schon von Léo Africanus, Marcgruve, Jolmston, Bufîon, Tower, 
Fr. Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Tilesius, Walther, Schreber, Schinz, Youatt, 
Reichenbach, Pôppig, Hartmann u. a. geschildert wurde, also sehr bekannt ist. 

Die verschiedenen Formen haben als hauptsàchlichste, gemeinschaftliche Cha- 
raktere : Ramskopf, lange, hàngende Ohren, variabel, bald kïirzere, bald langere 
Hôrner — die weiblichen Tiere sind bei den meisten dieser Rassen hornlos; bei einigen 
sind sogar mànnliché wie weibliche Tiere ungehornt — schlankeii Leib, langen cylin- 
derischen, magern Schwanz und hohe Beine. Die hauptsâchlichsten Variationen liegen 
in der Grosse, dem mehr oder minder hoheii Widerrist und der sehr verschiedenartigen 
Behaarung : dièse besteht entweder aus gieichartigen kurzen Haaren, ans mehr oder 
weniger gieichartigen langen Haaren, der Bildung einer mehr oder weniger starken 
Màhne, und endlich aus einer Mischung von schlichten, straffen Haaren mit welliger 
Wolle. 

Die Farbe variirt mannigfach, es scheint relativ selten gleiche Fàrbung ani ganzen 



1. Cakolus a Linné, Sysieina Naturœ, éd. XII, 1766, p. 98. «Ovis auribus pendulis, palearibus Iaxis 
pilosis, occipite promiiieute. Cornua parva, deorsum usque ad oculos torta. Jiiba sub coUo pendula. Fili brèves, 
hircini. » 

2. Desmarest, Mainmalia, p. 487, ii° 471, var A. 

3. Fitzinger, Uber die RasictL des zalinien Sc/ia/es {Siti:ungsber. der k. Akadamie der Wissensc/iaften. 
Wien, 1860, Bd. XLI, p. 203. 



54 



STUDIEX ÙBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 



Kôrper vorzukommen, ôfters bestimmt umschriebene dunkele Zeichnungen auf hellem 
Grunde, nicht selten unregelmâssige Flecken. 

Glocken am Halse fehlen bei den einen, wâhrend sie wieder bei andern Rassen 
vorhanden sind. 

Es ist augenfâllig, dass die Grosszabl dieser Charaktere ebensogut von unserem 
altaegyptischen Scbafe gelten und die Annahme verwandtschaftlicber Beziehungen 
zwischen diesen Rassen und der altaegyptischen durchaus auf Grundlage der âussern 
Àhnlichkeit gerechtfertigt erscbeint. 

Um dièse Charakteristik etwas zu vervollstândigen, wiihlen wir unter den uns 
bekannten Spezimen dieser Schafe^ den zentralafrikanischen Widder aus, der sich 
im Jardin des Plantes in Paris befindet^ (Fig. 6). 

Er ist gross, hochbeinig, mit ziemlich erhôhtem Widerrist und krâftigem, aber 
schlnnkem Rumpf. Der Kopf ist im Profil gewôlbt (Ramskopf), mit hângenden Ohren 

und horizontal seitwàrts gerich- 
leten, knapp zwei Umdrehungen 
beschreibenden Hôrnern. Die 
Glocken fehlen. Der Schwanz reicht 
bis unter das Sprunggelenk und 
ist zylinderisch. Die Behaarung ist 
kurz und strafï. Die Lange der 
Haarc ist am ganzen Korper ziem- 
lich gleichmâssig, nur Kopf und 
Beine sind kùrzer behaart. Die 
Fàrbung der Vorhand ist rotbraun^ 
die der Nachhand weiss. Die 
Scheidung der beiden Fârbungen 
geschieht etwa in der Mitte des 
Rumpfes. 

Diesem Widder sehr âhnlich 
ist auch das Weddahnschaf (Ti- 
besti,Wùste Sahara) aus dem zoologischen Garten zu Berlin, das mit seiner schmutzig- 
roten Wûstenfarbe und weissen Abzeichen an Gesicht, Vorderbrust und Beinen, seinen 
langen Gliedmassen, dem unruhigen Gebahren, durchaus den Charakter eines echten 
Wùstentieres, einer Antilope, und nicht denjenigen eines zahmen Hausschafes bat. Das 
Tier bat ebenfalls einen Ramskopf, der aber zwei Paar Hôrner trâgt, von denen zwei 
normal aufwârts und dann seitwiirts gerichtet, die zwei untern dagegen abwàrts und 
vorwârts, gegen die Augen gekrijmmt sind. Die obère Hôrner weisen nur eine geringe 
Spiralwindung auf, beide aber zeigen eine starke Ringelung des Hornes. 

Dièse àussere Vergleichung kann uns jedoch nicht genûgen, wir mûssen auf 
osteologische Basis abzustellen vermôgen, um eine Verwandtschaft der altaegyptischen 




Fig. b. — Ocis longipes. Centralafrikan. Widder 
(Ménagerie du Muséum, Paris). 



1, Wàhrend der Drucklegung dieser .\rbeit ist das betreSeade Tier gestorben. 



STUDIEN UBER DIE GESCHICIITE DES AEGYPTISCHEN IIAUSSCHAFES 55 

Rasse mit diesen modernen SchaSormen als unzweifelhaft anzunehmen. Was das 
Vergleichsmaterial an Schàdeln angeht, so existiren solche in verschiedenen Museen^ 
so z. B. in Paris, Lyon, Berlin und London. Wir wàhlen zuerst zur Vergleichung 
den Schàdel eines vier Jahre alten, also noch ziemlich jugendlichen Widders von 
Mogador {Marocco), der sich iinter N"" 1897-332 in der vergleichend-anatomischen 
Sammlung des Naturhistorischen Muséums zu Paris befindet' (Tafel I, Fig. 2 und 3). 

Es ist der jùngste der uns vorliegenden Schâdel, wenn auch derjenige von Toukh 
entschieden einem noch jùngern Individuum angehôrte. 

Osteologische Untersuchimg : Die Frontalia sind bis etwa in die Mitte der Orbitalia 
leicht gewôlbt, dann aber gegen das Nasion etwas eingeknickt^ làngs dieser queren 
Einknickung ist der Schàdelrest von Toukh abgebrochen. Die Orbitah'ânder sind 
seitlich sehr weit vorspringend. Aucli hier ist ein starker Frontalsinus vorhanden, 
jedoch sind die Ventrikel, die sich in die Hornzapfen fortsetzen, nur 1-2 cm. lang, sie 
endigen schon 1,5 cm. ùber der Hornbasis. Von hier an ist die Knochensubstanz des 
Hornzapfens vôUig dicht und ohne Hôhlung. Die Hornzapfen sind seitlich angesetzt 
und beinahe horizontal seitwarts, nur wenig abwàrts und ruckwârts gerichtet, die 
Conchospirale beschreibt auf die ganze Hornzapfenlànge von 18,5 cm. eine halbe 
Umdrehung. Der Querschnitt der Zapfen ist am Grunde dreieckig mit abgerundeten 
Ecken, die convexe Seite vor und auswârts, die flache Seite nach hinten gekehrt. In 
der Mitte des Zapfens wird der Querschnitt immer mehr dreieckiger mit einer scharfen 
Ecke (der hintern Kante), und dicht vor dem Ende entsteht eine mehr ovale Formt 
mit zwei scharfen Ecken, die auf der Vorderseite eine kleine Kante als letztes Rudiment 
der dritten Ecke trâgt. 

Das Pariétale ist nur wenig gewôlbt, aber ziemlich lang und breit. Die Coronalnaht 
bildet beim Bregma einen stumpfen Winkel von 120°. 

Soviel ûber die Beschafïenheit derjenigen Schàdelteile, welche bei dem Fossile 
von Toukh vorhanden sind. Die grosse morphologischeObereinstimmung braucht wohl 
niclit erst besonders hervorgehoben zu werden. Die Abbildungen und Maasse sprechen 
ebenfalls deutlich genug. 

Zum Zwecke einiger spâterer Vergleichungen fùgen wir indessen noch eine kurze 
Charakteristik der andern Schàdelknochen bei. 

Die Lambdanaht (sutura parieto-occipitalis) ist beinahe geradlinig transversal 
verlaufend, das ganze Occipitale niedrig. 

Das Lacrymale besitzt eine tiefe Trânengrube, die nach oben und unten durch 
eine Gràte umgrenzt ist. Zwischen Nasal- und Lacrymalrand ist eine kleine Fontanelle, 



1. Fur Uberlassuug des reicheu Materiales der vergleichend-anatomischen Sammlung des Muséum d'His- 
toire naturelle zu Paris bin ich, nebst deren Direktor Herru Prof. D'" Filhol, meinera Freunde D' Gervais zu 
grossem Dauke verpflichtet, besonders fur eine Série von Horn- und Schâdelschnitten an Ammotragus trage- 
laphus, die er eigeuhàndig fiir meine Uutersucliungen ziisammenslellte. 

Fur die Erlaubnis zur Benùtzung des Vergleichsmateriales zu Berlin, danke ich an dieser Stelle Herrn 
Geheimrat Môbius, Herrn Prof. D' A. Nehring und ganz besonders Herrn Paul Matschie. 

Bei der Uniersuchung der Schàdel im Natural Histor\' Muséum in London haben besonders der Direktor 
Prof. E. Ray Lankester und Herr D" Forsyth Major mir ihre Hiilfe ungedeilien lassen, wofiir ich den Herren 
an dieser Stelle herzlich daake. — DCrst. 



56 STUDIEN LBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 

das sog. dreieckige Loch, welclies jedocli keiaeswegs zu einer so grossen lacuna 
lacrymalis wird, wie sie bei Ziegeii immer auftritt und worin mau stets einen Teil der 
Nasenmuschehi sieht. 

Das N'asale ist oben breit, nach vorne pyramidal, spitz zulaufend und im Profil 
gebogen. Die Naseniiste der Praemaxillaria bleiben 1 cm. imter dem Nasale zurûck 
und siiid sehr selilank. Der Kôrper ist bei dem vorliegendem Schâdel teilweise abge- 
brochen. Das Ma.rillare ist hocli und ziemlich schmal, da die Zahnreihe noch nicht 
vôllig entwickelt ist. Der dritte Molar ist ebcn im Ausbrechen begriffen. Der Unter- 
kiefer hat breite aufsteigende Àste, die vorderen Àste hingegen sind schmal und unter 
dem 1 Molaren winkelig aufwarts geknickt, sodass der Kôrper sehr hoch zu liegen 
kommt. 

Die Hôriier sind von bélier Farbe, dùnnwandig, am Grunde dreikantig mit queren 
Wûlsten und Ringeln, die jedoch weiter oben nur auf der hintern Seite bleiben. Das 
Horn weist auf seine ganze Lange von 34 cm. genau eine Umdrehung auf. 

Um nun aber noch ein wenig die Variabilitât selbst so primitiver Tierformen, wie 
dièse afrikanischen Langbeinschafe, wûrdigen zu lernen, erstrecken wir unsere 
Beobachtungen noch auf einige andere Schadel, die teils dem Muséum fur Natur- 
geschichte in Paris, demjenigen in Berlin und der Veterinârschule in Lyon ange- 
horen. 

Die osteologische Beschaffenheit dieser Crânien ist mit der des ebenbesprochenen 
ziemlich ûbereinstimmend. Die hauptsâchlichsten Unterschiede sind auf die Alters- 
variation zurûckzufùhren, wie wir sie z. B. beim Vergleiche des Schâdels aus Mogador 
und demjenigen eines alten Widders aus Fezzan (Muséum d'Hist. Nat. C N"^ 1884- 
2066) deutlich ersichtlich sind (Tafel II, Fig. 1 und 2). 

Die Hornzapfen sind otwas langer, aber die Windung ist durchaus nicht beschleu- 
nigt, sondern ebenso langsam wie beim vorgenannten, sie macht eine ganze Um- 
drehung auf eine Lange, t'on 26,5 cm. lângs der âussern Curvatur. Im Querschnitt ist 
die dreieckige Form noch bedeutend mehr verflacht und wird fast viereckig mit 
abgerundeten Ecken. Der ganze Zapfen ist mit dichter Diploë angefûllt, nur im 
untersten Teil ist eine Hôhkmg, die fast 3 cm. weit in die Hornzapfenbasis aufsteigt. 
Eine leichte Furche ist auf der Hinterseitc wahrnehmbar. Das Pariétale ist nur sehr 
niedrig, bedeutend niedriger als das des Schàdels von Mogador und erscheint dadurch 
viel breiter. 

Das rechte Horn ist recht lang und be.schreibt anderthalb Umdrehungen auf eine 
Lange von 58 cm. Das linke Horn ist verletzt. Beide Hornscheiden nâhern sich an 
ihrer Basis so stark, dass nur ein kleiner Zwischenraum von 1,5 cm. bleibt. Die alten 
Aegypter hatteii daher nicht so unrecht, wenn sie auf ihren Bildern die Horner dieser 
Scliafe an ihrer Basis vereinigten. 

In den Knochen des Gesichtes zeigt sich durchaus keine tiefergreifende Dififerenz. 
Dassclbe gilt fur die andern Langbeinschafschadel, die wir untersuchten. Es sind 
einzig Difïerenzen in der Hornform, d. h. in der Grosse des Radius der Conchospirale 
wahrnehmbar, der die Tendenz zum Wachsen aufweist. 



STUDIEN ÛBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 



Wir kônnen das Résultat dieser osteologischen Betrachtung in folgenden Satz 
resùmiren : 

Der subfossile Schàdelrest oon Toukfi stimmt in seiner Bildung durchaus mit 
demjenigen der horiji^ontalhôrnigen modernen Langbeinschafe ilberein. Die Varia- 
tionen, die er ihnen gegenûber aufweist, bleiben innerhalb der Grenzen, die durch 
Individualitât und Sexualitàt gezogen sind. Das altaegyptisclie Schaf hat a/so der 
Spe^ies oder der Rassengruppe der Langbeinschafe angehôrt. 

Wir wenden uns nunmehr einer anderen Schafîorm mit schraubig gewundenen 
Hôrnern zu, nâmlich der Linnésclien Spezies Oois strepsiceros, dem Zackelschqfe. 
Wir haben, wie erwâhnt schon friiher der âussern Erscheinung nach, von einer Ver- 
wandtschaft von Zackelschaf mit dem pràhistorischen Schafe der Aegypter gesprochen, 
doch fehlten die Beweismittel. 

Das Zackelschaf {Ovis strepsiceros Linné), das Fitzinger in vier Rassen : O. st. 
cretensis. 0. st. dacicus, 0. st. turcicus und 0. st. arietinus einteilt', bewohnt die 
Insel Kreta, den griechischen Archipel, den Balkan, die Moldau und Walachei, Ungarn 
und Siebenbùrgen. 

Die âussern Charaktere dieser Spezies bestehen in langen, schmalen, schrauben- 
fôrmig um sich selbst gewundenen Hornern, die beiden Geschlechtern eigen sind und 
entweder parallel nebeneinander iaufend, sich gerade ùber den Scheitel erheben, oder 
schon von der Wurzel an auseinander Aveichen und mehr oder weniger horizontal 
seitwârts stehen. Dièse Schafe haben ferner langes, zottiges, grobes, woUiges Haar 
und einen langen Schwanz, der bis unter das Sprunggelenk hinabreicht. 

Fitzinger betrachtet als primitive Form des Zackelschafes einerseits das kreten- 
sische Zackelschaf (O. st. cretensis), das nach ihm von Kreta oder den Insein des 
griechischen Archipels stammt, sich aber bis ins westliche Asien verbreitet hat; und 
anderseits, als zw^eite auf klimatischen und Bodenverhàltnissen beruhende Abànderung 
des Zackelschafes sieht Fitzinger das ungarische Zackelschaf (0. st. dacicus) an, das 
sich durch geringere Grosse und die fast horizontal gerichteten Hôrner von erst- 
genannten unterscheidet. 

Aber auch osteologisch weist das Zackelschaf gegenûber den vorherbesprochenen 
Schafen einige Differenzen auf, die nicht nur auf Individualitât oder Geschlecht 
beruhen. 

Wir wâhlen zur Vergleichung den Schâdel eines ungarischen Zackelschafes 
(O. st. dacicus) W 45 unserer Privatsammlung (Tafel II, Fig. 3). 

Die Stirne ist ziemlich flach, ungefàhr in der Mitte der Orbitalia befindet sich 
eine schwache, quere Einknickung, der obère Stirnbeinteil ist stark gewôlbt und bildet 
einen Querwulst zwischen den Hornzapfenbasen, der sich auf dem Hinterhaupte scharf 
gegen das Frontale absetzt. Die Hornzapfen sind bis zur Basis von voUkonmien dichter 
Struktur; nur ganz feine Poren sind vorlianden. Der Querschnitt der Zapfen ist von 
mehr eirunder als dreieckiger Gestalt, die Spitze liegt in der scharfen Kante, die 



1. Fitzinger, op. cit., 1860, Bd. xxxix, p. 343 et seq. 

RECUKIL, XXIV. — NOUV. SÉR., VIII. 



58 STUDIEN ÙBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 

schraubengewindefôrmig um den Zapfen herumlâuft; dicht neben ihr ist eine tief und 
stark ausgebildete Furche, die bis zur Hornzapfenmitte emporsteigt. Die Form des 
Zapfens ist eine etwas andere als bei den Langbeinschafen, da die Drehung eine 
bedeutend stàrkere ist. Auf eine bestimmte Strecke beschreibt das Horn der Zackel- 
scbafe mehr Windungen als das der Langbeinschafe. Bei m vorliegenden Exemplare 
auf 37 cm. Achsenlange 2 1/2 Umdrehungen, bei Schàdeln aus dem Muséum der 
Berliner Landwirtschaftlichen Hochschule, bei N*" 3943 1 1/2 Umdrehungen auf 
28 cm. Achsenlange, bei andern 3 Umdrehungen und noch mehr. 

An den Gesichtsknochen sind nur ganz geringe Unterschiede wahrnehmbar; die 
Trànengruben sind stets tief ausgeprâgt. 

Es lâsst sich aber nach den vorausgehenden Betrachtungen ein gewisser Zusam- 
menhang der voraegyptischen Form mit Ovis strepsiceros unmôglich ieugnen. Ver- 
gleichende Studien an einer weitern Anzahl von Zackelschafschâdeln bestâtigten uns 
durchaus die eben angefiJhrten Charaktere, sodass sich zwischen dem altaegyptischen 
Langbeinschafe und dem Zackelschafe folgende Difïerenzen feststellen lassen : 

1. Horner. Die Hôrner des Zackelschafes sind, obwohl sie im allgemeinen sich 
in der Form àhnlich verhalten wie die des aegyptischen Schafes, dennoch geringer an 
Radius der Conchospirale und die Torsion und die Lângenentwicklung der Hôrner ist 
eine stiirkere. Dièse starke Hornentwickelung, deren Form und das grosse Gewicht 
verursachen eine Verànderung der Frontalia, die sich in ihrer Form dadurch mehr der 
bei den Rindern auftretenden Hinterhauptswulstbildung nâhern. 

2. Das Haarkleid der Zackelschafe ist demjenigen des altaegyptischen Tieres und 
der jetzigen Rassen nicht mehr entsprechend, sondern besilzt eine andere langhaarigere 
Beschaffenheit. 

Das Zackelschaf stellt'somitgewissermassen eine vielleicht aus dem altaegyptischen 
Schafe hervorgegangene Kulturform dar. Dennoch sind wir noch nicht im Stande 
seine Geschichte genau zu verfolgen. 

Auf archaeologischen Denkmàlern und Mùnzen der Stàdte von Kreta und dem 
griechischen Archipel fanden wir noch niemals Bilder, die in Beziehung zu dem 
Zackelschaf hâtten gebracht werden kônnen. 

Auch die klassischen Schriftsteller sprechen nie klar von einem Zackelschafe. 
Wir erfahren wohl z. B. von Oppian einiges uber das vierhôrnige Schaf Kretas aus 
der Ebene von Gortyna, welches rotes Vliess besass, das dem des Zackelschafes àhnlich 
war, denn : 

Reichlich das Ilaar und nicht weich, Gaiszolten fast zu vergleichen, 
Nicht der Wolle des Schafs, denn rauh hinstarrt es in Barschheit'. 

Jedenfalls vermôgen wir die Anfànge der Geschichte dièses Schafes noch nicht 
klar zu durchschauen, wenn wir auch spâter als die vermutliche Entstehung die 



1. Oppian, Cynegetica, II, 377. 



STUDIEN ÙBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 59 

Kreuzung des altaegyptiscben Langbein- und des Fettschwanzschafes des mittleren 
Reiches envàhnen. 

Weniger unklar ist dem Anscheine nach die Geschichte der afrikanischen Schaf- 
rassen, die mit derjenigen der afrikanischen Rinder Hand in Hand geht. Das prâhis- 
torische aegyptische Schaf liât sich entweder schon in sehr friiher vorgeschichtlicher 
Zeit mit dem Brachyceros-Rinde, das nach unseren neuesten Untersuchungen gleich- 
falls schon in den Kjôkkenmôddingern von Toukh vertreten ist, nach Westen ver- 
breitet, oder dann wurde es erst spàter als primitive, wenig Rendite fur die hoch- 
entwickelte Landwirtschaft und Industrie des neuen aegyptischen Reiches gewàhrende 
Rasse^ durch das kôstliche Wolle tragende Fettschwanzschaf nach den weniger 
kultivirten Gegenden des Sûdens gedrângt und so durch Vôlkerzùge nach dem Westen 
gefùhrt. 

Ein àhnlicher Prozess spielt sich ja auch jetzt in Europa mit dem Zackelschafe 
ab, das allmàhlig von dem mittel-europâischen Markte (Wien) nach Osten zurùck- 
gedrangt wird und es grôsstenteils ja schon ist; da es wohl ein fur extensiven 
Viehzuchtsbetrieb wegen seiner Leichtfuttrigkeit und Widerstandskraft gegen âussere 
Einfliisse ungemein geeignetes Schaf ist, aber zu geringen Woll- und Fleischertrag 
abwirft, um erfolgreich mit hochgezûchteten Rassen konkurriren zu kônnen. 

Wollen wir zu einem Abschluss der Untersuchungen ûber die voraegyptische 
Schafrasse, die aktuellen afrikanischen Langbeinschafe und das osteuropâische Zackel- 
schaf gehingen, so kônnen wir folgenden Satz aussprechen : 

Das altaegyptische Schaf ist der bis jetzt als altest bekannte :;ahme Vorfahr der 
primitiven langschwânsigen, hochbeinigen Schajrassen mit schraubigen, horizon- 
talen Hôrnern und einer Màhnebildung beim inânnliclien Tiere. Am nâchsten stehen 
ihm ohne Zweifel einige noch gànzlich primitive Rassen des afrikanischen Langbein- 
schafes, die jedoch schon im weiblichen Geschlechte die Hôrner verloren haben und 
von denen andere, nahverwandte Rassen in beiden Geschlechtern hornlos geworden 
sind (Mâhnenschaf von Dongolah'). 

Etwas weiter entfernt, aber zweifellos gleichfalls verwandt ist Oois sti^epsiceros 
Linné. Es stellt wahrscheinlich die durch Kreuzung gewonnene Kulturform des alt- 
aegyptiscben Schafes dar, das auf WoUgewinnung gezogen, verschiedene Modifika- 
tionen durch jetzt noch nicht vôUig klar zu durchschauende Einwirkungen in Integument 
und Hornspiralen erlitten bat. 

Es rechtfertigt sich aber kaum dièse beiden Spezies Ocis longipes Fitz. und Ovis 
strepsiceros Linné zu einer zu vereinigen, da historisch die Herkunft der. Strepsi- 
cerosschafe von den afrikanischen Rassen nicht absolut bewiesen werden kann. Wir 
zàhlen daher das altaegyptische Schaf zu der Spezies Ovis longipes Fitz. und 
nennen es : 

Ocis longipes palaeoaegypticus nobis 



1. Hartmann, Die Haussâugetiere der Nillânder [Annalen der Landœirtscha/t, 1864, p. 13). 



60 STUDIEN ÛBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 



oder um nicht die ternàre Nomenklatur zu gebrauchen : 

Ovis palaeoaegypticus. 

Als Rassencharaktere fuliren wir an : 

Hôrner horizontal, gericlitet mit sckwachen Spiralwindungen ; beide Geschlechter 
gehôrnt; Widder oft mit Màhne; ohne Glocken. 

Wir gelangen nunrnehr zu der Frage der Abstammung des Ovis palaeoaegypticus 
und kônnen uns daruber nicht liinwegsetzen, da es ja gewissermassen veiiangt wird, 
dass mail jedem noch wenig bekanniem, neubeschriebenen Haustiere mit mehr oder 
weniger Sicherlieit einen wilden Vorfalir sucht. Wir tuen es an dieser Stelle aber 
besonders aus dem Grunde, weil die wenigen Arbeiten, die ùber unser Schaf schon 
existiren, durchaus irrtiimliche Theorien aufwârmen. Es handelt sich um die ver- 
meintliclie Abstammung dièses Schafes von Ammotragus tragelaphus Gray, dem 
afrikanischen Mâhnenschafe. 

Dièse Ansicht ist durchaus nicht neu, schon Fr. Cuvier sprach sich bald nachdem 
das erste Exémplar, das Geoffroy Saint-Hilaire von der aegyptischen Expédition 
mitbrachte, nach Paris gelangt war, dafûr aus, dass es wohl der Stammvater der 
Langbeinschafe sein môchte. 

Zu Nathusius^ Zeiten môgen dièse Anschauungen wohl gleichfalls kursirt haben, 
denn er verwahrt sich energisch dagegen und meint es sei kaum der Mùhe wert ein 
Wort daruber zu verlieren. Er hatte jedoch Unrecht seine Beweise nicht noch 
deutlicher vorzubringen, denn dièse Théorie hat ueuerdings wieder stàrker an Boden 
gewonnen. 

P. Matschie^ der zuerst etwas derartiges âusserte, tat dies vorsichtig nur in 
Form einer rein subjektiven Bemerkung, er sagt : « Mich erinnern dièse Schafe auf- 
fallend an Ovis tragelaphus. » An der Wahrheit dièses Ausspruches wird niemand 
zweifeln, wer Gelegenheit gehabt hat, Vertreter der Spezies Ovis longipes lebend zu 
sehen. 

C. Keller geht in seiner interessanten Arbeit ùber die Abstammung der Hausschafe 
weiter und schliesst auf Grundlage des langen Schwanzes und der Màhne an Vorder- 
brust und Kehle, dass die « Tragelaphusrasse » von Mâhnenschafe abstamme^ 

H. Kràmer, gibt in seiner Arbeit ùber die Haustiere von Vindonissa ein neues 
Zeugnis fiir die Richtigkeit dieser Théorie, indem er die : « ex vicino Africae miri 
coloris silvestris ac feri arietes, » die Columellas kluger Vater in Gades mit tarenti- 
nischen Schafen kreuzte, aus « tiergeographischen Griinden » mit Ovis tragelaphus 
identifizirt'. 

Fur Thilenius sind « die Rassenmerkmale der Hausschafe der I-XII Dynastie so 



1. Nathusius, op. cit., p. 414. 

2. P. Matschie, op. cit., p. 14, n» 16. 

3. C. Kelleu, op. cit ,p. 8. 

4. H. Kràmer. Dio Haustier/unde con Vindonissa (Reçue suisse de zoologie, t. VII; extrait, p. 208). 



SrUDIEN ÙBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCIIAFES 61 

deutlicli ausgeprâgt, dass die Bestimmung des Wildschafes, von dem es abstammt mit 
Sicherheit gelingt; es kann sicii da iiur um das kebsh », das afrikanische Mâhnenschaf 
(Ammotragus tragelaphus) handeln'. 

In seiner Arbeit iiber das Bùndnerschaf und Torfschaf beslàtigt C. Relier^ seine 
frùher gemacliten Angaben an Hand einer Schadelvergleichung zwischen Ovis 
tragelap/ius Desm. und dem Bùndnerschaf. Es sei nicht bloss eine gewisse Uber- 
einstimmung in der Schâdelbildung, sondern auch in der Schwanzlânge bemerkbar; 
fur das altaegyptische Schaf beweise aber die deutliche Halsmàhne zur Evidenz, dass 
dièse Rasse von Am. tragelaphus abstammt. 

Wir sehen also, bei einer Prûfung der Môglichkeit der Abstammung des Oois 
palaeoaegypticus von Ammotragus tragelaphus Gray haben wir vor aliem auf drei 
Punkte Rùcksicht zu nehmen, nâmlich auf : 

1. Osteologische, genetisch-anatomiscJie Àhnlichkeiten oder Differenzen. 

2. Aussere Form- und Kôrperàhnliclikeiten. 

3. Physiologische Ahnlichkeiten (Kreuzungsmôglichkeit). 

Bevor wir den ersten Punkt nàher ins Auge fassen, erùbrigt es uns, einiges ùber 
die fur die Rassen- und Abstammungsdiagnose werivollen Charaktere der Schaf- 
Hôrner zu erwâhnen. 

Schon beim Rinde ist die Variation der Hornform eine ungemein grosse und 
kann dièse daher durchaus nie als alleiniges Merkmal der Rassenzugehôrigkeit an- 
gesehen werden. Wie viel grôsser ist dieselbe aber bei dem Schafe, hervorgerufen 
durch die raschere Vererbung erworbener Eigenschaften, begrùndet durch die grôssere 
Fruchtbarkeit dieser Tiere. Die Variation erstreckt sich so weit. dass w^ir z. B. unter 
allen sonst stark gehôrnten Rassen des ôf tern hornlose Individuen treffen, die im ùbrigen 
aile Rassencharaktere aufweisen; so z. B. recht hâufig unter den Zackelschafherden. 
Es kann uns deshalb auch fur die Palaeoaegypticus-Form nicht wunder nehmen, 
dass, obgleich auf den aegyptischen Bildwerken Widder wie Schafe behornt sind, bei 
den Descendenten vorerst das weibliche Tier die Hôrner verliert und allmàhlig auch 
das mânnliche Tier in dieser Entwickelung nachfolgt. Wir haben daruber, wie auch 
ùber die Hornlosigkeit der aegyptischen Ziege frûher schon gesprochen'. 

Aber unbeeinflusst von Rasse und Geschlecht kann die Hornform und Horngrôsse 
individuell variiren, so dass es fur gewisse Variationen sehr schwer wird eine Rassen- 
zugehôrigkeit nach den Hôrnern zu ermitteln. Ein eklatanter Fall ist von Nathusius 
erwàhnt worden*. Er betrifCt die Identitàt der Hôrner von Bûndnerschafen und 
verschiedener Individuen der Negrettimerinorasse. Die Ûbereinstimmung sei eine 
solche, dass, wenn die Hôrner vom Schâdel durch einen Schnitt durch's Stirnbein 
abgetrennt wâren, wie Nathusius versichert, er nicht fâhig sein wùrde, einen andern 
als bloss individuellen Unterschied zu finden. Es trifEt dièse Tatsache der vôlligen 



1. Thii.enius, op. cit., p. 5. 

2. C. KiiLLER, op. cit., p. 11. 

3. DûRST, op. cit., p. 87. 

4. Nathusius, op. cit., p. 204. 



62 STUDIEN ÙBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 

fôrmlichen Ubereinstimmung der Hôrner der Individuel! zweier oder mehrerer, sonst 
durch tiefgreifende Unterschiede gelrennter Rassen, aile Schafe. Sie macht sich auch 
bemerkbar bei den Langbeinschafeii; es liegen uns Schâdel von Widdern aus Fezzan 
und Marocco vor, bei denen sich die Horngestalt derjenigen des Fettschv^^anz- oder 
Merinoschafes nàhert, indem sich der Radius der Spirale, die das Horn um einen im 
Raume gedachten Kegel beschreibt, an der Basis vergrôssert, wâhrend bei der 
Strepsiceros- und Palaeoaegypticus-Foim die Axe der Spirale ùberall in den Horn- 
kôrper fàllt. Es erscheinen uns die Hôrner eines solchen Longipes-Schafes ganz 
gleichartig wie die horizontal stehenden, grossspiraligen Hôrner des Ovis aries 
parnassiens dacicus Fitz. , das nach Fitzingers Meinung durch Kreuzung des macedo- 
nischen Schafes mitdem Zackelschafe entstanden ist. 

Wir sehen daher, dass die allgemeine Hornform innerhalb des Genus Ovis 
ungemein variirt, wenn aber trotz den geschilderten Variationen etwas gleichartiges, 
constantes bestehen bleibt, so ist demselben natûrlich eine um so grôssere Auf- 
merksamkeit zuzuwenden. 

Es ist dies nâmlich der Sinn der Hornwindung auf den schon Blasius' erstmalig 
aufmerksam gemacht hat. Bei allen Hausschafen ist die Richtung der Windung stets 
die gleiche, und zwar ist das rechte Horn links, das linke rechts gewunden. 

Bei allen aktuellen Antilopen, sowie bei Ammotragus tragelaphus Gray und 
Pseudovls nahoor Hodgs. ist die Richtung der Windung umgekehrt'. Nur bei einigen 
prâhistorischen Antilopen, nàmlich Antidorcas RothiV Wagner aus dem obern Miocàn 
von Pikermi und Antidorcas atropotens Rodler et Weithofer* aus dem obern Miocàn 
von Maragha (Persien) ist eine Drehung wie bei den Schafen vorhanden, sonst aber 
haben dièse Antilopen, wie wir uns durch Studium der Originalstûcke von Antidorcas 
Rothii in der palaeontologischen Galerie des Muséums zu Paris ùberzeugten, nichts 
schafartiges an sich, sondern sind echte Antilopen. 

Dièses vorausgeschickt, vermôgen wir zu einer kurzen Betrachtung der Unter- 
schiede ûberzugehen, die wir an dem Schàdel des Mâhnenschafes wahrnehmen, 
verglichen sowohl mit modernen Langbeinschafen und Zackelschafen als auch mit 
dem fossilen Scliàdelrest des O. /. palaeoaegypticas von Toukh, der ja einer Zeit 
entstammt, in der nach Keller und Thilenius sich die Domestikation des Mâhnenschafes 
vollzog. Er mùsste ja somit die meisten Analogien mit Ammotragus tragelaphus 
aufweisen. 

Als Vergleichsmaterial an Màhnenschafen haben wir, da wir hauptsâchlich 
altaegyptisches Material verwenden wollen, vornehmlich einen Schâdel zu Grunde 
gelegt, der von einer altaegyptischen Mumie stammt, deren ganzes Skelett im Muséum 
zu Lyon aufbewahrt wird (Fig. 7). Es scheint verschiedenen auf Domestikation 



1. Blasius, Bcricht der 19 Versammluncj deutschcr Naturjorscher. Braunschweig, 1S41, p. 90. — Ibid., 
Naturgcschichte der Sàufjetiere Deutschlands, p. 467 seq. 

2. Claude Gaillaru's Beohac/itung. 

3. A. Gaudry, Animaux fossiles de l'Attique. Paris, 1862, p. 297, pi.. LU, fig. 2 et .3. 

4. Rodler et Weithofer, Dcn/:sch. Akad . Wiss. Wien, 1890, p. 762, pi. IV, fig. 8, et pi. VI, fig. 3 et 5. 



STUDIEN iJBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 



C3 



deutenden osteologischen Eigentûmlichkeiten zufolge, dièses Tier eines derjenigen 
gewesen zu sein, die die Aegypter in ibren Parks hielten und die wir hàufig zur 
FleischnutzLing verwendet selien. Es befinden sich noch zwei weitere Mumienscliâdel 
in Lyon. Vier, etwas âlteren Tieren angehôrige Mumienscliâdel haben wir in der 
aegyptischen Abteilung der kgl. Museen zu Berlin und London untersucht, sodass wir 
sieben altaegyptische Màbnenschafe zum Vergleicbe baben. An recenten Individuen 
liegen ausserdem vor, acbt Skelette und sieben Schâdel ans der vergl. anat. Sammlung 
des Muséums in Paris; fùnf Scbâdel, die ûbrigens Nathusius schon bescbrieben, 
wurden in der Sammlung der landw. Hochscbule zu Berlin angesehen und ebenso 
weitere drei Schâdel, die Cor- 
nevin und Lesbre schon zu 
ihren Untersuchungen benu- 
tzten, in Lyon. Im Berliner 
zoologischen Muséum wurden 
drei Stùck verglichen und un- 
tersucht; im Londoner Natu- 
ral History Muséum vier Schâ- 
del und zwei Skelette. Drei 
Schâdel befinden sich ausser- 
dem in unserer Privatsamm- 
lung. Die Gesammtzahl der 
Vergleichsschâdel betrâgt also 
42. 

Wir beginnen mit Be- 
schafîenheit der Frontalia : Schon Cornevin und Lesbre haben auf die Kleinheit des 
fronto-occipital-Winkels aufmerksam gemacht, wie er sich bei Ammoivagus tragela- 
phus, so ûbrigens aucli bei Ovis Nayaur' oder Nahoor- Hodgs. zeigt; es erhâlt da- 
durch der zwischen den Hôrnern gelegene Frontalteil, der der sehr stark aufsteigenden 
Hornzapfen wegen anschwillt, fast ganz die Form eines Hinterhauptswulstes, wie er 
bei Rindern auftritt. Dièse Erscheinung hângt jedoch vom Alter des betreffenden 
Tieres, der Ausbildung der Frontalsinus und der Hornzapfen ab. 

Die Hornzapfen von A. tragelaphus variiren auch in ihrem Querschnitte je nach 
dem Alter, so zwar, dass sie bei alten Tieren an der Basis fast viereckig sind. Die 
sexuelle Variation ist eine nur geringe. 

Wir wâhlen ein Tier von etwa gleichen Alter und âhnlicher Hornentwickelung 
wie sie sich beim erwâhnten Widder von Mogador vorfinden, zur Untersuchung der 
Hornzapfen (Fig. 8) : Dieselben sind an der Basis von abgerundet viereckigem, fast 
kreisrundem Querschnitt; 2,5 cm. weiter ist der Querschnitt ebenfalls noch mehr 
rund als oval, nochmals 2,5 cm. hôher ist er aber durchaus oval mit einer vordern und 




Fis. 



— Amrnotragu.-^ tragelap/ius. Mumienschàdel 
(Collection des Muséums von Lyon). 



1. HoDGsoN, Asiatik Researches, 1833, XVIIJ, p. 129-138. 

2. Ibid., Zoolog. Soc. Proceed., II, 1834, p. 106-110. 



64 



STUDIEN ÙBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 



einer hinteren Kante; so bleibt er niin auch bis ans Ende. Er hat also die sonst den 
Ziegen eigentùmliche Form. 

Das Innere der Hornzapfen ist von dem bei Longipes- und Strepsiceros-Schafen 
vorkommenden, weit verscliieden. Von den durch starke Sinus geblâhten Stirn- 

beinen bis hoch in die 
Spitze liinauf, ist das 
Hornzapfeninnere von 
màchtiggrossen Hohl- 
ràumen erfûllt; in der 
Spitze verdichtet sich 
das Gewebe zu einer 
leicliten, schwammi- 
gen Diploë. Die âus- 
sere Wandung der 
Hornzapfen hat an der 
Basis eine Dicke von 
1™™. Bei einem Strep- 
siceroswidder ist im 
Gegensatze der Horn- 
zapfen von der Basis bis zur Spitze aus einem ganz dicliten, schweren Knochengewebe 
gefùllt. Die Gewichtsverhâltnisse der beiden Zapfen drùcken in besonders eklatantem 
Maasse dièse Strukturdilîerenzen aus : 




Fis. 8. 



Amniotragus tragelaphus, jûngeres Exemplar aus Algier 
(Muséum voti Paris). 



Zapfen von Ammotragus tragelaphus 
Umfang an der Basis : Lange : 

130 mm. 132 mm. 

Gewicht : 
26 ST. 



Zapfen von Ovis strepsiceros 
Umfang an der Basis : Lange : 

130 mm. 170 mm. 

Gewicht : 
Ï05 gv. 



Es erscheint uns kaum môglich^ dass durch Domestikation bei einem Tiere so 
tiefgreifende Wandlungen vorkonimen konnten, wie etwa dièse Verànderung der 
Knochengewebestruktur des Schâdels. Wenn die Domestikation etwas in dieser 
Hinsicht erzieit, haben wir immer bemerkt, dass die Verànderung einer Entw^icke- 
lungshemmung auf frûhen Jugendstadien entspricht. Es geht dies in unserm besondern 
F'alle ja schliesslich bis zum gânzlichen Wegfallen des Hornes und somit zur Errei- 
chung des primitivsten Jugendstadiums. Aus diesem Grunde haben wir eine ganze 
Série junger Mâhnenschafe vom Neugeborenen an untersucht, aber in der Hornzapfen- 
entwickelung ist nirgends ein Stadium aufîindbar, wo das Zâpfchen vorherrschend 
mit einer dichten Diploë gefùllt ist. Zuerst sendet der Frontalsinus einen Fortsatz in 
das werdende Zâpfchen, dessen Wândchen seitlich 3,0 mm., an der Spitze 5 mm. 
dick sind. In der Mitte bildet sich fast als Scheidewand eine, in diesem Stadium noch 
knorpelige Lamelle, bei einem, einige Wochen âltern Tierchen treffen wir bereits zwei 



STUDIEN UBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 65 

Lamellen. Das Zâpfchen ist hier 2,3 mm. lang, die Seitenwânde 2 mm., die Spitze 
8 mm. mâclitig. 

Das Postfrontale liât jetzt nocli immer die sanft gerundete Form, erst spâter 
vergrôssern sicli die Sinus desselben, es blàht sicli auf und es entsteht so der Winkel 
zwisclien Prae- und Postfrontale. 

Ein ebenso wichtiger Unterschied wie die genannten ist jedenfalls die erwâhnte 
Verschiedenheit der Windung der Conchospirale; wie bei den Antilopen ist das 
rechte Horn redits, das linke links gewunden, so zwar, dass die Spitzen einander sich 
nàhern. Das Tragelapliusgehôrn wird schon von Geoffroy Saint-Hilaire' als sehr 
verschiedenartig von deni des Mouflon und des Schafes beschrieben. Die Basis der 
Hôrner ist vielmelir viereckig als dreieckig, sie baben keine vorspringende Leiste, 
zumal gegen die Ba^s. 

Das Ende, das nacb innen gericbtet ist, bat gar keine Ausdehnung, sondern bildet 
w^irklicb eine eigentlicbe Spitze. Die Runzeln sind nur wenig ausgedrùckt, aussen an 
der Basis und an den Enden ist das Horn glatt. 

Man kônnte nocb anfubren, dass die Furcbe an der Stirnnackenkante, die v^ir 
bei den vermuteten Nacbkommen des Mâbnenscbafes fanden, bei diesem feblen, 
wâhrend sie sicb bei vielen Antilopen vorfindet. Doch hângt ihre Bildung ja durchaus 
von der Starke und Torsion der Hornscbeiden und deren innerer Beschafîenheit ab. 

Sehr gewicbtig ist, wenn wir das Frontale verlassen und uns zum Lacrymale 
wenden, das vôUige Feblen einer Trânengrube. Wenn wir aucb beim Schâdelreste 
von Toukb niclit direkt deren Vorbandensein nacbweisen kônnen, so ist doch die 
Obereinstimmung desselben mit den Longipesrassen eine so grosse, dass an dem 
Vorbandensein einer Trânengrube bei O. palaeoaegypticus nicht zu zweifeln ist. 

Das Pariétale ist durcb die starke Entfaltung des Occipitales bedeutend ver- 
.schmâlert, seine cbarakteristischen Suturen lialten in ihrer Ausbildung die Mitte 
zwischen Ziege und Scbaf. Die Coronalnabt ist nâmlich oft winkelig wie bei dem 
Scbafe, meist aber geradlinig transversal wie bei der Ziege. Die Lambdanabt ist 
immer winkelig wie bei der Ziege. 

Das Occipitale steht ungemein steil und ist je nacb dem Alter mit mehr oder 
weniger entwickelten Rauhigkeiten làngs der linea semicircularis versehen. 

Die Nasalia sind weniger pyramidal geformt als bei den Schafen, sie sind gar 
nicht gewôlbt, sondern ganz flach und ihre Rânder verlaufen mehr parallel. Die 
Orbitalia sind je nacb dem Alter verschieden weit seitlich vorspringend ; bei einem 
alten Ammotraguswidderschâdel aus dem aegyptischen Muséum zu Berlin erscheinen 
sie fast rôhrenartig. 

Die Nasenâste der Praemaxillaria steigen zumeist bis zum Nasenrande auf, ihr 
Kôrper ist ungemein schmal, der ganze Schâdel erscheint daher nacb vorne spitz 
zulaufend. 

Die Zahne des Ammotragus schliesslich, sind typische Ziegenzâhne. Schon Cor- 



1. Geoffroy Saint-Hilaire, Description de l'Égy/Ae (Histoire Naturelle, t. XXIII). 

RECUEIL, XXIV. — NOUV. SÉR., VIII. 



66 STUDIEN ÛBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 

nevin undLesbre finden an denselben durchaus nicht die als eirizig wertvoUes Merkmal 
der Unterscheidung von Schaf nnd Ziege angesehene Gabelung des hinteren Telles der 
Marken der Oberkiefermolaren. Dièse Gabelung findet sich aber beinahe stets beim 
Schafe. 

Aus diesen grossen, osteologischen Differenzen ist leicht ersichtlich, dass an eine 
genetische Verwandtschaft der typischen Schafform des Ovis l. palaeoaegypticus mit 
dem Halbschafe A. tragelaphus nicht gut gedacht werden kann. 

Auch die Ansicht, dass das Mâhnenschaf vielleicht mehrere Rassen gebildet haben 
kônnte, ist ebenso unwahrsclieinlich, denn. das neben dem Palaeoaegypticus-Schaf 
gezâhmt auftretende Mâhnenschaf der aegyptischen Tierparks hatte aile charakteris- 
tischen osteologischen Eigenschaften behalten. Ausserdem muss, worauf auch Hart- 
mann aufmerksam macht% konstatirt werden, dass die alten Aegypter auf den 
Darsteliungen von A. tragelaphus nie eine Mâhne angebracht haben». Es ist daher 
auch nur auf Grundlage archaeologischer Dokumente schon etwas gewagt eine 
Abstammung eines bemâhnten Schafes von einem Tiere anzunehmen, das die Aegypter 
auf ebendenselben Bildwerken ohne Mâhne zeichneten, wenngleich dièses letztere 
Tier in natura eine Mâhne hat, wogegen die des erstern nur sehr klein ist. Wegen 
dieser Mâhne hat man die Abstammung des einen vom andern fur erwiesen betrachtet. 
Die Mâhne des A. tragelaphus stimmt aber mit der von O. longipes gar nicht ùberein. 
Erstens hat sowohl das weibliche wie das mânnliche Tier eine Mâhne und zweitens 
beginnt dieselbe am Winkel des Unterkiefers. Hier bildet sie je nach Alter mehr oder 
weniger starke Haarbùschel; weiter unten lângs der Mittellinie des Halses setzt sich 
eine Mâhne fort, die sich am Bug in zv^ei Teile teilt und dann am Ellenbogengelenk 
jedes Beines endigt. Die Vorderbeine tragen im untern Drittel des Unterarmes lange 
Hâare, die bis zu den Fesseln ùber den ganzen Mittelfuss hinabfallen und so eine Art 
Manchette bilden. 

Bei den alten Widdern der Longipesform ist meistens der ganze Hais mit einer 
dichten langhaarigen Mâhne bedeckt, die bis zu den Schultern reicht und am Bug in 
einen langen Schopf endet, die weiblichen Tiere besitzen keine Mâhne. Dièse Form der 
Mâhne besassen die Widder von O. l. palaeoaegypticus , sie findet sich âhnlich auch jetzt 
noch bei dem gemâhnten, aber hornlosen Schafe vom obern Nil (Dongolah)', dem 
Dinkaschafe* und dem gemâhnten Schafe von Libéria ^ Bei andern Longipesschafen 
mit geringem Vliesse zeigen die alten Widder nur am Bug einen stârkeren Haarv^uchs. 
Dièse Art von Mâhnenbildung ist aber durchaus nicht selten bei andern Wildschafen 
und zahtnen Schafen, so finden wir sie z. B. bei Oi:)ls Vignei Blyth und Ovisjubata 
Peters sowie oft auch bei alten Widdern von Ovis nuisimon Pallas. Bei andern zahmen 
Schafen haben wir sie z. B. bei Widdern in der Herde der kurzhaarigen, hornlosen, 
kleinen Schafe aus Dahomey im Jardin des Plantes in Paris beobachtet. 



1 . H ARTM ANN, Ve/'.sMc/i pïner systcm. A ujmhlung, etc. (Zeitsch.f. /Egypt. Sp. und Altcrtumskunde, II, 1864.) 

2. RosELLiNi, / Monumenti del Ecjitto, etc. IMon. C, XIX). 

3. Vergl. Hartmann, op. cit., p. 13. 

4. ScHWEiNFURTH, lin Herzen con Afrika, Bd. I, p. 174. 

5. J, BûTiiKOFER, Reisebildcr aus Libéria, p. 349. 



STUDIEN UBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 67 

Es erscheint uns dalier die Verlângerung der Haare am Bug zu einem Haarschopfe, 
bei alten Widdern der kurzbehaarten Schafrassen nicht bloss als eine Rasseneigen- 
tûmlichkeit, sondern auch als ein sexueller Cliarakter, den man aus Mangel an kurz- 
haarigen Schafen noch nicht zu stLidiren richtige Gelegenheit batte. 

Was nun noch die Langschwànzigkeit des Ammotragus tragelaphus Gray angeht, 
die als streitbare Waffe mit zu Felde gefùhrt wurde, so ist es auch damit nicht so weit 
her, da die Variabilitât der Schwanzlânge eine zu grosse ist. Wir zâhlen an den 
Mâhnenscbafskeletten 12-14 Schwanzwirbel, wovon einer wahrscheinlich aus zweien 
besteht. C. Keller gibt fur das Bùndnerschaf 17 Wirbel an. 

Als Lange des Schwanzskelettes fùhrt Nathusius 205, 246 und 305 mm. auf. Wir 
fanden als grôsste Lange 332 mm. bei einem Skelett im British Muséums. Ein von 
Nathusius gemessenes Skelett eines kurzschwânzigen Marschschafes batte 326 mm., 
eine Heidschnucke 203 mm. und ein Fettschwanzschaf 450 mm. Schwanzwirbellânge. 
Der Schwanz von A. tragelaphus kânn also nicht als lang bezeichnet werden, er reicht 
ja auch nicht bis zum Sprunggelenke. 

Eine weitere Angabe, die zum Beweise der Abstammung des O. l. palaeoaegyp- 
ticus oder eines Haus.schafes von A. tragelaphus angefùhrt wurde, spricht gleich- 
falls in Wirklichkeit nicht dafûr. Es ist dièses die Notiz, dass Marcus Columella, 
des Schriftstellers gleichen Namens Oheim, Mâhnenschafe mit feinwoUigen Tarentiner 
Schafen gekreuzt habe'. Es ist dièses eine durchaus willkùrliche Deutung der Stelle, 
denn Columella wâre kaum ein « berûhmter Landwirt » gewesen, wenn er die an 
und fur sich schon feinwoUigen Tarentiner Schafe mit einem Wildschafe batte ver- 
bessern wollen, — denn um eine Verbesserung der Wolle handelt es sich, — das 
nur kurze, grobe Haare besitzt. Wahr.scheinlich war die Sache so : M. Columella 
hatte bemerkt, dass das nordafrikanische Fettschwanzschaf das europâische an Woll- 
feinheit ùbertreffe. wenngleioh es eine etwas wunderliche Farbe (miri coloris) hatte, 
er fùhrte es dalier in Gades (Kadix) ein und schuf eine neuveredelte spanische Rasse, 
Aïs ja dann spâter die spanische Scbafzucht niedersank, bezog ebenfalls Peter IV. von 
Arragonien Berberschafe aus dem Atlasgebirge und von da an wurden hâufig maurische" 
und arabische Schafe importirt*. Die Rômer ^vussten ja ausserdera auch nicht was 
eigentlich Wildschafe (Oves ferae) nach heutigen zoologischen Begriffen waren, sie 
rechneten hiut Plinius, VIII, 2, auch die GirafEe dazu, wie den' Eléphant zu den 
Ochsen. Es ist ihrer Zoologie wirklich zu viel Ehre angetan, anzunehmen, sie wurden 
A. tragelaphus als « aries férus » bezeichnet haben, wo wir selbst heute noch nicht 
wissen, ob wir es zu den Schafen oder zu den Ziegen rechnen sollen. Obrigens war 
den Rômern die Bezeichnung « férus » fur ailes was nicht von rômischer Cultur bedeckt 
war, sehr gelâufig. 

Auch was die physiologische Kreuzungsmôglichkeit von Hansschafen mit A. trage- 
laphus betrifEt, so mussen wir bis heute dieselbe vôUig bestreiten. Milne-Edwards^ 



1 . Columella, VII. 2. 

2. Hernandez de Vargas, ûbersetzt in den Môglin' schen Annalen, XI, p. 91. 

3. A. Milne-Edwards, Sur un hybride de Mouflon à manchettes et de Chécre (C. R. Acad. Se, Paris, 
t. CXXIII, n» 5, p. 283). 



68 STUDIEN ÙBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 



hat uns gezeigt, dass sich das Màhnenschaf mit Ziegen kreuzt, obwohl der Foetus im 
dritten Monat abortirt wurde. Kreuzungen mit Hausschafen sind bis jetzt noch nie 
gelungen. 

Fasseii wir daher, nachdem wir objektiv nach den drei genannten Gesichtspunkten 
die Abstammungsmôglichkeit des O. /. palaeoaegypticus von A. tragelaphus unter- 
sucht haben, unsere Betrachtung zusammen, so kônnen wir sagen : 

Ammotragus tragelaphus Gray ist sowohl in osteologischen, morphologischen 
und physiologischen Charakteren durchaus von O. l. palaeoaegypticus und dessen 
Verwandten verschieden und es ist daher unwahrscheinlich, dass eine dieser Rassen, 
oder irgend ein anderes sahmes Hausschaf von dieser Wildfonn abstammt. 

Unsere Untersuchungen der centralasiatischen Wildschafe haben uns aber zu 
einem ùberraschenden Resultate gefùhrt, 

Gleicb wie das Rind der Aegypter' scheint auch das Schaf seine Heimat im 
Norden Indiens zu haben. 

Ovis Vignei Blyth ist dasjenige Wildschaf, das unserer Auffassung nach die 
allermeisten Analogien mit den Longipesschafen aufweist. 

Ov is Vignei ^\yX\\ findet sich lieutzutage hauptsâchUch in Klein Tibet, Hîndukusch, 
Chorsan, den Hochlândern von Sarewtauschan, den Sait Range, Ladak, etc. 

Zur Untersuchung dièses Tieres standen uns im britischen Muséum zvi^ôlf Schâdel, 
drei ausgestopfte Exemplare und drei ausgestopfte Kôpfe zur Verfûgung sowie zwei 
lebende Exemplare in den Zoological Gardons im Régents Park. Im ganzen also 
20 Individuen. 

Craniologisch stimmt dièses Tier mit dem Palaeoaegypticus-Schafe und dessen 
Abkômmlingen und Verwandten im grôsstem Maasse iiberein. Die Bildung der Fron- 
talia, der Lacrymalia, Nasalia und Praemaxillaria ist durchaus gleichartig, auch 
weisen die Lacrymalia eine ungemein tiefe Trànengruube auf. Die Nasalia sind an der 
Basis, am Nasion, breit und spitzen sich nach vorne zu; sie sind stark gewôlbt und 
im Profil leicht abwârts gekrùmmt. Der Zahnbau ist nicht ziegenartig wie bei 
Ammotragus, sondern deutet in seiner Markenform auf ein âchtes Schaf hin. Die 
Suturen des Pariétales sind immer von reinem Schafcharakter, denn die Coronalnaht 
besitzt einen mehr oder weniger starken Winkel und die Lambdanaht verlâuft ganz 
gerade. Das gesammte Hinterhaupt al loin difîerirt ein wenig von demjenigen bei Ovis 
longipes und Verwandten infolge der grôssern Hornschwere, die eine steilere Stellung 
bedingt. Was aber mit als das wichtigste Argument erscheint, ist die Hornzapfen- 
bildung und die Hornform. Die Hornzapfen, von dreieckigem Querschnitte mit 
abgerundeten Ecken sind durchaus dicht, d. h. mit einer kleinlûckigen Spongiosa 
angefuUt und nur an der Basis befindet sich meistens ein kurzer sackartiger Sinus. 
Die Spirale, die die Hôrner beschreiben, ist normal, d. h. das rechte Horn ist links, 
das linke rechts gewunden, also umgekehrt wie bei Ammotragus. 

Ein intéressantes Moment ist ferner, dass die Spirale der Hôrner sicli oft sehr 



1. DûKST, Die Rinder con Babylonien, etc., p. 72. 



STUDIEN ÛBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 69 



weit ôffnet und bei einigen Schâdeln, die Hôrner nur im Bogen seitwârts und abwârts 




Fig. 9. — Oi'Às Vignei (Naiural History Muséum, Loiuloni. 



gerichtet sind. Eine Eigenschaft, die darauf hinzudeuten scheint, dass durch Domesti- 
kation eine horizontale Richtung der Hôrner zu erreichen ist. 

Im àussern Habitus àhnt dièses Wildschaf dera Palaeoaegypticusschafe besonders 



70 STUDIEN ÛBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 

wegen der gleichartigen Mâhnenbildung. Die Mâhne ist einerseits nur beim mânn- 
lichen Tiere entwickelt und erstreckt sich anderseits von der Kehle, \vo oft ein Bart 
vorkommt, lângs der Medianlinie des Halses und der Vorderbrust bis zura Bug, wo 
sie ganz besonders lange Haare bildet. Auch die beiden Seiten des Halses nehmen 
durch Bildung langer Haare an des Mâhnenbildung teil (Fig. 9). 

Die Form dieser Mâhne ist also identisch mit der von Ovis palaeoaegypticus und 
weit verschieden von derjenigen von Ammotragus tragelaphus. 

Auch in der Fârbung ist einige Àhnlichkeit mit den Longipesschafen vorhanden, 
da neben dem braungrau oder rôtlichgrauen Oberkôrper weisse Beine und Abzeichen 
am Unterkôrper vorkommen. 

Intéressant ist ferner, dass die Schâdelbildung eines jungen Ovis Vignei Blyth 
(N' 666 k. British Muséum, Zool. Dep.), besonders v^as die Hornzapfen und Facies- 
bildung angeht, vollstândig mit derjenigen eines jungen Palustriswidders von Soa- 
island ûbereinstimmt. 

Das andere der centralasiatischen Mâhnenschafe, Ovis jubata Peters', das nur 
eine Varietât des Arkal sein soll, kann fur uns kaum in Frage kommen. 

Es ist zwar ebenfalls ein echtes Schaf, mit normaler Hornwindung, dreieckig 
ovalem Hornzapfenquerschnitt und tiefen Trânengruben. 

Es besitzt jedocli eine Mâhne, die sich nur auf dem Widerrist, dem Nacken und 
an der Kehle entwickelt und durchaus von der Longipesmâhne verschieden ist. 

Es erscheint also, ohne dass wir, v^^ie dies von anderer Seite geschehen, die 
Abstammung des Palaeoaegypticusschafes als sicher feststehend betrachten v^oUen, 
wenigstens erlaubt, die Môglichkeit einer Abstammung von Ovis Vignei Blyth in 
Erwâgung su ziehen. 

Die Abstammung des Palaeoaegypticusschafes und seiner Verw^andten von einem 
asiatischen Mâhnenschafe widerspricht durchaus nicht dem jetzigen Stande der 
Dinge. Zumal, da wir einerseits Longipesschafe mit zackelschafartigen Hôrnern, auch 
in Asien fînden^ ist auch anderseits die gleichzeitige Verbreitung des Torfschafes mit 
dem kurzhôrnigen und hornlosen Zebu-Rinde ûber den europâischen Kontinent und 
die nordische Inselweit viel leichter zu erklâren. Es steht also nunmehr dem von 
C. Keller zuerst ausgesprochenen Gedanken der Verwandtschaft des Torfschafes mit 
Ovis palaeoaegypticus nichts mehr im Wege. 

Nachdem wii' in den vorgehenden Betrachtungen dem archaeologischen Léser 
wohl ein wenig zu sehr zoologisch vorgegangen, woUen wir nunmehr einige ganz 
kurze Untersuchungen ûber einige archaeologische Dinge folgen lassen. Wir sprechen 
zuerst von dem Widder von Mendes und dann von der Vierhôrnigkeit der Gôtter- 
diademe auf altaegyptischen Bildern. 

Das in Mendes von den Aegyptern verehrte Tier war immer ein zweideutiges 



1. Heters, Ein neues Argalc-Schaf, Oois jubata (Ansug aus dem Monatsbericht der kgl, Akademie der 
Wissenschafton, Berlin, 1876. p. 177-188). 

2. Schàdel voa Sumatra im Collège of Surgeons, London. 



STUDIEN UBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCIIAFES 



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72 STUDIEN ÛBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 

Wesen fur die Aegyptologen. So sagt Ed. Naville' : « Ich will fortfahren es in dieser 
Schrift Widder zu nennen, denn dies war der traditionelle Name dièses Tieres, 
obgleich es nach meiner Meinung ein falscher Name ist. Ich glaube, dass der heilige 
Widder von Mondes, dessen Conventionalfigur, wie ich annehme, mehr derjenigen 
eines Widders als etwas anderm âhnlich ist, nicht einen Widder darstellen soll, 
sondern einen Ziegenbock. Es ist beachtenswert, dass aile griechischen und rômischen 
Schriftsteller, die von Mendes sprechen und von diesem geheiligten Tiere, es eine 
Ziege nennen. Herodot, Suidas, Nonnus und Plutarch sind einstimmig in diesem 
Punkte. » 

Eine uns bekannte, derartige Conventinalfigur' stellt den langschwânzigen 
Widder mit Ammonshôrnern dar, der auf dem Haupte das Diadein ti-àgt, welches aus 
den von R. Hartmann' so genannten « Mendeshôrnern » ( « Tragelaphusgehôrn » von 
Thilenius), der Sonnenscheibe und der Uraeusschlange besteht. 

Auf dem Papyrus 3859 der aegypt. Sammlung des k. kunsthistorischen Muséums 
zu Wien ist dagegen ein mâhnentragender Palaeoaegypticus-Widder dargestellt, 
dessen Mâhne oben bis zum Widerrist, unten bis zum Sternum reicht. Er ist genannt : 
nutr ao am aten « der Gott der grosse, der sich befîndet in der Sonnenscheibe* ». 

Wir haben in der erstern Abbildung wiiklich ein conventionelles Bild zu selien^ 
wâhrend die zweite uns den primitiven, eigentlichen Widder von Mendes vorfùhrt. 

Der Widder von Mendes gehôrte ursprûnglich der Palaeoaegypticus-Rasse an; 
der Mendeskult stammt also aus den âltesten Zeiten. Das horizontale Gehôrn war fur 
ihn traditionell und wahrscheinlich wahlbestimmend in so fern, als mit dem Aussterben 
desPalaeoaegypticusschafesbeim Beginne des neuen Reiches die syrische Ziege {Hircus 
mambricus) an seine Stelle gesetzt wurde, da sie fast gleichartige Hôrner und ebenfalls 
Hângeohren bat, wie der Palaeoaegypticus-Widder. 

Wir begegnen dieser Ziege auch heute noch hâufig in Syrien und Mesopotamien 
unter den Rassennamen : Shaniaz und Merêse'. 

Was soll nun aber die Vierhôrnigkeit des Conventionalbildes ? « Das vierhôrnige 
Gehôrn », sagt Thilenius, « liefert den Beweis, dass die vierhôrnigen Darstellungen 
ein lebendes Vorbild nicht gehabt haben ». Denn, fâhrt er fort, « wenn die Spaltung 
eines Hornes und seines Stirnzapfens vorgenommen wird, so haben die daraus 
resultirenden zwei Horner eine gemeinsame Basis und jedes von ihnen bleibt schwâcher, 
als ein ungespaltenes Horn. Die Denkmâler zeigen dagegen die « Chnumishôrner » mit 
ihrer Basis vôllig unabhângig von den « Ammonshôrnern », erstere stehen meistens 
etwas ùber oder hinter den letzteren. Berucksichtigt man endlich die Maasse, so ist 
bai den vierhôrnigen Darstellungen jedes Paar im Vergleiche zu dem Kopfe ebenso 
gross, wie bei solchen, welche nur ein Paar tragen. Endlich wùrde die Kreuzung der 
Rassen wohl ein Hornpaar ergeben kônnen, welches Eigenschaften beider Elterntiere 



1. Ed. Naville, «Ahiias el Medineh » with chaplers ou Mendes, p. 19. 

2. Mariette-Bey, Monwnents dixers, \8~2, pi. XLIII. Mendesstele des Philadelphus. 

3. R. Hartmann, Darwinismus und Tlilcrproduktion, p. 205. 

4. Dièse Angabe verdanke ich einer mûndlichen Mitteilung von Herm D' Alex. Dedekind in Wien. 

5. Metaxas, Mémoire sur les animaux de la Mésopotamie. 



STUDIEN UBEH DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 73 

aufweist, nicht aber zwei Paare, von denen jedes einem der Eltern aufs Genaueste 
entspricht. Der Mangel jeder Analogie verweist dièse Monstrositàten in das Gebiet 
der kûnstlerischen Phantasie* ». 

Es ist aber évident, dass Thilenius, dessen emminente Fâhigkeiten und Ar- 
beiten wir hochschâtzen, auch in diesem Falle wie schon bei der Ab.stammungsfrage 
etwas eilig zu Werke gegangen ist, ohne grûndliche Nachprùfung der vorhandenen 
Dokumente. Die wirklichen Tatsachen widersprechen durchaus seinen Angaben. Es 
ist erwiesen, dass die jetzigen Descendenten und Verwandten von Ovis palaeoaegyp- 
ticus, die Spezies Ovis longipes, dieseibe merkwùrdige Eigenscbaft der Vierhôrnigkeit 
aufweist, welche auch .bei andern Schafen sehr hàufig auftritt. 

Thilenius setzt voraus, dass die Hornspaltung stets auf kùnstlichen Eingrifîen 
beruhe; dem ist aber durchaus nicht so. Die Viei- besonders aber die Vierhôrnigkeit 
ist eine Eigenschaft, die sich innerhalb gewisser Rassen mit grosser Constanz vererbt, 
aber hauptsâchlich nur beim mânnlichen Tiere auftritt. Die Vierhôrnigkeit ist das 
gewôhnliche, selten treten weniger, etwas hâufîger fûnf Hôrner auf. Grôssere Hornzahl 
ist ungemein selten. 

Die Vierhôrnigkeit ist sehr ait und weit verbreitet. Wir finden vierhôrnige 
Schafschâdel in den jûngern Pfahlbauten von England' undirland', Oppian erwâhnt 
vierhôrnige Schafe in Kreta. Jetzt treffen wir sie in Centralafrika, wie uns das 
Weddahnschaf, dièses typische Longipesschaf des Berliner zoolog. Gartens beweist. 
Bei ihm, wie bei den Schafen von Népal sind die obern Hôrner wie beim Palaeoaegyp- 
ticusschafe noch ziemlich horizontal seitwârts gerichtet, wâhrend bei den andern 
uns bekannten Rassen meist mehr oder weniger aufrechte vor- oder rùckwârts 
gekrùmrate, spiralig gedrehte Hôrner vorhanden sind. Tunis und Algier sind beson- 
ders reich an Herden vierhôrniger Schafe, die sogar ôfters bis auf den Pariser Markt 
gelangen. Wir kennen dièse Schafe ferner aus der Tartarei*, dem Himalayagebiet 
(Népal), wo das Huniaschaf sehr hâufig vierhôrnige Individuen bildet' und selbst aus 
China\ Aber auch in Europa werden Herden von vierhôrnigen Schafen gehalten, 
nàmlich in Grossbritannien. Es sind uns sieben Zùchter solcher Schafe bekannt, 
nâmlich der Herzog von Devonshire, Sir Henry Dryden, M*" J. Whittaker, M"" Farrier, 
M"^ Chaworth, Earl Cowley und M'" C. Lowndes'. Es finden sich aber ausserdem dièse 
Schafe auf den Hebriden, den Farôer- Shetland- und Orkneys-Inseln, auf Island und 
der Insel Man. Die englischen Zuchter nennen dièse Schafe teils « St. Kilda » teils 
« Uist » Schafe nach zwei Insein der Hebriden. 

Nach genauen Untersuchungen, die wir an einer grossen Anzahl dieser Schafe 



1. ïniLENius, op. cit., p. 9. 

2. la D' Frank Corner's Privatsammlung. Ich danke an dieser Stelle meinem Freunde D' Frank Corner, 
Poplar (London) herziichst fur die Unierslùtzung meiner Arbeiteu. 

3. Muséum der Akademie von Dublin, n"' 16, 17, 18 (fùnfhornig). Vergl. auch Wilde, Proceed. Irish 
Academtj, vol. VII. 1862, p. 206-207. Bull, Trans. Dublin, Society, vol. III. 

4. Laudw. Hochschule. Zoolog. Muséum. Berlin. 

5. Mehrere Schàdel ans Népal durch Hodgson dem British Muséum in London geschenkt. Vergl, 
Hodgson. Bengal, Journal asiatic Socictij, XII, 1847, p. 1003-1024. 

6. British Muséum (Natural Historv). 

7. Ich verdauke dièse Angaben der Gûte von Herrn Richard Lydekker, F. R. S. 

KIÎCUKIL, XXIV. — NOUV. SÉIl., VIII. 10 



74 



STUDIEN ÙBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 



vorgenommen haben sind wir zur Uberzeugung gelangt, dass dieselben mit dem Ovis 
palustris Rut. identiscli sind, diesem prâhistorischen Schafe, das gleichzeitig mit dem 
kurzhôrnigen und hornlosen Rinde die Pfahlbauten ganz Europas bevôlkerte. Dièse 
Schafe sind klein, dunkel, rôtlicli oder schwarz gefârbt, das Vliess schwarz oder weiss, 
je nach dem mit braunen oder schwarzen Flecken. Die Wolle ist ganz geringwert.ig, 
ziegenartig. Die Hôrner, sofern sie nicht vierteilig sind, sind klein und ziegenartig 
hocli ûber der Stirne nacli hinten und seitwârts gebogen. Beim Widder, wenn dieser 
zweihôrnig, sind sie oft etwas stârker entwickelt und beschreiben eine grôssere 
Kurve. Das Scliaf der kleinen Felseninsel Soa bei St. Kilda in den âussern Hebriden 
entspriclit wolil dem primitivsten Typus des Torfschafes, wie wir ihm in dem Lea 
AUuvium um London so liâufig fossil begegnen. Das weibliche Tier ist bornlos und 
Hornteilungen sind in dieser kleinen Inselherde nur selten'. Die Schafe der benach- 
barten Insel St. Kilda sind in beiden Geschlechtern noch gehôrnt, das weibliche Tier 
hat kurze, typisch palustrisartige Hôrnchen, des Widder dagegen meist vierteilige 
Hôrner, die oft gewaltige Dimensionen annehmen. 

Die gemeinsame Basis, die Thilenius fur das Viergehôrn annehmen zu miissen 

glaubt, ist wohl theoretisch durchaus richtig, aber schon Nathusius* sagt, indem er 

das Wachstum und die allmâhlige Teilung der Hornpaare bei vierhôrnigen Fett- 

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aus der Tartarei 
beschreibt, dass 
dieselben in zwei 
scheinbar von der 
Basis aus getrenn- 
te Hornzapfen aus- 
wachsen. 

Es liegen uns 
eine ziemliche An- 
zahl (17) Schàdel 
vierhôrniger Wid- 
der aus Tunis und 
Algier, Grossbri- 

tannien, Népal und China vor, aber von keinem kann man sagen, dass die Hornbasis 
eine gemeinsame ist, wenn man nicht die Entwicklungsgeschichte kennen wùrde. Bei 
Schàdel A. 10785 der vergl. anatom. Sammlung des Muséums von Paris ist die Distanz 
des untern von dem obern Hornzapfen = 23 mm. Man kann da doch nicht von einer 
gemeinsamen Hornbasis sprechen? Berûcksichtigt man aber die Maasse, so erscheint 
auch hier Thilenius nicht ganz richtig beraten, denn man kann im Gegenteil das was 
er von den aegypt. Darstellungen sagt, wiederholen, dass wirklich « jedes Paar im 
Vergleich zu dem Kopf ebenso gross ist, wie bei solchen, welche nur ein Paar tragen ». 




Fig. 10. — Vierhôrniges Schaf vou Népal (Indien). Nat. Hist. Mus., London. 



1, R. Lydekker, Fourhorned Sheep. Knowledge, n° 150. July 1901. 

2. Nathusius, op. cit., p. 178. 



STLDIEN UBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEN HAUSSCHAFES 75 

Der abgebildete Schâdel eines vierhôrnigen Schafes vom Népal (Fig. 10) hat die schwàch- 
sten Hôrner, die die uns vorliegenden Stucke aufweisen. Ihre Maasse im Vergleiche 
mit andern auch normalhôrnigen Schafen sind aus folgender Zusammenstellung ieicht 
ersichtlich : 



Obères Horn. Umfang des Hornzapfens an der Basis 

— des Homes — 
Lange des Hornzapfens 

— des Hornes 

Untcres Horn. Umfang des Hornzapfens an der Basis 

— des Hornes — 
Lange des Hornzapfens 

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MœnDliclie luiipsiscke Feilschwanzscliafi' 

aus der 

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350 
103 
290 



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140 
175 

570 

90 

150 

403 



mm 

170 
255 



125 
365 




160 
225 
105 
145 



155 
185 

250 
640 



122 
160 
185 
340 



130 

345 

98 

260 



143 
185 
123 
200 



Besser als durch dièse Maasse kann der Gegenbeweis der Thilenius'schen Behaupt- 
ung kaum geleistet werden. 

Die Krùmmung der untern Horner in der « Ammonshornform » ist allerdings 
durchaus niclit immer sotrefflich gelungen. wie die alten Aegypter sie darstellten, aber 
wenn man die Bestànde der heutigen normalgehôrnten aegyptischen Fettschwanz- 
schafe ansieht, so findet man nur selten ein Horn von genau derselben Form^ wie sie 
die Aegypter abzubilden pflegten. Schon Hartmann macht hierauf aufmerksam*. 

Es erscheint uns sehr plausibel, dass durch Kreuzung des asiatischen Fettschwanz- 
schafes, das an und fur sich Neigung zur Hornspaltung hat, mit dem dieselbe Eigen- 
schaft besitzenden Palaeoaegypticus-Schafe dièse Eigenschaft sich noch verstàrkt und 
die fast constant vierhôrnigen, aber ziegenhaarigen, rôtlichen Schafe Cretas von denen 
Oppian spricht, wie auch die rôtlichen vierhôrnigen Fettschwanzschafe der nord- 
afrikanischen Kûstenlànder und Europas ihren Ursprung auf dièse Weise gefunden. 

Ob sich alsdann das Zackelschaf aus jener ursprunglichen cretensischen Rasse 
entwickelt, das kônnen wir, wie gesagt, noch nicht bestimmen, da uns die Anhalts- 
punkte fehlen. 

Das vierhôrnige, aegyptische Schaf, oder das vierhôrnige Bild des Widders von 
Mendes ist also durchaus nicht so conventionell voie geglaubt wurde. Es hotte und 
hat noch heute seine lebenden Repràsentanten. Conventionell wird das Diadem nur 
durch die Vereinigung mit Sonnenscheibe und Uraeusschlange. 

Der Rahmen einer zoologisch-archaeologischen Arbeit untersagt uns ein weiteres 
Eintretung auf rein archaeologische Deduktionen, wir resûmiren nunmehr nur noch 
einmal, was wir in der vorstehenden Untersuchung zeigen und beweisen woUten : 



1. Aus D' Frank Corner's Privatsammlung. 

'2. Hartmann, Versuch einer sy?teniatischon, etc. (Zeitsch. fur .'Egypt. Sprache, II Jahrgang) 



76 STUDIEN ÛBER DIE GESCHICHTE DES AEGYPTISCHEX HAUSSCHAFES 



1) Schon im pràliistorischen Aegypten begegnen wir einem Schafe, das durch die 
Eigenart seiner Kôrperbildung sich vor andern Hausschafen auszeichnet. 

2) Dièses Schaf, dessen Schâdeliiberreste wir in den Kjokkenmôddinger von 
Toukh aufgefunden, ist osteologisch ûbereinstimmend mit Reprâsentanten der Spezies 
Ovis longipes Fitz. Da es sich jedoch durch einige wichtige Charaktere von den jetzt 
lebenden Vertretern dieser Spezies unterscheidet, bezeichnen wir es mit dem Namen : 

Ovis longipes palaeoaegypticus. 

3) Seine Verwandtschaft mit dem Zackelschafe, Oois strepsiceros Lin. das ver- 
rautlich einer Kreuzungdes O. palaeoaegypticus mit dem Fettschwanzschafe Aegyptens 
Ovis platyura aegyptiacaFitz. entstammt, ist nicht bestimmt zu ermittehi. 

4) Die Abstammung des O. /. palaeoaegypticus von Ammotragus tragelaphus 
ist ans osteologischen, morphologischen und physiologischen Grùnden unmôglich. 
A. tragelaphus kann ûberhaupt fur die Abstammung des Hausschafes nicht iu Frage 
kommen, sondern weit eher Ovis Vignei Blyth, das in Kôrpergestalt und osteologischen 
Charakteren dem Palaeoaegypticusschafe sehr àhnt. 

5) Das vorpharaonische Schaf Aegyptens ist daher kein autochtones, sondern es 
stammt gleichzeitig wie das kurzhôrnige Rind. dessen Reste wir ebenfalls in den 
Kjokkenmôddinger von Toukh fînden, wohl aus Asien. 

6) Der Widder von Mendes war ursprùnglich das Palaeoaegypticusschaf, erst 
nach dessen Aussterben wurde er durch eine Ziege Hircus mambricus ersetzt, der 
âhnliehen Horngestalt wegen. 

7) Die Vierhôrnigkeit der Schafrassen des mittlern Reiches lieferte die erste 
Anregung zur Entstehung des vierliôrnigen Symboles, und gehôrt dasselbe keineswegs 
in das Gebiet kùnstlerischer Phantasie. 



Wir kônnen es uns nicht versagen an dieser Stelle die gelehrten Herren Archaeo- 
logen darauf aufmerksam zu machen, bei Ausgrabungen kûnftighin auch die Tier- 
knochenreste sorgfâltig zu sammehi, da wie ersichtlich der Mangel an osteologischem 
Material aus den âltesten historischen Zeiten aller Lànder uns noch einstweilen an 
einer gedeihlichen Entwickelung der Geschichtserforschung der Haustiere hindert. Es 
ist uns allerdings bekannt, dass sehr viele unserer Museen sich noch weigern Haustiere 
zu sammeln, doch beginnt sich allmàlilig nach dem Vorgange von Lyon, Berlin und 
London schon eine weitherzigere Tendenz geltend zur machen. 

Die Erforschung der Geschichte der Haustiere aber kann derjenigen der 
Geschichte der Vôiker nur fôrderlich und nûtziich sein. 



A TRAVERS LA VOCALISAriOX KGYPTIF.NXE 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 

PAR 

G. Maspero 

. — La trans- 
y + N + KH est celle qui se trouve dans 
le nom ^ ^ ■¥- , 'Eowrj^^o?', 'E-ôvjyo;', 'E-ôvj/o;^ SI fréquent à l'époque ptolérnaïque 
et à l'époque romaine. La valeur grammaticale du nom n'est pas difficile à déterminer. 
C'est une forme abrégée des noms tliéopliores si fréquents à partir des derniers temps 
de la seconde époque thébaine : '^ ® 1%1 ^^ \ i!\^^^^!\\>k^ H- , 
1 ft i jf ■¥- , etc. La phrase dont chacun d eux se compose résume le décret d'un 
dieu en faveur du personnage. Khonsou, Amon, Phtah ne souhaitent pas que celui-ci 
vive, mais ils affirment, dans la sécurité de leur toute-puissance, qu'il vit, Amon dit : 
« // vit! », ou bien Khonsou dit : a II vit! » et Phtah dit : a // vit f ^) !\\> ^^ q'^"'^ 
est le verbe -^ y + n + kh à la troisième personne du singulier du [présent de l'in- 
dicatif, et 'Ecpiôvj/o?, 'Ettwvj/o;, 'e-ôvj/o;, représente la prononciation que ce verbe avait à 
ce temps et à cette personne, lorsque les Grecs l'entendirent. La terminaison -o? de la 
transcription nous montre que la finale égyptienne était dans la tonalité -ou, soit pour 
la prononciation du mot total EFONOUKHoti. Si l'on déduit de la comparaison de cette 
transcription avec l'original toutes les conséquences qu'elle comporte, on a vite fait de 
noter : 

1° En ce qui concerne l'auxiliaire n ^ aou, que la prononciation en était déjà 
identique à ce qu'elle fut dans le copte, six ou huit siècles plus tard, soit e. Quant à ^ ^^ , 
comme le grec ne possédait pas le son exact de cette lettre, il l'a rendu tantôt par -f dans 
'E<fiovo/oî, tantôt par - dans 'Enôvj^^o;, tantôt même par ^, dans 'Eowv//, etwiig^^, sur lequel 
nous aurons à revenir. Les autres personnes du temps devaient donc avoir déjà la même 
vocalisation qu'en copte, (] vVlr ^'' j -4 en, etc. ; 

y + N + KH avait encore ses trois vovelles, toutes les trois dans 

© 

la tonalité o-ou. Que l'accent tonique fût sur la première y, cela résulte des formes du 
même nom où la forme ÔNotJKHoû s'est contractée en ônkh, Ka.aâvTÉowvy et le copte 
GÉicong^. Le nom i ^ •¥■ s'accentuait donc ëfÔnoûkhoIj. 

Admis ces points, nous avons toute raison de vocaliser et d'accentuer, comme il 

y + N + KH : 



1. Brugsch, Lettre à M. le cicomte Emmanuel de Rouge, p. 45. 

2. Wii.cKEN, Griechische Ostrak(i, t. I, n" 555. 574, 640, 658, 769, etc. 

3. E. Le Blant, Tablai é^/yptintmes, dans la Reçue archéologique, n» 71. 

4. LiEBLE[N, Dictionnaire des A'oms propres hiéroglyphiques, n" 2544, p. 1003 [n" 141]. 

5. Cette forme est extraite ilu nom KajxEVTîëûv/ que Golénischefï a indiqué dans son Catalogue des Monu- 
ments égyptiens du Musée de llirmitage, p. l'U, a» 1142; cf.. sur ce nom, ce que dit M. Steindorfî dans la 
Zeilsehrift, 1892, p. 52, note 3. 

6. ZoEGA, Catalogus Codicum, p. 75. 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 






Él-ÔNOtjKHOti 
EK-ONOUKHOtj 

(I ^ S=5 -¥- E[Tj-ÔNOtlKHOÛ 

[1 %i> ^^ ■¥■ Ef-ônoûkhoij 

(j t^ n ^ A..WVA Es-ÔNOtiKHOtj 

11, , ,T @ EN-ÔNOt)KHOÛ 

M V^ A.vw^A iji. ÊTEN-ÔNOtlKHOÛ 

(\ ^ j-t AA/VW\ pi AAAA/\A 

fl^P, ..f® ÉSEM-ÔNOtiKHOO 

^ ^ , , , T • EOU-ÔNOOKHOÛ 

Il faut maintenant rechercher ce qu'était la vocalisation de ■¥" durant les 

époques antérieures et postérieures au moment où la transcription 'Ecpwvuy^oç nous est 
connue. 

pv AAAAAA 

Le mot ■¥■ y + N + KH et ses dérivés nous sont parvenus en copte en deux séries 

de prononciations distinctes : la première, où le v o est rendu par *., la seconde où 

il est rendu par w-o. On sait quelle tendance I'a guttural qui répond au v manifeste de 
s'obscurcir en o, et comment le phénicien, par exemple, passe pour le nom bya de la 
prononciation Bal-Baal à la prononciation Bôl-Bol. Je viens de signaler une fois de 
plus^ la même tendance chez l'égyptien, et la transformation d'un a accentué en o est 
conforme à tout ce que nous connaissons du génie de la langue. Nous trouvons donc en 
copte, pour le mot Y ^ y + n + kh, les deux séries suivantes : 

SÉRIE EN o SÉRIE EN A 

2 ^ _i ^ _/ 

long^ T. B. on^ M. «wng^ T. B. 

_/ j_ 

ong^ T. onsS il/. 

Quelques noms propres nous permettent de compléter la série en a, ainsi 'A'f/opOjjicp'.;- 
'AYyopt(ji(pic;ï, 'AY/oùspiç', 'Ay/wo-.î'; la dernière partie n'en est pas facile à déterminer, mais 

1. Cf. le § XVIII B de ces notes, p. 177 sqq. du présent volume. 

2. Grenfell-Hunt-Hogarth, Fayûm Tocons and their Papyri, p. ?>\i, Pap. CCCXL, où l'on a le nom au 
nominatif sous la forme fautive 'Ayxop-JiAîioc, puis au génitif 'Ay/op-^jAçsioç. 'Ay/opfixçiç est la variante par 
iotacisme de 'Avyopjjj.?i; : elle est très fréquente dans les Papyrus de Berlin, Griec/iischc Urkunden, t. I, 70, 
1. 10, 153, 1. 7 sqq., 2^7, II, 1. 7, et t. Il, 499, 1. 17, 513, 1. 15, 657, III, 1. 15. Le nom propre simple 'Apïjxçiç existe 
(Grenfell-Hunt-Hogarth, Fayûm Toicns and their Papyri, p. 330, n' XL. 1. 3) et renferme le nom d'Horus 

suivi d'un qualificatif, peut-être une transcription du nom VN. ou wv V\ Horus de Bouio. peut- 

être une variante de 'Aç,i\Lr,çiz Har-emêfi-Hare.mhfi, ce qui donnerait pour 'Aryop-jasi; l'original "T" 

V:vv , , -..M'" ¥^ '^^ \ V\ rJT ; "lais ceci n'est qu'une hypothèse. 

3. Grenfell-Hunt-Hogapth, Fayûm Toœns and their Papyri, p. 170, n° XLVI, 1. 2, p. 325, n" 18, 1. 2. 

4. Griochische Urkunden, t. I, 80. 1. 26, 167, 1. 4, 277, II, 1. 7, 284, 1. 2, et t. II, 392, 1. 22, 406, II, 1. 18, 
406, in, 1. 2, 446, 1. 3 sqq., 630, 1. 30; Grenfell-Hunt-Hogarth, Fayûm Toicns and their Papyri, p, 306, 
n» CCLXr (?), p. 330, n" 37, 1. 4. 



A TRAVERS LA VOCALISATION EGYPTIENNE 



la première 'Ayx- répond certainement à -T- u + n + kh. La conclusion à déduire 
de ces variantes, si l'on veut se conformer aux analogies de la langue, c'est que les 
formes en a représentent un état antérieur à celui des formes en o, et que la prononciation 
AN + KH + est antérieure à la prononciation on + kh +. Cette déduction est d'ailleurs 
confirmée par l'examen des mots répondant aux sens secondaires, yt^/'e/', serment, de la 
racine *.ii*.ui T. M. «.riHig B. jusjurandum, *.it«.irig T. M. jiiramenta, où la vocalisation 
en A subsiste seule. Je considère comme assuré qu'à la seconde époque thébaine, l'égyptien 
•j- eut d'abord une voyelle a pour sa première lettre. En ce qui concerne la seconde 
syllabe, celle qui contient n, il est certain qu'elle avait, elle aussi, sa voyelle, voyelle 
atone, puisque l'accent portait sur I'a initial, mais quelle était cette voyelle? La trans- 
cription grecque 'Eçu)vj;^oç nous dit que c'était un ou bref, mais les orthographes coptes 
nous donnent un a ou des sons dérivés de Ta, «.«^.0 T. B., cone.^^ T. B., one.^ T. B., 
vivere, vita, et 0.110.13 T. M. e^nnig B. e^ue^-yuj T. jusjuranduni, juramenta. La pré- 
sence de A dans ôôit«.g^-Ône.^ est significative, car elle montre que la voyelle 

u + N + KH se vocalisait à l'origine anÂkh+, 

et cette vocalisation s'est conservée en copte dans *.u«.? et ô.ii«.ig. Plus tard, I'a accentué 

j. j. 
s'est obscurci en o, et alors ou bien I'a atone est demeuré, comme dans coii«.2^-one.g , ou 

bien, selon la loi d'enharmonisation dont j'ai parlé souvent, il s'est assimilé à l'ô de la 

syllabe accentuée, et il est devenu où dans EfÔnoûkhoû. La troisième lettre avait, 

elle aussi, sa vocalisation, mais qui variait selon les nécessités de la grammaire : ici, la 

finale grecque -oç nous prouve, comme je l'ai dit, que c'était un ou. L'accent portant sur 

^ J. ^ 
l'antépénultième, la voyelle finale a disparu, et l'on a eu : ônotjkh, (ôït«.p-o«e.g^, ô.itd.£, 
J. . J. J. 

a.n&.[y; après quoi l'atone s'est éclipsée à son tour, et il est resté en copte lonss-on^s M. 
1. — 

(ong^-oitg^ T. 

Tels sont les renseignements que cette transcription 'Ecptôvu/o!; nous fournit, et Ton 
voit qu'ils ne manquent pas d'intérêt. Toutefois le mot ir entre dans plusieurs 

autres combinaisons qui ont été également transcrites en lettres grecques et dont 
l'examen peut nous apprendre quelques faits nouveaux. Ce sont des noms dont la 
terminaison grecque -;?, -r,ç, nous ramène à une finale égyptienne i-e : 'Ap'jj/-.:;, 'ATriiy^^^'.î, 

'ApôYxiç, Harounkhis, est le nom d'un personnage cité sur un ostracon du Musée 
Britannique'. Il est probable qu'un certain nombre des individus dont le nom s'écrit 
en hiéroglyphes C\ -Y- n'étaient que des Ah V^ ou -f © V\' qui avaient le nom 
divin en tête dans l orthographe, en vertu du principe d'honneur, toutefois la trans- 
cription 'Ap^Yx.'^ prouve qu'il y en avait parmi eux dont le nom débutait vraiment parle 
nom du dieu. L'orthographe -^yx^'^ al'oû bref à la tonique : la présence de cette brève au 
lieu de la longue à qu'il y a dans 'Etf-u>vu;(^oç trahit la présence d'un qualificatif otiNKHi, à 
côté de Ônkhi, répondant à onss M. on^ T. à côté de ton* M. oué^g^-ou^ à côté de tori*.o- 
wng^. L'égyptien n'indique pas toujours par un signe spécial l'existence de l'i finale et il 
écrit le plus souvent A^wir • V^ T" > h nr» U OUt" ; mais des variantes 



1. Wir.cKEN, Grieclùsche Ostiaka, t. I, p. 382, n" 1441. 

i?. LiEBLEiN, Dictionnaire des Noms propres, n"* 2258, 2404, 2427, p. 850, 897, 906. 



80 A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 



telles que U-f-OO à côté d'une transcription telle que 'Aoùy/jç nous prouvent qu'en 
pareil cas on émettait un i final: au temps où Ton prononçait S^-f ^ harounkhi, 

Q 'WWW Afl -tL^ 1 O 

on devait prononcer D-r ou □'["(JO PMotjNKHi^ et, par réduction sur e de la diph- 
tongue AI, PEotiNKHi. Une autre forme de même nature nous est fournie par un nom très 
fréquent, soitàrétat simple, soit en composition, 'A-OY/tî^TaacpOYy.ç^eacva-yYyiî^eEvaTiùYX';*. 
Comme nous ne possédons encore aucun texte bilingue qui contienne l'équivalent 
démotique ou hiéroglyphique de ce nom, je ne puis pas dire d'une manière certaine à 
quel mot égyptien répondait la première partie 'A--, 'Az,. Si l'on admettait, ainsi que je 
l'ai fait autrefois, que le temps copte en «.- dérive de l'ancien égyptien [1 V^ comme 
le temps en e-, 'A-jvyiç-'Atp^iY/."^ serait un doublet dialectal ou local de 'e^wvu/oç et déri- 
verait, comme lui, de (1 Y:> ^.:=_ ■¥- '. Sinon, on pourrait songer à un nom formé du 

nom d'Apis, par exemple ■¥-, ou de celui de û U fl(l . U t^ '^^ , ainsi (1 U ^-r- . Quoi 
qu'il en soit de ces hypothèses pour la valeur de la syllabe 'At:, 'Acp, il n'est pas douteux 
que -ùy/tç ne réponde à. -t- (1(1. comme dans 'Apôy/i;, et que nous ayons affaire, dans 
les deux cas, à ce qu'on peut appeler le participe présent du verbe •¥" u + n + kh : ce 
participe, tel qu'on le trouve dans v^vT har-ounkhi^ litt. Horus [est] vivant, 
Il ir ^ [HÂP?]otJNKHi, litt. Apis{'l) [est] vivant, avait un i final et se prononçait ounkhi, 
dans la série en o contractée. Cette série se présente donc à nous, comme il suit : 
Forme absolue i>in^-inn2^, forme qualitative, on^-ong^, participe présent, oltnkhl 

'A-ùv/iç offre des variantes 'Attwve/*, 'Attîyx^ç^ 'Atoy/ek;*, sur lesquelles je reviendrai 
bientôt : elles s'expliqueront mieux pour la plupart, quand nous aurons étudié les formes 
B'.7,v/tî* et Biri''d/ri(;^\ On voit a priori que celles-ci sont dans le même rapport que tona.^ 
et (ong, mais, au lieu d'être vocalisées en o, elles le sont en É. Ce sont les deux variantes 
d'un même nom, l'une dans laquelle la voyelle de la seconde syllabe s'est maintenue, 
T,vE/r,;, l'autre dans laquelle elle a disparu, 7/71;. Le premier élément Bt- est ^^^ âme, 
ainsi qu'il résulte de la transcription BîvwOp-.ç du nom royal 1^^^ j/^ww. : bien qu'on trouve 
quelquefois en composition la prononciation pleine bai, dans Ba(«ra'f'.c;^^ par exemple, 
c'est la contraction bi- qui est le plus usitée en pareil cas. B'.Tjvl/r.ç-B'vy.; répondent donc 



1. Griechische Urhunden, t. I, 10, 1. 13, 14, VI, 1. 7. 42, 1. 14, 145, 1. 16 ; t. Il, 392, II, 1. 58, 630, II, 1. 22, etc. ; 
Grenfell-Hunt-Hogartii, Fayûrii Towns and thelr Papy ri, p. 329 (n" XXXIII, 1. 5), et 331 (n» XLIV, 1. 2). 
Un texte mutilé semble donner la variante 'Ati-jv/cç dans les Papyrus d'Oxyrrhinchus (t. II, p. 202, 1. 25). 

2. Grenfell-Hunt, The Oxyrrhynchus Papy/i, t. II, p. 253, 1. 20. 

3. Le Blant, Tablai égyptiennes, n" 66. 

4. Kenvon, Papyrus du British Muséum, t. II, p. 350; la variante 0îv- pour To-ev- ou Qa-sv- est assez fré- 
quente dans cette formation. 

5. C'est ce que pense Spiegelberg, Àgyptische und Griechische Eigennamen, p. *10, n" 56 d. 

6. Ke.nyon, Papyrus du British Muséum, t. II, p. 313; c'est probablement une abréviation pour 
' A.~ij)'iiyrfi, -0"J. 

7. On rencontre, dans les Griec/dsc/ie Urhunden, un personnage dont le nom s'écrit tantôt 'An'jjyj.i 
STOTor,T£w; (l. II, 593, 1. 5), lautôt 'ATriyxtç S-:oTO-;,t£to,- (t. II, 506, IV, 1. 14). 

8. Griechische Urhunden, t. II, 392, 1. 15, 17, 18. 

9. Ce nom se rencontre sous la forme Bif.vy.? (Wilcken, Griechische Ostraka, t. II, n° 76, p. 21) et sous 
la forme Btr.vyt^ («/., t. II, u"^ 151, 163, 290, 395,1199, p. 44, 47, 89, 90, 319). 

10. Sur ce Pharaon, voir les Notes sur différents points de Grammaire et d'Histoire, dans le Recueil de 
Travaux, t. XVII, p. 58-59. 

IL Wilcken, Griechische Ostraka, t. II, n" 1454, p. 365 : HxUc-^z,:: me parait se décomposeren ^'^^ 
=±=i , comme 'Apo^i^r,; en <rr> 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 81 

\ mais pourquoi ir u + n + kh est-il vocalisé 
en É? Nous avons ici un de ces qualitatifs si bien déterminés par Stern : comme hh et ànA 
sont a ion et à AtoA. r^^^^yj^l^] est à wn*.^ et t,v/'.[î] est à wn^, si bien que Biênekhé-Biênkhi 
signifient : l'àtne[est] vivante, avec le participe présent en (1(1 i-e final du qualitatif. Cette 
fois encore, la règle d'enharmonie qui régit les syllabes atones trouve son application, et 
c'est à son action qu'est due la présence de l'Êbref à la seconde syllabe : anakhou aurait dû 
fournir au qualitatif énakhou, comme «.ng^-iong^ donnent i.it*.2^-ojii*.^, mais l'A atone s'est 
mué en il; sous l'influence de l'É tonique. Si nous reprenons maintenant les variantes 
d'ApouNKHi, 'iTtwve;^, 'A-rriYX'î, 'Atoy^s'î, OU voit aisément d'où elles proviennent. Laissant 
de côté 'A-'Yx,'.!; où l'i est dû à un effet d'iotacisme, 'A-JYy(^£t<;, ou mieux 'kTzïx/j-z, est l'équi- 
valent de ^<.r,x/j-z '. c'est le participe qualitatif enkhi écrit avec cet É qui échange parfois 
avec Ë'. Quant à 'Atm^z^^, peut-être abrégé d"ATra)vij(Tfis-, c'est le participe, mais con- 
struit sur la forme où I'a s'est obscurci en o : l'enharmonie s'est établie sur la termi- 
naison en |j(], 6Nfc:KHÊ[i] au lieu d'6NÂKHE[i]. On voit corribien les données que ces formes 



nous apportent complètent celles que nous devions à la forme 'Ecpiôvjyoç. Elles nous 

B+N+KH 

pouvait recevoir, selon les cas, plusieurs séries de vocalisations. Nous avons d'abord 
la vocalisation en a, *anakhou, puis son qualitatif au participe avec les vocalisations 
en Ê, *Énekhi, puis les formes où I'a s'est obscurci en o à la première syllabe d'abord, 
puis à la seconde u)na.g^-*ÔN0ÙKH0Û et le participe construit sur la forme obscurcie 
*6nekh[i-e], ainsi que le qualitatif en ô one^g^, enfin les formes monosyllabiques «.«g^, 
wng, wnss, et les qualitatifs en ô des deux dernières ong-on^. Peut-être pourrait-on 
établir une chronologie relative : B'.T,v£-/r,ç (Manéthon) et 'e<»o>v'j;^o<; et 'A'irtovÉ;^ sont en effet 
aux constructions Bt-?;v/'.; et 'A-ùy^^i;, ce que chez nous Lefrançois et Langlois, par 
exemple, sont à LefrançMs, et LanglAia comme noms propres, des formes vieillies que 
l'usage a figées, et B-.fjYxtîj 'A-^'f/tc, 'Ecswvu/o;, à leur tour, sont moins modernes que 
eàton^. Si, d'autre part, on concédait, pour le moment, sans démonstration que les qua- 
litatifs en H du copte répondent à des formes anciennes terminées en [|(| i, ce que nous 
appelons les participes présents, on pourrait dresser le tableau suivant : 



/ Q A/WAAA 

VT ^ "+N + KH 



Anâkhoû 



i ^ . , { [*Énakhi PÔnakhouI ) , , 

Anakhou, quai. ] „ . , r n ( quai, "ve/k,- 

^ ( H-^^X.^ [gJ iîy'xio[;] S ^ J-^ J 

1 1 T^On^khI } - 

[*AnÂKH] [*AnKHOu], quai. Hv/t^ç] ^ - M quai, on*.? [*ONKHOU],qua].rvv.. 
I I " (onewg ) I 

«.n*.g «kHg lonsS, quai, on^ 

i^ni-ig' ^n&, quai, ong 



1. LiEBLEiN, Dictionnaire des Noms propres. n° 2432, p. 907. 

2. Sur l'origine commune de e et de h dans le bas-égyptien, cf. ce qui est dit au (5 XVI de ces études, 
p. 57-58 du t. XXIII du Recueil de Tracaux. 

3. Le bachmourique connaît, pour le sens jusjurandum. une forme <k.nHU] avec h à la seconde syllabe, 
qui pourrait être le reste d"un qualificatif eu H; toutefois je n'insiste pas, la phonétique des dialectes de la 
Moyenne-Egypte n'étant pas encore connue suffisamment pour qu'on puisse rien affirmer à ce sujet. 

RECUEIL, XXIV. — NOUV. SÉR., VIII. 11 



82 A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 



L'ensemble des formes dérive de la xoiv7j qu'on parlait par toute l'Egypte, au moins 
dans les classes moyennes, sous les Ramessides, et dans laquelle Ta prédominait. 
D'Anâkhou-anakhi, deux séries de variantes se sont produites : 1° l'une qui, tout en 
conservant Ta à la première syllabe, a perdu successivement ses voyelles finales, *.iie.g^- 
«.neviy, et s'est réduite à l'état monosyllabique «.ng^; 2° l'autre qui a obscurci Ta initial 
en ô, puis a suivi la même marche que la série en a, perdant ses voyelles finales, cone^g^, 
puis passant à l'état de monosyllabe consS-cong. Si maintenant, reprenant le paradigme 
indiqué plus haut, on voulait l'établir tel qu'il était dans la langue commune de la 
seconde époque thébaine, la seule qu'on ait quelque chance de restituer pour l'instant, 

r\ y^ Q r>. AA/\AAA 

il parait résulter des observations qui précèdent que l'orthographe v^T 
y a répondu, à partir d'un certain moment, à deux vocalisations différentes, selon que 
la personne qui parlait employait la forme absolue ou la forme qualitative de la racine : 
on prononçait U y^^ T *aouîanakhou et AOuiÂNAKHi-AOuiËNEKHi, et ainsi de 

suite. C'est là, toutefois, un point sur lequel il y aura lieu de revenir plus tard. 

§ XXI. — En parcourant l'excellent ouvrage de Spiegelberg sur les noms propres 
démotiques et grecs, j'y ai relevé beaucoup de menus faits qui confirment ou permettent 
de développer certaines des conclusions auxquelles je suis parvenu au cours de ces 
études. En voici une première série que je donne au hasard de mes notes : 

A. — Le nom ^. ^ i^^^ ^^^ transcrit le plus souvent 'Aputôe-rii;, 'ApuwTT]? (p. 6*- 
7*, n°' \1^-\1), avec ides variantes telles que [Sevjapuîôttç, [SevjapuwStc, [Sevjxpuwç, une fois 
'OpoueYi; (p. 20*). Le sens Horus est sain en est assuré par l'équivalence 'Aputitrjc ô xa- Eiôç 
que fournit un texte (p. 47'*, n° 323). La vocalisation ordinaire 'ApuwOrjç, 'Ap-jwxrjî, ré- 
pondrait, pour l'élément uwôtiî, au copte oto-x, et contiendrait, par conséquent, un des 
pseudo-participes d'Erman; la vocalisation 'Opo'j6r,<; serait probablement une variante 
akhmimique du même nom, [oJtco dans le dialecte d'Akhmîm étant rendu quelquefois 
par OT simple, comme dans «.ott ^ ù.vio et ot^ = ovcog^. 

Telle est, dans son ensemble, l'explication de Spiegelberg. En ce qui concerne la 
forme 'OpojOr.ç, il serait singulier que, le dialecte akhmimique ayant une préférence 
marquée pour 1'*., la seule variante qui renfermât la vocalisation anormale en composi- 
tion, HoR- pour Har-, appartînt précisément à ce dialecte. Sans insister sur ce point 
plus que Spiegelberg ne le fait lui-même, il me parait que la forme 'opojÔTjÇ doit s'ex- 
pliquer, en ce qui concerne le premier élément, par une particularité dont on a d'autres 
exemples à l'époque gréco-romaine. On sait en effet que les Égypto-Grecs de l'époque 
ptolémalque, lorsqu'ils formèrent des noms hybrides avec Horus comme élément initial, 
au lieu de suivre l'analogie des composés égyptiens qui renfermaient ce nom Harmakhis, 
Harmais, Harmakhoros, Hcirbêkis, etc., conservèrent la vocalisation en o et pronon- 
cèrent Horapollon, Horammon : ces formes nouvelles réagirent sur les noms de forma- 
tion ancienne, et l'on trouve Horsiêsis à côté de HaRSiÈsis', Horbèk[is] à côté de 
HaRBÊKis, donc Horouthès au lieu de *HaROUTHÈs-HaRouÔTHÈs. Le fait est ainsi 



1. M. Spiegelberg explique diSéremmeiit la coexistence des deux formes, Eigennamen, p. 25-26. 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 83 

moins local que Spiegelberg ne le supposait : reste à rendre compte de l'élément final 
sous ses deux formes oj6t,; et uiôôr,;. 

M. Spiegelberg, entraîné par l'exemple de l'école berlinoise, a négligé un élément 
d'appréciation important, la terminaison -r.;, -■.;, et il prête à l'égyptien une prononcia- 
tion sans voyelle finale qui lui permet de transcrire ^ i ^^^ic^d-ovo-s.. Mais, ainsi que 
Brjigsch l'avait remarqué il y a bien longtemps' et que je l'ai répété depuis, ce n'est 
pas au hasard que les Grecs ont adapté à leurs déclinaisons les mots égyptiens qu'ils 
transcrivaient : ils étaient guidés dans leur choix par le son de la voyelle finale, et s'ils 
ont décliné ''^20;, Oj'.p-.;, Nsse:;, -st.;, et ainsi de suite, c'est qu'ils entendaient les Égyp- 
tiens dire Horom-Horo, Osir?, yiEBTHÔui-^EBTHÔu, -Ré. S'ils ont transcrit primitive- 
ment 'Apjwer,;, et non 'Apjweo;, 'ApjwOa;, et ainsi de suite, c'est qu'ils entendaient prononcer 
le nom HAROUOTHé et non Harouôthoï^, ou HAROuoTHa, la variante 'Apjw-:'.;-'Apow9;î 
n'étant pas primitive, mais provenant de l'itacisme d'époque postérieure. Ce n'est donc 
pas sur une prononciation indigène Harouuth qu'il faut reconstituer la forme du nom, 
mais sur la prononciation HAROuoTHe. 

Appliquons à cette prononciation et à l'orthographe Harouothè-Horouthê, qui 
en dérive les règles qui résultent des études antérieures, Vh final peut répondre à la 
résolution sur e d'une diphtongue ai, qui nous donne, pour le mot *otiu^h. ot-&h, une 
valeur *oTt»)^S, ot^£^s, qui procède elle-même d'une forme antérieure *oTFU)«^d.V-oT««.i', ou, 
avec la valeur propre en copte au n dans ce mot vl^^' *oTco-2t*.V-oT'Xé.i'. La forme 
"Opoûer,; répond, par résolution de e.V sur h, à S^ 'Op -^ oT-xd.V, qui signifie en effet : Horus 
est sain, et qui renferme le copte o-!rs«.i' T. M., sanari, sanus esse, bene valere. Une 
forme ot<s«.V avec oy initial est entièrement régulière, mais la forme ^oTio-ee.i-oTto-îte.k' 
avec oTco initial est-elle admissible? Je n'ai, jusqu'à présent, découvert aucune raison 
valable qui s'opposât à ce qu'elle le fût, et je ne vois pas d'objection à supposer que la 
forme amplifiée ouoz + . . . ait eu une forme en aî final de même que la forme simple 
OUZ + . . ., à savoir *ouôzAi-ouozAi à côté d'ouzAi-oT^d.V : *ouôzAi lui-même dériverait 
par "obscurcissement de la forme en a de la xo'.vr; *ouazaî, et v^|^^*ouza. . . aurait 
eu, à côté de la forme en -ou final, cette variante en (1(1 i final qui caractérise l'époque 
ramesside, ^A ^^^0 *ouzaï-ouazaï. En résumé, "Apoiier,; répondrait à Harouôzaï- 
HarouazaI. comme 'OsojOt,; à Horouzaî, et non pas à Harouoz-[2^*.p]oto-x, comme 
Spiegelberg le pense. 

Si nous réunissons les formes connues et restituées de la racine ^ i ^^^^ ^1^^ nous 
essayions de les déduire l'une de l'autre, voici ce que nous trouvons. A l'époque ramesside, 
on a, dans la xoiv»-, une forme en i final ^ \ '^J\'\ ouzaî. qui diphtongue sa première 
syllabe par régression de la voyelle de la seconde et devient ouazaI. De la forme simple, 
*ouzAi dérive : 1° par diphtongaison, puis résolution sur e de la diphtongue *outhé 
[oj6r,;], dont on ne connaît l'existence que par le nom propre Haroijzé-Horoùthé, 
'OpojÔT,;; 2° sans diphtongaison, le copte ot-£*.i'. De la forme développée, *ouazaï dérive 
par obscurcissement de a en o. ^olôzaî-olozé-ouôthé, qui ne nous est connu que par 



1. Brugsch, Lettre à M. le cicomte Emmanuel de Rougé, p. 32. 



84 A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 



les transcriptions grecques 'Apo-ie-nç, "ApuwxT]?; c'est de cet ouôzk-ouôthé, c'est-à-dire, 
en dernière analyse d'%UAZAï, que le copte otox est descendu. J'ai conservé I'h que 
donne le grec, mais il n'est pas nécessaire pour cela d'admettre que le copte eût rendu 
par cette lettre le son final du nom égyptien : si on se rappelle ce que j'ai dit ailleurs', 
l'égyptien saïtique paraît avoir eu un son e qui n'était précisément ni l'e ni \'t\ des Grecs, 
mais qui aboutissait aux deux. Les Grecs transcrivaient 'Apu^eTiç avec iri pour cet-E, 
de même qu'ils transcrivaient 'A\ihnT,<; ou 'Aijlévôviç, le terme que les Coptes écrivirent 
«.AicnTc T.; où ils mettaient "ApuwÔYic;, les Coptes auraient mis "*3*.poira)Te-3i.poTa)'xe. Cet 
*oT(MTs.e, qui dérive naturellement de ouozai, a perdu son e final de la même manière 
que Tojc^e T., jungere, -xco-xi M. «'w-xe T., coquere, ujcoki M., fodere, etc., ont perdu le 
leur pour devenir twis', -xw-it M. (S'co-x T., tgcoK. ^OTco-xeest devenu *o-5-(j)'x, qui est tombé 
à son tour, ne laissant plus derrière lui que sa forme qualitative en o, oto-x, sanus esse. 

B. — M. Spiegelberg a très bien montré que le nom euakoiJi répond à un démo- 
tique a!^ Jî^^^l^' lequel reproduit, comme Stern Ta noté dès 1884 {Zeitschrift, 
1884, p. 54), le nom d'une forme du dieu Thot. Pour expliquer la présence de l'o à la 
dernière syllabe, il s'est, d'abord (p. 15*, n° 90), appuyé sur la théorie de l'e auxiliaire 
qui prédomine dans l'école de Berlin, et il a pensé que cet e s'était assimilé à l'ou-w de 
la syllabe tonique de ctjxoijl =z cwtIjl. Plus tard (p. 39-40), ramené par l'étude des noms 
propres à une conception plus exacte de l'histoire de la langue (p. 24-26), il reconnaît 
dans s^T^M l'ancienne vocalisation de l'infinitif, duquel s^t^m est déduit : dans la forme 
plus ancienne de la langue, la voyelle de la syllabe atone ne s'était pas réduite encore 
à l'état de voyelle auxiliaire. Le nom est, comme on le voit, de très grande- importance 
pour les études grammaticales. 

Il me paraît, en effet, obéir à la loi d'enharmonie dont j'ai déjà parlé si souvent, et 
de laquelle il convient de donner ici quelques exemples nouveaux. Le nom propre 
AwwN ^s. '^^^ apparaît en transcription assyrienne, au milieu du VIP siècle av. J.-C. 
sous la forme Mantimihi, en transcription grecque à partir de l'époque ptolémaïque 
sous les formes Movxô[jlt,c;, Movt£[jltiç, RkvxîjjiTiç. La transcription assyrienne emploie, pour les 
trois dernières syllabes, cet i indécis qu'on transcrit tantôt par ë, tantôt par ï : on peut 
donc lire Mantemehe comme Mantimihi, et cette nouvelle prononciation me parait se 
rapprocher plus que l'autre de la réalité. Le premier point à noter, c'est que la pré- 
position ^v M paraît y avoir encore sa voyelle inhérente, rendue ici par i-e : l'assyrien, 
possédant la même aspirée qu'on trouve en égyptien dnns -=^ hâÎt, a pu reproduire, 
au moyen du syllabique mi-me, cette vocalisation déjà très faible. Un second point est 
très important pour l'histoire de la langue, la forme hi-he que prend le terme -=^ : on 
y voit en effet qu'au milieu du VIP siècle le o final du féminin était tombe, mais 
surtout que l'i qui l'accompagnait s'était diphtongue avec I'a inhérent à =^ , et la 
diphtongue aui résolue sur e-i, selon la loi que j'ai étudiée si souvent. L'évolution de 
la combinaison a+i (a» + i) était donc achevée déjà dans les premiers temps de l'époque 
saïte, et -=^ ^hâIt, de la /.owr;, se prononçait déjà hë[hi], comiïie le copte g^H T. M. t, 



1. Recueil de Travaux, t. XXIII, p. 57-58. 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 85 

pars anterior. Le nom divin /wwv. v\ a, pour la première syllabe, la vocalisation en a 
qui est la sienne régulièrement, mais sa seconde syllabe est vocalisée en i-e au lieu 
de l'être en ou, comme elle l'était dans le mot à l'état libre, *Manté[i] au lieu de 
*Mantou. En résumé, des quatre syllabes qui composent le nom complet, les trois 
dernières ont une vocalisation identique en e[i], et la première a une vocalisation par- 
ticulière. Or, un mot comme Mantemehe contient nécessairement deux accents qui 
doivent se trouver l'un sur la svllabe forte de /wwv^ v\, soit sur mân, *mântou, et en 



composition *.mânte[i], l'autre sur le terme HÉ[i] résultant de '^^ hâît. L'étude des 
autres noms formés en =^ final prouve, comme on aura lieu de s'en apercevoir que, 

dans le composé /wvaaa ^. °==^, l'accent tonique est celui qui porte sur le groupe '=^ 
hÉ[i], et l'accent de *mÂnti est un accent second. Les e[i] des deux syllabes atones 
-TÉMÉ- résultent d'une assimilation harmonique ou, si l'on préfère un autre terme, 
dune enharmonie régressive exercée sur elles par la syllabe accentuée e[i]. 

Sautons quatre siècles et analysons les formes que le même nom présente dans les 
transcriptions de l'époque grecque, Mov-ôar,;, MovTijjLr.ç, M£v-£[jit,;\ Dans l'intervalle, le 
phénomène ordinaire d'obscurcissement s'est produit et Ta de Manté[i] a tourné à l'o, 
MoNTO-MoNTÉ; de plus, la voyelle de ^^^ a disparu, soit qu'elle eût achevé réellement 
de s'effacer dans la prononciation, soit que les Grecs, n'ayant pas de caractère spécial 
pour rendre le g^ initial de -^^ hé[i] et étant obligés de le supprimer dans l'orthographe, 
n'aient pas jugé l'hiatus de e- sur [hjE suffisamment important pour en tenir compte. 
Le nom s'est réduit à trois syllabes, dont la première et la dernière sont accentuées, 
celle-ci portant l'accent tonique. Dans ces conditions, l'assimilation harmonique ou, en 
un seul mot, l'enharmonie s'est produite de trois façons différentes : 1° progressivement 
par action de l'o de la contretonique sur l'atone médiale, Montomés; 2" régressivement 
par action de I'e de la tonique finale sur l'atone médiale, MÔNTe.Mës; 3° régressivement 
encore par action de ce même e, non seulement sur l'atone médiale, mais sur la contre- 
tonique qui la précède, MeNTexiës. L'exemple est des plus significatifs, et il suffirait 
seul à établir l'existence de l'enharmonie en égyptien. Suivons les indications qu'il nous 
fournit et voyons comment se comportent à cet égard les autres noms en -^^ final dont 

a^ 

nous possédons des transcriptions grecques, \\ ^^"^"^^ ^^^^""'^- ^^ ''^> pour 
(I ^^""'^' 'A;^;^='"'^.>j^^iî, 'A|ji£v£|jiT,;, l'un et l'autre dans les listes de Manéthon : *Amân- 

emhê-'AajjiavétjLr,;, avcc accent tonique sur e final et accent second sur Ta du nom divin 
Amanou, contient une action régressive de Ë sur l'atone médiale, et AMexeMHg- 
'A|jicvi[jiT,; montre cette action étendue jusque sur la contretonique. Dans 'Apâfjir,;, qui est 
la prononciation de ^^. ^^"""^ ' l'enharmonie, au contraire, est progressive, et c'est 
Ta de la contretonique HaR qui nuance l'atone médiale HdRaMHK. Ces deux exemples 
confirment ce que nous avions appris par les transcriptions grecque et assyrienne de 

^^ ^ • 

Le nom du roi Nectanébo II nous fournit des exemples plus décisifs encore de la 



1. Bruosch, Saminlung Deiiioti^ch-Griec-liischer Eifjennainen. p. 31. 



86 A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 

loi cVenharmonie : on le rencontre en effet sous les formes Nex-ràvcg'.;, Nôx^ivaSt;, Nsy-TaviSî);, 
Nectenebis, N£/-t;v'.S'.ç, NsxTavsSôç, NExxavaSiô, N£/.-:av£gw, Nay-Tovaêw, Nectinibos, et peut-être 

AA/V\AA ^- -7 

sous d'autres qui ont échappé à mon attention. L'original égyptien est ;r"^L==^ 1 , 
mais les Grecs ont confondu avec ce nom celui de ■^f^^ \\ | O | Nayeappag-.;, et les 
variantes que j'ai données s'appliquent indifféremment à l'un ou à l'autre de ces rois. 
Des éléments qui composent ^^'^^ 1 , le pronom ^^=^, le dernier, a disparu, maispeut- 
être nous sera-t-il donné de reconnaître, par la forme de déclinaison que le grec a 
adoptée, la voyelle qui lui servait d'appui. Les variantes se divisent, pour ce qui con- 
cerne la finale, en deux catégories : l'une où le thème est décliné en -t;, --.o; ou -tSoç, 
avec ï (la variante en -r,; ne se rencontre que dans les listes de Manéthon et dans les 
documents qui dérivent de ces listes, et elle est due probablement, comme Unger l'a 
vu', à la tendance itaciste des copistes de basse époque); l'autre où le thème est décliné 
en -0;, -w;, avec un o bref ou long. Ces deux séries ont été localisées chacune dans un 
emploi, la première étant attribuée presque toujours au premier des deux rois que les 
étrangers désignent sous ce nom ^-='^ V\ I ô > la seconde étant attribuée au dernier 

des Pharaons indigènes, ^^=^^ 1 . L'attribution des formes en -•.; au premier de ces sou- 

® ^^^ 
verains peut avoir été provoquée par une assonance avec la terminaison du nom réel 

Nakhtharhabi, transcrit Na/6âpîagt; : le témoignage des variantes ne nous en prouve 

pas moins qu'à la même époque, la finale | son maître se prononçait n+bof 

ou N+BiF, avec chute de F, comme dans (<^, ~wwv Bokounrinif-Bokourrinif 

Bô/./opu, N+BO et N4B/. 

Nectanébos ou Nectanébis renferme deux accents, dont l'un sur la syllabe NeKHT- 

AAAAAA 

et l'autre sur la syllabe ncb, mais des deux quel est l'accent tonique? Le groupe "-='^ 
N+KH+T avait pour voyelle tonique un a, qui est conservé en composition dans certains 
noms, chez lesquels l'accent tonique de l'ensemble se superpose à l'accent tonique du 

groupe '-="^, ainsi dans Tvicpa/eoç, TÉ/vay-^t;, Tâ/vaTiç, pour *T£cpvay6oç OU *T£(fivay.-t;, de '^-=^ li(J 

Tefnakhti : lorsque le groupene porte plus qu'un accent secondaire, la voyelle s'y affaiblit 

A/v/VVVS .llllllllll. ^ AA/WV\ I\ AA/WV\ ^ /VWVV\ r. < r ^ ' (3 

en E, N£-/9fJnôv67ii;, NEyeâvougt;, NEyecpapuiç, ^>-="^ /wwsa ^, ^^^"-^(I ^, >-::^^W=tl '. NoUS 

® Ci g > .Jl ® ^:^ 1 D Jtl ® ^-N ' ^ — < — a Mil 

dirons donc que, dans Nectanébos ou Nectanébis et leurs variantes, l'accent tonique 
est sur NfiB et l'accent second sur NëCT-, soit NêCTANeBOS ou NëcTANeBis : les variantes 
en A, Na/.Tovaoo'), Nactouabis, suivent la règle et s'accentuent naturellement NâcTONdeo. 
Si donc nous devons expliquer les variantes phonétiques du nom par enharmonie, ce 
seront les voyelles des deux syllabes accentuées qu'il convient d'étudier tout d'abord. 
La voyelle de la syllabe ^^ziy seigneur est un a, un Ë, ou un ï. L'a se trouve dans 
NcXTavaSiç, Nc/.-cavaêiô, Na/.TovaSu), c'est-à-dire daus la série en -o, comme dans la série en i 
final. Le copte n'a pas cette vocalisation en a pour les dérivés du mot ^d^, et il dit à 
l'état absolu hhA M. m, doniiaus, dans les composés «eA-, nefid^g^i, nefiio^i, ne£iHT; les 
transcriptions grecques nous prouvent l'existence d'une prononciation *nab, peut-être 
dialectale à l'époque, mais qui, je crois, représentait la vocalisation de la /.otr/- et avait 



1. UNGiiR, Manetho, p. 310. 

2. Brugsch, Saminlumj Deinotisch-Griechischer Eujennainen, p. 14, 22, 31. 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENiNE 87 

produit Te de l'époque grecque et I'h-e du copte par diphtongaison en i, nâîbi, nJ;bi, 
nÉbi, sous l'influence de la finale ï dont les transcriptions grecques nous ont dénfiontré 
l'existence. L'a de la tonique nôb a influé, par assimilation régressive, sur la voyelle de 
la contrefinale, et l'on a eu NEKTaNcmis d'un côté, NEKxaNdBO de l'autre. Cette pro- 
nonciation en A de l'atone contrefinale une fois établie, il est arrivé que la vocalisation 
NÂB a été remplacée par la prononciation neb. Cette vocalisation ne s'est pas imposée 
probablement du premier coup, mais elle a été amenée par l'intermédiaire de la diph- 
tongaison en I et en ou, et l'on a eu quelque variante Nectanaibi, Nectanaoubou, qui 
a tourné promptement à NEKTaNCBi-NEKTANÉBO. L'a de l'atone contrefinale a été con- 
servé d'abord, comme le prouvent les variantes NEKTaNÉBos, NEKTaNÉBis, puis il a 
subi à son tour l'influence des deux syllabes accentuées entre lesquelles il était intercalé, 
et il a passé à I'e, Nektônebis. La vocalisation nib, qu'on rencontre dans les formes 
Nekten/bis et NEKTmŒOS, la première attribuée à Théopompe, c'est-à-dire à un presque 
contemporain du souverain, n'est pas, je crois, due à une faute de copiste grec, mais 
remonte à un prototype égyptien. Le mot ^^37 enclitique, dans le sens tout, eut, à 
l'époque copte, cette vocalisation en i dans ses dérivés, mju. T. B. nifn B. iiifeeii M., 
omnis, oinnes, qui ne me paraît pas originale chez lui plus que chez K37 seigneur. Je 
suis tenté de croire que la variante n/bis a une origine locale, et qu'elle appartient à un 
dialecte où Ta de NaB+ aura passé à i, probablement par l'intermédiaire NeB+, Ne/B+- 
Dans Nekt/n?bos, l'influence régressive de l'i tonique de nï'b s'est fait sentir, tandis 
qu'elle ne s'accuse pas encore dans Nektôn^bis : ici, la contrefinale atone a conservé 
son E sous l'influence de la contretonique e de Nckt. 

La variante NëKTONaBo est curieuse pour la variété d'influence qu'elle présente. 
Là, en efEet, l'enharmonie ne s'est pas fait sentir sur les syllabes conjointes, mais elle a 
passé par-dessus les syllabes et s'est manifestée de deux en deux sur une sorte de rythme 
alterné : tandis que la contretonique montre la vocalisation en a de la tonique NâivHT. . .- 
NAB. . ., la contrefinale montre l'o de la finale 10. . .bo. Est-ce l'o de ^^^^^ n^bom qui a 
réagi sur la voyelle qui suivait le t, ou cette voyelle était-elle un ou à l'origine, et 
serait-ce la contrefinale qui a réagi sur la finale? Un fait est certain : si l'on étudie les 
orthographes démotiques des noms en Nakht, on remarque que ce mot v comporte une 
finale en ^^(5 tou, c (E VW^ xNsyOcpap'jU, ^^=^ aaaaaa voi NEvOawvGr.c Les variantes telles 



que iJq ^- jllJ et 110 ^ ^, qu'on rencontre dans les noms d'époque ptolémaïque, prouvent 

qu'à cette époque, ^^ ^^ V\ ^^"^ient pris une prononciation -te, -t, qui ne nous 
permet de rien affirmer pour une forme telle que NaKHTONaBo. J'admettrais, jusqu'à 
nouvel ordre, que l'o de Nakhto s'est introduit à la contrefinale sous l'influence de l'o 
de la finale nabo, sans rechercher, pour le moment, si l'enharmonie n'aurait pas été 
facilitée par le souvenir d'une ancienne forme --:7-^W=fl . Nakhtoknabo?^/! 

C'est cette loi d'enharmonie qui me parait avoir légi la prononciation de 0jtj-:o(ji, 
comme de tant d'autres mots égyptiens. Le nom se composait de doux mots accentués, 
le nom du dieu a/^. prononcé Thot. eot-, avec assimilation du t final as, Thossoutom 
Thosoutom, comme Thoummosis pour Thouthmôsis, puis, d'autre part, le verbe ^ 



88 A TRAVERS LA VOCALISATION EGYPTIENNE 

S+T+M+, prononcé sôDtom. L'accent tonique du composé à-^-^^v^^ ^^^ '^ même 
que celui du verbe *^^i^» et l'ensemble du nom s'accentuait THOTSÔâTÔiVi. La syllabe 
initiale, celle qui est formée du nom divin, devenant atone, aurait pu affaiblir son o 
en E, comme c'est le cas dans T£0;jlô)7;;, ,^[T| 1, par exemple, mais, comme dans la 
variante To'jO|jnojt;-©o'j|jLijicôT'.; de ce dernier nom, l'o tonique a exercé son influence régressive- 
mcnt sur la syllabe atone et y a maintenu, ou rétabli, la vocalisation en o-oude l'époque 
précédente. Quanta l'o de la syllabe ^^^^^s+t+m, il est dû à l'influence exercée par 
la voyelle de la syllabe tonique sur la voyelle de la syllabe finale, mais, si l'on veut 
bien saisir le motif pour lequel il se trouve à la place qu'il occupe entre le t et le m, 
il convient d'examiner brièvement ce que nous savons de la vocalisation des mots de 
trois lettres dans l'égyptien ancien et dans le copte. 

Dans le copte, ils ont une tendance presque absolue à ne conserver qu'une voyelle, 



celle de la tonique, et, selon que l'accent était sur la syllabe initiale comme dans . 
s+T+M, ou sur la médiale comme dans <=>3^ h+r+r et dans la plupart des verbes à 



seconde radicale redoublée, ^j jPO Awvv^ q+b+b, ®^i ^v Q, kh+m-Ï-m, ils placent cette 
voyelle unique entre les deux premières consonnes ccotul ou entre les deux dernières 
g^pôrpM., sedarij 'xikob.M., refrigeravi, ^xxoxx M. g^juLOJix T., calefieri. Toutefois, pour 
parer aux exigences de la prononciation, les mots de la première catégorie prennent 
un K atone qui s'intercale entre les deux dernières lettres soTêM, et qu'on marque dans 
l'écriture par une barre tirée au-dessus de ces deux lettres cwtÂs. T. B., ou par un e, 
cwTejuL. Mais, à côté de cette forme cu)tIjl qui est usitée à l'état absolu, l'état pronominal 
nous fournit une coupe de vocalisation différente : coTAÏq, par exemple, se prononce sÔt- 
MèF, et le memphitique écrit cet e d'habitude, coTAieq, si bien que, dans ce cas, la voyelle 
auxiliaire se trouve derrière la troisième radicale au lieu de se trouver entre la deuxième 
et la troisième. Un dialecte au moins, celui d'Akhmim, montre encore la voyelle à la 
fin du verbe et écrite par un e, dans ccoTxie, no-s-TAie, oTiorfie, etc., et ce fait m'avait 
induit, dès 1887, à déclarer que cette orthographe ainsi que la prononciation qu'elle 
trahissait représentaient une forme de vocalisation plus ancienne que celle qui est mar- 
quée par l'orthographe cwTÏi-ctDTeAx et par la prononciation sÔTëM : cwTJuie, par exemple, 
serait la transcription exacte de l'hiéroglyphique -î:^^. 8A^' ®^ ^^^^ ^ ^n^\ serait la pro- 
nonciation gréco-romaine de la voyelle qui avait succédé à l'ou final v\, e, d'époque 
ramesside. Je n'insiste pas sur cette manière de voir qui a été admise en partie par Erman 
et par Steindorfï', et qui n'a été contestée par personne à ma connaissance. Résumant 
tout ce qui vient d'être exposé, je dirai donc que la prononciation ccoTejuL-cwTÏi, avec l'Ë 
entre les deux dernières radicales, a été précédée d'une i)rononciation coTJuie-c*.TAi.e qui 
a l'î^: à la finale, et qui procède elle-même d'un ^^ *s6tiMou-*satmou antérieur. La 



marche du phénomène est facile i\ reconstituer en partant de ré|)oque la plus ancienne 
à laquelle nous soyons parvenus jusqu'à présent. L'ou qui terminait *satmo«-s6tmom 
s'est affaibli en e, SATMë-soTMë, et cet Ë s'est amui à son tour, *s.\tm-s6tm; mais un 



]. Notes sur quelques points de Grammaire et d'Histoire, § O, dans le Recueil de Traoaux, t. VIII, p. 191. 
'2. Erman, ^gyptische Giammatik, § 214, p. S8; Steindorfk, Koptisclie Grammati/:, § 181, p. 85. 



• A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 89 

groupe tel que *satm-sotm étant de prononciation difficile dans la rapidité de la con- 
versation, il s'est développé entre les deux consonnes consécutives de la (in un k épen- 
thétique, sÔTë.M-ccÔTeju.-cLOTÂi. C'est ce qui s'est passé en anglais, par exemple, pour des 
mots empruntés au français. Le français avait tiré du latin les mots comme schisme, 
par exemple, avec un e prononcé plus ou moins fort, mais l'anglais, en les lui prenant, 
supprima entièrement le souffle vocalique que nous rendons par notre e muet : le groupe 
SM de scmsm devenant trop difficile à prononcer, l'on a rétabli entre s et m le souffle 
vocalique supprimé derrière m, et l'on prononce schIs'^m. 

L'ô de souTÔM est-il cette voyelle accessoire développée entre t et m pour faciliter 
la prononciation, ou bien dérive-t-il d'une prononciation antérieure à *sÂtmou-sÔtmou, 
dans laquelle le verbe ^^^ s+t+m aurait eu trois voyelles, une derrière chacune 
de ses consonnes constituantes? Bien que le copte ait une tendance à réduire au mono- 
syllabisme les mots de ce type, il y a, tant chez lui que dans la langue des transcrip- 
tions grecques, nombre de cas dans lesquels certains d'entre eux prennent une seconde 
voyelle différente de l'Ë épenthétique mentionné plus haut. J'ai discuté, au paragraphe 
précédent de ce.s études, les formes à deux et trois voyelles des mots dérivés de la racine 
•¥• u+n+kh' : le copte nous fournit co-yTion T. M. à côté de cottTi T. co-s-ren M., 
dirigere, iendere, kcoA«.2^ T., percutere, pulsare, à côté de moAg^ T. M. KcoAe^ T., et 
d'autres, tandis qu'on trouve dans les transcriptions une forme telle que cttoai. à côté 
de ccoTAx-cioTeAi, ct une ou deux autres analogues que j'aurai l'occasion d'étudier plus 
tard. De ces exemples réunis, il semble résulter que les mots de ce tvpe, comme les 
noms d'un type analogue, (J *'^— ^ • | . \\ <=^ > 1 - ^tc, que j'ai analysés par 
ailleurs, possédaient trois voyelles, l'une tonique intercalée entre les deux premières 
consonnes, la seconde atone intercalée entre les deux dernières consonnes, la troisième 
placée derrière la dernière consonne et marquant la terminaison de la forme absolue 
du verbe ou du nom, ^^. S + T+MoiJ, avec la vocalisation en ou-o du copte, 



SôïJTôMoL-SôToMoL, | ^3 X+T+Mol, NôIiTôMoû-NôTôMoû, etc. J'admets, 
comme on voit, que la tonalité des voyelles était la même dans la xo-.vt, et dans le copte, 
afin de ne pas compliquer la question qui m'occupe actuellement d'une autre question, 
mais la /.o-.vt; aurait eu pour ces mots la tonalité en a que le raisonnement n'en serait 

pas modifié : il n'v aurait à noter qu'un cas de plus d'obscurcissement d'un a ramesside 

R (3 A a. <2 
en un o salte et copte. Les mots du type ^^. - \ ^. , sont de véritables proparoxy- 
tons, et ce fait explique leur histoire : il s'est passé pour eux ce qui s'est passé pour les 
proparoxytons du latin lorsque le français s'est formé. De même que do.mÏnûm est de- 
venu DOMNU, puis par chute de l'atone finale u, domn, sofôMOÛ est devenu sÔt.mou, puis 
soTME et sotm; dans ce dernier, la difficulté de prononciation a rétabli un Ë épenthé- 
tique entre t et m. 

Cette considération résout la question pour les dérivés saltes et coptes de ^ 



lorsqu'ils n'entrent pas en composition. S'ils ont un Ë entre t et m, cet Ë est une voyelle 
auxiliaire développée après coup et n'a plus rien de commun avec la voyelle qu'on 



\. Recueil de Tracaux, t. XXIV, p. 70 sqq. 

RECUEIL, XXn . — NOUV. SÉB.. VIII. 12 



trouvait à la même place; s'ils ont ù cet endroit un a ou un o-ou, c'est que l'évolution 

du mot s'est arrêtée en route et que la seconde voyelle aura subsisté pour quelque 

motif qui nous échappe. En ce qui concerne Thosômtôm, je crois qu'on peut l'indiquer 

avec un certain degré de vraisemblance. g^^^¥^ Jf est, comme Stern l'a noté jadis', 

le nom d'une forme particulière du dieu Tliot, et, en cette qualité, sa prononciation 

>_ _ / 

avait dû s'immobiliser de bonne heure; on a continué à dire Thotsômtôm, puis Thossôw- 

TÔM, pour le nom composé du dieu longtemps après qu'on disait ^soTMë-soTM-soTëM 

pour le verbe entendre de la langue courante, de la même façon qu'on persista à appeler 

la déesse mère Moue, quand depuis longtemps déjà on disait, pour le terme commun de 

mère, xxà.v T. AI. xxà.t.v T. juie-y B. sans le t final féminin. 

C. — M. Spiegelberg interprète aile, aile, le nom que le grec a transcrit 
THpoTTHpoir, THpoTTHpic (p. 53*). J'y recomiaîtrais plutôt une forme du verbe ^ (] 

O^^' S^'l ' ^^^PP^^^''> in^plorer, freniere, de laquelle il semble qu'on 

puisse ra})piocUer le copte c^epxep M., fremere, tremere, puis igTpTcop T. uj-»ep-&cop M. 
lyre.pTep 5., ^«/'6a/'e, ^i</'6a/"?. Rapprochant l'orthographe -s^ (1 -E?^ (1 ^ de la transcrip- 
tion THpoTTHpo-y^ on voit que le verbe (J^ ^"1 ^ entier pouvait se redoubler 
et non seulement son squelette consonantique : la forme Zaroui-Zaroui, d'où, par 
diphtongaison, résulte THpo-s-THpo-ir, a précédé très certainement la forme ZÂrzaroui- 
Zarzarou, d'où proviennent [c]-eepTep, [ujJTpTwp, [iy]T*.pTep. 



LE ROI (efu] (^] 

PAU 

Pierre Lacau 

Le nom de ce roi nous est donné d'une manière tout à fait inattendue par un 
sarcophage privé du Moyen-Empire, appartenant au Musée de Gizèh. 

Ce sarcophage', fait pour un certain T (1, provient de la nécropole de Berseh*. 
Il est d'un type analogue à ceux de Montu-hotpu, conservés au Musée de Berlin \ 
L'ensemble de la décoration intérieure est identique : en haut de chaque paroi, une 
ligne horizontale d'hiéroglyphes polychromes; au-dessous, un registre d'objets d'of- 
frande avec leurs noms; enfin, un troisième registre est occupé par un texte religieux 
écrit en hiéroglyphes cursifs et disposé en colonnes verticales. 

C'est dans une partie de ce texte qu'apparaît le nom royal, où il remplace par 
erreur celui de T (1, propriétaire du cercueil. Évidemment le scribe, chargé de 



1. Zeitsdirift, 1884. p. 54. 

2. Brugsch, Dirtionaairc /liérorjlij/i/iique, p. 1562, et Supplément, p. 1S36. 
H. Journal d'entrée, n° 32S(J9; Catalogue général, ii" 28088. 

4. Daricssy, Fouilles du Deir el-Berèeh, dans les Annales du Sercice des Antiquités, t. 1, p. 20-21. 

5. Pnbliés par Lepsius, .Eltcste Texte (1867), et par SteindorS, Grabfunde des niiulcrcn Reic/is (1896). 



LE ROI (o|u] Ç^]] ] 91 



décorer le sarcopliao;e, avait sous les yeux, comme modèle, un exemplaire rédigé 
pour le roi [oful (*^^^1 • ^^^ distraction, il l'a copié tel quel sans substituer au 
cartouche le nom du nouveau personnage auquel le texte était destiné. 

Il a commencé son travail par le petit côté correspondant aux pieds de la momie. 
Cette paroi porte vingt-huit lignes, écrites avec une extrême négligence et criblées de 
fautes grossières. Une partie de ce texte correspond à Téti, 1. 264-271 {^= Min'nrt, 
1. 416-437)'. Comme dans la version de Téii, le nom du mort est toujours précédé de 
Tépithète J -<^>-- Le cartouche-prénom alterne à peu près régulièrement avec le car- 
touche-nom'. Deux lignes suffiront à montrer leur disposition dans le texte : 

{sic) 







I I I 



Sur le côté correspondant à la tète, le scribe avait continué à copier en se trompant 

toujours. A partir de la ligne 2, il introduit, enfin, dans son texte le vrai nom 

rL2>-^|\ ^ 1 y ^- ^6 1"^ ^^ l'empêche pas d'ailleurs, dans les lignes suivantes, 

d'employer sans cesse celui du roi. Il s'aperçoit ensuit-e de son erreur, il efface tant 

bien que mal six cartouches fautifs, et il récrit en surcharge ^ T 0- Sur les 

° _Sï^lZ:iIlO<=:> 1 
deux autres parois du sarcophage, le cartouche n'apparaît pas*. 

Le Papyrus de Turin nous donne deux rois f^*^^^ ] (fragments 47 et 48). M. Mas- 
pero^ a identifié l'un d'eux au roi dont la légende décore une coupe du Musée du Louvre*, 
t'I^r®'^"^!'^*- r^^^^l- Le nom complet du second folu] (^^1!)] apparaît ici 
pour la première fois sur un monument. Les dynasties héracléopolitaines, dont nous 
savons si peu de chose, continuent à se révéler. 

L'heureuse distraction de ce scribe nous apprend plus encore. 

M. Maspero a déjà fait remarquer que les rois héracléopolitains devaient être 
enterrés dans des pyramides, comme leurs prédécesseurs memphites'. Nous connaissons 
en effet, d'après un sarcophage de Berlin, le nom d'un prêtre de la pyramide du roi 
Tol^U J, qui appartient certainement à cette époque. Nous apprenons aujourd'hui que 



1. Mais ce chapitre est, ici, précédé et suivi sans aucune séparation d'un commencement et d'une fin qui 
n'existent pas dans la rédaction des Pyramides de Saqqarah. De plus, l'ordre des phrases est complètement 
interverti. 

2. Il y a huit fois ( OjU ] et sept fois f ^ [jl| j. La lecture ne me paraissant pas prêter au doute, je 

ne donne pas de fac-similé pour le moment. 

3. Ces lignes correspondent à Téti, 1. 270 et 268. 

4. 11 n'y en a pas trace non plus sur le petit sarcophage intérieur (Journal d'entrée, n" 32869; Catalogue 
général, n" 28087), qui était contenu dans celui-ci, et dont les textes semblent être de la même main. 

5. Maspeko, Notes au Jour le jour, 10, dans les Proceedings of tlic Bibl. Soc, t. XIII, p. 429. 

6. Maspero, Histoire ancienne, I, p. 448. 

7. Maspeiïo, Procecdings of the Bibl. Soc, t. Xlll, p. 524. 



92 ■ LE ROI (G|lj]|(^r|] 



l'usage s'était conservé d'écrire, pour les rois des IX'^-X*' dynasties, des textes religieux 
identiques à ceux contenus dans les pyramides de Saqqarali. Là encore, on avait con- 
tinué la tradition memphite. Dès lors, on peut espérer que les tombeaux de ces rois, 
décorés eux aussi de ces mêmes textes, nous en rendraient de nouveaux exemplaires'. 

Quant à l'emplacement même de ces tombeaux, il me semble que la présence à 
Berseh d'un texte au nom d'un roi liéracléopolitain doit nous inviter à les rechercher 
dans la région voisine et nous donne un indice précieux. Il va sans dire, d'ailleurs, que 
la proximité relative de cette nécropole royale et de celle de Berseh est simplement 
probable, et rien de plus. On peut toujours supposer ou que l'exemplaire type des 
ateliers de Berseh leur a été envoyé de fort loin, ou que le sarcophage n'a pas été fabriqué 
à Berseh même^ Mais, s'il se trouvait des traces de pyramides dans la région de Siouth- 
Berseh% il y aurait grande chance qu'elles appartinssent à ces dynasties. 

En ce qui concerne la date du sarcophage, la présence du nom royal ne nous 
apprend malheureusement rien\ sinon qu'il est postérieur à ce roi. Mais, comme 
personne ne songeait à le placer avant, le profit est mince. Rien ne prouve en effet 
qu'il ait été fabriqué dans l'atelier même qui avait décoré le tombeau du roi, soit 
pendant la construction du tombeau, soit tout de suite après. Le texte a pu être copié 
sur un exemplaire fort ancien, copié peut-être lui-même dans la pyramide déjà violée. 

Le prénom ( oTul» porté par ( ^^^l]']]. ^ été repris plus tard par ( '^^^^^ X 

Ce dernier ne s'est-il pas souvenu d'un ancêtre illustre? Et ce deuxième (^*^1t]l ne 
serait-il pas mieux encore que le premier, r'A/eôr,; de Manéthon"? 

Enfin, l'existence de ce prénom royal nous explique de suite la fréquence relative 
du nom propre Yl-i" ^^ Moyen-Empire. Il est presque aussi commun que le nom de 

(1(1, rapproché déjà par M. Maspero de celui des deux rois héracléopolitains, 



C^rw]'- 



Tels sont, il me semble, les renseignements nouveaux que nous fournit cette simple 
erreur de scribe. 



1. Ces textes, d'ailleurs, pourraient fort bien avoir été écrits non sur les parois de la chambre même, mais 
sur les côtés du saicophage (d'un type plus ou moins semblable à celui qui nous occupe). 

2. Il faudrait, dés lors, déterminer son origine par le style ou par la technique. 

3. La coupe de Paris au nom d'un ( 00 J provient, croit-on, de Siouth, et les tombes de Siouth con- 
tiennent les seuls renseignements que nous ayons sur les Héracléopolitains. La « Carte hydrographique de la 
Haute-Egypte », par Linant de Bellefonds (1854), indique près do Manfalout une « pyramide en briques crues ». 

4. Ceci est regrettable, car nous manquons de point de repère pour dater les différents sarcophages rec- 
tangulaires du Moyen-Empire. Voir Borchardt, JSg. Zeit., XXXII, p. 26. 

5. Les prénoms portés par les rois de la XXVI» dynastie, et qui sont construits d'une manière identique, 
n'ont-ils pas été aussi repris à des souverains antérieurs que nous ne connaissons pas encore? 

6. Ce nom est porté par des hommes ou par des femmes indifféremment. Au m oins tren te exemples dans 

LiEDLEiN. Au contraire, le nom V^ O- qui serait copié sur le prénom de l'autre roi ( i ^ I ' '^^'^^' inconnu 

au Moyen-Empire. Ce roi aurait-il régné moins longtemps ou aurait-il été moins célèbre? 

7. Il serait intéressant de vérifier si les stèles qui portent ces noms peuvent se grouper par famille, et 
appartiennent à un même stj le et à une même province. 



LA LECTURE DU MOT -^ n 93 



LA LECTURE DU MOT ^n 

PAR 

Pierre Lacau 

La lecture du mot n, variante JtJ^ n', a donné lieu à de nombreuses hésita- 

tions que je résume rapidement. 

Brugsch, dans son Dictionnaire, admet pour la forme n la valeur n : 

il considère, en effet, ce mot comme une variante de (1(1 ^ qui, lui-même, serait égal 

à (1(1 \ Le final n'est qu'une simple lettre « d'avertissement » (Warnungs- 

zeichen . Plus loin*, en rencontrant la forme Jtd n, il se demande s'il ne faut pas la 

lire raj a; mais il remarque que la variante orthographique n pour jb^ui, 

dont il donne des exemples sûrs, fait difficulté, puisqu'il a déjà reconnu à ce premier 
groupe la valeur ci, 

Virev', en étudiant la fonction 1\ fl 1 . continue à regarder comme énui- 

valents les trois mots ^(J > ^^ m ^'^ ^' 

Max Mùller^ au contraire, démontre qu'il faut séparer le mot féminin qui se 
présente sous les deux formes <=>(](] et n du mot masculin _m n = ci. 

Il conserve, d'ailleurs, à ce dernier la valeur ^^^^. 

Newberry', dans la liste des titres qui se rencontrent à Béni-Hassan, donne, pour 
la forme °V^ , la transcription 'r' , évidemment, pour supprimer l'anomalie orthogra- 
phique que présente dans la lecture ancienne le a écrit inutilement à la fin du mot. 

Erman', dans sa Grammaire, reprenant une idée émise dans son article sur les 

orthographes défectives', explique le o final comme un vestige d'une graphie 

archaïque consistant à placer après un syllabique la première consonne contenue dans 
ce syllabique, au lieu de la placer avant. Il continue à lire n les deux formes 

jhÊ n et n. 

Piehl'" revient à l'hypothèse de Brugsch. Il résout la difficulté soulevée par celui-ci 
en prouvant que la double orthographe n =^ Jt^ n provient d'une confusion dans 

l'hiératique entre le signe du lion et celui de la charrue. Il montre ensuite que la 
forme ^^ est la plus ancienne, et il en conclut qu'il faut, dans ce mot, attribuer au 
signe _2^ la valeur raj propre à la charrue '\^, et non la valeur propre au lion 

_Ê^. On a ainsi la lecture raj 



1. On trouvera les preuves de cette équivalence dans Brugsch, W'ôrt., VI, p. 749; dans Mas MCi.lep., 
^g. Zeit., 1888, p. 91, et dans Piehl, Sphinx, II, p. 61. 

2. Wôrter'juch, I, p. 205 et 207 (1867); V, p. 258-259 et 263-264 (1880). 

3. Wôrterbuch, V, p. 266, et VI, p. 742. 

4. Wôrterhudt, VI, p. 749 (1881). 

5. Recueil de Tracaux, t. VII, p. 32 (1886). 

6. .^g. Zeit., 1888, p. 90-92. 

7. Beni-Hassaa, I. p. 16 et 48 (1893). Même lecture dans Rckhmara, p. 38, col. l (1900). 

8. ^g. Grain., § 57 (1894). 

9. .'Eg. Zeit., 1891, p. 38. 

10. Sphinx, II, p. 60-62 (1897). 



94 LA. LECTURE DU MOT -^ n 

Enfin, Grillitli', en étudiant l'hiéroglyphe -ga., constate qu'il a été souvent con- 
fondu avec deux autres : 1" avec %^, dans le mot ^^ = 'r, « grenier », et cela, à 
cause de la ressemblance des formes dans l'hiératique et de la ressemblance de sons 
entre ces deux mots (il considère donc les deux signes %^ et _£a comme originellement 
différents, mais de son analogue); 2° avec "x^v = .svi' (voir Pétrie, Medum, pi. XII, 
XV), à cause de la ressemblance entre les deux signes et du rapport entre les idées 
qu'ils expriment^ 

Je crois que les lectures et rn 1 □ doivent être abandonnées : 

1" II n'y a pas une seule variante sûre, donnant l'équivalence admise par Brugsch, 

n = . Au contraire, Max Muller a parfaitement montré qu'il fallait séparer 

les deux mots. 

2° n étant une orthographe récente résultant d'une simple confusion dans 

l'hiératique, il faut abandonner toute lecture fondée sur une valeur quelconque du 
signe _g:^, et prendre, comme point de départ de la recherclie, le signe '\^, forme 
antérieure à _g^. Ceci me semble absolument démontré par les remarques de Piehl. 
Mais quelle lecture adopter? 

Brugsch et Piehl ont lu en appliquant une règle d'orthographe bien connue : 
quand un mot trilitère ne peut être représenté par un signe propre, on l'écrit en em- 
ployant pour les deux premières radicales un syllabique que l'on fait suivre du signe 
alphabétique représentant la troisième radicale. Ex. : | o = v\ ci^s + X- On aurait de 
même jtÊ = en J + - a. Mais cette racine est absolument isolée en égyptien. 

Une autre hypothèse est possible. Nous pouvons avoir, ici, un syllabique repré- 
sentant un mot à trois radicales, dont la dernière seule est exprimée derrière lui, pour 
préciser sa lecture. Cette orthographe est également très fréquente. Ex. : 1 g = ^^ 

J - û: (3 — V>Q_ û. Nous aurions un trilitère terminé par un o. La charrue 

%^ n'a pas de valeur analogue. Mais un signe très voisin, comme forme, possède une 
lecture qui rentre dans notre hypothèse. C'est l'hiéroglyphe "x-v, fort rare d'ailleurs et 
représenté, à Meïdum', dans un nom de domaine ainsi écrit : ^^^^C^^^^- 

Etant donnée la place du signe dans le mot, sa lecture est clairement o, et 

nous avons une racine en o final. 

Etant donnée sa forme, rien de plus facile à admettre qu'une confusion en hiéra- 
tique avec le signe de la charrue. De môme que le lion dérive de la charrue mésinter- 
prétée, de même la charrue dériverait de l'hiéroglyphe ":s:^ mal copié. Ces remplacements 
successifs d'une forme par une autre s'expliquent très bien, comme l'a vu Piehl {loc. 
cit.) : la charrue étant plus fréquente que ^1::==^ et le lion plus fréquent que la charrue, 
les scribes se sont laissés entraînés par les formes les plus habituelles. 



1. TIte Mastaba of Pta/i-Hetcp, I, p. 17-18. 
2. M. Grifïith ne donne pas d'exemple de cette confusion, mais il pense évidemment aux formes 

-wv/^^ que nous examinerons plus loin. 

A 

;i l^EiiuE, Mcduin, pi. XII et XV. Les deuv signes sont un peu différents dans les deux mots. Le second 
est reproduit aussi dans Mariette, Mastabas, p. 484. Je ne sais pas quel est l'objet représenté. La forme 
typographique employée ici n'est que très approximative. On voudra bien se reporter aux exemples cités. 



LA LECTURE DU MOT ^^n 95 

Cette confusion entre "^e=v = ' V^ = _ga& appiirait très clairement dans toute la 
série de formes dérivées de ce radical - o. L'échange entre le lion et la charrue 

y^ n A.VNAAA 

est fréquent. ^ ^, (stèle d'Anna, Recueil de Travaux, t. XIV, p. 74, I. 1) est 
devenu plus tard ^-^^'^ J\. Le lion tout seul, -^, a même pris la valeur — r^. 

(Cf. PiEHL, Sphinx, III, p. 238.) De ces deux déterminatifs, V^ est le plus ancien'. 
Or, ils n'ont certainement rien à faire avec la racine - — û, ni pour le son ni pour 

le sens*, et l'on est ramené au vrai déterminatif "x-v, qui possède seul en propre la 
valeur ^=^--^. 

Dans le mot J^ n, qui nous occupe ici, nous avons la même racine avec la même 
confusion de signes. Mais, dans le premier cas, le signe "^sr^»- == %^ = Jè^ est déter- 
minatif du mot écrit en entier; dans l'autre, il est le syllabique même servant à 
l'écrire. 

Ce mot, si fréquent d'ailleurs, se présente neuf fois sur dix dans le titre T\^ 
>4 rn. Or, c'est surtout dans les titres que l'orthographe s'immobilise, et nombre 
d entre eux demeurent sans lecture, faute de variantes. Je ne connais qu'un seul exemple 
d'une orthographe pleine de ce mot. Il est cité par Piehl', d'après Sethe', étudiant un 
passage de la stèle V 88 de Leyde'. Le propriétaire de cette stèle porte le titre de 
^^^ " V J^ . M. Piehl croit que, dans ce cas, « la charrue remplace incorrec- 

tement le lion ». Je pense, au contraire, que ce titre, inconnu par ailleurs, doit repré- 
senter la lecture de f\ <=> Jb^. Seulement, en l'écrivant, le scribe qui, une fois par 
hasard, s'est laissé guidé par le son, a donné au mot le déterminatif qui suit habituelle- 
ment cette, racine dans le cas où elle est écrite en entier, c'est-à-dire les jambes, qui, 
ici, n'ont rien à faire et remplacent n. 

Pour compléter cette démonstration, il faudrait naturellement pouvoir suivre la 
série des transformations hiératiques qui conduisent de 'X::=v à %^. Ceci, malheureuse- 
ment, semble difficile, car la confusion a dû se produire très anciennement. Elle est déjà 
accomplie dans l'inscription d'Una, où l'on a l'orthographe T\ ,N^ [Una, 1 . A la 

. . . CISZD -f\ 

même époque, cependant, nous trouvons cette racme amsi écrite : ^ — ov^r^^ïP^ 

{Pépi I^\ A22) = /vw^N '~y v^ Mirinri, 604 . Le déterminatif chez Mirinrî est évidem- 
ment le même qu'a Aleîdum; il conserve une forme spéciale, qui n'est pas celle de la 
charrue, dans les mêmes textes de Mirinrî\ On peut remarquer encore ce signe dans 
un texte en hiéroglyphes cursifs, qui se trouve sur un sarcophage de Gebeleïn (entre 
l'Ancien et le Moyen Empire), publié dans Grabfutide des inittleren Reicli.-^, Il, 
pi. Vlll, l'*^ inscr., 1. 6. Ainsi la transformation a dû se produire entre la IIP et la 



1. Les exemples sont très nombreux, j'ai cru inutile d'en dresser une liste cbronologique. 

2. Le lion n'est pas un déterminatif réel se rapportant à l'idée de « protéger en écartant ». Le fait qu'il est \^yt4iv 
postérieur à la charrue montre que sa présence est due à une simple confusion des forme=; qui représentent 

les denx signes en hiératique. 

3. S/i/iina;, H, p. 61, note 1. 

4. .^!j. Zeit., t. XXX, p. 127. 

5. Cette stèle est donnée comme étant do la XII'= dynastie. 

6. 11 faudrait vérifier la forme exacte sur la photographie ou l'estampage. 



96 MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 

Vr^ dynastie. Pour en suivre les phases, il nous faudrait des textes hiératiques- de 
cette époque. 

Quant au sens du mot Jt£cj, qu'on devra d'ailleurs préciser, ce que nous en 



savons concorde bien avec la signification générale de la racine '. 

On peut conclure : 

1° Le mot n, variante graphique de _M n, variante lui-même de n% 

doit se lire . 

AA/VW\ I I 

2° Dans la série de formes awv« =z aaaaaa _m = aaaaw \ les deux determi- 

natifs énigmatiques .s^, '\j/, ne sont que des déformations successives en hiératique 
du seul vrai déterminatif qui est "X:::^. 

3° Le .^ _û final ne se rattache pas à une orthographe spéciale'. 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



François Martin 

IlL Chant sur le retour de Marduk à Babylone^ IV R., 20, 1. — Au moment où 
les fouilles de Suse nous font espérer, pour un avenir prochain, la reconstitution de 
l'histoire d'Élam, la transcription et la traduction de ce texte, relatif à un épisode des 
guerres séculaires des Élamites et des Babyloniens, ne sont pas sans intérêt. Dans des 
circonstances que nous ne connaissons pas, la statue de Marduk avait été dérobée 
autrefois par les Hani. Agum-Kak-rime, trop faible pour la reprendre par la force, 
en avait demandé et obtenu la restitution par voie d'ambassade, afin de pouvoir « saisir 
les mains de Bel ». Cf. KB., IIIS 138, 140. 

Plus tard, la précieuse statue fut encore volée et cette fois par les Élamites, après 
un combat terrible. Pas plus que pour l'épisode des Hani, nous ne pouvons encore 
préciser l'époque de cette victoire des Élamites. Il faut la placer sans doute sous les 
prédécesseurs immédiats de Nabû-kudur-usur P"". En tout cas, ce fut ce prince qui la 
reprit sur Tennemi (KB., IIP, 172), et c'est probablement à l'occasion du retour triom- 
phal de Marduk après cette victoire que fut composé notre chant. 



j]' 



>>^ 



1. A Meïdum, le nom du domaine doit être précisément le mot « grenier » _hu Ul, qui 

/S/VVV\A \ >t © /1 

a élè mis au féminin, parce que toutes les possessions du mort sont personnifiées par des femmes. 

2. Forme théorique dont je n'ai aucun exemple à citer. 

3. La règle elle-même, posée par Erman, est douteuse. Je me propose d'y revenir. Quant à la valeur 

assignée au lion, elle reste à démontrer. Elle n'est plus fondée, je crois, que sur l'identité supposée des 
deux mois = . L'existence d'un nom du lion _2ai, indiquée par Brugsch, 

Woi-t., I, p. 28o, n'est pas certaine, feur ce point, voir Griffith, Ptah-Hetep, I, p. 18. 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 97 



CHANT SUR LE RETOUR DE MARDUK A BABYLONE 
IV R., 20, 1. Recto 

1 GIS-KU IM-bi-ta nam-KUR-ri-e-ne DIGi'^yga-kim SEQ- 

SEQ GIS-KU ID-bi LA-LE AMIL-BE-a-ni SAL-LA-qit. 

2 ma la ik-su-du~us kak-ku ina ra-ma-ni-su-nu ki-ma mi-tu- 

tû hal-pi-e i-di-su-nu uk-tas-sa-ma mu-us-su-u sal-mat-su-iin 

3 ID-ZI-DA ID-KAB-BU SI EGIR A-MA'-TU mu-iui-DIB-BA- 

a-an ER SAB-ba ER BAR-ra EDIN EDIK-na SIG-SIG ne-m-SI A-RI-A 
mu-un-DU-DU 

4 im-na ù sû-me-la pa-ni ù ar-ku us-bi-' a-bu-ba-niè-ma lib-bi ait 

a-hat ali si-i-ru ba-ma-a-ti sa-qu-um-ma-iu û-sam-U-ma û-sa-U-ka na-mu-is 

5 GA-GA' SE-SE-GA AMIL SI-GAB-A-bi SAG-US ab-ta- 

BU-BU-LU EN-e SAB-ba-a-ni NA-ME mu-un-BU-I SA'-NE-DU nam- 
mi-in-DU 

6 [mut]-nin-nu-û mu-un-dag-ri sa ana ta-mar-ti-su qaq-da-a pu- 

tuq-qu-ma a-di û-sam-su-su ma-la lib-bu-us la ik-la-a un-nin-ni 

7 DA-a-ni UD-SU-US-E SUH-nu-DU-ma SU GAM-ma SU- 

mu nu-KUD-da UR-ra-a-ni MI DUG-ga-bi nu-TIL-la-e-da-ni Ù-DI-NA- 
NAM ■ 

8 la-a ûmi{mi)-sam la na-par-ka-a sur-ri qid-da-a-ti ina ::u-um-ri-ia 

la ip-par-su-û-ma ina ut-lu mu-si ta-a-bu la û-qat-ta-a sit-ti 

9 KUS-Ù-mu SU-IL-LA-mu UD-SU-US-E KA-SU-MAR- 

ra-mu SIGISSE-SIGISSE-RA-a-ni Ù-GUL-GA'-GA' SAB-bi DAGAL-la 
\^] TUK-A TIK-bi NIGIN SAB-bi-TA ER AZAG-GA 

10 [ik]-ri-bi-ia sû-nu-hu-ti ni-is qa-ti-ia ù la-ban ap-pi-ia sa ûmi{mi)- 

sam a-bal-lu-us ut-nin-nu-su 

11 [libbi-su re-e-mu] ir-si-ma ki-sad-su û-sah-hi-ra 

ana ki-rib ali elli 

12 DU-a-ni SAB-bi-TA SA HUL NIM-MA-KI-qit KAS 

A-GUB-RI HAR-RA-AN ASILAL hê-en-da-SE-SE-GA SA' SU-AN-NA- 
TA mu-un-DIB 

13 ku i-ku-û-ma is-tu ki-rib lim-ni-ti e-lam-ti har-ra-an 

sû-lu-lu û-ru-uh ri-sa-a-ii 

14 '. [li-iin-da]-ga-ri is-ba-ta ana ki-rib Bâbili^^ 

\b KALAM-MA GUD-DA hê-UL SE-IR-MA-AL SU-LI-LI 

ES-BAR-DAGAL-LA DA-I-BI HAR-RA-AG-A-e-ne 

16 ib-tar-ra-a ni-si ma-a-ti la-an-su e-la-a sii-su-mu e-til-la na-pir-da-a sû-lu-la 

kul-lat-si-na pu-tuq-qa-sà 

17 nani-ba-ni-ib-GIR-NA ù-niu-un-ba-ni-in-RI DUL-MAR-RA-bi 

IM-TUB-TUB-BU 

18 i-ru-um-ma ir-ta-me sû-bat-su ni-ih,-ta 

RECUlilL, XXIV. — NOUV. SÛill., VIII. 13 



98 MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 

19 KA' SU-SI nam-LUGAL-LA-bi-ku E-SA'-SIG-GA GIR-MAL ba-ni-ib- 

SI-DI-E ME-LI UB-I-I 

20 bâb salummatu pa-pah be-lu-ti-su im-me-ra ma-li ri-sa-a-ti 

21 AN-KI-BI-TA GAB-GAB-bi-e-ne A-AB-BA ZA-BA-LAM-a-ni Sl-ba-ni- 

ib-DI HUR-SAG BIR MU-UN-DA-RI-BI 

22 sa-mu-û hi-en-gal-la-su-nu ir-si-tum hi-sib-sa tam-tum mi-sir-ta-sa 
sa-du-û i-rib-su 

23 SIGISSE-SIGISSE-bi-ne-ne AG I-NE NU mu-un-BAR-RA 

SA-A-NA EME KA-BAL-BAL-E 

24 kit-ru-ba-as-su sû-ut la mah-ra ma-la si't-un-na-a li-èa-a-nu 

25 MU-UN DUGUD-DA-bi mu-un-si-in-IL-IL-ES Ù-MU-UN LUGAL-LA-ku : 

ka-bit-ti bi-lat-su-nu na-èû-û a-na be-el be-lum 

26 E-LU ne-in-SUM-MU-ne-es GUD-GAL-GAL-LA ne-in-SAR-SAR-RA SA- 

KU-DU-UL mu-un-SI-in-GA'L-LI-eè NA-NE ne-in-SI-SI 

27 az-lu tu-ub-bu-hu du-us-sû-û gu-mah-e zi~i-bu sur-ru-hu si-e-ni qut-rin-na 

IV R., 20. Verso 

28 IR-SI-IM mi-ni-in-UD-DU IR-NAM ne-in-D[UG\ 

29 ar-man-nu us-te-is-[sii\ i-ri-se ta-bu-û 

30 SIGISSE-SIGISSE AS in-GAB-GAB ME-LI-GAL Sl-ba-ni-ib-SI 

31 ni-ki-e ti na-ki \m]a-li ri-sa-a-ti 

32 DAG KA-NI nam-mu-un-si-in-GA'-GA' 

33 du-u ta-èil-ta sak-na-at 

34 KA NE NE RA-BI SI-GAB GU-UD DINGIR- 

ASARU-RI-qit 

35 [sa-ma\-me u qaq-qa-ri si-hi-is [it-tà\-ta-lu ^''" Marduk qar-du 

36 SAL AN TI 

37 ; i . . .-us-tum qur-di 

38 SIN-NA SIN HAR-SAG-GA'L A-LAL-E 

39 u-nam-ma-1'u a-[lu'l]-û // si 

TRADUCTION 

1/2 ceux que l'arme n'a pas atteints, en eux le froid, comme la mort, a 

enchaîné leurs forces; ils sont étendus au loin, leurs cadavres. 

3/4 à droite et à gauche, en avant et en arrière, il (l'ennemi) a fondu 

comme l'ouragan; l'intérieur de la ville, les entours de la ville, la plaine, les hau- 
teurs, il en a fait des ruines. 

5/6 [et moi, comme] le priant, le suppliaut qui fixe constamment son but, qui ne 

cesse pas sa prière jusqu'à ce qu'on lui ait accordé tout ce qu'il a à cœur, 

7/8 [ainsi mes gémissements] en aucun jour n'ont cessé; les pensées d'affaisse- 
ment de mon corps ne se sont pas éloignées; au sein d'une bonne nuit, je n'ai pas 
achevé un sommeil. 

9/10, 11 [Marduk a exaucé] ma prière, ma lamentation, l'élévation de mes mains, la 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 99 

prostration de ma face, par lesquelles tous les jours je l'ai supplié, je l'ai imploré. 

— Son cœur a pris pitié, il a tourné son cou vers la ville auguste. 
12/13, 14 [Il a eu pitié] de l'affligé; du méchant Élam, un chemin de fête, un sentier 

d'allégresse il s'est plii à prendre vers Babylone. 
15/16 Les hommes, les pays regardent sa forme auguste, splendide; le seigneur brillant, 

magnifique, tous le contemplent. 
17/18 II est entré, il s'est installé dans sa tranquille demeure. 

19/20 La porte de la gloire, le sanctuaire de sa majesté brille; il entre, plein d'allégresse. 
21/22 Les cieux apportent leur richesse, la terre son abondance, la mer son tribut; la 

montagne offre ses produits; 
23/24 offrandes incomparables, tout ce que la langue peut exprimer, 
25 ils apportent leurs lourds présents au seigneur des seigneurs. 
26/27 On égorge le gibier, les grands bœufs abondent, les offrandes sont magnifiques, 

on brûle des parfums. 
Verso, 28/29 On fait monter les senteurs, les odeurs suaves. 
30^31 De [nombreuses] victimes sont immolées au milieu de l'allégresse. 

32/33 c'est une grande réjouissance. 

34/35 les cieux et la terre [regardent] avec orgueil Marduk, le guerrier. 

36/37 la bravoure 

38/39 il fait briller. 

20. Im-me-i^a n'est pas un substantif (Br., n" 9211), mais le parfait de namâru. Il ré- 
pond au sumérien GIR-MAL. — GIR seul a la valeur namru. 

Ba-ni-ib-SI-DI- E , « il entre o, « il se dirige », n'est pas traduit en assyrien. 
ME-Ll semble répondre à risâti : AIE = qûlu, « la voix » ; LI = risâtu, « la 
voix de joie »? — Resterait UB-I-I pour mali? 

21. SI-ba-iii-ib-DI, « apporter », n'est pas rendu ici encore en assyrien. 

BIR correspond à irib, « le produit », c'est-à-dire les animaux de la mon- 
tagne; BIR a habituellement les valeurs bûlu, urisu. 

Pour mu-un-da-RI-BI , il faut y voir un verbe, non traduit en assyrien, 
qui a le sens de « porter », a offrir ». RI, à lui seul, = abâlu. 
35. Le texte porte si-lii-is. Si la lecture est bonne, nous avons là une formation adverbiale de 
n'ï pour ina si-hi-èu, « dans sa splendeur », ou, comme j'ai traduit, « avec orgueil ». 

IV. Oracle de Marduk. — C'est encore à un événement du même genre que fait 
allusion, je crois, ce texte, malheureusement trop fragmenté. L. 15-17, Marduk semble 
rappeler son séjour dans le pays des Hatti, séjour qui aurait duré 24 ans, ou 34 ans, ou 
encore un nombre d'années terminé par un de ces deux chiffres. S'il est allé au pays 
des Hatti, c'est sans doute comme prisonnier à la suite d'événements analogues à ceux 
que j'ai rappelés plus haut. Comme les Hani, comme les Élamites, les Hatti auraient, à 
un moment donné, écrasé Babylone et lui auraient ravi son dieu national. De leur 
côté, à une autre époque, les Babyloniens leur auraient dérobé la stèle retrouvée par la 
mission allemande. La découverte de nouveaux documents et la lecture des inscriptions 
hittites diront peut-être un jour si ces inductions sont exactes. 



100 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



K. 3353. Rt'cto 




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MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



101 









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102 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



TRANSCRIPTION 
K. 3353 



Recto. Col. I 

1 ['^"] Ha-a-a-sum 

2 '^"' Bel 

3 '^" Ê-a 

4 '^" Nabu-um 

5 rabûti {\A) muclûti{p\.)baré{p\.) 

-ia 

6 su subat sikri-ia sumr'-ia 

7 a-na-ku '^^ Marduk bêlu vabû [û) 

8 hâsu ha-a-a-tu attalaku sadàni (pi.) 

{ni) 

9 bànû ha-i-tu mu-kin is matâti 

10 sa matâti kalisina ukinna [na) 

11 istu sit ^''" samsi adi êreb ''^" samsi 

12 attalaku [ku) a-na-ku-ma 

13 DUG-GA a-na »^«« /fa^^/■ allik[ik) 

14 Hat-ti-i as-al 

15 '5''^' /cMssï rÏM a-nu-ti-ia 

16 ?-/m /?'66« {bi)-sa at 

17 . . . 24 sanâti i-na libbi [bi)-sa. . . 

18 mes mare Bâbili 

19 i-na libbi{bi)-sa 

20 [m]es sa busé{\A.)-sri ù 

21 Sippara'^^ 

Col. II 

1 ''" Siiis 

2 «'"" mitûti {\A.) 

3 ahê-su 

4 ina libbi esitu a ru 

5 mrϐ (pi.) kali{\)].)-[sunu] 

6 ta su 

7 G!S katiu kil 

8 sarrâni (pi. ) 

9 amîlu a-sib 

10 Imlbu 



1 Haiasum 

2 Bel 

3 Êa 

4 Nabù 

5 les grands, les sas^ants, mes 

magiciens 

6 la demeure de mon nom. 

7 Moi, Marduk, le grand seigneur, 

8 je cours, je foule aux pieds, je gravis 

les montagnes; 

9 je crée, je vois, je plante les bois des 

pays. 

10 (Je suis) celui qui affermit tous les 

pays 

11 Depuis le lever du soleil jusqu'au 

coucher du soleil, 

12 je vais, moi. 

13 Oracle : Au pays de Hatti je suis allé; 

14 le Hittite, je l'ai interrogé. 

15 Le trône de ma divinité 

16 en son milieu (du pays de Hatti) j'ai 



17 .... pendant 24 ans en son milieu. 

18 les citoyens de Babylone. 

19 en son milieu 

20 ses possessions 

21 Sippara 



1 Le dieu Siris 

2 Les morts 

3 ses frères 

4 au milieu du trouble 

5 tous leurs fils 

6 

7 le sceptre 

8 les rois 

9 l'homme qui habite.. 
10 le chien 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



103 



Verso. Col. III 

1 si ku 

2 ki su 

3 «^« Eridu a-sib 

4 alu bi-ra-[ti] . . 

5 sarru rabû .... 

6 i-na nu 

7 sa ah 

8 limnu su 

9 a-na alu di . . . 
10 sa da 



Col. IV 

1 ardu 

2 alpu sa 

3 :2a ki ki ilu . 

4 arhu ûmu U sattu I ^^"^ 

5 ^'" Ha-kin-nim ''" Ha-a-a-sum 

6 a-na-ku ilu 

7 ki-i pi G'^ W duppi gab-ri Bâbili ^'^ 

sâtir-ma bâri 

8 Ekal *'^« Asur - bàn - apli 

9 [sar] kissat sar '««< i^« Asuj^ ^i 



1 

2 

3 La ville d'Eridu qui se trouve. 

4 la ville forte 

5 le grand roi 

6 

7 

8 

9 

10 



1 l'esclave 

2 le bœuf 

3 le dieu 

4 le mois, le jour et l'année I 

5 Le dieu Hakinnim, le dieu Haiasum. 

6 Moi, le dieu 

7 Conformément à la tablette d'un exem- 

plaire de Babylone écrit et vu. 

8 Palais d'Assurbanipal, 

9 roi des régions, roi du pays d'Ashur. 



Recto, I, 4. ''" Nabu-um. Le signe AK (Nabû) est fruste. 

8. HAL-mes est rendu par hâèu, par analogie avec DU-mes ^ attalaku. 

9. KAK=z bànû est douteux, 

10. J'ai rendu KU-na par ukinna{na). Ku-na serait-il pour kunna, permansif du pael 

deps? 
Verso, 5. *'" Ha-kin-nim : on pourrait lire aussi «^" Ha-mur-tum, mais le dernier 

signe est employé rarement avec la valeur tuni. 

V. Prière d'un malade à Marduk. 

K. 2493. (Le i^ecto seul est conservé.) 



TRANSCRIPTION 

1 na ilu. . . . 

a 



TRADUCTION 



2 ka-sid 

3 na-din isqu 

4 bel matàli 

5 na-si hatti 



a - [bi] 

ù 

na-ram . . 
pale (pi.; 



6 na-din ndl-ku u purussu 



2 Tu atteins l'ennemi 

3 Tu donnes l'abondance et 

4 Souverain des pays, chéri de 

5 Tu portes le sceptre, les insignes de 

la royauté 

6 Tu donnes le conseil et la décision. . . 



104 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



K. 2493. Rivto 



T 
II 
I 

! 



El 



}}< m El 




-f< -El 

T t^TT -:;!T^ -!<T^ El 
-E^TT -TI^ "^T :^ ET 

^ -+ îp: ET -+ -II 

J«<I<«T Tl M^ -t^T -tfcJ -^ lin ^-^ -B 
t^ <]àp -Il <« -T- T? T^ 

TT -ttl -II <T- « Rr m< eTÎ< 
^T- £T <T-IH -'f< :=ET^ -t]d Tf T 
^TT -+ -::TT I -+ ^JH -f <Vt' -tTT I 
y- A-TTT ^- 4J.-TTT -TI < t<TT -^TTe^ I<J^ eT 



7 '■'" Marduk 

8 sur-qam-ma 



ri-mi-nu-u 

balati 

9 mur-su sa is-sak-nam-ma. . 

10 pal-ha-ku-ma ad-ra-ku ù 



11 sâri-ka tâbu U-m-qa-am-ma . 



Il O Marduk, le miséricordieux 

8 accorde-moi la vie 

9 La maladie qui est en moi, [chasse-laj. . 

10 Je suis dans la terreur, je suis dans la 

tristesse 

11 Que ton souffle bon souffle [sur moi] . . . 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



105 



12 iiap-li-sa-an-ni-ma '^" Bel . . . 

13 pulpul apil pulpul arad-ka 

sum-ru-su ak-t[a-là] 

14 di-ni di-en purussa-a-a 

15 . . . [ina bîti\-ka bel si-man-ni kir-bis 

16 [ni]-pi-èu lininu balati-ia ka- 

a-sa 

17 SOL ilu ali-su '^" Marduk '^" 

Istàr ali-su 

18 pu-uh-pu-uh-pu-u is- 

sak-nam-ma. 



12 Regarde-moi, ô Bel 

13 X. , fils de X. , ton serviteur, est 

rempli de douleur; je suis [consumé". 

14 juge mon jugement, rends 

mon oracle 

15 [en] ton [temple], ô seigneur, 

exauce-moi, en son milieu. 

16 [déjoue] la machination mau- 
vaise, accorde-moi la vie. 

17 celui du dieu de sa ville, de 

Marduk, de la déesse de sa ville. 

18 [Fais cesser] la discorde qui règne. 



18. Pu-uh-pu-hu-u, que j'ai traduit par « discorde », avec Delitzsch, AH^W., peut 
désigner tout aussi bien, ici, une maladie ou la tristesse, la souffrance qui en résulte. 

\'I. Deux lettres du médecin Arad-'^^^ Nanâ. 

K. 576 (n° 110 de la collection de Harper) 
Recto 

a-na sarri bêli-ia 

arad-ka Arad-^^^ Na-na-a 
3 lu sul-mu a-dan-nis a-dan-nis 

a-na sarri bêli-ia 

^^ Ninip u '^" Gu-la 
6 tûb{ub) lib-bi tûb{ub) sîri 

a-na sarri bêli-ia lid-di-nu 

ina eli is-sa-di sa sarru be-li 



9 is-pur-an-ni ma-a 
ia 



nar-ni[a-ku] 

Verso 

gam-rat : . . 



Au roi, mon maître, 

ton serviteur, Arad-ii" Nanâ. 
3 Salut très fort, très fort, 

au roi, mon maître. 

Que Ninip et Gula, 
6 le bonheur du cœur, le bien de la chair 

au roi, mon maître, accordent. 

Au sujet de la courbatui'e que le roi, 
mon maitre, 
9 m'a mandée : 



un vase à [ablutions] 



ri-ih-ti ûmu{mu) su-nu 
3 i-nu-hu : ni-hu 

sarru lip-pi-si-is 

istu pa-an si-i-qi 
6 sarru li-kas-sip mê (pi.) 

za-ku-û-te sa sarru 

RECUEIL, XXIV. — NOUV. SÉR. , VIII. 



est complète 

Le reste de ces jours, 
3 il se reposera. D'huile grasse 

que le roi se frotte 

contre l'action du vent, 
6 Que le roi fasse des incantations sur 
des eaux 

claires, avec lesquelles le roi 

14 



106 MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 

idâ*{\)\.)-su ka-a-a-ma-na ses côtés constamment, 

9 ina nar-ma-ak-te 9 dans un vase à ablutions, 

i-ma-su-u-ni lavera, 

lu la tas-hu Qu'il ne cesse pas 

12 ba-si is-sa-di 12 Jusqu'à ce que la courbature 

i-ha-li-qu ait disparu. 

is-pur-an-ni-ni il nous a envoyé 

[at]-ia-lak. j'irai. 

Le roi a consulté Arad-i'" Nanà sur une maladie dont il est atteint et qu'il appelle 
is-sa-di. Dans sa réponse, le médecin indique les remèdes auxquels devra recourir son 
malade. 

Recto, 8. La nature même de ces remèdes, des frictions et des ablutions; le siège du 
mal, les « côtés » ; l'action du vent, c'est-à-dire des courants d'air qu' Arad-i^" Nanâ 
paraît redouter tout particulièrement pour son royal client, me portent à croire 
qu'il faut voir dans is-sa-di une affection des côtés ou des reins, peut-être une 
simple courbature. Il est souvent fort difficile de déterminer la racine des mots assy- 
riens commençant par une lettre faible. On pourrait peut-être rapprocher is-sa-di 
de j^of- (( plier », « courber ». Se plaçant au point de vue médical, le D' Œfele 
(Neuenehr), auquel j'ai communiqué ce texte, y voit plutôt une « écorchure de la 
peau ». Cf. esêdu, « moissonner », c'est-à-dire « couper ». 

Verso, 2. Su-nu est ici le démonstratif masculin pluriel pour su-a-tu-nu. 

3. I-nu-hu, parfait employé pour l'imparfait, phénomène assez fréquent dans les 
lettres. 

Ni-hu, d'après la copie de Harper, est nettement séparé de i-nu-hu par le 
signe V. Il se rapporte donc au verbe suivant lip-pa-si-is , dont il est le régime 
direct. Ce mot serait, par conséquent, à rapprocher non pas de la racine ni3 « se 
reposer », mais de m3 « être gras », et il aurait le même sens que nûhu, « huile 
grasse », « baume ». 

11. Tas-hu, desahû, pris dans son sens primitif de « cesser », « abandonner » : « n'a- 
bandonne pas (ce remède) », etc.- 

12. Ba-si : la traduction conjecturale Jusqu'à ce que n'est basée que sur le contexte. 
Le sens de a alors », « pendant ce temps », est également assez probable. Cf. I, 
Harper, n° 19, K. 494, recto, 9 : a-ni-in-nu-ma ba-si me-i-ni ni-ip-pa-as « Nous, 
pendant ce temps ^ que ferons-nous? » 

83-1-18, 2 (n° 391 de la collection de Harper) 
La lettre débute par la même formule de salut que la précédente, 1. 1-6. 

Recto 

7 ka-a-a-ma-nu sarru be-li Constamment le roi, mon maître, 

i-qab-bi-ia ma-a a-ta-a dit : « Voici que cependant 

9 èi-ki-in mur-si-ia an-ni-ia-u la nature de ma maladie que voilà 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



107 



la ta-mar bul-ti-e-su la te-pa-as 

tria pa-ni-ti ina pa-an sarri aq-ti-bi 
12 sa-kik-ki-e-su la û-sa-ah-ki-me 

û-ma-a an-nu-sim e-gir-tû 

aq-ta-nak us-si-bi-la 
15 ina pa-an sarri li-si-ia-û 

a-na sarri béli-ia lu-sah-ki-mu 

sum-ma ina pa-an saiTi be-li-ia 
18 ma-hi-ir «'"" bârû 

dul-lu ina muh-hi li-pu-[su] 

mar-hu-su an-ni-i[a-u] 

Verso 

sarru li-pu-su i-su-ur-ri 
hu-un-tu an-ni-ia-u istu pa-an 

3 sarri be-li-ia ip-pa-tar 

mar-hu-su sû-û sa samnê (pi.) 
2 SU 3 SU a-na sarri be-li-ia 

6 e-ta-pa-as sarru û-da-su 

sum-ma sarru i-qab-bi ina si-i[a-ri] 
li-pu-us sû-û mur-su-um-ma 

9 i-na-sar ki-ma si-il-ba-ni 
ina pa-an sarri û-se-rab-u-ni 
ki-i sa ma-a-la 2 SU e-pu-sû-u-ni 

12 pa-ri-ik-iu lip-ri-ku 

li-ru-ba lu-sa-ah-ki-im 

i-su-ur-ri ^u-û-tû sarri 
15 i-kar-ra-ra ina lib-bi 

me-e-li-sû-nu a-na sarri bêli-ià 

us-si-bi-la sarru ina sîr kisâdi-èu 
18 lik-ru-ur nap-sal-tu 

sarru us-si-bi-la 

mu sa e-da-ni. . . 

21 sarru li-pi~si-is. 



tu ne vois pas; sa guérison tu ne fais pas 
Déjà, en présence du roi, j'ai parlé; 
son diagnostic n'ai-je pas expliqué? 
Or, voici qu'une lettre 
j'ai scellé, j'ai fait porter. 
Devant le roi, qu'on la lise. 
Au roi, mon maître, qu'on l'explique. 
Lorsque, devant le roi, mon maître, 

le Voyant se présentera 

qu'il accomplisse la prescription sur (le 

roi). 
Cette ablution 

que le roi fasse; alors 
cette inflammation du 
roi, mon maître, disparaîtra. 
(Pour) l'ablution (avec) des huiles, 
deux ou trois fois sur le roi, mon maître, 
on la fera, (comme) le roi le fixera. 
Puisque le roi dit : « Au plus vite, 
qu'on agisse ; cette maladie 
(me) brise », en conséquence les silbani 
au roi je fais porter. 
Lorsqu'on l'aura fait deux fois complète- 
ment, 
qu'on le bande; 

je viendrai, et je donnerai des explications. 
Alors l'éclat (de la santé) du roi 
sera rétabli en lui. 

Tout ce qu'il faut au roi, mon maître, 
j'envoie. Que le roi sur la chair de son cou 
fasse l'onction. 

[au] roi je ferai porter 

une seule fois (?)... 

que le roi fasse des onctions. 



Il est possible que cette lettre suivît immédiatement la précédente dans la corres- 
pondance d'Arad-iiii Nanâ et d'Asarhaddon. Recto, 1. 13-16, il rappelle une consultation 
écrite qu'il a déjà donnée au roi, et, dans tout le reste de la lettre, il fait allusion à des 
ablutions et à des onctions comme à des remèdes déjà prescrits. Ce sont précisément 
les remèdes qu'il ordonne dans K. 576. 11 est vrai que là il s'agit, semble-t-il, des reins; 
ici, du cou, verso, 1. 17, mais il ne parle du cou qu'incidemment et en terminant : il en- 



108 MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



voie, dit-il, une grande quantité de silbani, le roi pourra en passer aussi sur le cou. Il se 
peut, d'ailleurs, que l'inflammation, huntu, eût gagné la nuque. 

10. Bul-ti-e-su la te-pa-as. Dans K. 81, Kudurru remercie le roi de lui avoir envoyé 
un médecin qui l'a guéri, obo. 6-8 : Iqisa-aplu «'"^^âsî2 sa sarru be-li a-na bul-ti-ia 
is-pu-ra ub-tal-lit-an-ni, a Iqisha-aplu, le médecin que le roi, mon maître, a 
envoyé pour ma guérison, m'a rendu la vie ». Ces deux passages prouvent qu'à 
côté de bultu, « abcès » (voir Rec. des Trav., t. XXIII, p. 163), il y a un autre 
mot bultu, dérivé du pael de balâtu, « vivre », qui signifie « l'action de faire vivre », 
« la guérison ». 

12. Sa-kik-ki-e, rac. 'àXt. conjixit, ce qu'on fixe, « les signes » et, au point de vue mé- 
dical, « le diagnostic ». IV R., 60*, C, rev)., 10, il est en parallélisme avec têrtu, 
omen, et là aussi il s'agit d'un malade, à la maladie duquel les voyants et les 
magiciens ne comprennent rien. 

15. Li-si-ia-û paraît résulter de l'assimilation de la chuintante à la sifflante dans le 
parfait qal de sasû avec cessation abusive du redoublement, li-si pour lissi pour 
lissi. La finale ia-û est fréquente dans la langue des lettres assyriennes; voir 1. 9, 
an-ni-ia-u, etc. 

Verso, 2. Hu-un-tu pour hu-um-tu, de i5»n, forme analogue à bultu. 

9. Si-il-ba-ni. Ce mot désigne peut-être des « huiles pour frictions », la matière avec 
laquelle le roi doit oindre son cou, car me-e-li-èu-nu de la ligne 16 infra ne semble 
se rapporter qu'à un mot au pluriel, et il n'en est pas d'autre que si-il-ba-ni. 

12. La traduction de 12 et 13 est très conjecturale. Pariktu lip-ri-ku, littéralement : 
« qu'on ferme », « un obstacle qu'on place ». Il semble prescrire le bandage de la 
partie malade en attendant qu'il revienne et fasse suivre le traitement voulu. 

14. Zu-u-tu, à se rapprocher de la même racine que l'araméen vt, assyrien Mtnu, « la 
bonne mine du roi ». Si on voulait voir dans, ZU l'idéogramme de li'u-tu, avec 
complément phonétique u-tu, le sens resterait à peu près le inême : « la force du 
roi sera établie en lui », c'est-à-dire : lui reviendra. Mais l'emploi des idéogrammes 
est assez rare dans le corps des lettres. 

15. I-kar-ra-ra. Dans plusieurs passages des lettres, le verbe karâru a le sens de 
« établir », a placer », « disposer »; voir infra, 1. 18 et K. 620, recto, 8 (I, Har- 
per, n^ 65), où le scribe annonce qu'on a préparé le lit de Nabû pour une proces- 
sion, ^-^ maialtu sa' ''" Nabû tak-kar-ra-ar. 

16. me-e-li, probablement pour niali : leur plénitude, leur 'abondance, des silbani de 
la ligne 9. 



LES PLUS ANCIENS MONUMENTS ÉGYPTIENS 109 

LES PLUS ANCIENS MONUMENTS ÉGYPTIENS^ 

PAR 

Edouard Xaville 

H 

Les fouilles d'Abydos continuent à nous donner les résultats les plus inattendus. 
Depuis que M. Amélineau a, le premier, mis à découvert cette région qu'on est convenu 
d'appeler une nécropole royale, M. Pétrie a prouvé, par des fouilles plus méthodiques, 
qu'il y avait encore beaucoup à trouver. Il a fait sortir du sable toute une moisson de 
monuments d'importance inégale; et nous ne saurions lui être assez reconnaissants de 
la promptitude avec laquelle il met le résultat de ses travaux à la disposition des égyp- 
tologues. Si nous ajoutons à cela les fouilles si remarquables faites par M. Quibell à 
Hiéraconpolis, et celles de M. de Morgan à >sagadeb, nous nous trouvons maintenant 
en présence d'une somme déjà considérable de documents, qui viennent jeter une lumière 
toute nouvelle sur cette période de l'histoire égyptienne que nous croyions naguère 
vouée à un éternel oubli. 

En premier lieu, il importe de distinguer soigneusement les faits eux-mêmes des 
théories qu'on a cru pouvoir construire en prenant ces faits pour base, et aussi de 
donner aux monuments leur valeur réelle. A cet égard, tout en répétant à M. Pétrie 
combien les égyptologues admirent le résultat de ses fouilles, et le remercient de son 
empressement à leur en faire part, nous n'hésitons pas à ajouter que nous nous séparons 
de son système dans ses grandes lignes, pour les raisons que nous allons exposer. 

D'abord, n'a-t-on pas fait abus de noms de rois? N'a-t-on pas voulu voir des noms 
royaux dans des groupes qui se rapportaient à tout autre chose? Qu'on songe, par 
exemple, qu'un des genres de monuments qui a fourni le plus d'inscriptions d'où l'on 
a tiré ces noms royaux, ce sont des bouchons de jarres ou d'amphores, contenant du 
vin ou d'autres liquides. Il peut arriver, et il arrive en effet que les marques imprimées 
sur ces bouchons nous apportent des noms de rois; mais il va de soi que des inscriptions 
de cette nature, qui concernent le contenu de ces jarres, peuvent parler de ce contenu 
lui-même ou de sa provenance. J'en dirai autant de ce qui est gravé sur les fragments de 
vases. Pourquoi, par exemple, le groupe .s^;^. , qui se trouve sur un grand nombre de 
morceaux, serait-il nécessairement un nom de roi, et de même pour ^^, et d'autres 
encore? 

En outre, est-il bien certain que les constructions dont MM. Amélineau, de Morgan 
et Pétrie nous donnent les plans soient des tombeaux? ou, pour s'en tenir à Abydos, 
pouvons-nous affirmer qu'on a fouillé une nécropole royale? A première vue, il semble 
bien qu'il doive en être ainsi; mais, sans vouloir nier le caractère funéraire de ces 
édifices, on nous permettra de nous demander si ce sont vraiment des tombes. N'est-il 



1. Recueil de Tiai aujc, vol. XXI, p. 105. 



110 LES PLUS ANCIENS MONUMENTS ÉGYPTIENS 



pas extraordinaire, s'il en est ainsi, que l'élément funéraire proprement dit, la sépulture, 
y joue un si petit rôle? M. Amélineau, il est vrai, nous parle de squelettes qu'il y a 
trouvés; mais, en regard de tant d'objets de nature variée, lorsque, suivant M. Pétrie, 
on pénètre dans des chambres intactes, comment se fait-il que les débris du mort, les 
ossements, soient en si petite quantité? Car, dans ces nombreux réduits dont on nous 
donne le plan, excepté quelques boîtes renfermant des ossements dans la tombe du roi 
Qa, rien qui rappelle le mort et ses funérailles. Et d'ailleurs, si l'on remarque la dispo- 
sition des chambres qui entourent ce qu'on appelle la tombe, il faut admettre qu'elles 
ont toutes été faites en même temps; elles sont disposées comme dans les nécropoles 
modernes, où les chapelles sont préparées d'avance pour le moment où le mort viendra 
les occuper. Or, je le demande, est-ce conforme aux idées égyptiennes d'élever ainsi 
d'avance de grandes constructions funéraires, avec leurs niches parfaitement régulières, 
et à l'usage d'un grand nombre de défunts? Et si, au contraire, chaque tombe de parti- 
culier avait été faite successivement, peut-on admettre qu'on y aurait apporté cette 
régularité, qu'elles auraient été construites d'après un plan tracé d'avance, qu'on se 
serait arrêté au moment où l'ensemble projeté aurait été atteint, quand l'édifice aurait 
été complet dans toutes ses parties? N'y aurait-il pas de l'irrégularité, de la diversité, 
soit dans la forme, soit dans la construction de ces tombes? 

Pour nous rendre raison de la nature de ces édifices, écoutons ce qu'en disent les 
successeurs de ces anciens rois, et en particulier Séti 1". Il est impossible de ne pas 
être frappé au premier coup d'œil de ce que le temple de Séti P"" à Abydos diffère 
totalement d'un temple sur le plan habituel. Il présente un nombre de chambres dont la 
destination n'est pas très claire, et qui devaient être des dépôts d'offrandes. Ce temple 
s'appelle M fo^cr^J. Ramsès II, dans la grande inscription de l'entrée, nous dit 
(1. 32) que les deux faces, celle de devant et celle de derrière, étaient encore en cours 
d'exécution, lorsque son père « arriva au ciel »; la construction n'était pas achevée, les 
colonnes n'étaient pas dressées. Quoi qu'il en soit, nous sommes certains qu'il y avait 
là un édifice qui s'appelait « la demeure de Séti P'' ». Mais Ramsès II nous en dit plus; 

-21 I I I I X=^ A^^V\AA 

demeures de Tat'eser des rots anciens et leurs sépultures à Abydos, (litt.) ruinés de 
ce qu'ils étaient au commencement. Aussi le roi convoque ses grands officiers et leur 
expose la situation, et quand il mentionne ces édifices, il emploie les mêmes mots (l. 40), 
« les demeures de Tat'eser et les tombeaux d' Abydos ». Les officiers parlent aussi des 
rois « qui sont au ciel » et aux demeures desquels on travaille. Les anciens rois avaient 
donc des demeures n V:^ crz: distinctes de leurs tombeaux, et Séti I", élevant le 
temple d' Abydos, faisait de même, il construisait une demeure qui n'était pas son 
tombeau, puisque celui-ci est dans la vallée des Rois à Biban el-Molouk. 

Mais quel est donc le genre de demeure que Séti I" a commencé à bâtir, et que 
son fils achèvera après lui? Ramsès II nous l'apprend aussi, c'est un sanctuaire ^_ , 
la demeure du justifié ^^1 V'' ^'^^^ ^^ demeure divine ] M dans laquelle les 



LES PLUS ANCIENS MONUMENTS ÉGYPTIENS 111 

offrandes « sont multipliées en présence de son double », ce double lui-même étant 
représenté par la statue que Ramsès lui fait ériger. Cette demeure est approvisionnée 
en abondance; elle a des serfs, du bétail, des greniers. Ramsès s'adresse à son père, et 
lui dit : (( Viens, toi dont la vie est renouvelée, je t'ai fait renaître, j'ai construit ta 
demeure que tu désires, et où est ta statue, dans le Tat'eser à Abydos », cette demeure 
qui est près d'Onnofris. Il décrit longuement les donations qu'il fera à ce temple; en 
particulier, il dit (1. 81) : « Je te donne les gens du Sud D() '^'^"^^ ]U pour ap- 

porter les offrandes dans ta demeure divine », et plus loin : « J'ai fait le compte de 

tous tes oblateurs ' (? ' i; n ^ r|| i ' rassemblés en un lieu, je les ai mis sous les ordres 

du prophète de ton temple... j'ai enrichi ton trésor ? n. » Évidemment les pro- 
priétés que Ramsès II donne à ce temple, les droits qu'il lui confère, les biens de tout 
genre, produits du sol ou produits de l'industrie qu'il lui consacre, devaient faire de ce 
temple une fondation riche et puissante. Et tout cela n'est pas accordé â une divinité, 
c'est le roi lui-même qui était adoré dans cet édifice, c'est lui qui en est le grand dieu, 
et qui avait consenti à y admettre quelques membres du panthéon égyptien. Et comme 
après sa mort il y était représenté par son double, U, sa statue, on peut dire que le 
temple de Séti P' à Abydos est un ^ ^ J. Il correspond à ces sanctuaires de l' Ancien- 



Empire où se célébraient les cérémonies du culte du défunt, où toutes les offrandes 
étaient apportées, mais où cependant lui-même ne se trouvait pas. Son corps était caché 
dans les profondeurs de la terre, dans une chambre qu'on ne pouvait atteindre. Il aurait 
fallu, pour cela, enlever les décombres qui obstruaient le puits conduisant à la chambre 
funéraire. C'était le double, le U, auquel on apportait les offrandes, c'est lui qui dé- 
gustait les boissons et consommait les victuailles; c'est à lui qu'on faisait ces donations 
qui atteignaient des proportions si grandioses, quand il s'agissait d'un double royal. 
C'est au U qu'on rendait un culte consistant d'abord en offrandes, et que l'Égyptien 
appelait , comme nous l'apprend le chapitre cv du Livre des Morts. Et comme 

on avait plusieurs |J, rien n'empêchait de leur élever des sanctuaires en diverses loca- 
lités; Séti l^^ pouvait en bâtir à Gournah et à Abydos. 

Ainsi le temple de Séti I" à Abydos est le genre de temple qu'on est convenu 
d'appeler un Memnonium. Nous en avons un autre qui se rapproche encore bien plus 
des constructions des anciens rois de l'époque thinite, c'est le Ramesséum, le a tombeau 
d'Osymandyas » de Diodore. Qu'on regarde le plan qu'en a dressé M. Pétrie', et l'on 
verra au centre l'édifice de pierre qui a remplacé la grande chambre des rois d'Abydos, 
et tout autour ces innombrables petites chambres toutes pareilles, et disposées avec la 
même régularité. On ne prétendra pas que ces chambres soient des tombes, si même on 
y a découvert quelques cadavres, et l'on soutiendra encore moins que le Ramesséum 
est le tombeau de Ramsès. C'est que, sous le Nouvel-Empire, le lieu où l'on rendait 
au U son culte était séparé même par une grande distance du tombeau où le défunt 
était déposé. Comme l'a fait ressortir Mariette, ces temples sont une autre forme de la 
salle du mastabat dans laquelle on accomplissait les cérémonies du culte funéraire en 



1. Les ë des iuscriptions des cylindres. — 2. The Ramesséum, pi. I. 



112 LES PLUS ANCIENS MONUMENTS ÉGYPTIENS 

l'honneur du double du défunt. A notre sens, c'est là le but et la destination des édifices 
que MM. Amélineau et Pétrie ont fouillés à Abydos et M. de Morgan à Nagadeh. Ce 
sont les n Yr^ '^' ^^^^ parle Ramsès II, que son père a imitées sur de plus grandes pro- 
portions, et dont lui-même a adopté le plan en y mettant son faste habituel. Là, on 
venait adorer le U des anciens rois', et, ce qui le prouve, c'est que c'est presque toujours 
par leur nom de double que ces rois sont désignés. Les chambres en lignes régulières 
qui entourent le sanctuaire lui-même, ce sont les dépôts d'ofîrandes de toute espèce 
qu'apportaient aux doubles royaux soit de simples adorateurs, soit des prêtres qui 
étaient attachés au culte de ces doubles. Ils ont laissé leurs noms sur ces petites stèles 
qui ont été trouvées en foule, et qui portent tantôt un nom propre seul, tantôt un titre 
de prêtre. Si l'on a mis dans ces chambres quelques cadavres, ce sont ceux des per- 
sonnes dont on désirait que le défunt eût la société dans l'autre monde, et particuliè- 
rement les nains, les danseurs qui devaient réjouir le dieu dans sa nouvelle existence', 
ainsi que nous l'apprennent les textes des pyramides, peut-être même, d'après M. Mas- 
pero, les esclaves sacrifiés au moment des funérailles du roi. 

Ainsi il nous semble probable que, s'il y avait relativement peu de cadavres et si, 
en particulier, dans la chambre principale de ce qu'on est convenu d'appeler le tombeau, il 
n'y avait rien qui indiquât la présence d'un défunt royal, c'est qu'on n'en avait pas mis 
à l'origine. Dans le cours des siècles qui se sont écoulés depuis la construction de ces 
édifices, on peut bien y avoir déposé des cadavres, on peut bien, même assez tôt après 
la construction, s'être servi de ces sanctuaires comme de cimetières, c'est ce qui est 
arrivé à Déir el-Bahari. Mais, pas plus que Déir el-Bahari, nous ne les appellerions des 
tombes, ce sont avant tout les lieux de culte aux défunts, et c'est peut-être cette cir- 
constance qui a excité la furie destructrice des Coptes. Maintenant que nous connaissons 
les J^'^ des anciens rois, nous ne pouvons qu'engager M. Pétrie à rechercher leurs 

Y V , leurs sépultures qui doivent être quelque part dans le voisinage. 

Nous ne saurions non plus suivre M. Pétrie dans la classification, qu'il nous propose, 
des rois découverts par lui ou par M. Amélineau. Nous n'hésitons pas à l'affirmer : il 
n'y a pas de rois antérieurs à Menés, certainement pas à Abydos, Et ici consultons de 
nauveau Séti P^ Voici un prince qui a fait établir une liste des rois ses prédécesseurs. 
Il est peu probable que les scribes qui l'ont composée eussent à leur disposition des 
annales bien en ordre, pour ces époques reculées auxquelles on faisait remonter les 
origines de l'Egypte. Les documents auxquels ils auront eu recours, ce sont les vieux 
sanctuaires et les tombes que le roi faisait restaurer. Ils auront lu sur les tablettes qui 
s'y trouvaient, sur les vases^ et sur un grand nombre d'objets qui ont péri depuis, les 
noms de ces vieux rois dont la tradition leur donnait la suite. Dans ces conditions, on 
se demande quelle raison ces scribes pouvaient avoir pour ne pas commencer par le 
premier, pour ne pas mettre en tête de leur liste celui qui était considéré comme le 
plus ancien roi historique. Si des princes précédents avaient à Abydos leurs sanctuaires 
ou leurs tombeaux, on ne saisit pas pour quel motif on les aurait passés sous silence. 



1. Voyez le M4- , Petrik, R. T., \l, pi. VIII, 10. — 2. Erman, Zeitschri/t, 1852, p. 81. 



LES PLUS ANCIENS MONUMENTS ÉGYPTIENS 113 

D'ailleurs, la tendance des rois comme celle des Égyptiens en général était d'allonger 
autant que possible la liste de leurs aïeux ; aussi nous pouvons être bien certains que, 
dans une inscription de cette nature, où Séti veut faire honneur à ses prédécesseurs, il 
aura commencé par le premier en date, celui qui venait immédiatement après les dieux, 
et s'il y avait eu une dynastie antérieure, on n'aurait pas manqué de la mentionner. 
Ainsi, à première vue, nous pouvons être convaincus qu'à Abydos il n'y a pas de roi 
plus ancien que Mènes. 

D'ailleurs, examinons les noms qui nous sont proposés comme formant la dynastie 
zéro. C'est d'abord le roi Ka U- Or, dans tous les exemples cités de ce prétendu roi', 
il est clair qu'il ne s'agit que de U J, la maison du Ka, et l'on ne soutiendra pas que 
le signe U ou H, qui se trouve si souvent sur des vases de pierre ou de poterie, soit un 
nom de roi. Écartons donc d'emblée le roi U- 

Le groupe dont on a fait le roi Sma ou Sam^ se compose de deux ^3^ au-dessous 

desquels est un signe qu'on a lu T^, mais que les scarabées du Moyen-Empire montrent 

, î . On pourrait, à première vue, interpréter ce groupe deux vases 

ou deux paniers de T; mais je ne puis m'empêcher de croire que nous avons ici une 

variante du groupe TT, qu'on a toujours traduit par bon et qui me semble avoir un sens 

spécial. A Abydos, sur une jarre des fouilles de M. Amélineau, on lit ces mots 

9^1 TT'. A Tel el-Amarna*, les jarres de vin sont scellées d'une sorte de cartouche qui 

" " . A une époque beaucoup plus tardive, dans la stèle de Pithom 

expression TT, qui revient à plusieurs reprises, souvent avec 

00 çrs::^ fl n ° t f Crzi (^ 

comme à Tel el-Amarna : 1. 17, tt lJtJ°ii etc.; 1. 18, 



contient ces mots : (^^^~^ 
nous trouvons cette 
le groupe 



AAAAAA 



rÇîEsletc; © >. 15, ^(l^llll etc., J[1^U ,;^: M7, (j^JJ^, 

fv/vo . Je n'oserais proposer une traduction de ce groupe, il me semble qu'il se rapporte 
à la mesure^ à la quantité, peut-être est-ce un multiple ou une fraction de hin. Je crois 
que î est une forme du duel, et équivalu à TT, et ce qui me parait le prouver, c'est 
un cylindre', où, admettant la lecture adoptée pour l'un des signes du nom de Mer- 
sekha, nous lisons ^-=. Or, 1 *»-*=' est une substance mentionnée dans presque toutes 
les listes d'offrandes, et dont il y avait deux, une verte et une blanche^ Sur le même 
cylindre nous voyons ^Yt ®t devant lui I^'^, J6 crois qu'il faut lire ici lï ou ÏY, dont 

il est dit qu'Apouatou est Jy'. Pour ce qui est du roi o^^ Téser, nous avons encore 
moins de doute. Le %=^ est une substance, probablement un liquide, dont, suivant les 
listes, on offre toujours deux vases'. 

Si l'on était tenté de faire du groupe '"^^ un nom de roi, on pourrait aisément 
trouver une explication analogue aux précédentes. On objectera peut-être que le 
signe ^;:z:7 est plutôt un panier qu'un vase, mais je ferai observer que le vin peut être 
offert dans des vases de cette forme', et qu'en outre M. Pétrie en a trouvé à Diospolis 
Parva'", au sujet desquels il s'exprime en ces termes : « Thèse large bowls as well as 



1. Pétrie, R. T., II, pi. I et XIII. — 2. Ibid., pi. II, 8-12. — 3. Le Tombeau d'Osiris, pi. II. — 4. Pétrie, 
pi. XXI. — 5. Pétrie, R. T., II, pi. XVII, 135. — 6. Mariette, Mastabas, p. 76, 119, 180, etc. — 7. Bubastis 
Festical, pi. XIX. — 8. Lepsius, Denkmâler, II, pi. 11, 25, etc. — 9. Mariette, Mastabas, p. 110. — 10. Pé- 
trie, Diospolis, p. 47. 

recueil, XXIV. — NOUV. SÉR., VIII. 15 



114 LES l'LUS ANCIENS MONUMENTS ÉGYPTIENS 

the Egyptian jars in thèse deposits, were usually filled with the ointment or aromatic 
fat, so usLial in the prehistoric time. » 

Ainsi, sur les quatre rois Pré-Ménites, il y en a trois dont les noms ne sont que de 
simples noms communs, un genre de construction, des contenus de vases ou de jarres; 
tout cela n'a rien de royal. Reste celui qu'on a lu Narmer, roi qui non seulement n'est 
pas Pré-Méuite, mais qui est classé exactement par la liste d'Abydos. 

Dans mon premier travail, j'avais émis la conjecture que ce nom de Narmer 
pourrait bien être le roi 
coin ou le ciseau parais- 



. Mais, comme les deux signes, le poisson et le 
^ saient ne composer qu'un seul nom, on pouvait 



mettre en doute cette assimilation, puisque la lecture J | ^ ne se serait appliquée 
qu'à un seul signe. Depuis lors, M. Georges Foucart est arrivé à la même conclusion' 
en ce qui concerne le nom et la place du roi. Il lit le poisson jN^^. Ji^*:, ^^ ^® H '\' 
L'ensemble aurait fait en valeurs alphabétiques : j +|+ V" ^^^ dernières fouilles de 
M. Pétrie nous ont donné la solution vraie. Les cylindres 51 et 52 (II, pi. XIII) nous 
ont appris que le nom tel qu'il se rencontre d'ordinaire, composé du poisson et du ciseau, 
est la réunion de deux noms différents, le nom de double, et le prénom que j'appellerai 
nom de cartouche, le premier se composant du poisson seul, le second du ciseau seul. 



Il en est comme du nom ~ — ~ 
Pépi*. Le nom de U, c'est \ ' e 



O 



que j'ai trouvé à Bubaste', et comme de celui de 
le poisson; le nom de 4^' c'est y qui, sur les cylin- 

dres, est identique au dé- ' 1 I i 1 I terminatif du nom de J ï \yJ et à ces instruments 
plantés dans un morceau de bois, qui, dans les textes des pyramides, déterminent le 
mot j ^ f^-°^ . Je ne vois donc aucune raison pour ne pas reconnaître dans le roi y le 
BoTjeôç de Manéthon, le premier roi de la IP dynastie. Quant au poisson, je ne sais s'il 
peut se lire jj'^^^ . comme le soutient M. Foucart, quoique dans ce mot il soit certaine- 
ment stylisé. S'il en était ainsi, ce serait le nom du double et celui du cartouche qui 
seraient semblables, ce qui n'est pas habituel; d'ailleurs, le sens du mot : l'odieux^, le 
profane, n'est guère le qualificatif d'un double royal; aussi devrons-nous chercher 

d'autres lectures, par exemple ^9 a' où le déterminatif représente un poisson tout 

semblable à celui de Boethos. Le poisson qui a nom Q^ est trop différent de celui-ci, 
pour que nous osions faire ce rapprochement, quelque séduisant qu'il paraisse. 

Dans ses identifications, il est un fait que M. Pétrie n'a pas pris en considération; 
c'est que, si nous passons en revue les noms de rois bien connus, bien établis, que nous 
avons au complet, nous remarquerons que, jusqu'à Ousertesen II, le nom du double, et 
le nom de ^^ nebti^ que j'ai appelé ailleurs nom de diadème, sont toujours identiques. 
Je ne veux pas dire qu'il faille en faire une règle qui ne souffre pas d'exception; mais 
il serait étrange que tous les rois de l'Ancien-Empire, dont les noms et titres ne font 
pas question, se fussent conformés à cet usage, s'il n'y avait pas là une tradition bien 
établie, et, de fait, à Abydos, pour l'un des anciens rois, , dont les monuments sont 

catégoriques, la règle trouve son application. C'est là une des raisons qui m'avaient fait 



1. Recueil de Tracaux, vol. XXI, p. 118. — 2. Comptes rendus de l^ Académie des Inscriptions, 1901, p. 228. 
— 3. Bubastis, pi. XXXIl, B. — 4. Lepsius, Kônigsbuch, 25 d, 25 g. — 5. Mariette, Mastabas, p. 346. 



LES PLUS ANCIENS MONUMENTS ÉGYPTIENS 115 

rejeter l'assimilation de j^P r"^ avec le double Q^. Maintenant encore je ne crois pas 
que r"^ , dans ce cas, soit le nom de Menés, qui aurait eu pour double Q^. 

Il est encore un autre fait, qu'il importe de mettre en lumière; c'est le grand 
nombre de cas où ^£^, surmontant un nom propre, est précédé lui-même de =^\^', 
sans doute pour nous indiquer que le nom en question est bien un nom royal, et non 
pas un nom propre quelconque formé avec ^£^, comme il y en a un bon nombre. Aussi je 
n'hésite pas à me ranger à l'idée que ^ que je lis ^ est bien un roi, mais non pas le roi 
Semempsès. Car ^ est un nom de nebti ou de ka, ce n'est donc pas celui que nous 



donne la liste d'Abydos. Un fragment de vase, publié par M. Sethe', nous indique à 
quel cartouche il faut le rattacher, c'est celui de , le de la liste. Puisque ^ est 

un nom de nebti, il doit être associé à un nom de =^l^, de cartouche, et non à un nom 
de double, qui serait identique. Aussi le rapprochement de M, que M. Pétrie lit 
Shemsu, avec Mersekha me paraît-il erroné'. 

La lecture du signe ^ me paraît indiquée par une expression fort rare, et dont je 
ne connais pas d'autre exemple que celui que cite Brugsch'. Le fait de la rareté ferait 
croire qu'il y a là une ancienne tradition, une allusion lointaine que .le roi Ptolémée 
Philadelphe fait à dessein. Dans la stèle de Mendès, à la troisième ligne, après quelques 

mots indistincts, nous lisons : <c==> ^ ^a I ^gFff Brugsch avait, d' abor d, traduit 

le verbe par orner de temples et d'édifices, puis il a montré que le verbe x «S était 



f\f\N\r^ AAA/V\A 



une variante de ^ l. J] , 1) Af] L=/l défendre, protéger. On conviendra qu il y a là 

v_^ ^ — ^ J M M f\>\/-| I — I — 1 1 — I — I liin- 
une coïncidence curieuse. Le roi s'appelle ^ w Septi, et dans son nom de 

^^ r\yA.O r^>^^ H-f —l =ffffF ' 

double on voit ^ qu'il n'est pas déraisonnable de lire x ^ le protecteur. C'est, du 

reste, la fonction du Li lorsqu'on le voit à la suite du roi, c est de le protéger. Cette 
variante nous donne l'explication d'un mot écrit sur un cylindre où, comme derniers 
signes contenus dans J, se trouve ^^^^. On peut donc lire : ^£r^^^^, ce qu'on ne 
sera pas tenté de prendre pour un nom de roi, et ce qui fera ressembler le nom de cette I 
à d'autres appartenant au même roi. Ainsi, ce que l'on considérait comme le roi 
Semempsès est pour moi le nom de diadème ou de double d'Ousaphaïs. 

Il me semble qu'il faut éliminer aussi des noms royaux ^£^ 1 que nous rencon- 
trous sur plusieurs tablettes d'ivoire au nom du roi ' . M. Pétrie lit 11 sen et le con- 

sidère comme une erreur possible du signe y qui serait le roi Qebh. Mais il y a lieu 
d'observer qu'indépendamment de l'absence de :^\^ au-dessus du groupe ^R. celui-ci 
est tourné du côté du roi, comme serait celui cl un adorateur. Derrière le roi (n° 29) 
sont les titres du personnage, il est I.p^^ que je traduirai provisoirement par « porteur 
de hache royal », ou « sapeur royal ». On remarquera, soit dit en passant, que, dans 
l'Ancien-Empire, ces porteurs de hache sont de diverses catégories, ils ont des quali- 



1. Zeitschri/t, XXXV, p. 2; Pétrie, R., t. I, pi. VIII, 1, 9, 11; IX, 3, 8, 10, 12; XVII, 26; t. II, pi. VIII, 
12, 13. — 2. Zeitschrift, XXXV, p. 3. 

3. L'assimilation Den-Setui me parait aussi fautive. Dans l'impression du sceau du roi Den. R. T., pi. VII, 

les fv/\y^ qui sont derrière le roi, ce sout les peuples dont il assomme les prisonniers (Lepsius, Denkm., II, 

pi. 2. 39), et non pas son nom. 

4. Dict. Suppl., p. 664. — 5. R. T., I. pi. XXVIII, 72. — 6. R. T., I, pi. XVII, 29; II, pi. VIII, 2, 3, 5. 



116 LES PLUS ANCIENS MONUMENTS ÉGYPTIENS 

fications accessoires qui les distinguent. Je ne serais pas étonné qu'il fallût voir dans ces 
employés des constructeurs ou des architectes, et leur titre se comprendrait d'autant 
mieux qu'à cette époque l'architecture en bois devait jouer un rôle beaucoup plus grand 
que plus tard. 

Le 1 ^:7^^ du roi se nomme ^^ l Sennebti. C'est là un nom tout à fait 

T ^17^ ^ û rzy^ /wwv\ 

pareil à ^£ ^ et d'autres encore. 

A première vue, il nous avait semblé étonnant qu'on fit un nom royal de \^\ 
qui se voit si souvent sous la forme abrégée ^[LZ • Rien ne pouvait faire croire que ce 
groupe s'appliquât à une personne, et surtout à une personne royale. Même sur la grande 
stèle trouvée dans ce que M. Pétrie appelle le tombeau de Merneith, aucun signe ne 
donne ce sens à ce groupe. L'étude des déterminatifs nous conduira à l'interprétation à 
donner à ces deux mots. 

\X ou \>-^ a pour déterminatif flfl" que M. Maspero appelle* « un terrain divisé en 
carrés pour l'irrigation et pour la culture ». Mais ce déterminatif ne s'applique pas 
seulement à une surface divisée régulièrement en parcelles, c'est souvent une construc- 
tion dans laquelle ont été pratiquées des chambres de forme régulière. C'est le cas, par 
exemple, quand ce signe suit le mot ', qui veut dire un dépôt. Du reste, que ^ 

puisse être une construction, nous en avons la preuve dans ce nom ^|r5aA«-i?aJ 

\ ^ n 'v ^ ^ ^ ^ 

Le V 4fFF a-t-il un nom spécial ou renferme-t-il quelque chose qu'on veut signaler, 

les hiéroglyphes qui composent ces mots pourront être mis à l'intérieur, comme dans le 

signe M, ainsi 3'r^[', ou dans cette suite de \ que nous montre le schiste du Louvre' 

et dont chacune a un nom et des signes contenus à l'intérieur, ainsi le \>^ 5aK Mer-sena 
contient des '-^; le v^^y^^ contient des "^ i. Cette dernière \ se trouve sur la pierre 
de Palerme, où les signes sont faits à la hâte et souvent incomplets; ainsi, dans ces 
deux groupes, il manque les dentelures de la muraille, et la corde qui relie les deux 
branches du hoyau. Je crois cependant que nous devons lire'' '• \ \ - ^^^^ ^^ signe 
de la construction est plus allongé, mais l'ensemble du groupe 
ratique qui se lit dans le Papyrus de Turin, au nom du roi 



^ 



rappellel'hié- 
Merbi. 
Soit sur les cylindres, soit sur le schiste du Louvre, la forme des V rappelle celle 
des villes ou des forteresses. M. Spiegelberg' a déjà fait remarquer que les édifices comme 
le « tombeau de Menés » ressemblent à des magasins fortifiés". Il nous reste à établir que 
p — .^^ — ^_np ces magasins, dont les murs ont des contreforts qui leur donnent l'appa- 
rence de fortifications, peuvent aussi se nommer K C'est ce que nous ap- 
prend la liste de nomes de Déir el-Bahari. Après avoir cité plusieurs 
nomes du Delta, l'auteur nous montre Aakheperkara Tum mer, a la 
Dzr. - j jnert de Tum de Thoutmès P'^ ». Ce nom est formé exactement comme 



Ci 



1. R. T., I, frontispice. — 2. Reçue critique, nouvelle série, t. L, p. 367. — 3. R. 7., I, pi. XXII, 30. — 
4. Mariette, Mastabas, p. 327, 360, 415. — 5. R. T., 1, pL XVIH, 4; pi. XX, 19. — 6. De Morgan, Ethno- 
graphie, pi. III. — 7. PI. I, 4' L, 8' division. — 8. Or. Lit. Zeit., 1900, p. 123 et suiv. — 9. Lepsius, Den/.muler, 
III, 282. 



LES PLUS ANCIENS MONUMENTS ÉGYPTIENS 117 



ceux de T Ancien-Empire, [^ rSa/iî^-i?^! V . r/r/«a//-aj| ^x V ©, Khafra 

^. V©'. Nous savons maintenant ce que c'est que v-v-- A coup sûr, ce n'est pas un 
roi, c'est un édifice comme celui que Thoutmès P' bâtit à Tum. 

En raison du grand nombre de déterminatifs, nous donnerons au mot v^ ^ un sens 
vague, celui de domaine, propriété, qui peut s'appliquer au sol et à un édifice. Quant 
à la stèle, c'est une simple indication de la nature de 1 "édifice, « le domaine de Neith », 
ce domaine ou cette propriété étant l'un de ces édifices, à la fois magasin et lieu 
de culte. La stèle tient lieu des inscriptions qu'on gravera ou peindra sur les murs, 
lorsque ceux-ci seront faits d'autre chose que de briques crues. Elle a la forme de ces 
greniers représentés dans une tombe de l'Ancien-Empire', et sur lesquels on a marqué 
la substance qu ils renferment, .waaa\>.^. 

Il va sans dire que nous ne considérons pas non plus comme une personne le groupe 
"^ =^=^ qui revient fréquemment. Pour nous, c'est « la table d'offrandes de Neith », 
peut-être une table de grandes dimensions comme celle qu'on voit à Abousir. 

Ce serait une erreur de croire que Neith soit ici la déesse de Sais, c'est une divi- 
nité non locale, mais régionale, c'est ><^ \J 7^ ^^ ' , ou quelquefois n^"^HE> 
n tttltl '- ^^^ Apouatou est associée presque toujours à '^j a^aaaa Q\ C'est une déesse 
qui, comme Hathor, est l'emblème d'une vaste région, peut-être d'une moitié de 
rÉgypte, dont l'autre serait Hathor. Rien d'étonnant, donc, à ce qu'elle ait un sanc- 
tuaire à Abydos près d'Osiris. De même que Hathor s'est localisée à Dendérah, Neith 
est devenue plus tard la divinité protectrice de Sais. 

Avant de quitter le mot , signalons un autre déterminatif et un mot qui se re- 

trouvent sur la pierre de Palerme. Sur deux tablettes d'ébène du roi Aha% nous voyons 
ces mots "'^csl ' Cz? , ""^^^lczzd, au-dessus de deux barques sans voiles qui ont l'air de 
chalands. Dans le calendrier de Palerme. nous lisons ce qui suit' : c'est sous le règne 
de Snefrou, ^^r=^,\^\ ^ — ^ Ç\ ^ ra ^p-> . et l'année suivante, =*=^ ^^ czizj czp 

n ^^^ V, ^^ Je ne puis traduire ces deux phrases que d'une 

manière tout à fait conjecturale, « construire (?) le chaland Duataui de cent coudées », et 
l'autre, « construire (?) en bois d'acacia le chaland Duataui de cent coudées, barque 1, 
et le chaland de cent coudées, barque 2 ». On trouve très souvent dans les tombes de 
l'Ancien-Empire ce titre |cC^f\ ^H'- Cette sorte de barques sans voiles avec les 
deux extrémités relevées, et une caisse ou un siège au milieu, rappelle celles qui 
sont dessinées grossièrement sur la tablette d'Aha. Il y en a presque toujours deux, 
seul <=> en a trois. Sur le nombre, il y en a toujours une qui s'appelle ^c ^ ^jjl$ \ On 
voit que, sur ces anciens monuments d'Abydos, on peut déjà reconnaître à l'état rudi- 
mentaire des traits du cérémonial ou de l'organisation administrative, qui ont été déve- 
loppés dans les siècles suivants. 

L'étude du mot ^ àp^ nous amène au roi 'z- ~\\\\' xy Merbi ou Merbit. Comme 

1. Mariette, Mastabas, p. 547, 545. — 2. Lepsius, Denkmâler, II, 103. — 3. Lepsius, Den/Lmûler, II, 10, 
87; Mariette, Mastabas, p. 162, 360. — 4. Mariette, Mastabas, p. 308, 326; Lepsius, Denkmâler, II, 46. — 
5. Lepsius, Denkmâler, II, 10; Mariette, p. 326, etc. — 6. R. T., II, pi. III, A, 5, 6. — 7. PI. I en bas. — 
8. Mariette, Mastabas, p. 162, 151, 185. — 9. Lepsius, Denkmâler, II, 18. 



118 LES PLUS ANCIENS MONUMENTS ÉGYPTIENS 

M. Maspero, je considère le D, qu' on trouve dans le Papyrus de Turin ou dans la liste 
de Sakkarali, comme une interprétation erronée du déterminatif. Ce nom veut dire 
« le domaine, le terrain de c^ ». Les lectures de ce dernier signe sont bien connues : 
y , • 1^^- 'ri . ''-^^ ou 6ï7. Ce même mot se trouve avec d'autres détermi- 

natifs llfl . • Enfin, (J^ est la lecture de l'abeille qui est le signe de l'Egypte 

du Nord, a toi, le gardien de la porte de H u^ Hh^ ir . ^'^^ le oiti qui 

^ ' . Ji1 ® iSS) \\ U _»ï^ F fv^^ n n ^ 

est dans l'Amen t ». lisons-nous dans le Livre des Morts'. M. Erman retrouve le (J 

n i 1 Jl 1( ) 

des listes d'offrandes dans le mot il des stèles d'Abydos', auquel on peut ajouter 

le y I 1 des vases de Hiéraconpolis'. M. Maspero lit ce groupe Boushou et en fait peut- 
être un roi. Pour moi, i — rn est le déterminatif iTffFFi, fréquent au calendrier de Palerme 
et dans les inscriptions de Berscheh\ c'est donc la région de Bi ou. de Bit^ la Basse- 
Egypte. La scène représentée sur les vases s'explique ainsi très aisément. Il est à peine 
nécessaire de rappeler tous les cas où, au-dessus d'une per.sonne royale, on voit 
soit l'épervier, soit le vautour tenant le Q\ Sur les vases de Hiéraconpolis, d'un côté, 
est le roi Khasekhem, ou du moins son nom de double. L'épervier porte la coiffure de 
la Haute-Egypte. Devant lui, le vautour, la déesse de Nekheb, lui apporte dans 
l'anneau Q le j ffPFm , le J (1 ^, ce qui ailleurs est représenté par l'abeille \l^ , la Basse- 
Egypte. Le vautour place une de ses serres sur le signe ÏM^ , montrant que c'est la 
déesse qui produit le T , l'union des deux parties de l'Egypte; et nous savons 
quand cela se passe, a l'année où il fit la guerre aux gens du Nord' ». Ainsi Khasekhem, 
par sa victoire sur les peuples du Nord, joignit les deux parties de l'Egypte, le royaume 
d'Horus et celui de Set, « il réunit les deux dieux ». Depuis lors, c'est le même temple 
qui nous l'apprend, il ne paraîtra plus que sous le nom de Khasekhemui, ^vv « celui 
qui brille par ses deux sceptres », ^^ -\\- '^^^^ " les deux dieux sont réunis en lui ». 
Et, en effet, sur son ka on trouve toujours les deux divinités Horus et Set. Il faut bien 
que le règne de Khasekhemui ait été mémorable, puisque le calendrier de Palerme 
nous parle de l'anniversaire de sa naissance comme de celui de la naissance d'un dieu. 
Il nous reste un pas k faire. Si nous examinons les exemples du nom de Merbi, 
nous constaterons que très fréquemment son nom est précédé de ^^, non pas de 
mR, nebti, mais de ^^ nebm\ La conclusion qui semble naturelle, c'est qu'il faut 
considérer Merbi comme ayant eu pour nom de double Khasekhemui. Ce serait sous 
son règne que se serait consommée l'union des deux parties de l'Egypte, qui aurait été 
plus nominale que réelle sous Menés et ses premiers successeurs. Nous pourrions en 
voir une preuve dans le fait que l'auteur de la table de Sakkarah, un Memphite, ne 
connaît les rois d'Egypte que depuis Merbi, Miebidos. On nous opposera avec raison le 
cylindre qui associe Merbi au nom du double ", que je lis ad arp, lequel est aussi 

associé à Septi^ C'est pourquoi nous ne croyons pas pouvoir nous prononcer catégori- 
quement sur cette détermination, avant de savoir si certains noms qu'on ne trouve que 

1. Ch. xLi, 1. 4. — 2. R. T., 1, pi. XXVII, 5. — 3. Quibell, pi. 36 et 37.— 4. I, pi. 38. — 5. Deir el-Bahari, 
II, pi. 34 et 37. — 6. Maspero, Reoue critique, 1901, t. I, p. .383. — 7. Recueil de Travaux, t. XXI, p. 17. 

— 8. Je lis sur les cylindres V —^ kherp her arp, « l'oblateur chargé du vin ». Le vase "O 1 se distingue 
nettement de l'autre. — 9. R. T., 1, pi. V, 2. 



LES PLUS ANCIENS MONUMENTS EGYPTIENS 119 

sur des bouchons ou des fragments de poterie sont vraiment des noms historiques, ou 
ne sont pas des noms de dieux ou encore ceux de doubles royaux faisant telle offrande 
ou accomplissant telle cérémonie. Ce doute nous parait s'appliquer à plusieurs de ces 
noms de doubles, en particulier à celui que M. Pétrie lit Zev, et que nous lirions diffé- 
remment. 

En résumé, les conclusions auxquelles nous sommes arrivés jusqu'à présent sont les 
suivantes : 

Ce qu'on a appelé les tombes des rois d'Abydos', ce sont des temples élevés à leur 
U, leur double, ce qu'on est convenu d'appeler des Memnonia, du genre des temples 
de Déir el-Bahari, de Gournah et du Ramesséum, et de celui de Séti P'' à Abydos. 

Il n'y a pas à Abydos de rois Pré-Ménites. Les noms qu'on a considérés comme 
tels ne sont pas des rois; celui qu'on appelait Narmer est le roi Boethos, le premier 
de la seconde dynastie. Tous appartiennent à la période thinite. Nous n'avons encore 
pu identifier parmi les rois de la liste d' Abydos, que Boethos, Septi Ousaphaïs, dont le 
nom de double est ^, et Merbi, Miebidos. 

Khasekhem et Khasekhemui sont deux noms du même roi, avant et après sa vic- 
toire sur les peuples du Nord. 

Il est possible que Khasekhemui soit le roi Miebidos. 

Avant de terminer, nous voudrions dire un mot de documents qui ont une tout 
autre valeur que des bouchons de jarres, ce sont les tablettes en ébène ou en ivoire qui 
étaient déposées dans des temples. C'était là que l'on consignait ce que plus tard on 
gravait sur les murs des temples. Ces documents, nous pouvons à juste titre les traiter 
de documents historiques. Il s'agit du roi CHl, dont rien ne prouve jusqu'à présent que 
ce soit Menés. 

R. T., II, pi. III, 1. C'est le roi Alia. Derrière lui est ce que nous croyons être une 
massue, que nous lirions, comme dans le calendrier de Palerrae, P^v ^^^^> ^^ frapper ». 
Devant le roi est un prisonnier au-dessus duquel sont deux signes indistincts que 
M. Pétrie explique par '^''^^ khent ta, « la Nubie ». Nous aurions donc là : « Aha frappe 
la Nubie », ce serait une fête du genre de celle de « frapper les Anou », cette fête dont 
M. Capart a si bien fait ressortir le sens. Cette fête aurait lieu le jour de la « naissance 
d'Anubis » et de la cérémonie de c^ \\^^ c=^ijF3 L suivant le calendrier de Palerme 
et les inscriptions de Déir el-Bahari. Sur la tablette d'Aha, le signe c=> est dans le 
a t, avec deux autres signes que jusqu'à présent nous ne saurions expliquer. 

Aha combat les Nubiens. Ces luttes contre les populations africaines sont celles 
dont les anciens rois nous parlent le plus volontiers. Ils nous en ont laissé des souvenirs, 
par exemple cette lame d'ivoire' sur laquelle est gravé un prisonnier barbu, debout. 

Au-dessus sont ces signes que M. Griffith considère comme \^ « un Asiatique ». 

Si nous consultons les inscriptions de Déir el-Bahari, nous trouverons ces signes à la 



1. Je ne parle ici que des édifices d' Abydos, dout MM. .\mélineau et Peiiie nous ont donné les plans, les 
« tombes » des rois N'armer, Qa, Merneitb, etc., ainsi que de la «tombe» de Menés. Il est certain que nous 
avons de cette époque d'autres édifices qui sont des tombeaux. 

2. H. T., I, pi. XVII, 30. 



120 LES PLUS ANCIENS MONUMENTS EGYPTIENS 

fin de ce nom, |[jl|S ffflftî (^^^'. Il semble donc bien que ce prisonnier 

soit un Anou. 

Une autre tablette du même roi Aha', que nous possédons heureusement en deux 
exemplaires, nous renseigne sur une des fondations de ce prince. Comme dans le calen- 
drier de Palerme, le jour est indiqué par une barnue, c'est celui de la double barque, 
et en même temps de la naissance d'Amul, -li- €, une des formes d'Anubis. Encore 
ici la pierre de Palerme nous donne l'explication', nous y voyons (pi. I, 1.3) la fonda- 
tion I de Memphis, puis celle d'Héracléopolis et de son temple. Celui-ci se présente 
sous cette forme : deux sortes d'étendards KN placés l'un vis-à-vis de l'autre comme 
s'ils étaient à l'entrée d'un dromos, puis le bélier Hershefi et un naos. Sur la tablette 
d'Abydos, nous avons aussi ^, les deux étendards, le naos, mais, au lieu du bélier, la 
déesse ^ Neith. Tout cela repose sur un terrain qui doit être le terrain sacré, indiqué 
sur la pierre de Palerme par Ifflffl. Ainsi, Aha fonde un sanctuaire à Neith, c'est peut- 
être le v^ dont nous avons parlé. C'est sur cette même tablette qu'on voit les deux 
chalands dont il a été question plus haut. Ainsi, le roi Aha nous a conservé la mémoire 
de guerres contre les Nubiens et de la fondation du sanctuaire de Neith. 

Nous arrêtons ici, pour le moment, l'e.xamen de ces monuments. Dans un travail 
subséquent, nous essaierons de déchiffrer plusieurs des cylindres, et nous exposerons 
ce qui nous paraît ressortir de ces études, des recherches des égyptologues et de 
celles du D' Glaser et du professeur Sergi, sur l'ancienne population égyptienne. 
Pour nous, c'était une population mixte composée d'un élément indigène, le plus nom- 
breux, et d'un élément conquérant étranger, semblable aux Turcs parmi les populations 
arabes ou aux Normands en Angleterre. La population indigène était africaine, c'étaient 
les ijl [Il I dont faisaient partie les Tehennou et d'autres populations libyennes, et qui 
s'étendaient depuis le haut Nil jusqu'à la péninsule Sinaitique, c'est-à-dire jusqu'à la 
Méditerranée. Les Anou, ce sont ces archers barbus que nous trouvons dans les sculp- 
tures qu'on appelle préhistoriques ou archaïques. Les conquérants doivent être venus 
d'Arabie, de la mer Erythrée, en passant par le paj^s de Pount. Étaient-ils de race 
sémitique, nous n'oserions l'affirmer; mais, ce qui est probable, c'est qu'ils parlaient 
une langue sémitique; c'est d'eux que vient l'élément sémitique qui est dans la langue 
égyptienne. 

Si les Anou ont été l'ancienne population de l'Egypte, on s'explique le nom de 
« les deux An », donné à l'Egypte, et aussi la fête de frapper les Anou, ou la 



promesse faite aux souverains à leur couronnement qu'ils couperont la tête aux Anou. 
Tout cela est le souvenir de l'avènement au pouvoir des conquérants étrangers, qui 
formèrent la race royale et la caste dominante, laquelle, au cours des siècles, se fusionna 
avec la population indigène. 



1. Deir el-Baliari, III, pi. 76. — 2. R. T., II, pi. III, 5 et 6. 

3. Je saisis l'occasion de corriger une faute que j'ai faite dans mou précédent article. J'ai cité ce passage 

de la pierre de Palerme, •'T- (1 Y i ^^^ etc., et j'ai traduit : SafckhabuL étend la corde blanche (?), etc. Le 



AAAA/V^ 



signe Y n'est pas î, c'est le maillet / -~s>-^ ou 11 \\\\ ^-='^-^ , dont se servait le roi pour planter les piquets 
qui retenaient le cordeau (DOmichen, Baugeschichte, pi. 57, 56, 44, etc. 



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l'archéologie égyptiennes et assyriennes. In-8". 1 fr. 

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égyptien et le synchronisme égyptien de l'Exode. In-«". 1 fr. 50 

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DE TRAVAUX RELATIFS A LA PHILOLOGIE ET A L'ARCHÉOLOGIE 
ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES 

1902 Fascicules III et IV 

Contenu : 13) Études sur certains rapports entre l'Egypte et la Bible, par William Groff. — 14) Calcul de 
l'heure chez les anciens Egyptiens, par Romieu, directeur de l'École d'Hydrographie à Alger. — 
15) A travers la vocalisation égyptienne, par G. Maspero. — 16) Notes et Remarques, par G. Da- 
RESSY. — 17) Le Culte de l'obélisque, par Fr. W. von Bissing. — 18) Sur la toute-puissance de la 
parole, par G. Maspero. — 19) Varia, von Wilhelm Spiegelburg. — 20) Eine Kùnstlerinschrift des 
neuen Reiches, von Wilhelm Spiegelberg. — 21) Der Titel Iziw'n:, von Wilhelm Spiegelberg. — 
22) Mélanges assyriologiques, par François Martin. — 23) Studien zu koptischeu Litieratur, von 
Adolf Jacoby. — 24 ) M. le D"^ Lehmann et l'inscription de Zouarthnotz, par K.-J. Basmadjian. — 
25) La déesse ^~Z fûMl m' ^^^ Pierre Lacau. — 26) Notes de phonétique et d'étymologie égyp- 
tiennes, par Pierre Lacau. — 27) Le Temple et les Chapelles d'Osiris à Karnak, par Georges 
Legrain. — 28) Les plus anciens rois de l'Egypte, par W. M. Flinders Petrte. 



ETUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA RIRLE 

PAR 

William Groff 

I. Si l'on peut trouver une mention de Moïse dans les textes égyptiens. — Assu- 
rément les scènes décrites dans les premiers chapitres de V Exode sont censées se passer 
au milieu de la XIX*' dynastie. Ramsès II aurait été le Pharaon de l'oppression, qui fit 
bâtir les villes de Pithom et de Ramsès'; son fils et successeur, Mer-en-ptah, serait, 
selon la tradition, le Pharaon de VExode'', et les magiciens qui combattirent Moïse 
seraient Anna et Ha-em-us'. Selon la légende^ Moïse avait environ 80 ans lors de 
VExode, si bien qu'il serait né au commencement du règne de Ramsès II'; on raconte 
d'ailleurs qu'il fut sauvé et élevé par la fille de Pharaon et devint son fils'. Or, la seule 
des filles de Ramsès II qui réponde aux indications qu'on peut relever est Bent-Anta, ou 



1. Exode, I, 11. Voyez Anastasi II, 1, et IV, 6. Cf. Maspero, Du Genre épistolaire, p. 102 seq. 

2. De même que, dans Manéthon (voyez mon commentaire), selon la Bible : a) Genèse, xv, 16, l'Exode (ou 
un Exode) aurait eu lieu à l'expulsion des rois pasteurs; h) I Rois, vi, 1, l'Exode aurait eu lieu vers 1460 
(Thotmès III); c) enfin la tradition conservée aux premiers chapitres de VExode le suppose sous le régne de 
Mer-en-plah. Pour une étude plus détaillée de cette question, voyez mon étude : Mer-en-ptah, Ba-cn-ra, The 
Pharaoh ofthe Exodus, his reign, mummy and ler/ende. 

3. Exode, VII, etc. Cf. // Timothée, m, 8; Groff, Moïse et les Magiciens à la cour du Pharaon [Recueil 
de Tracaux, XXI, p. 219 seq.).— La régence de Ha-em-us correspondrait à VExode. u, 16 seq.— Ce personnage 
a été, probablement, légèrement déplacé par la tradition. 

4. Exode, VII, 7 (cf. Actes, vu, 23). En combinant les données des textes égyptiens et la tradition biblique, 
il ressortirait que Moïse serait né. d'après la légende, vers le commencement du règne de Ramsès II (du 
vivant de Séti); Ramsès II serait mort centenaire, et, selon la tradition, l'Exode aurait en lieu sous le règne 
de son successeur, soit 100 + 5 (?) = 105. Or, Moïse aurait eu 80 ans au temps de l'Exode; 105 — 80 = 25, si 
bien que Ramsès II aurait eu environ 25 et Bent-Anta 10 ans à l'époqne où, suivant la narration biblique, elle 
aurait sauvé Moïse. — Pour ces données, voyez la Bible et Maspero, Histoire ancienne. A' édit., p. 220, 224, 
226 et 259. Cf. mon eiude, La fille de Pharaon (Bulletin de l'Institut égyptien, 1895-1896). 

5. Exode, II, 10 : pb rb \T1 (cf. Actes, vu, 21). 

RECUEIL, XXIV. — NOUV. SÉR., VIII. 16 



122 ÉTUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA BIBLE 



Beth-Anta\ La signification de son nom. « fille d'Anta' », indiquerait que sa mère ou 
sa grand'mère était d'origine sémitique', peut-être une princesse chananéenne que 
Ramsès II ou Séti I" avait épousée. Bent-Anta fut parmi les filles aînées, sinon l'aînée, 
de Ramsès II ', et les inscriptions de son tombeau' ou de son sarcophage' la qualifient 
de « princesse », de « grande favorite » et de « gracieuse ». Elle aurait été chef du sa- 
cerdoce d'Hathor, régente, maîtresse de la double terre, régente du Midi et du Nord; 
enfin il est dit qu'elle fut la grande épouse royale. Son tombeau a « de grandes propor- 
tions », les (( sculptures sont d'un grand et beau style' », mais l'état de son sarcophage 
indiquerait qu'à l'époque de sa mort la princesse était déchue'. Pourtant il paraît que 
sa mémoire fut réhabilitée plus tard, car on trouve son nom parmi ceux des person- 
nages célèbres qtu furent déifiés". 

La tradition biblique a gardé, à peine modifié, le nom même de la princesse. Selon 
une des lois qui sont censées avoir été promulguées par Moïse, il est défendu de pro- 
noncer le nom de divinités étrangères'", de sorte qu' « Anta », dans le nom de la prin- 
cesse (( Bent-Anta », ou « Beth-Anta », fut changé en .t; de là, le nom .Tra, par lequel 
elle est désignée aux Chroniques", — dans un passage inséré dans le texte '^ — et cette 
forme du nom nous a été conservée dans le Talmud et par la tradition. 



1. Groff, Lajxllc de Pharaon {Bulletin de l'Institut égyptien, 1895 (décembre), 1896, 59 seq. 

^ I AA/^AA^ 

Voyez E. de Rougé, Mémoire sur l'origine égyptienne de l'Alphabet phénicien, p. 33 seq. Cf. i*^^ ^ û 

-^ I ^ 0=0 ^■^—n'\ '^ -AT ..wwv 
Ben-Anta: f1îl?"p. Pleyte et Rossi, Papurus de Turin, aussi cf. (*^^ „ A . Cf. mon 

. . _ ' ' JT^ D I I I /WVAAA (Jo 

étude, La fille de Pharaon [Bulletin de l'Institut égyptien, 1896, p. 63, etc.), et Tomkins, Notes on the Hylcsos 
or Shepherd Kings of Egypt, p. 195. 

3. Peut-être de la ville de mJU"n''a ou nJUTl'-- 



\t 



4. « A Louqsor, dans la liste des filles de Ramsès II, la première est ^^^ A^ww^ (1 ^ylD^^ 

<~ ^ C^ 'il ' AVSAAA ^ 



C^ 'il ' AVSAAA %--^^^^ 

» (Note que m'a communiquée M. Daressy; voyez Recueil de Tracaux, XIV, 32; cf. Diouore, I. 53 (?), 

où peut-être il s'agit de Bent-Anta; voyez Wiedemann, Herodots sweites Buch. p. 417). 

5. Champoluon i.e Jeune, Monuments de l'Egypte et de la Nubie, t. l", p. 400 et seq ; voyez Lkpsius, 
Denkmûler, III, pi. CLXXII. Notons qu'il est question du dieu rosi dans les inscriptions, et que Bent-Anta est 
représentée comme un sphinx, dans son tombeau (note communiquée par M. Daressy). 

6. Groff, La fille de Pharaon [Bulletin de l'Institut égyptien, 189.5-1896, précité). 

7. Champollion le Jeune (précité). 

8. Groff, La fille de Pharaon [Bulletin de l'Institut égyptien, précité). 

9. Wiedemann, yEgyptisrhe Gcschichte, p. 466; Plevte et Rossi, Papyrus de Turin, p. 22 seq. 

10. Exode, XXIII, 13. Cf. Josué, xxiii, 7; Exode, xx, 3, et Psaumes, xvi, 4. 

11. Groff, La file de Pharaon [Bulletin de l'Institut égyptien, 1895-1896, précité). La permutation des 
noms divins est assez fréquent (pour n' et hx, voyez mes Études sur la sorcellerie, Mémoires de l'Institut 
égyptien, III, p. 401 seq.), par exemple entre hvn et bx — nnn buS et nn2 Sk [Juges, viii, 33; ix, 4 et 46), 
yT'?U3, l Chroniques, xiv, 7, et yi"''?», Samuel, v, 16. Quelquefois on modifiait le nom de la divinité étran- 
gère, buaT" est changé en twsr\\ et bvys^f, en nïTitt?''», et '7yD2'''lla en nîT^-'aû, nu?2BÛ, ou bien on sup- 
primait le nom de la divinité complètement Itogr,), [Juges, ix. i6), devenait "13U; pour cette question, voyez 
Gesenius. Handœôrterbuch, aux noms précités; iVlASPEUC. Histoire, II, p. 694 n.; La liste de Thotmès III, t^. 19. 

12. / Chroniques, iv. 18 : Tlû nph TtPK ny-lS riD ,Tnn 'iS n^KI. Ce passage ne se rapporte ni â ce qui le 
précède ni à ce qui le suit, nbxi « et voici » ou « et voilà», '33 : on annonce les fils de la princesse, puis on ne 
les nomme pas (cf. le Talmud). .TTlS est dans les Septante, ^£t6ta, qui fait penser à pai99a[xï, transcription de 
n2Un''3 [Josua, XIX, 38; cf. Juges, i, 33, patOavax et fla'.f|£v6 ; cf. ^atôavaij., transcription de niiU n''2. Josua, xv. 39). 
Mais peut-être dans pîTÔia on a redoublé le M de riTÛ, — les Massorètes ont ponctué le nom .TTia, ainsi : ,Tn3, — 
pour adoucir, ou pour éviter de donner, la signification qu'aurait n; na (voyez les observations dans Olshausen, 
Lehrbuch der hebrûischen Sprache, § 277, et Gesenius, Handœôrterbuch, p. 135). Après npb, on sous-entend 
«pour femme» (cf. Exode, xxxvi, 16), mais cela n'est pas du tout certain, et en tous cas, serait légendaire; 
d'après les Chroniques, Mared serait de la quatrième génération d'Israël, ce qui, selon une fausse interpré- 
tation, le fait un contemporain du temps de l'Exode, et par suite, ainsi que l'ont bien vu le Talmud et la tradition 




ÉTUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA BIBLE 123 

Si Bent-Anta avait réellement sauvé, élevé ou adopté un enfant^ on devrait trouver 
une allusion quelconque à ce fait dans un au moins des nombreux textes qui sont relatifs 
à la princesse' ; sur son sarcophage on raconte longuement ce qu'elle fut', et il en est de 
même dans son tombeau, mais ici il y a deux mentions', dont Tune est intéressante. 
Dans la salle D, paroi 6, la reine est suivi de la 1 ^n^V^ i « princesse de son flanc» 
qui est représentée ' ci-contre. A la paroi e « la jeune princesse » ^ J]! ^^ 
sans autre indication, adore Nephthys. Il parait bien qu'il s'agit de deux 
enfants, dont l'une aurait été vivante et l'autre morte, lorsque les textes 
furent gravés : ç'auraient été des filles de Bent-Anta. Le fait qu'elles 
sont dites être 1^^ ferait penser que leur père était le roi, mais cela est peu probable, 
car le mariage de Bent-Anta avec son père ne dut être que fictif. Si l'on savait à qui 
se rapporte le pronom ^.=_ , dans l'expression W ^ • » la question de la paternité de l'une 
des enfants serait probablement résolue. Dans le tombeau, on ne donne le nom ni de l'une 
ni de l'autre des princesses', — de même dans la tradition biblique on parle des fils de 
la fille de Pharaon et on n'en nomme aucun'. Enfin, d'après le portrait, l'enfant repré- 
sentée à la paroi b ne serait pas très jeune. Tout cela est si vague et indécis qu'il est bien 
permis de rappeler que, même dans le cas où il serait réellement dit dans le tombeau : 

'^^ « fille" », c'est-à-dire : I '^î^ « princesse », il ne faudrait qu'une fort bien petite cor- 
_7:ï ^ I T -2-j o ^ I 

rection pour y lire 'v^ « fils », c'est-à-dire i ^^ « prince ». Il parait bien qu'on' était 
très peu renseigné relativement à ces enfants. Si celui d'entre eus qui est représenté à 
la paroi b a est un garçon, une certaine école, croyons-nous, ne tardera pas à y recon- 
naître l'enfant qui aurait été trouvé au bord du fleuve'" », toutefois la figure montre 



rabbinique, HTlS serait la fille de Pharaon qui aurait sauvé Moïse (voyez Dill.man, Exodus, p. 14). Ainsi, 
d'après cette chronologie même, elle serait Bent-Ania ou Beth-Auta, fille favorite de Ramsès H (voyez mon 
étude sur La fille de Pharaon, précitée, et mon étude Beth-Anta, Pharaoh's daughter). 

1. Pour ces textes, voyez les indications dans Wiedemann, ^Egyptisclie Geschichte, p. 466. 

2. Voir mon étude sur Lajilie de Pharaon, précitée. 

3. Ch.\mpoluon le Jeune, Monuments do VÉgijfAe et de la Nubie, t. I", p. 400 et seq. Cf. Lepsius, 
Denkmaier, III, pi. CLXXII, etc. 

4. D'après Cha.mpollion i.e Jeune, ouvrage précité. 

5. Voyez les observations relatives à ces mariages dans Wiedemann, Le Roi dans l'ancienne Egypte, 
p. 12; pour les enfants, peut-être comme il est raconté Genèse, xxx. 

6. Ou ne peut guère supposer qu'une des princesses fut morte avant d'avoir eu un nom. Cf. le cas de 
Maut-em-hat, Maspeuo, Mémoires de la Mission //-ançaise au Caire, V, p. 577. Quant au fait que les enfants 
ne sont pas nommés, peut-être le rédacteur ou les rédacteurs des textes du tombeau ne connaissaient pas, ou 
pour une cause quelconque ne voulaient pas y mettre, le nom ou les noms des enfants. Si un enfant adopté 
par Bent-Anta fut mal vu des Égyptiens, assurément on n'aura pas voulu dire son nom; cela serait bien 
conforme au sentiment exprimé Exode, x, 28. Peut-être Bent-Anta avait-elle adopté des enfants (voyez 
Genèse, xxx). 

7. Voyez le passage précité des Chroniques. 

8. S'il u'v a pas une erreur dans Champoluon le Jeune, Monuments de l'Egypte et de la Nubie (précités), 

- ^ ^ -^ I 

et qu au lieu de \i\ , il ne faille pas lire dans le tombeau \|\ . Le portrait prête à la discussion, et l'on 

peut se demander s'il figure un garçon ou une fille; la fleur qui est représentée au-dessus de la tête ferait 
penser que celui qui l'a tracé pensait représenter une fille plutôt qu'un garçon. Si pourtant c'est un garçon, 

il faudra bien lire 1 *6^v « prince », ce qui ferait penser aussitôt à YExode, ii, 14, TiJ> ^''Vh ^Ûtt' '•0 "lÛK""! 

13''7I? îûStî'l. I \^Xj. peut bien être l'équivalent de "Ity, ce qui donnerait l'autorité d'un tSSStT. 

9. Le rédacteur ou les rédacteurs des textes du tombeau. 

10. Groff, Bulletin de l'Institut égyptien, 1896, p. 69, n. 



124 ÉTUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE UÉGYPTE ET LA BIBLE 



qu'on croyait que c était une fille. Si ceux qui croyaient ainsi eurent raison, on ne 
trouve aucune mention dans les textes égyptiens de celui que, selon la tradition bibli- 
que, Bent-Anta aurait sauvé, élevé, et qui devint son fils. 

II. La date de l'an V et la mention de la tribu des lo-sir-ael-u dans la stèle de 
Mer-en-ptah\ — Aucun texte égyptien ne parle du peuple d'Israël en Egypte, mais 
d'après le témoignage de la stèle datée de l'an V de Mer-en-ptah, la tribu des lo-sir- 
ael-u serait en Clianaan. A ce propos, il y a un fait qui ressort d'une étude de la facture 
des signes hiéroglyphiques gravés sur la pierre et auquel on n'accorde pas assez d'atten- 
tion. On peut reconnaître que, dans la partie du texte relative à Chanaan, les carac- 
tères sont autrement faits que ceux des parties qui les précèdent, et de plus, que la pierre 
est dressée d'une autre façon. Donc^ cette partie du texte ne fut pas gravée en même 
temps que le texte proprement dit de la stèle, ce qui est d'accord avec le contenu 
des inscriptions. Dans la partie supérieure de la stèle, les divinités de Tiièbes, Amen, 
Maut et Xonsu', sont représentées. Selon les inscriptions, Amen promet^ au roi la 
victoire sur des peuples étrangers, puis viennent les 28 lignes du texte sur la stèle. Les 
lignes 1 à 26 1/3 sont consacrées à « une sorte de composition poétique relative à la 
victoire du roi sur des Libyens' », formée, présumablement, des extraits faits des 
annales du règne de Mer-en-ptah, ou d'autres documents. En tout cas, ces extraits 
furent remaniés, interpolés et soudés ensemble par un rédacteur ou des rédacteurs. 
L'œuvre qui résultait de ce travail ne fut pas une narration suivie, mais elle contint 
des répétitions et des contradictions, et lorsqu'on la grava sur la stèle, elle ne remplit 
pas tout l'espace qu'on aurait dû couvrir. Aussi, plus tard, à une époque indéterminée, 
mais probablement sous le règne de Mer-en-ptah, on dut ajouter une petite épopée, 
peut-être une cantilène, relative aux hauts faits des Égyptiens en Chanaan. En règle 
générale^ dans des œuvres de ce genre^ un nombre de phrases, indiquées par le sens, 
doivent avoir le même nombre de syllabes^ : chaque consonne et chaque voyelle doivent 
être prononcées, excepté le ^ et quelquefois le <=> final, E ou (2E sont u, quelquefois 
trois consonnes ne font qu'une seule syllabe, enfin, dans un nombre de cas, une voyelle 
écrite après des consonnes doit être prononcée entre elles; le rythme est rompu là où 
se trouvent des citations et des passages corrompus. Cela nous entraînerait trop loin de 
notre sujet, si nous voulions donner ici une étude détaillée sur cette si intéressante 
question. Dans la présente note, j'indiquerai seulement ce qui est nécessaire pour 



1. Pour une bibliographie plus complète des travaux sur la stèle de Mer-en-plab, je renvoie à la suite de 
cette étude, mais, dès à présent, rappelons les œuvres et les travaux de : M. Spiegelberg, Académie de Berlin, 
1896, p. 593 seq.; Zeitschri/t /ûr agyptischc Sprache, 1896, p. 1 à 25; Maspero, Reçue critique, 1898, p. 482 
seq.; Virev, Note sur le Pharaon Menephtah et les temps de l'Exode; Revillout, Les Congrès [Reoue égypto- 
logique, 1900, p. 110 seq.). La présente étude fut rédigée d'abord en 1896-1897; les résultats furent indiqués et 
résumés dans le Bulletin de l'Institut égyptien, 1896, p. 59, n., et 1898, p. 189 seq., et dans des conférences 
faites aux États-Unis en 1898-1899. 

2. Aussi Houd. 

3. Notons que le dieu Amen parait promettre au roi la victoire. Quoique les scènes et le texte dans la partie 
supérieure de la stèle fussent faits après les événements décrits plus bas, on a voulu les anticiper. 

4. Grokk, Bulletin de l'Institut égyptien, 1898, p. 189. 

5. Etudes sur la poésie égyptienne; voyez Grébaut, Hynme à Ammon-Ra; je rappellerai ici les cours de 
M. Grébaut au Collège de France. 



ÉTUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE LÉGYPTE ET LA BIBLE 125 

rendre évident que la cantilène où il est question de l'Asie est « indépendante de ce qui 
précède' ». 

Pour faire ressortir les faits déjà signalés, on n'a qu'à parcourir les textes gravés 
sur la stèle. Le texte gravé au haut de la stèle est caractérisé par des vers de dix et de 
neuf syllabes. Ont dix syllabes : 

Am-en-Ra-neh-nesu-ta-ui--/ent-apt (10) 

S^ep-nek-yeps'^-er-tes-neb-temt-en-bu-ua (10) 

Mais les vers : Neh-ta-m-Am-en-mer-Ra-en-ha (9) 

Neb-ffiu-Mer-en-ptah-ho-tep-hi-ma (9) 

ont neuf syllabes. On peut supposer que le système de numération décimale, employé 
par les Égyptiens, aura fait choisir dix syllabes pour certains des vers. D'autre part, le 
fait que les noms du roi Mer-en-ptah, précédés des titres neb-ta-ui et neb-/au ont neuf 
syllabes, aura fait aussi choisir ce nombre de syllabes dans quelques-unes au moins des 
poésies relatives à ce roi dont des fragments ont été employés sur la stèle. 

§ I, ligne 1. Le premier paragraphe occupe la ligne 1 jusqu'au mot «éternelle- 
ment ». D'abord il y a l'indication de la date, l'an Y , 3<^ mois, 3^ saison, 3^ jour, c'est- 
à-dire le 3 épiphi, qui est le jour de la victoire des Égyptiens sur les Libyens'. Comme on 
parle non seulement de faits arrivés avant cette époque, mais aussi après, on reconnaît 
que cette date aura été choisie parce que c'est le jour anniversaire de la victoire. 
Les titres donnés au roi par la suite du texte sont sans valeur historique. Les phrases 
ont neuf syllabes, /ei-hon-en-Hor-Ra-ka-ka-em-mat; pourtant la dernière phrase 
paraît avoir dix ou onze syllabes, ka-ne/t-hu-pet-ti-ren-f-en-heh-teia, mais la lecture 
n'en est pas certaine; peut-être teta n'était-il pas prononcé, ce qui laisserait neuf 
syllabes. 

§ II, lignes 1 (fin) à 9 1/2'. Ce paragraphe contient la partie fondamentale de l'ins- 
cription, on la retrouve presque en entier dans l'histoire de la guerre\ D'abord il y a 
une sorte de titre : « Narration' (de) ses hauts faits ea tout lieu, pour (les) faire connaître 
(à la) terre entière', pour que soient rendues évidentes (les) beautés de ses exploits, le roi 
du Midi et du Nord Ra-en-ba" . . . » La série de qualifications données au roi par la suite 



1. Groff, Bulletin de l'Institut égyptien, 1898, p. 189. 

2. Maspeko, Histoire ancienne, p. 255; E. de Rougiï, Les Attaques dirigées contre l'Éggpte {Reçue ar- 
chéologique, 1867) ; CnABAS, Recherches pour sercir à l'histoire de la XIX' dynastie. 

3. Les nombres fractionnaires ne sont qu'approximatifs. 

4. E. DE RouGÉ, Les Attaques dirigées contre l'Egypte (précité). 

5. Cf. HiiuoDOTE, livre I", introduction. 

6. La signification fondamentale de ; est les pays qui se trouvent sur les deux rives du Nil, et pro- 
bablement '• - '' indiquait les diverses parties de l'Egypte (voyez Virev, Mémoires de la Mission archéolo- 
gique française au Caire, t. V, p. 21, n. 4, etc.). 

7. Le nom du roi est Ba-en-ra; il est qualifié celui qu'Amen aime, ou aimé d'Amen; c'est-à-dire, Mer- 
Amen est un titre. La forme Ra-en-ba est bien le prototype de ^\.j des Arabes, et il est probable qu'on aurait 

u le nom de Ba-en-ra; aussi Bara-en aurait été transcrite ^tçioiy, puis, plus tard, sous l'influence du nom nîJ"ia, 
nom par lequel ce roi est désigné par la tradition biblique, la transcription p^puiv serait devenue sïpwv. 11 est 
probable que le manuscrit original d'Hérodote (H, 109) portait l^spwv (ou, à part les voyelles, en tout cas des 



126 ÉTUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA BIBLE 



sert comme introduction à une sorte de narration relative à l'invasion et à la déroute des 
Libyens; la victoire est attribuée aux dieux de Memphis, et le prince libyen et ses 
descendants sont maudits éternellement'. Dans la première partie de ce paragraphe, 
de la ligne 1 (fin) à 5 (fin', les phrases ont neuf syllabes; — ligne 2, je lis : ertit-inem-iu- 
nef(er)-cin-nel-uf-geii-u. mais d'autres lectures des syllabes sont possibles; — ligne 3, 
j'espère revenir dans une étude de la poésie égyptienne sur certaines inégalités des vers 
qui se trouvent dans cette ligne; — lignes 4-5^ on y lit : Sed-pe-ta-eti-Tem-hu-em-ha- 
f-cn-an/^. Ti-lirlu-en-heh-em-Ma-se-ua-se. «11 s'empara de la terre de Temhu en son 
temps de vie» ne doiuie pas un sens satisfaisant. « De vie », c'est-à-dire « pendant sa 
vie», appliqué au roi, le suppo.serait mort quand cela fut écrit', mais le contexte le 
représente comme vivant. Par le fait que la phrase a onze syllabes, il est évident qu'il 
faudrait retrancher les mots en any, « de vie » qui ont été ajoutés à ein-ha-f a en son 
temps », c'est-à-dire (( en ces temps-là » : — Texpression ne fut pas comprise, et l'on ajouta 
les mots eji au/^ « de vie» dans la phrase. Au lieu, donc, du texte actuel, dont la traduc- 
tion littérale ne fournit pas un sens satisfaisant, il faut lire : « il s'empara du pays de 
Temhu' en ces temp.s-là ». Dans la phrase suivante, il est probable qu'on devait lire hriu 
dans une seule syllabe; peut-être, cependant, ces vers devraient-ils avoir dix syllabes, 
car, à ])ai'tir des lignes 5-6 jusqu'à la fin du paragraphe, les vers ont dix syllabes : ah- 
en-nei-seti-s/es-u-/esi-em-ma-sa. 

Remarques : Ligne 6, je lis geue et er-lum-ro, le mot tep aurait été probablement 
ajouté au texte pour préciser le sens; ligne 8, le rythme est rompu pour imiter les cris 
qu'on aurait jetés au prince vaincu, lors de son retour dans son pays; ligne 9, les phriises 
ont dix syllabes et le paragraphe s'arrête au mot a éternellement ». 

§ III, lignes 9 1/2 à 10 (fin)'. Ce paragraphe est une sorte de répétition de ce qui 
précède. Peut-être a-t-on voulu donner une version libyenne des événements, mais 
plus probablement doit-on y reconnaître l'œuvre de l'un des derniers rédacteurs. En 
tout cas, d'après des documents plus anciens, il y a onze syllabes à chaque vers, et la 
fin du paragraphe est fautive. 

{;} IV, lignes 11 à 15^ (fin). Le commencement de la ligne 2 est fautif, les mots 
«jour» et « année » sont peut-être des débris d'une date. Dans la suite du texte", on 



consonnes fi..p..v). Voyez Lifblein (cité par Wiedemann, Herodots Zœcites Bucfi, p. 427) : « ... der Versuch 
Pheron in Ba-en-ra, Seele des Ra, einen Beinamen desselben wiederzuericennen (Lieblein) ». Cf. Maspero, 
Du Genre épistolaire, p. 77, a. 2. 

1. Il est étrange qu'on parle de l'état de l'Egypte après la guerre avant de parler de la guerre, mais c'est 
peut-être le fait de l'un des derniers rédacteurs. Le chef libyen qui s'en va de nuit ne devrait pas être pris litté- 
ralement; l'assertion serait en contradiction avec l'histoire de la guerre, qui donne probablement la vraie version : 
« On ne sait pas son sort, s'il est mort (ou vivant). . . Abandonne-le à son sort, s'il vit, il ne se relèvera pas. . . 
Dans le pays de Tamahu. . . ils ont mis à sa place quelqu'un qui le combattra. . . » (E. de Rougé, Les Attaques 
dirigées contre l'Éfu/pie, p. 10). 

2. 11 est peu probable que les textes de la stèle furent rédigés et gravés après la mort de Mer-en-ptah. 

3. C'est-à-dire, il vainquit les Libyens; mais la traduction littérale porterait à croire que le roi avait fait une 
expédition au désert Libyen. 

4. Il est très difficile de dire où le paragraphe III finit et le paragraphe IV commence. V^oyez Maspero, 
Histoire, II, p. 436. 

5. Un mot, ligne 16. 

6. Peut être est-ce censé être une version libvenne. 



ÉTUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA BIBLE 127 

décrit l'état de l'Egypte' au moment do l'invasion des Libyens. Sute/, se serait fâché 
contre' « leur clief^ » ; l'Egypte fut dans un état de désolation, les travaux furent sus- 
pendus, on se cacha dans des cavernes*; par bonheur, le pays fut protégé par Ra, et le 
roi, fils de cette divinité, le sauva de son ennemi^; le prince libyen fut vaincu grâce 
aux dieux de Memphis, et fut envoyé à Héliopolis, où il fut jugé par les dieux", qui 
reconnurent la vaillance du roi. On reprend ici les vers de dix syllabes. A la ligne 12, 
je lis : '/e-an-au-anti-lmti-pe-Giiti-hev-sep-f; à la fin de cette ligne, le rythme est 
rompu par une citation. Ligne 13, le texte est intraduisible. Ligne 15, une autre cita- 
tion. Enfin la dernière phrase a dix syllabes'. 

§ V, lignes 16 à 18 1/5. Ce paragraphe décrit l'état de l'Egypte après la guerre, et 
peut bien cti'e la suite du paragraphe précédent, mais il ne fait que répéter ce qui se 
trouve auparavant". Les vers n'y ont pas le mênïe nombre de syllabes, le texte en est 
fautif et à la fin inintelligible'. 

§ VI, lignes 18 4/5 à 2 1/2. Encore une autre version de la guerre, mais cette fois 
elle est dite être d'après la tradition verbale. Le prince libyen serait venu attaquer 
l'Egypte; le dieu Ptah aurait prédit la victoire, et le prince libyen aurait rendu ce qu'il 
avait pris, comme un crocodile; le reste, présumableraent, manque'". Les vers ont dix 
syllabes, sauf là où se trouve le nom du roi, où il n'ont que neuf. Ma-ke-ye/^ an-cn-ye/^ 
est fautif et peut appartenir à ce qui précède ou à ce qui suit, mais probablement ni à 
l'un ni à l'autre des paragraphes VI ou VIL 



1. Les Égyptiens ne sont pas allés faire la guerre dans la Libye. 

2. C'est bien la signification de la phrase, mais l'analyse grammaticale en est un peu difficile; 

signifiant «mettre quelque chose à part» (Pierret, Vocabulaire, p. 391), on peut admettre le sens «tourner», 
c'est-à-dire «détourner» (voyez Spiegelbèrg, Zeitschrift filr âgyptische Spracho, 1896, p. 13 et 18); mais <n:> 
signifie «à, vers» et peut-être «contre» (stèle, ligne 19, voyez Zeitschrift fur âgyptische Sprache, 1896, p. 13), 
ce qui nous engagerait à traduire « tourner contre », c'est-ù-dire « se fâcher contre »; on peut en rapprocher 
l'hébreu '3 ""ja TinSI [Lécitique, xvii, 10, etc.); cf. UT ''try^ m,T ''iSi {Psaumes, xxiv, 16; cf. upotruTiov Se Ivjpto-j 
sTtt TToio-jvra; /.a/.a, / Pierre, m, 12). Mais si l'on donne au verbe Xa le sens de « détourner » (cf. Anastasi, V, 
15, 7; Zeitschrift fiir ûgi/ptische Sprache, p. 18), on peut rapprocher de l'hébreu nTlDD "^'iS nûb (Joh, xiii, 24 ; 
cf. Psaumes, on, 2, etc.) le passage de la stèle de Mer-en-ptah (cf. Genèse, iv. 6) comme celui de la stèle dite 
de Mésa : « Camos était irrité contre sa terre » (Renan, Histoire du peuple d'Israël, II, p. 303); cf. l'ex- 
pression ilUIS ab nx ^Vpa ''2X1, appliqué à Mer-en-ptah [Exode]; cf. Genèse, xxxi, 2, et le passage de la stèle. 

3. Il est difficile de savoir à qui pei-scn (lignes 10 et 11) se rapporte; peut-être c'est un Libyen (ou des 
Libyens) qui parle des Égyptiens, et «leur chef» serait un chef des Égyptiens. 

4. Ce mol est mal écrit; il est probable qu'il faudrait y reconnaître une forme de « I i^^^ [ V\ r- 

faire un trou»... « ! (<^^ i (^^^^ ^ trou, caverne» (Pierret, Vocabulaire, p. 125 et seq. Cf. JT^S; cf. 

«ils entrent dans les trous, ils se cachent sous terre», Virev, Mémoires de la Mission française au Caire, V, 
p. 205). Cf. le passage de la ligne 11 de la stèle de Mer-en-ptah et celui qui se trouve à la ligne 8 de la stèle 
de Thotmès III (Reinisch, CIu estomathie, pi. Vlll). 

5. Ou de ses ennemis. 

6. Cf. Papyrus d'Orbiney, pi. IX, 1. 2 et seq. (Mon étude, p. 24, Zh.) 

7. Il est bien difficile de décider de qui ou de quoi proviennent les derniers mots de la ligne 15. 

8. Cf. ligne 4, etc. 

9. Ligne 17, il est dit que le roi « repousse ce qui est néfaste (littéralement miasmatique), des pays étran- 
gers », ce qui ne supposerait pas une e-xpédition faite par Mer-en-ptah hors de l'Egypte. Il ne faudrait pas 
en conclure qu'il n'est jamais allé à l'étranger; on serait seulement surpris qu'il eût employé une telle expres- 
sion, s'il avait fait une expôdiiion hors de l'Egypte. 

10. Cf. aux lignes 19-20 et l'histoire de la guerre, lignes 42-43, la phrase : « . . .les sortilèges qu'il avait pro- 
noncés sont rompus, toutes les paroles de sa bouche sont retournées sur sa tête » (voyez les travaux de 
E. de Rougé et de Chabas, précités), ce qui fait penser k la légende de Balaam, Nombres, xxii, xxni, xxiv. 



128 ÉTUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA BIBLE 



§ VII, lignes 20 1/2 à 21 1/3. Dans ce paragraphe il est dit que «le maître' le 
prendra» et' qu'(( Amen le liera de sa main, il enverra son ka à Hermonthis». On peut 
supposer que, selon cette version, le prince libyen aurait été tué et que son àme fut 
envoyée à Hermonthis pour être jugée. Ce paragraphe serait en contradiction avec ceux 
qui précèdent, et où c'étaient les dieux de Memphis, Ptah, Ra et le roi qui avaient 
vaincu le prince libyen. Celui-ci, selon une version, serait de retour chez lui, et, 
d'après une autre version, il aurait été probablement tué, car on aurait envoyé son ka 
à Héliopolis S où il aurait été jugé par les dieux*. Il est évident que le paragraphe VII 
est une interpolation, soit insérée à l'instigation des prêtres d'Amon, soit faite par ces 
prêtres eux-mêmes. Il est très correctement composé de cinq vers de neuf syllabes 
chaque, dont voici la transcription : 





1 


2 


3 


4 5 


6 


7 


8 


9 


1 


Un 


neb 


er 


sep[1) ef 


re-L 


peli 


iiu 


ef 


2 


Em 


Ain 


en 


ua f 


su 


em 


tôt 


ef 


3 


Ut 


ni 


S 


en ka 


f 


em 


an 


kema 



4 Su ten yeb mer am en Ra en ha 

5 Sa Ra mer en ptah ho tep hi ma 

§ VIII, lignes 21 1/3 à 26 1/3. On décrit l'état de l'Egypte après la victoire : Ra 
retourne, et le bonheur est parfait^ II est probable que ce paragraphe devrait faire suite 
au paragraphe II. Dans le paragraphe VIII, le dernier proprement dit de la stèle, on 
ne suit aucune règle, c'est un fatras de phrases d'inégale longueur, et on dirait volontiers 
qu'il est composé de lambeaux de phrases qu'on y a entassés pour remplir l'espace. 

§ IX, lignes 26 1/3 à 28 (fm)^ Après avoir jeté un coup d'œil rétrospectif sur la 
victoire des Libyens, on parle des hauts faits des Égyptiens en Chanaan, enfin de l'in- 
fluence que le roi exerce. La pierre où se trouve ce paragraphe est plus unie et polie que 
dans la partie qui précède, mais quoiqu'elle soit un peu creusée, on peut douter que 
quelque chose ait été effacé pour permettre d'y insérer ce paragraphe. L'exécution 
matérielle des signes hiéroglyphiques est ici autre que dans des paragraphes précé- 
dents; l'écriture est bien mauvaise, sauf quelques signes au commencement des lignes 27 
et 28 qui sont plus profondément ciselés dans la pierre qu'ailleurs"; enfin le langage 
employé dans le texte est différent, en ce que l'on cherche à donner une couleur locale, 
asiatique^ par l'emploi de mots et d'expressions sémitiques". Le paragraphe contient 



1. Le roi? Le dieu? Cf. Spiegelbeiig, Zeltsohrift fur ûfiiiptii^che Sprachc, 1896, p. 13. 

2- ^. ' exposant du sujet. Voyez mon Étudo sur le Papyrus d'Orbineij, p. 68. 

3. Selon l'histoire de la guerre, ou ignorait le sort du prince libyen. 

4. Cf. Papyrus d'Orhincy, IX. 2 et seq. ; mon étude, p. 24-25 seq. 

5. Cf. le discours de Ramsôs III (Cii.vbas, Recherches sur la A7A'« dynastie, p. 6 et 21). 

6. Depuis «chefs» jusqu'à «tranquille» inclus. 

7. Cf. la stèle dite de Mesa, ligne 1, etc. (voyez Renan, Histoire du peuple d'/sraël, IL p. 303). 

8. Encore d'une autre main. 

9. Sur cette question, voyez mon étude sur l'Egypte et la Bible au point de vue géographique, dans le 
Bulletin de la Société l.licdiciale de géographie. 1893. 



ETUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA BIBLE 



129 



une petite cantilène, un vrai bijou de composition léfléchieet artistique, formée de neuf 
vers de neuf syllabes chaque. Pour se rendre compte de ce fait, on n'a qu'à faire la 
transcription ainsi : 





1 


2 


3 


4 


5 


6 


7 


8 


9 


1 


Sar- 


u 


pe/t 


her 


tet 


Se- 


k- 


ma- 


u 


2 


Ben 


lia 


her 


fe 


tep- 


f 


ni 


ta 


pet 


3 


yef- 


en- 


Teh- 


en- 


nu 


'/fi 


tat 


ho- 


tep 


4 


He- 





Pe 


ke- 


nâ- 


nà 


em 


ban 


neb' 


5 


An- 


IL 


^.s- 


qel-' 


ni 


m h a 


ni 


Qet- 


er 


G 


lo- 


en- 


nii 


ani- 


am^ 


are 


m 


tiim- 


un 


7 


lo- 


sir- 


ael- 


u 


fekt 


ben 


pert- 


u- 


f 


8 


■/cd 


yep- 


ru 


m 


yalt- 


u 


en 


to- 


mra 


9 


To 


neb 


temt 


set- 


u 


ni 


ho- 


tep- 


u 



La traduction en est : 



1 . Les chefs se prosternent en disant u Selemau ' ». 

2. Pas un seul des peuples étrangers ne relève la tète". 

3. A été détruit* Tehennu, /eta est amical'. 

4. Est extirpé (en; Chanaan tout ce qu'il y a de mal '. 

5. Est saccagé Asqelni, est enlevé Qet er. 

6. lo-en-nu-am-am est anéanti. 



1. Peul-ùlre niben : He-Pe-Ke-na-naern-ban-nib-en. 

2. <rr> et .2^ sont transcrites, soit par /•, soii par /. mais conformément à la lettre b ou "l du mot 
transcrit. 

3. Diverses lectures de ce nom sont possibles. 

4. Peut-être ce mot est au pluriel. 11 est difficile de décider s'il faudrait comprendre ce mot dans la signi- 

fîcatiou de l'hébreu whv «paix» icf. Genèse, xuii, 23) ou celle de larabe s_i-.lc («M— Il ; le contexte, sur la 
stèle, semble indiquer plutôt le premier rapprochement > voyez Géslmus, Handœôrterbuch, p. 839 et seq.; 
ScHRADER, Die Kcilinschriften und das Altc Testament, p. 152, et Spiegelberg, Académie de Berlin, 1896, 
p. 594). 

5. Expression bien sémitique. Cf. Zacharic. i, 21. et Isaïc. lviii, 5 (voyez la note, dans la présente étude. 
sur .Sute/j. 

6. « Le premier membre de la série géographique où Israël figure a sou verbe à la forme en ne, n, qu'on 
» appelle par habitude le passé, et tous les autres membres sont à ce qu'on appelle le présent. . . le changement 
» de forme dans ce passage me parait répondre à une nuance fort importante. . . Le poète, après avoir décrit 
» les effets de la victoire aux bords du Nil. passe à l'indication de ceux quelle produit à l'étranger... II ne 
» s'agit pas ici nécessairement de faits réels qui se seraient accomplis à peu près en même temps... Nous 
» savons que la victoire est de l'an V de Ménéphtah, mais nous ignorons à quelle date le chant et la stèle qui 
)) le porte furent affichés, si c'est en l'an VI par exemple, ou eu l'an X. Le malheur des Israïlou, ainsi que 
» celui des gens d'Ascalon, est donc un fait dont nous ne connaissons pas encore l'instant précis.» Maspero, 
Reçue critique, 1898, p. 482 et seq. 

7. Hotep. Cf. le traité des yet, cité par Pierkkt, Vocabulaire, p. 384. 

S. /^ ^ ^ est probablement l'équivalent de 'ICISn: quant au détermiuatif, cf. le mot libven, 



ligne 19. Ceci fait penser qu'on peut bien trouver lo-sir-ael-u déterminé par ^1^ : peut-être « extirpe de >> ou 
« extirpe des ■>. 

. VIII. 17 



l!ECL'i:iI., XXIV. — NOL'V. 



130 ÉTUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA BIBLE 

7. (Les) lo-sir-ael-ii sont razziés'. 

8. x,ar est devenu à l'état des veuves de TÉgypte. 

9. La terre entière est tranquille. 

Ce morceau est donc une œuvre de scribe égyptien et paraît avoir été populaire. 
Il est tout à fait analogue au masaf sur la prise d'Hésébon, mais, dans le poème égyptien, 
il n'est question ni des divinités ni du roi, le sujet sous-entendu est les Égyptiens. Il 
aurait été composé après les événements de la guerre contre les Libyens de l'an V, car, 
à la ligne 3, le /wwsa, qui fait au passé la mention de la victoire sur ce peuple, appartient 
réellement à ce vers, car sans lui il n'y aurait pas neuf syllabes, et alors le awwv n'a pas 
été ajouté par un dernier rédacteur. A la ligne 1 , fekt ben pert-u-f ne fait que cinq 
syllabes, et par suite, pour avoir les quatre autres, il faudrait lire Ul] W (1 ^^^ | ^m 
lo-sir-ael-u, ce qui est bien conforme au texte et nous donne non seulement l'ancienne 
et vraie prononciation de ce nom célèbre, mais en indique aussi la signification; — il 
parait bien a qu'un nom propre écrit à la forme pleine aurait une tendance à l'abréger»; 
ainsi on a a hvtr,'^^ au lieu de bx^t^v ». Le te.vte égyptien donne [1|1 W 0^^ l'M'm, 
ce qui serait évidemment la troisième personne de l'aoriste hipliil' du verbe "ittJ"' qui est 
un verbe de l'origine vb (aussi ""'B?) ', car l'assyrien le transcrit par s/r dans A-ha-ah- 



1. -"^fev^^' ^^ °^°'' ^^^^^ ^^ "^'^^ gravé que j'avais des doutes sur la certitude de la lecture. En copte 

qes*, qe-s., signifie « Evellere, Privare, Fraudare, Eradicare», etc. (Peyron, Leœique, p. 324). Il semblerait bien 

que ce mot, dans l'ancienûe langue, déterminé par ^^^é, correspondrait à « Privare» et, déterminé par ^ ./) (cf. 

V\ S^ /]) correspondrait à «Eradicare»; la signification de ce mot serait analogue à l'hébreu ilH; cf. 

l'arabe Ijj, IjTj', 'C)3j> ij j^ (vo^'cz Ciiu;i!BONNEau, D(cïio/ina<re a/'rt6e-//'anfa/'s, p. 341 seq.), J) III 

« sans ses approvisionnements» est explicalif; la signification du passage : \\\\ \\ (J *^è\ | ^îli 

fl Crm O 11 «===> 1 _M^ I 1 1 I I ^^I^P^ 

^^^^ J I I I est : « I,a tribu des lo-sir-ael-u a été razziée. » 

La présenie étude était déjà en notes (manuscrites), lorsque M. Virey publia son élude : « Note sur le Pharaon 
Ménéphtah et les temps de TExode », où il propose la traduction : « Israël est déraciné et n'a pas de graine, » 

p. 2; c'est-à-dire en donnant à ^^^^ la signification qu'aurait ^ (cf. p. 5, n. 3, de son étude et 

. O <i-=^ ^^-^«—^ ^^^ =<^_ ^ "^^ ^^ 

cf. „ .pour J, , ligne 26; peut-être ^ pour , ligne 3 «chasser», mais le 

W=il © w=il — 



texte copte, Matthieu, xiii. ;;y, cité par M. Virey, nTeTeiiqwx.! AiniKCcoTro, se trouve presque textuellement 
dans l'ancienne langue [1 ^ Y\ \=J1 1] Yr^ ^ ' "^^ arrache des plantes» (Anastasi IV, 

pi. II, 1. 10; MAsrERO, Du Genre épistolairc, p. 29); fcqcn est bien déterminé par L=dO (voyez Anastasi V, 
1, 5, et Masi'kro, Du Genre épiMolaire, p. 30, n.); pour une étude sur le mot t>i^' '^'Oi'^z Spiegelberg, 

Zeitsckrift fur agyfAische Sprache, 1896, p. 23. Je me réserve de revenir sur la mention de la razzia par les 
Egyptiens de la tribu des lo-sir-ael-u, en Chanaan au temps de Mer-en-ptah, et de montrer dans une élude 
spéciale ce qui résulterait d'une mention d'Israël en Chanaan aux temps de Ramsès II ou auparavant. 

2. Nombres, xxi. 27, D^bîTan "nûK"' p hv. 

3. C'est, je crois, le plus ancieu exemple d'un hiphilavec le "i entre les 2'' et 3« radicales. C'est précisément 
pour indiquer le hiphil qu'on aurait écrit \\ après — h — , ainsi ,'l . 

4. On le considère ordinairement comme étant un verbe ""'B. Voyez, par exemple, Preis.mehk, Gram- 
maire, § 220. 



ÉTUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA BIBLE 131 



bu mat Sir'-a-la-aa, « Ahab d'Israël »'. Le verbe ir; fait au prétérit hiphil T'tt'in et à 
l'aoriste ne?'"' et -itt^ix', et, par suite, devrait faire Ttt?v ou -wv qui, avec le nom divin ■?« 
ajouté, s'abrège en 'w\ d'où la forme du nom hvrw\ « Le sens serait celui que El dirige 
dans la droite voie'. » Quanta la valeur historique de ce morceau, un lettré, qui aurait 
pris tant de soin dans la composition de cette petite épopée, aurait dû avoir choisi des 
matériaux des plus authentiques. Si donc, après avoir rappelé la déroute des Libyens et 
l'amitié des Xetas, il parle des victoires des Égyptiens en Chanaan, et si, à ce propos, il 
fait mention que la tribu des lo-sir-ael-u a été razziée, il résulte nécessairement, du 
témoignage du texte égyptien, qu'Israël était en Chanaan sous le règne de Mer-en-ptah'. 



* » 



Comme on devrait s'y attendre, on trouve ailleurs un autre exemplaire de la narra- 
tion qui est gravée sur la stèle'" . Si l'on compare le texte de celle-ci avec les fragments 
de Karnak, on reconnaît que le texte de Karnak emploie, dans nombre de passages, la 
forme pleine et la stèle la forme écourtée; que le texte de la stèle est plus correct que 
celui des fragments de Karnak qui est quelquefois inintelligible"; enfin, que les deux 
textes contiennent des fautes, mais que la môme faute ne se trouve pas en même temps 
dans les deux textes. En ce qui concerne les variantes^ la stèle attribue la victoire aux 
dieux de Memphis, Ptah, Rà, et au roi; puis, dans un passage interpolé, elle l'attribue 
au «maître» et à Amen; en haut de la stèle, pour anticiper ce qui, en réalité, arriva. 
Amen promet au roi la victoire. Dans les fragments de Karnak' et dans l'histoire de 



1. Delitzsch, V/o lag das Paradiesf p. 285, et Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, 
p. 150. — Notons que le i est encore ici, entre s et /•, comme dans ce nom dans la stèle de Mer-en-ptah. 

2. Gesenius, Haadœôrterbuch, p. 361. Je ne discute pas la question de la différence entre ^ et t?, ni 
la transcription de tt' par — h — (voyez E. de Rougi';, Mémoire sur l'orirjine égyptienne de l' Alphabet phénicien, 
p. 70 et seq.). 

3. Renan, Histoire du peuple d'Israël, I, p. 106, n.; Grofp, Dieerses études, p. 7, n. 3. « Une objection à 
» l'explication, celui que El dirige, c'est que, d'après l'analogie de ^pV, de pUV, de S]DV, le "" devrait être un» 
» préformante, » Renan, Histoire précitée, I, p. 106, n. — Mais précisément le % dans le nomISlty, est une 
préformante, le "• du verbe "Itt''' est devenu 1 à l'hiphil, puis, par suite de l'addition du nom Sx, le 1 voyelle a 
disparu; Groff, Dieerses études, p. 7, n. On devrait bien avoir les formes : '?K'T'C>1\ 'pK'nU'r et SNIirv La 
transcription égyptienne lo-sir-ael-u montre bien que le verbe ne peut pas être l'aoriste hipbil d'un verbe 
,1"*?, qui fait à l'aoriste hiphil >17J\ sans le "" entre les 2" et 3' radicales; ainsi, d'après la transcription égyptienne, 
le nom losir-ael-u ne pont pas être dérivé du verbe ,112? (voyez Genèse, xxxii, 28) et est assurément dérivé 
du verbe VS'V. (Pour les verbes I""?, voyez Preismeuk, Grammaire hébraïque, p. 133 seq. et p. 367.) 

4. J'espère revenir sur la question des traditions de l'Exode et celle du séjour en Egypte. Notons que, sur 
la stèle de Mer-en-ptali, en décrivant l'état de l'Egypte en l'an V, on ne fait aucune allusion à des désastres 
analogues à ceux dont on parle dans VEseode, ch. vu et suiv. — Notons sur la stèle, lignes 2-3, «Nuages» 
(ténèbres); cf. Exode, x, 21 (cf. Jean, ii, 8; Isaie, xm, 16, lx, 2; // Samuel, xxii, 29; Psaumes, xix, 28; 
Matthieu, iv, 16; cf. le passage cité Zeitschri/t fïir ïtgyptische Sprache, 1896, p. 15, n. 3.— Stèle, ligne 3; cf. 
ligne 4, «Souffles»; cf. Genèse, u, 7. 

5. Spiegelberg, Zeitschri/t fur âgyptische Sprache, 1896, p. 4 et suiv. : « Bruchstùcke eines zweiten 
Exemplares in Karnak» (Dûmichen, Historische Inschri/ten, I, 1 c). 

6. Par exemple, dans le passage qui est un post-scriptum, jamais on ne dira que le texte sur la stèle est 
d'après celui des fragments de Karnak; le style est correct, celui des fragments serait tout à fait inintelligible 
(du moins dans la copie de Diimichen, donnée par .Shiegelbkrg, Zettschrift fur âgyptische Sprache, 1896, 
p. 4 et suiv.). 

7. Version des prêtres d'Amen, d'après Simkgki.keiu;, Zcitschrift fier âgyptische Sprache, 1896, p. 20 (44), 



132 ÉTUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA BIBLE 

la guerre'^ la victoire est attribuée à Amen. De ces faits il résulte que le texte de la 
stèle, d'après une version mempliitique, est plus ancien que celui des fragments de 
Karnak, mais qu'il a passé entre les mains du sacerdoce d'Amen avant d'être rédigé et 
gravé sur la stèle ^ On voit bien qu'on gardait les textes reçus où furent racontés des 
hauts faits des dieux, mais par des interpolations et modifications on insinuait que les 
victoires qu'ils célébraient étaient dues à Amen. 

«■ * 

Ainsi^ pour conclure, la narration, très incohérente, il est vrai, de hi guerre 
contre les Libyens, se rapporte bien aux événements de l'an V, mais le post-scriptum, 
où il est question de Chanaan, n'a pas de date; tout nous porte à croire que, très pro- 
bablement, il aura été composé et gravé sur la stèle sous le règne de Mer-en-ptah. En 
tout cas, on devra admettre que, quand il fut écrit, la tribu des lo-sir-ael-u était déjà 
en Chanaan. 

III. Le discours atli'ibué à saint Paul et les croyances d'origine égyptienne à 
Athènes^. — Selon l'auteur des Actes des Apôtres', lors d'un séjour que saint Paul 
aurait fait à Athènes, il prononça un discours à rAréopage\ Il y raconta qu'il avait 
trouvé à Athènes un autel dédié au dieu inconnu", et que c'était précisément ce dieu 
qu'il venait annoncer. Il est évident que, selon la narration, pour saint Paul le dieu 
inconnu était m,T, nom dont on ignorait la prononciation et qu'on lisait ""nH". Paul aurait 
décrit ce dieu et ce qu'il avait fait par une série de petites phrases qui, en tout cas, 
doivent lui avoir été familières, puis, par une citation des poètes grecs, il aurait assimilé 
le dieu dont il parlait à Zeu? ; mais il y a un abîme entre mn*' et Ztj^, et ils auraient été des 
ennemis acharnés. 

Le culte de Jupiter ne devait pas être inconnu à Paul', et en ces temps-là la fusion 
des religions était tout à fait à l'ordre du jour". On avait assimilé Zsu? à Amen^°, dont le 



1. Lignes 26, 27 et 32, peul-ctre à Plah, ligne 69.— Voyez les travaux d'E. de Rongé et de Cliabas, précités. 

2. Peut-être tous les deux d'après le même prototype; toiuefois, il se peut que les rédacteurs des frag- 
ments de Karnak aient utilisé les mêmes documents que les rédacteurs de la stèle. 

3. Cette élude a été rédigée en juin 19U0 et lue à l'École française d'Athènes le 7 février 190L 

4. Actes des Apôtres, xvii. — Voxez /" Épître aux Tliessaloniclens, m, 1. 

5. « Quant au discours rapporté au ch. xvii des Actes, il est l'ouvrage de l'auteur des Actes, bien plus que 
de saint Paul. » Rknan, Les Apôtres, p. 167, n. 2. 

6. Cf. Pausanias, I, 4, [iwjxoi oz ôeoiv twv ovo(xaso|xîva)v oL^r/oxj-iù'/. « Altars of gods named Unknovvn. Itis 
» impossible to détermine whether there was one altar or several aliars of Unknown Gods at Phalerum; aud 
» supposing there vvere several, \ve cannot tell whether each was dedicated to the Unknown God (in the 
» siugular) or to the Unknown Gods (in tlie plural). At Olympia there was a single altar to Unknown Gods 
» {V, 14, S)», Frazer, Pausanias's Description of Greece, II, p. 33. Si, «lans le discours attribué à Paul, il avait 
parlé d'un autel qui aurait été dédié aux dieux inconnus, on lui aurait bien dit qu'il s'était trompé; s'il avait 
parlé d'un autel dédié au dieu inconnu, les savants de l'Aréopage auraient bien compris qu'il s'agissait d'un 
aulel dédié à Amen. 

7. Voyez sur cette question Renan, Saint Paul. 175, 176; cf. mes Études sur la sorcellerie, ou «le rôle 
que la Bible a joué chez les sorciers », Mémoires de l'Institut égijjdien, III (fasc. IV), p. 398. 

8. Voyez Actes, xiv, 12, etc. 

9. Voyez mes Études sur la sorcellerie (précitée). 

10. HiiRODOTE, II, 42, cf. Pliitiirque; il y a un nombre d'analogies qu'on peut relever entre D'H^K et .A.men. 
ni.T est un H^H per.-oniiifié. — Voyez Ri:nan, Histoire du peu/de d'Isra-~l, I, p. 82 et seq. 



ÉTUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA BIBLE 133 

nom, en égyptien, signifie «mystérieux, inconnu», de sorte que le dieu inconnu de 
l'antiquité fut Amen. « L'oracle » d'Amen « fut connu des Grecs dès le VII« siècle; on 
voit par Aristophane que les Athéniens le consultaient en même temps que les oracles 
de Delphes et de Dodone ». Une « inscription montre qu'en 333 » un « temple d'Amen 
était achevé' » à Athènes. Si Paul avait entendu parler d'Amen, le dieu inconnu, ou 
s'il avait « trouvé » un autel dédié à cette divinité, il est loisible de supposer qu'il aurait 
pensé à mT, dont la prononciation était inconnue. En tenant ces faits constamment en 
vue, si on lit le discours attribué a saint Paul, bien des difficultés disparaissent. 

Act., chap. XVII, vers. 23. Selon la narration, saint Paul aurait dit : . . . E-jyrt 
xat pwuov £v co £-c-;£-;ia— A^^o^-to Oew. Lcs autcls du DicLi dout sccrct cst le uom', en 
égyptien, sont les autels du dieu Amen, de qui il est dit que « mystérieux (est son nom 
plus que ses naissances, c'est dans son nom d'Amen ' ». 

Vers. 23 (suite), ov ojv aYvoojv-£c vj-iof-t, toj-ov h-.'^ y.7.-.x-;-fû.lM 'juL'.v. Il est évident que 
Paul aurait songé que c'était un autel dédié à mn"; mais assurément les savants de 
l'Aréopage auraient pensé, en entendant parler d'un autel dédié au dieu inconnu, que 
c'était un autel dédié à Amen, auquel on avait assimilé Zej;. La suite du discours, aux 
versets 24 et suivants, est formée de petites phrases qui décrivent ce dieu et ce qu'il 
avait fait; on les trouve pour la plupart, d'ailleurs, appliquées à .Tn' et. dans les textes 
égyptiens, à Amen. 

Vers. 24, o Oeo; c, -oir^^z^ -ov xoT.uov X7t -avTz xt. ev auTtu ; cf. Act.j XIV, 15. C cst bien un 
écho de la narration de la création racontée par la Genèse, et l'expression se trouve 
également, en égyptien, appliquée à Amen presque textuellement*. 

Vers. 24 suite , ojto; ojpavoj /.a-, -t,; /.jp-.o; j-ïzyyii. Vov. Matthieu, xi, 25: cf. l'égyp- 
tien ^^3^^ ^^37 

Vers. 24 suite , os/, ev /i-.zo-o'.r^-o:^ vao*.; •A%-o:y.z: ( VerS. 25) O'JOE UTO /E-.po^ ïyOpwTTor/ 

eEpa-EJE-a-.. La première partie correspond bien à ce qui est dit Act., vu, 48 seq. ; pour 
la fin, voy. Jean, iv, 23-24, et cf. Pliilippiens, m, 3'. Dans un hymne égyptien, il est 
dit que Dieu « n'est pas sculpté en pierre. . . il n'a pas de serviteurs ni de ceux qui lui 
rendent hommage. . . , on ne sait pas le lieu où il est" ». 

Vers. 25 (suite), -po70£a;aEvo; T'.vo;; réflcxion de l'auteur". 

Vers. 25 suite , a-j-o^ o-.oou; -%-s'. ^or,v xai -vor.v /.t: '.% -ol-i-t. . C'est bien un écho de la nar- 
ration de la Genèse; cf. Romains, xi, 36', mais aussi la phrase décrit bien le rôle 
d'Amen, qui est représenté comme «produisant les existences» et qui fait vivre tout". 



1. FoucAUT, Reçue des Études grecques, 1S93, p. 6. 

2. Maspero. Hif-toire ancienne, p. Ï82. 
'6. Grékaim-, Hymne à Ammon, p. 14. 

4. GitÉDAUT. Hymne à Ammon, p. 5, 6, 8, 16. 

D. Cf. Luc, X. 21: Grébaut, Hymne à Ammon, p. 10; cf. Bulletin de l'Institut cyypticn, lS98, p. 61. ' 

6. Voyez / Rois, vm, 27. Cf. // C/ironiques, ii, 6; Isaie, lxvi, 1; Jcrémir, xxiii, 24. 

7. Pa/iytu--' Sallier //, 12, 6 s. (cf. Anastasi]; Guif.vsse, Hymne au Xil, p. 22 [Recueil de Tracaux, XIII ; 
Maspero, Histoire ancienne, p. 11. 12: cf. Mallet, Le culte de Xeit à Sais, p. 229, n. 

8. Cf. Psaumes, l, 8. 

9. Job, XII, 10: Zacliarie, xii, 1. 

10. Grebaut, Hymne à Ammon, p. 16: Maspero. Histoire ancienne, p. 285. 



134 l'TUDES SUR CERTAINS RAPPORTS ENTRE L'EGYPTE ET LA BIBLE 



A'erS. 26, £T:o;r,Jî te î; îvoî aiaaTo; — av îOvo; avOpiOTriov •/.aTOix.c'.v s—i —av to — sotiottov ':'',îY'';î, op'.tra; 
-poT£TaY;ji£vojc xatpojî xai -a; opoôiaia; rr,; xaxot/.'.a; ajxwv. C'est bieil Ull écllO de 1:1 narration dc 

la Genèse', mais aussi cela fait penser an fait que « l'ensemble de toutes les races 
humaines. . . formait le troupeau de Rà » d'après les anciens Egyptiens*. 

r/.a-TOj T,;jiwv j-ap/ov-ra. Réflexion de l'auteur, qui sert d'introduction au verset suivant et 
à la citation qui s'y trouve. 

A ers. 28j £v aj~o-) vao ^oj;i.£v "/.a; ■/.'.vo'j;i.£Oa "/.a'. £7|j.£v" oj; xai tlve:; tcov /.aO' o^aa; "O'.TjTwv £;ûr,y.a3; 

((Toj yap /.ai -;£vo; zi^xvn\ La première partie de ce verset' anticipe, ou mieux explique la 
citation qui dot le verset : Toi» yap ■/.%<. y£voî £T|ji£v, peut bien être appliquée à Amen qui « orga- 
nise toute chose ' », et à Ze-jî, dans le sens du ciel et de la lumière, le « père éther' » des 
poètes latins. L'expression Toj yap /.ai yEvo; eaiJisv ou Ex aou yap yevoî e(j[ji£v est familière aux 
poètes grecs et est appliquée à Z£j;\ d'où le dieu inconnu, dont aurait parlé saint Paul, 
aurait été Jupiter'. Cette citation" n'a rien de choquant, du moment qu'on reconnaît 
que. d'un côté, les Grecs avaient assimilé Zej; à Amen, qui est le dieu inconnu, et, de 
l'autre coté, qu'on aurait confondu m,T, dont on ignorait la prononciation du nom, avec 
Amen*. 

Ainsi interprété, le discours attribué a saint Paul devient bien ce que Ton s'atten- 
dait à entendre dire en Athènes vers ces temps-là. La religion chrétienne naissante 
aurait tendu la main à la religion païenne mourante; elle ne fut pas agréée, le paga- 
nisme s'en alla et ne fut bientôt qu'un souvenir. Ce qu'il y a d'intéressant pour nous 
en cela, c'est de constater qu'on fit un ettort pour fusioimer les deux dis'inités Zeu? et xt 
et que le trait d'union entre eux fut, le dieu inconnu, la divinité suprême de l'Egypte, 
Amen. 



1. Chap. I, II, x; cf. Isaie. xlv, 12, etc. 

2. Denkmdler, III, 133-136. — Voyez LiiNOiiMANT, Los Origines de l'Histoire, II. p 202. 

3. Voyez Colossiens, i, 16 s. 

4. Cf. PiEUKET, Dictionnaire d'archéologie égyptienne, p. 36. 

5. Antiion's Classical Dictionary, p. 706. 

6. Ahxtvs, Phénomènes, ô; Cléanthe, Hymne « J«/>àc/-, 4. « Tous les deux l'empruntaient sans doute à 
» (juelque hymne religieux anonj'rae. » Rt'.nan, Les Apôtres, p. 167. 

7. Voyez Renan, Saint Paul, p. 175, 176. 

8. Autres citations attribuées à saint Paul. / Corinthie/is, xv, 33; Titc, i, 12.— Voyez Renan, Les Apôtres, 
p. 166 s. 

9. Actes, XVII, vers. 29 (cf. Isaie, xiv, 18 s.); en égyptien, cf. Sallicr II, pi. XII, lignes 6-8; Anastasi VU, 
pi. IX. lignes 1-3. — Voyez Guieysse, Hymne au Nil (extrait du Recueil de Tracaux, XIII, p. 9). Assurément 
si Paul a parlé de l'Aréopage, ainsi que le veut le narrateur des Actes des Apôtres, les savants qui .s'y trou- 
vaient auraient cru qu'il avait vu un autel dédié à Amen, el, par suile, qu'ils comprenaient mieux que lui la 
vraie signification de l'inscription .Vv-^oj-ito) 6î(o. 



CALCUL DE L'HEURE CHEZ LES ANCIENS ÉGYPTIENS 135 



CALCUL DE L'HEURL CHEZ LES ANCIENS ÉGYPTIENS 

l'AR 

ROMIEU 

Directeur de l'École d'Hydrographie à Alger 



Je me propose de montrer comment procédaient les Egyptiens des époques pha- 
raoniques pour résoudre le problème de l'heure. Les textes nous apprennent qu'ils y 
arrivaient par des observations sur la constellation de la Grande-Ourse, effectuées à l'aide 
d'un instrument appelé Mérech ou Merebei, dont ces mêmes textes nous ont livré le 
dessin. Je présente ici l'esprit de la méthode et la composition de l'instrument. 

Les Égyptiens employant leur liste dedécans dans lamesui'edu temps, le jour sidéral 
était donc Tunité qui servait à comparer les observations entre elles. L'année religieuse 
commençait au jour du lever héliaque de l'étoile Sirius et du Grand-Chien, qu'ils appe- 
laient Sothis, et par suite les jours successifs avaient chacun pour oi'iginc un lever de 
cette étoile; la date était le nombre de levers effectués depuis le lever héliaque, et 
l'heure, à un instant donné, la fraction de la révolution diurne séparant cet instant du 
dernier lever; son expression en temps sidéral était désignée par le mot ^^ 
Vheure. En d'autres termes, si on conçoit le parallèle de Sothis divisé et numéroté en 
24 heures à partir du lever de l'étoile marquée zéro, on aura une horloge dont le paral- 
lèle sera le cadran et l'étoile l'aiguille; l'heure sera la portion de ce parallèle qui 
séparera le zéro de la position de l'étoile à l'instant considéré. Le problème de l'heure 
n'a jamais été posé, que je sache, avec précision dans les questions égyptologiques. On 
l'a confondu avec les culminations ou avec des cérémonies religieuses que nous appel- 
lerions aujourd'hui la pose de la première pierre d'un édifice, d'un temple par exemple : 
mie culmination n'est jamais qu'un cas très particulier de la détermination de l'heure, 
et une cérémonie religieuse n'est nullement une observation astronomique qui doit 
conduire, en général, à un résultat d'une certaine exactitude. Du reste, le problème de 
l'heure ne pouvait être attaqué directement par les Égyptiens, qui ne possédaient pas 
de trigonométrie sphérique et qui même paraissent n'avoir eu que des idées très 
confuses des lois du mouvement diurne; de sorte qu'on ne saurait accorder qu'ils eussent 
alors des instruments d'observation basés sur ces mômes lois, comme en employèrent 
plus tard les astronomes grecs d'Alexandrie. Le procédé qu'imaginèrent les Égyptiens 
des temps pharaoniques, et que réellement ils employèrent, ne put donc être que très 
élémentaire ; il était ingénieux cependant dans son idée première et susceptible même 
de quelque précision. 

La première question de laquelle je m'occuperai sera de rechercher la relation 
astronomique qui existait, aux époques antiques, entre le décan Sothis et la constellation 
égyptienne |T| I i< ou , la Cuisse. Cette constellation se rencontre dans les textes 

désignée par le premier des deux groupes précédents, qui était, en général, son appel- 



VMi CALCUL DE L'HEURP: CHEZ LES ANCIENS ÉGYPTIENS 




lation particulière. Le second groupe est la désignation habituelle de cette même partie 
du corps d'un quadrupède quelconque; cependant, accidentellement, il peut se faire 
qu'il soit employé, lui aussi, pour désigner la constellation. La Cuisse, comme signe 
déterminatif du nom de la constellation, présente, sur son dessin, sept étoiles ayantentre 
elles une disposition qui rappelle celle des sept étoiles principales de la Grande-Ourse; 
cette circonstance a conduit à reconnaître dans l'astérisme égyptien de 
la Cuisse, ff\?\ , la Grande-Ourse de la sphère grecque. Mais, de plus, les 
textes paraissent établir entre la Cuisse et Sothis une relation de position 
qu'un calcul bien simple va nous permettre aujourd'hui d'interpréter. Les sept étoiles de 
la Grande-Ourse ont été, dans les temps antiques comme à notre époque, des astres 
circumpolaires pour les horizons de l'Egypte : la relation inconnue ne pouvait donc être 
cherchée, .semblablement aux décans, dans un intervalle de levers. Cependant, lorsque 
la distance d'un astre au pôle ne lui permet pas d'atteindre l'horizon pendant la révo- 
lution diurne, l'ascension au-dessus de ce plan commence à partir de la position appelée 
culmination inférieure, instant où l'astre se trouve descendu à la distance minimum du 
plan de l'horizon qu'il ne peut atteindre; j'ai donc pensé à comparer les levers de Sothis 
aux passages des étoiles de la Grande-Ourse au méridien inférieur, et j'ai choisi l'étoile r, 
de l'extrémité de la queue pour établir cette comparaison. J'ai transporté les coor- 
données équatoriales de Sothis et de -r, à l'année 1800 du calendrier julien proleptique, 
que j'ai adoptée pour époque dans tous les calculs astronomiques qui se sont présentés 
dans mon travail sur le ciel égyptien ; puis j'en ai déduit l'ascension oblique de Sothis 
sur l'horizon deThèbes en 1800, qui, augmentée de 18 heures, m'a donné le temps sidéral 
à l'instant du lever de Sothis. Quant à r,, je n'ai eu qu'à augmenter son ascension 
droite de 12 heures pour obtenir le temps sidéral de sa culmination inférieure. Ces 
calculs, desquels je parle en ce moment, comme ayant été effectués tout récemment, 
datent cependant de 35 ans environ : à cette époque, préoccupé surtout et avec juste 
raison de la solution des nombreux problèmes archéologiques qui se présentaient à 
moi dans l'étude du ciel égyptien que je m'efforçais d'obtenir aussi complète que 
possible, l'exactitude de mes calculs astronomiques en souffrait beaucoup, par suite du 
peu de temps cjue je leur consacrais et que le plus souvent je leur regrettais, car je me 
promettais d'y revenir plus tard. Cette manière de procéder amena, dans la question 
actuelle, la conclusion curieuse et surprenante que le lever de Sotliis et la culmination 
inférieure de r, de la Grande-Ourse étaient des phénomènes simultanés précisément en 
1800, à une minute près cependant et à 22 h. 34 m. de temps sidéral. Je n'en étais pas 
à croire à l'exactitude de ces nombres, car l'époque 1800 que j'avais choisie l'avait été 
sans motif particulier bien grave, et il y avait donc lieu d'être surpris de cette ren- 
contre de nombres que j'attribuai à des com|)ensations d'erreurs, et mon opinion à ce 
sujet n'a varié que depuis peu. Mais cette simultanéité ne devant être que temporaire, 
par suite des variations des coordonnées des étoiles avec le temps, je remis la revision 
luunérique à un moment où mes recherches archéologiques seraient plus avancées. 
Depuis, des circonstances diverses m'ont de beaucoup attardé sur ce travail, et aujour- 
d'hui (ju'il esta i)eu près terminé, j'ai pensé à le revoir et à en vérifier les principaux 



CALCUL DE L'HEURE CHEZ LES ANCIENS ÉGYPTIENS 137 



calculs. Séparé des ouvrages dont je disposais autrefois, je me suis adressé à l'Obser- 
vatoire d'Alger pour connaître les nombres qui devaient être les premiers éléments des 
vérifications. Je dois à l'extrême bienveillance de MM. Rambaud et Sy, astronomes de 
l'Observatoire, d'avoir pu opérer rapidement mes opérations de revision. Ces messieurs 
ont eu l'obligeance de calculer le transport des coordonnées pour plusieurs étoiles, et 
c'est un devoir et un plaisir pour moi de leur en témoigner ici mes plus vifs remercie- 
ments. J'ai été amené ainsi à constater, avec certitude cette fois, que la simultanéité des 
deux phénomènes stellaires était fort peu éloignée de 1800. et un petit écart pour 
des questions de ce genre peut être regardé comme négligeable, surtout dans l'igno- 
rance où nous sommes du degré d'exactitude des observations égyptiennes. Les nombres 
obtenus sont les suivants : 



1800 



T. s. du lever de Sothis, sur rhorizon de Thèbes = 22 h. 38" .6 

T. S. de la culmination inférieure de t) de la Graude-Ourse. . =22 41 3 

Intervalle = 2°',7 



Nous admettrons donc la simultanéité rigoureuse pour l'année 1800. Mais, en reve- 
nant aux hiéroglyphes, il résulte de la discussion précédente que c'était bien cette 
simultanéité que les Égyptiens avaient remarquée, vers 1800 très probablement, et que 
les textes nous rappellent aujourd'hui : nous verrons tout à l'heure l'ingénieux emploi 
qu'on fit de cette particularité dans le problème de l'heure. Remarquons auparavant, 
comme conséquence immédiate de la constatation précédente, que l'étoile Sothis et la 
constellation m\ avaient le même rôle astronomique par rapport au solstice; l'une et 
l'autre en annonçaient le retour ou plutôt le retour de la période solsticiale : nous 
avons vu en effet, au chapitre i'^'" de ce travail, traitant du décan Smat, qu'en 1800 le 
lever héliaque de Sothis tombait dans la période solsticiale, c'est-à-dire dans la période 
des jours pendant lesquels le soleil paraissait stationnaire aux Égyptiens sur son point 
de lever à l'horizon ; d'après ce qui précède, pendant cette même période, les culmi- 
nations de -n avaient lieu, comme le lever héliaque, peu de temps avant le lever du 
soleil, et pour les Égyptiens c'était encore une indication de l'arrivée du solstice, 
absolument comme le lever héliaque. D'après Hipparque, la Grande-Ourse était 
appelée Aston, (] 'OuO^^ ^^ elle marche en arrière, appellation qui ne 

fait que rappeler ce que j'ai dit deux lignes plus haut, savoir : lorsque la culmina- 
tion de f\ se produisait un peu avant le lever du soleil, on était arrivé au solstice, 
traduit ici dans sa marche en arrière. Cette interprétation est bien confirmée par le 
nom, lasion, qui, d'après Hygin, désignait le Gémeau Pollux; cette dernière dénomi- 
nation se compose de la précédente à laquelle on a préfixé le groupe (](] , ce qui lui 
donne la signification de : ciel I; alors la marche en arrière. Je ne présente ce nouveau 
nom que pour confirmer seulement l'exacte interprétation du premier, car ils ne 
pouvaient se rapporter l'un et l'autre à la même époque de l'existence de l'Empire 
égyptien. 

II 

D'après ce qui a été dit au début de ce travail, pour préciser le problème de l'heure 

RECUEIL, XXIV. — NOUV. SÉIÎ., VIII. 18 



138 CALCUL DE L'HEURE CHEZ LES ANCIENS ÉGYPTIENS 

chez les anciens Égyptiens, on voit que l'étoile Sothis faisait l'office d'un soleil sidéral, 
avantage qui lui avait été donné par le motif que le lever héliaque de cette étoile, 
tombant dans les temps antiques pendant la période solsticiale, annonçait le solstice et 
par suite l'inondation du Nil qui le suivait à ces époques après un petit nombre de 
jours d'intervalle; cependant le parallèle de l'étoile ayant une déclinaison australe, la 
nuit de l'astre était plus longue que le jour, ce qui signifie que, pendant une révolution 
diurne, l'astre restait sous l'horizon un temps plus long qu'au-dessus de ce même plan; 
ce qui aurait été très désavantageux, si l'on s'était proposé de calculer l'heure de Sothis 
au moyen d'observations faites sur l'étoile elle-même. Ce dut être aux environs de 1800 
que les Égyptiens, ayant remarqué la simultanéité dont nous avons parlé plus haut et 
frappés en même temps du peu de commodité qu'offrait le parallèle de Sothis pour les 
observations, arrivèrent à l'idée de calculer l'heure de Sothis en observant la Grande- 
Ourse, dont les parallèles, toujours au-dessus du plan de l'horizon, permettaient les 
observations pendant la nuit entière et les deux crépuscules. Concevons le parallèle 
de -n divisé en 24 heures à pcirtir de la culmination inférieure marquée zéro comme 
l'instant du lever sur le parallèle de Sothis; nous aurons ainsi deux horloges qui indi- 
queront aux mêmes instants des heures identiquement égales, en supposant toutefois la 
simultanéité rigoureusement établie : l'heure de ri sera aussi celle de Sothis. 

Au sujet de cette nouvelle montre, dont je me représente l'existence réelle, j'aurai à 
examiner certaines questions qui feront comprendre que cette montre n'est pas une 
simple fiction théorique, mais bien qu'elle résume à elle seule tout ce que les anciens 
Égyptiens avaient imaginé et pratiqué pour résoudre le problème de l'heure. Et d'abord, 
comment saisissaient-ils l'instant du zéro, c'est-à-dire de la culmination inférieure 
de -iri? Il suffisait pour cela d'un simple fil aplomb que j'admettrai, pour une première 
exposition, soutenu par la main de l'observateur pendant l'opération, tant que je n'aurai 
pas présenté les instruments auxquels on l'adaptait. Le fil placé entre l'œil et l'étoile 
suivait cette dernière dans ses déplacements vers l'horizon, et l'instant cherché était 
amené, d'abord par un ralentissement de plus en plus sensible de ces déplacements, 
puis par l'annulation du mouvement descendant et enfin confirmé par le déplacement 
horizontal qui lui succédait. Remarquons que, pour une culmination supérieure, l'opé- 
ration était semblable, le mouvement antérieur étant, dans ce cas, d'abord ascendant, 
pour se terminer encore par un déplacement horizontal. L'intervalle qui sépare les deux 
culminntions étant la demi-durée du jour sidéral, on comprend qu'il était de la plus 
haute importance de savoir le mesurer, et pour cela un garde-temps était indispensable. 
Je vais établir la composition la plus simple de cet appareil. 

L'homme, dès qu'il fut sur la terre, eut la pensée de mesurer le temps par le 
mouvement des astres. Cette évaluation, d'abord très grossière, fut successivement 
perfectiormée par lui. Mais, en se civilisant, il comprit que, pour la distribution de ses 
occupations journalières ou autres, il était nécessaire qu'il complétât sa première idée 
en imaginant un appareil destiné à lui faire connaître, à chaque instant si besoin était, 
et avec une certaine précision, le temps écoulé depuis tel ou tel moment : il en vint 
ainsi à l'idée de garde-temps . Pour que la mesure des intervalles fût immédiatement 



CALCUL DE L'HEURE CHEZ LES ANCIENS ÉGYPTIENS 139 

sensible à la vue, il imagina de leur substituer les volumes de l'eau écoulée d'un vase 
pendant leurs durées et recueillis dans un autre vase divisé et gradué : il arriva ainsi 
à ce qu'on appela une clepsydre ou horloge à eau dont la théorie est très simple, 
comme on le voit, et de même sa composition matérielle. Ce qui explique jusqu'à 
un certain point pourquoi les fouilles eu Egypte n'ont mis à jour que peu d'objets 
reconnus pour avoir servi à une clepsydre, c'est très probablement que les deux 
réservoirs dont elle se compose pouvaient, chacun, affecter des formes quelconques, 
placés à des hauteurs inégales du sol : le réservoir supérieur, muni à sa partie inférieure 
d'un orifice ouvert ou fermé à volonté, n'était assujetti, pour l'exactitude des opéra- 
tions, qu'à la seule condition de contenir une masse d'eau de niveau toujours constant, 
et ceci pouvait être obtenu par des installations qui ne dépendaient que de l'espace 
occupé par l'appareil et du lieu qui fournissait l'eau employée ; ils devaient varier, en défi- 
nitive, à l'infini. Je viens de dire qu'on n'a pas rencontré de clepsydres dans les fouilles 
en Egypte, mais ce qui est plus surprenant encore, c'est que l'on n'ait point rencontré 
dans les textes une mention de son emploi, et cependant l'instrument étant indispen- 
sable pour les observations astronomiques, on ne peut douter, malgré tout, que les Égyp- 
tiens n'en connussent le principe et n'en eussent fait usage. Dans cette succincte description 
de la clepsydre, j'ai montré comment un intervalle de temps physique pouvait être 
remplacé par un volume d'eau, et nous allons voir comment ce volume conduisait à 
l'expression de l'intervalle en temps sidéral. Mais ceci ne suffira pas pour que l'appareil 
décrit pût être appelé un garde de temps dans l'idée la plus large; il faudrait pour cela 
que, semblablement à nos horloges, l'instrument indiquât l'heure à un instant quel- 
conque et sans observation nouvelle. J'exposerai', dans la troisième partie de ce travail, 
le peu de renseignements sur cette question donnés par les auteurs de l'antiquité qui 
ont. écrit sur la religion et les usages des anciens Égyptiens, en y joignant les probabi- 
lités émises par la science égyptologique d'aujourd'hui, au sujet de certains objets ou 
dessins paraissant se rattacher à l'emploi des clepsydres. 

Comme premier exemple de la nécessité absolue des clepsydres pour la mesure du 
temps dans les observations, je présenterai la détermination de la durée de la moitié du 
jour sidéral ou du jour sidéral tout entier qui était l'unité; ouvrons l'orifice du vase 
supérieur au moment précis de la culmination inférieure de tj et fermons-le à la culmi- 
nation supérieure, le volume de l'eau recueillie dans le vase inférieur repré.sentera la 
demi-durée du jour sidéral et le double de ce volume sera l'unité. Pour tout autre 
intervalle moindre que le jour sidéral, on divisera le volume de l'eau recueillie par le 
volume qui représente l'unité, et on aura ainsi l'intervalle exprimé en temps sidéral. 
Voyons encore comment on pouvait rétablir numériquement la simultanéité du lever 
héliaque de Sothis et de la culmination inférieur de r,, lorsque, à une époque éloignée 
de 1800, cette simultanéité n'existait pas encore ou avait déjà eu lieu. Supposons pour 
fixer les idées que le zéro de Sothis, c'est-à-dire le lever héliaque, fût celui des deux 
phénomènes qui se produisait le premier : à cet instant, on ouvrait le robinet de la clep- 
sydre, 'et on le fermait au moment de la culmination inférieure, quand le fil à plomb en 
indiquait l'instant précis. Le volume de l'eau recueillie, exprimé en temps sidéral de la 




140 CALCUL DE L'HEURE CHEZ LES ANCIENS EGYPTIENS 

manière déjà indiquée, était l'avance de la montre Sothis sur la montre tj, qu'il fallait 
ajouter à toute heure de t) pour avoir l'heure correspondante de Sothis. Ce serait une 
différence dans le cas inverse. 

Il ne reste donc plus qu'à montrer comment on obtenait l'heure de t) à un instant 
quelconque. La solution que j'expose en ce moment se trouve résumée et confirmée 
par conséquent, dans le dessin ci-dessous que le Dictionnaire de Brugsch donne comme 
copié à Edfou. On y voit le nom hiéroglyphique de l'étoile Sothis suivi de la Cuisse, 
constellation dont le déterminatif, surmonté ici de la tête d'un animal de l'espèce 
bovine, paraît entraîné dans un mouvement de révolution par une corde, A (T| ' ^ 

, dont on aperçoit seulement l'extrémité attachée au jarret 
de la Cuisse. Cette représentation nous dit d'une manière 
"^ ^ ~ "** très claire que la Grande-Ourse de la sphère grecque en- 
gendrait par ses déplacements les heures de Sothis. Voyons le détail des opérations 
successives à effectuer pour avoir l'heure de yj : cherchons d'abord, à l'aide du fil à plomb, 
l'instant précis de la culmination inférieure de h et ouvrons l'orifice d'écoulement de la 
clepsydre : choisissons dans le ciel de la Grande-Ourse deux étoiles sur le point de se 
trouver dans un même plan vertical, et lorsque le fil à plomb placé devant l'œil lui 
cachera simultanément les deux étoiles, celles-ci seront exactement dans un même plan 
vertical; fermons alors l'écoulement, et le volume de l'eau recueillie dans le vase infé- 
rieur exprimé en temps sidéral sera l'intervalle depuis la culmination, c'est-à-dire 
l'heure de tq à l'instant de l'observation. On comprend qu'en répétant cette opération 
un grand nombre de fois, on pourra fractionner le jour sidéral en autant de parties que 
l'on voudra, et l'on réunira, dans un tableau à deux colonnes, d'un côté les noms des 
couples d'étoiles observées et en regard les heures correspondantes. D'autres fois les 
étoiles, par leurs positions respectives, se présenteront de manière à être plus commo- 
dément saisies dans un plan horizontal bien déterminé que dans un plan vertical 
changeant d'un couple d'étoiles à un autre. Tel est le principe ingénieux de la méthode, 
qui pouvait avoir été développé dans ses applications un grand nombre de fois, de 
manière à résoudre le problème de l'heure avec toute la précision qu'on désirait 
atteindre; mais nous n'avons, de notre côté, plus rien d'important à signaler sur cette 
question, et il nous reste seulement à décrire les instruments qui permettaient aux 
Égyptiens d'exécuter aisément et avec précision les observations qu'ils avaient ima- 
ginées. 

III 

Après ce que j'ai déjà dit au sujet de la clepsydre, je n'aurai que fort peu à ajouter 
ici. Horapollon, auteur grec du V® siècle de notre ère, est le seul qui ait affirmé l'emploi 
de la clepsydre chez les anciens Égyptiens; d'après Horapollon, ils faisaient usage 
d'une clepsydre dans laquelle un cynocéphale assis laissait successivement échapper, 
par son phallus, un volume d'eau représentant 24 heures équinoxiales qui étaient, 
dans ce cas, des heures solaires de temps vrai, en suivant les paroles d'Horapollon, 
à moins que ce dernier ait appelé heures équinoxiales des heures de temps sidéral 



CALCUL DE L'HEURE CHEZ LES ANCIENS ÉGYPTIENS 141 

comptées de à 24, comme les Grecs pouvaient le faire aux équinoxes, pour les heures 
solaires: mais il est inutile de s'arrêter à cette distinction, car nous ignorons complè- 
tement comment les Égyptiens l'établissaient. C'est très probablement le souvenir de 
ce passage d'Horapollon qui a amené M. Brugsch à vouloir reconnaître un modèle 
réduit de la clepsydre égyptienne dans un appareil qui se présente fréquemment dans 
les inscriptions et les scènes monumentales, au nombre des offrandes qu'on présentait 
dans les temples aux dieux et aux rois. Le dessin que je produis ici prf montre une 
caisse ou coffre placé derrière un cynocéphale assis, et les deux objets sont placés sur 
une corbeille des fêtes, qui, dans la clepsydre réelle, devait être un réservoir ayant la 
forme d'une petite barque. Il est évident qu'avec cela seul on ne peut dire avec certi- 
tude, d'abord si l'on a réellement sous les yeux une clepsydre, et puis quel était le rôle 
des trois objets composants : on peut cependant donner toujours l'explication qui paraît 
la plus probable. Dans mon opinion, le coffre était le réservoir d'eau à niveau constant, 
entretenu d'une manière nullement indiquée; il était en communication avec le singe 
et lui fournissait le liquide que ce dernier évacuait dans le réservoir ayant la forme 
d'une barque. Enfin celui-ci devait porter, en un certain endroit de sa paroi intérieure, 
une échelle indiquant par les volumes d'eau les heures et peut-être leurs divisions et 
subdivisions. 

En ajoutant aux descriptions précédentes la mention de celle qu'a faite M. Golé- 
nischeff de deux fragments de vases appartenant au musée égyptien de l'Ermitage et 
qu'il croit avoir appartenu à une clepsydre, j'aurai énuméré tout ce qui a été dit au 
sujet des clepsydres dans l'antiquité égyptienne. 

L'instrument appelé Merecli ou Merchet montre, sur les représentations que les 
fouilles nous ont livrées, des dispositions bien différentes, au moins en apparence; 
elles permettaient toutes cependant les deux manières de procéder dont j'ai parlé et par 
les positions respectives des étoiles que l'on se proposait d'employer à un certain 
moment, l'une des deux manières avait toujours un avantage sur l'autre. Je décrirai 
deux types de l'instrument, car tous les autres se rattachent à ceux-ci par des modifi- 
cations qui, en réalité, ne constituent pas des différences sérieuses, tant sur la disposition 
et la composition de l'instrument que sur la manière de l'employer. Le dessin qui suit 
représente une tablette supportant un montant perpendiculaire, 
percé dans cette direction et vers son milieu d'une fente étroite dans 
laquelle battait un fil à plomb, traversant la tablette et se prolon- 
geant en dessous. Ce fil à plomb, évidemment destiné à des obser- 
vations d'étoiles dans une même verticale, servait aussi à établir la 
tablette sur son support dans une position exactement horizontale : 
admettons la face supérieure de la tablette parfaitement polie et donnant une image 
très visible du fil à plomb dans sa cage; on sait que cette face miroir sera horizontale 
si, l'observateur tenant à la main un deuxième fil à plomb, ce dernier pourra lui cacher 
simultanément le fil à plomb fixe et son image dans la tablette, et cela pour les diverses 
positions que cet observateur prendra tout autour de la tablette. 

Une vis en bois qu'on voit à gauche, traversant verticalement la tablette et 





142 A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 

s'appuyant sur la surface plane servant de support à l'instrument, permettait d'établir 
rigoureusement Thorizontaiité. En résumé, le fil à plomb dans sa cage était employé 
à saisir deux étoiles dans une même verticale, et la tablette servait à attendre les étoiles 
dans un plan horizontal bien déterminé. L'observation des culminations que j'ai décrite 
plus haut s'effectuait aussi avec le fil à plomb de l'instrument, qui dispensait l'observa- 
teur de le tenir à la main, comme je l'avais dit dans ma première exposition du procédé; 
l'opération y gagnait en précision et rapidité. 

Le dessin qui suit présente un Merech d'une construction tout à fait différente : 
ce second type de l'instrument, tout entier taillé dans une même 
pierre, se compose de deuxparallélipipèdes rectangles à faces très 
exactement dressées, unis par leurs parties inférieures; le fil à 
I plomb, fixé à la face supérieure de l'un des parallélipipèdes, tra- 
tAï versait le vide intérieur pratiqué dans la pierre et était assujetti 
par sa sortie inférieure à suivre la perpendiculaire commune aux deux bases opposées; 
on arrivait à satisfaire très exactement à cette condition au moyen d'objets de très faible 
épaisseur introduits entre l'instrument et son support. On comprend que, par cette dis- 
position, les faces et les arêtes latérales servaient à saisir deux étoiles dans une même 
verticale et les faces supérieures pour les observations dans un même plan horizontal. 

Ajoutons que très probablement le tableau dont j'ai parlé plus haut, qui plaçait 
en regard des étoiles observées les heures correspondantes de la clepsydre, devait être 
écrit sur l'instrument même, de manière à se trouver immédiatement à la disposition et 
sous les yeux des observateurs. 

Je terminerai cette étude en faisant remarquer que le Merech devait être l'instru- 
ment que Clément d'Alexandrie appelle wpoXôyiov, et qui, comme son nom l'indique, 
servait aux anciens Égyptiens pour déterminer l'heure. 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 



PAR 



G. Maspero 

§ XXIL — La réponse de M. Spiegelberg aux observations que j'avais faites sur la 
forme Bacis du nom de Bomkis' m'est agréable pour deux motifs : en premier lieu, parce 
que M. Spiegelberg reconnaît que la forme en a de ce mot est aussi légitime que les 
formes en ou-o; en second lieu, parce que l'explication qu'il propose de cette forme me 
fournit l'occasion d'exposer sommairement la conception h laquelle je suis arrivé de 
l'histoire et de la constitution des états plus récents de la langue égyptienne. Je n'ai 
pas la prétention de développer ici mes idées tout au long, — un volume n'y suffirait 



1. Recueil de Tracaux, t. XXIV, p. 30-32. 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 143 

pas, — mais je veux en indiquer la tendance générale qui ne ressortait pas, jusqu'à 
présent, assez nette de ces notes A travers la cocalisation. Les égyptologues étrangers 
et français qui, depuis près d'un quart de siècle, ont eu l'occasion de s'entretenir avec 
moi de ces matières ou d'assister à quelques-unes des leçons que je leur ai consacrées 
au Collège de France et à l'École des Hautes Études, se rappelleront, je l'espère, les 
faits nombreux dont je m'efforçais d'étayer ma démonstration ; je prie les autres d'at- 
tendre la suite de ces articles, pour y trouver au fur et à mesure les preuves à l'appui 
des propositions que je me bornerai à énoncer rapidement dans le présent article. 

M. Spiegelberg cherche une origine dialectale à Ta dont j'ai signalé l'existence 
dans des mots qui contiennent plus tard un o-ou, dans le nom du dieu (1 AMN,par 

exemple. « Le scribe babylonien, dit-il, qui, au XIV« siècle av. J.-C, écrivait AMaNou, 
» entendait le nom du dieu dans un dialecte voisin du fayoumique moderne; celui qui 
» transcrivait Amomx l'avait entendu avec la prononciation que lui prêtent la plupart 
» des dialectes à nous connus, tandis que la vocalisation la plus récente Amon ne doit 
» pas être considérée comme dialectale ' . » Qu'il y eût des dialectes en Egypte à l'époque 
du second Empire thébain, cela est prouvé, entre autres, par le passage du Papyrus 
A/zasi!as/ / où il est fait allusion à la difficulté que les gens d'Éléphantine et ceux des 
marais du Delta éprouvaient à se comprendre mutuellement'. ^Lais ces dialectes, dont 
nous saisissons ainsi l'existence, possédaient-ils tous une vitalité égale, ou bien ne s'en 
trouvait-il pas au moins un dans le nombre, qui s'était élevé déjà au-dessus des autres, et 
qui s'était répandu comme une sorte de langue plus policée, d'abord sur les populations 
les plus voisines du centre où on le parlait, puis, de proche en proche, sur toutes les 
populations de l'Egypte? On sait par quelle fortune politique le latin, d'abord dialecte 
du Latium, éclipsa tous les autres dialectes italiotes et devint la langue universelle de 
l'Italie, puis d'une moitié de l'Europe : le même phénomène se reproduit chaque fois 
qu'un peuple ou une fraction de peuple arrive à la suprématie, et l'on voit le florentin 
devenir l'italien classique, le dialecte du Middlesex devenir l'anglais, le dialecte de 
l'Ile-de-France devenir le français. Lorsque, au XP siècle, la royauté capétienne im- 
planta définitivement à Paris le siège de l'autorité royale, la cour, employant le parler 
local, réleva à la dignité de langue noble et l'imposa bientôt aux provinces qui relevaient 
de cette autorité : dès la fin du XIP siècle, rien ne flattait plus les gens que de leur 
dire qu'ils savaient aussi bien le a le françois de Paris, — com se il fussent né au bourc 
à Saint-Denis )). Le séjour séculaire à Thèbes de la royauté pharaonique, en son moment 
de plus grande puissance, ne créa-t-il pas un privilège analogue au profit du dialecte 
de cette ville, et celui-ci n'était-ii pas devenu, dans le temps que le scribe babylonien 
transcrivait AMaNOU, la langue officielle du pays entier, celle dont on se servait pour 
les usages littéraires et pour la conversation dans les hautes classes? En d'autres termes, 
n'y eut-il pas, sous le second Empire thébain, au-dessus des parlers locaux, un parler 
égyptien commun à toute l'Egypte, une xotvr;, qui, dérivée du dialecte de la capitale, 



1. Recueil de Tracaux, t. XXIV, p. 31-32. 

2. Papyrus AnastasL /, p. xxviii, 1. 6; cf. Chabas, Voyage d'un Égyptien, p. 303-305. 



144 A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 

gagna graduellement le pays entier, et qui, éliminant les autres dialectes de proche en 
proche, se substitua ù eux par tout le pays, comme langue d'usage courant? 

Lorsqu'on étudie les idiomes d'origine latine, on est contraint bien vite de reconnaître 
qu'ils supposent l'existence, à un moment donné, d'une langue uniforme, d'un roman 
parlé sans variations considérables dans la moitié de l'empire romain. Si, négligeant les 
difïérences spécifiques qu'on saisit entre eux, c on considère les traits que, sous leurs 
)) plus anciennes formes, ils ont en commun; si l'on se rappelle qu'ils ont, à peu de 
» chose près, le même lexique, la même déclinaison, la même conjugaison, les mêmes 
» procédés de composition et de dérivation, la même syntaxe ; alors ils nous apparaissent 
» comme les aspects divers d'une seule et même langue, comme les diverses tloraisons 
» d'une même plantation dans des terroirs différents' )). Que si, après avoir examiné 
ainsi l'ensemble des langues romanes, on se restreint à l'étude d'une seule d'entre elles, 
le gallo-roman par exemple, on constate bientôt que les mêmes faits se reproduisent, 
mais d'une façon plus précise et plus évidente encore. On voit tous les patois et dialectes 
que le français comporte se ramener à un type commun de langue d'oïl, lequel lui- 
même remonte, parallèlement avec les patois et les dialectes de la langue d'oc, au gallo- 
roman qu'on parlait, à partir du V" siècle, dans tout le territoire com[)ris entre le Rhin, 
les Alpes et les Pyrénées : la diversité nous conduit à l'unité, et, si nous ignorions 
l'histoire linguistique de notre pays, l'analyse et la comparaison des patois et dialectes 
qui y subsistent actuellement suffiraient à nous prouver qu'ils procèdent d'une /.oivr;. 
Nous obtiendrions des résultats identiques si, au lieu de nous attaquer au groupe gallo- 
roman, nous choisissions le groupe hispano-roman ou le groupe italo-roman pour sujet 
de nos recherches : à chaque fois, nous serions obligés de conclure de la diversité 
actuelle à une unité passée. Si donc, transportant à l'égyptien les méthodes qui ont 
servi heureusement pour les langues romanes, nous en venons à trouver dans les dia- 
lectes du copte les mêmes traits qui ont prouvé l'unité originelle des langues romanes 
ou de leurs dialectes, nous serons en droit de déclarer que la forme présente de ces 
dialectes du copte suppose l'existence antérieure d'une xoiv-^ o-.âXEx-uo!;, qui fut usitée dans 
l'Egypte entière, et qui y avait supplanté elle-même d'autres dialectes parlés avant 
qu'elle prévalût. Au commencement du XIX*^ siècle, le nombre de ces dialectes du 
copte demeurait fixé à trois^ ceux que Peyron appelait le memphitique, le thébain et 
le bachmourique : les documents découverts au cours de ces vingt dernières années 
ont modifié cette classification et augmenté le nombre. La distinction entre les nouveaux 
venus n'est pas toujours facile à tracer, et ceux que la difficulté de les distinguer nette- 
ment inquiéterait auront avantage à se rappeler ce que les romanistes ont dit dans un 
cas pareil. « Il n'y a réellement pas de dialectes, affirme Gaston Paris; il n'y a que des 
» traits linguistiques qui entrent respectivement dans des combinaisons diverses, de 
» telle sorte que le parler d'un endroit contiendra un certain nombre de traits qui lui 
)) seront communs, par exemple, avec le parler de chacun des quatre endroits les plus 
» voisins, et un certain nombre de traits qui différeront du parler de chacun d'eux. 



1. A. Dar.mestetkr. Cours de Grammaire historique de la langue française, t. 1, p. 8. 



A TRAVERS LA VOCALISATION EGYPTlENxNE 145 



» Chaque trait linguistique occupe d'ailleurs une certaine étendue de terrain dont on 
» peut reconnaître les limites, mais ces limites ne coïncident que très rarement avec 
)) celles d'un autre trait ou de plusieurs autres traits, elles ne coïncident pas surtout, 
» comme on se l'imagine souvent encore, avec des limites politiques anciennes ou 
» modernes. » Tout cela est vrai des nouvelles formes de l'égyptien que les documents 
récents nous ont révélées, et, pour n'en citer qu'un exemple, le trait linguistique de \ 
pour p ne couvre pas la même étendue de terrain que le trait linguistique «. = o, si bien 
que les coptologues ne devront pas conclure trop vite de la présence ou de l'absence de 
l'un ou l'autre de ces traits dans un texte pour le ranger dans un dialecte précis. Je 
laisserai toutefois cette question de côté pour le moment, et je n'utiliserai que les trois 
dialectes admis au temps de Peyron, m'étant convaincu que ce qui est vrai d'eux est 
vrai avec quelques nuances des dialectes nouveaux. Aies regarder de près, on s'aperçoit 
qu'ils présentent des similitudes telles qu'elles ne peuvent s'expliquer que par leur 
dérivation d'une source commune : comme il faut choisir entre les preuves qu'ils four- 
nissent de la sorte, j'examinerai seulement deux de leurs organes principaux, le système 
des pronoms démonstratifs et le système de la conjugaison. 

1° Système des pronoms démotistralifs. — Le système des pronoms démonstratifs 
et de -leurs dérivés, les articles et les pronoms possessifs, rei)ose en entier sur trois 
thèmes consonantiques affectés, n-«^ au masculin, t-o- au féminin, it au pluriel. Selon 
leur vocalisation, et en partie selon leur position dans la phrase, ces trois thèmes four- 
nissent des pronoms adjectifs ou, en d'autres termes, des articles définis, des pronoms 
démonstratifs proprement dits, et des pronoms possessifs. 

A. — L'article possède, selon l'initiale des mots auxquels il se joint, deux séries 
parallèles, l'une, non vocal isée,Ti-cÇ iV/., n T". B.,t-» M., i T. B., n T. B., l'autre, voca- 
lisée en e, ne T. B., tc T. B.. ne[ii] M., n[n] T. B., ou en i, n\M. T. B.,^ M. T. B., m 
M. T. B.\ L'influence dialectale se montre grammaticalement dans l'emploi plus ou 
moins fréquent de chacune de ces formes selon les dialectes, phonétiquement dans 
l'usage de «ç-o- à côté de n-T ou dans une préférence marquée pour l'une ou l'autre des 
deux vocalisations en e et en i, mais elle n'est nulle part assez forte pour nous masquer 
la communauté d'origine. 11 est évident que toutes les variétés usitées dans les ti'ois dia- 
lectes remontent à une forme unique, celle que les hiéroglyphes écrivent /^^^\ . 
^^^ ^^ ^ *^^ \^ "^"^ ' 4-4- • Cet article unique n'est lui-même que le pronom démons- 
tratif plus ancien ^K ^^ paï, "^^^ taï^ IMv naï'. Les deux séries du copte nous 
montrent que, à une époque relativement moms récente, la vocalisation double des 
thèmes anciens : V avait disparu dans certains cas, 2" s'était conservée dans certains 



1. Hi, '^ ou Ti, m, sont presque toujours, en ihébaiii au moins, les formes réduites du démonstratif 
nei, TCi, itei ; toutefois la nuance qui sépare le démonstratif préfixe de l'article est si faible, dans bien des cas, 
qu'il n'y a pas d'inconvénient à admettre que souvent ces formes ni, '^, m, sont devenues de véritables 
articles. 

2. E. Dii RouGii, qui considérait comme étant des articles, articles démonstratifs, articles attributifs, articles 
possessifs, toutes les formes que je range dans la catégorie des pronoms, admet par là l'identité originelle des 

formes de l'article simple AX^ \\ . et de ce qu'il appelle l'article démonstratif /^x' 'vv pai (Chresto- 



mat/tie, II, p. 29, § 152). 

RI'.CUEIL, XXIV. — NOUV. SÉR., VllI. 19 



146 A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 

autres cas, mais après s'être résolue tantôt directement en e, PAï-PAi-ne, taï-tai-tc, naï- 
NAi-ite, tantôt en i par l'intermédiaire d'une altération interne de a en e, PAï-PEï-PEi-ni, 
TAï-TEï-TÉî--^, NAï-NEÏ-NÎa-ni. Le pronom démonstratif d'autrefois, devenu atone par 
position proclitique, n'avait pas gardé sa vocalisation pleine. Quoi qu'il en soit de cette 
explication, un fait est certain à qui veut regarder les choses sans parti pris : les formes 
de l'article sont assez identiques dans les trois dialectes pour ne pouvoir dériver que 
d'une commune origine et, par suite, pour prouver l'existence d'une xoiv-/-;, au moins 
en ce qui regarde cet article. 

B. — Les pronoms démonstratifs comportent, comme les pronoms adjectifs, deux 
séries pai'allèles qui sont identiques dans les trois dialectes : 1° une série absolue forte 
«Çe>i M. ni.1 T. nei B., -&e>.i M. t*.i T. Tei B., ne.i M. T. nei B., que la résolution de la 
diphtongue *.i sur h a doublée d'une série faible «^h AI. nn T. B., -^h M. th T. B., nu 
M. T. B.; 2° une série proclitique, qui est en memphitique n«.i, t«.i, ité.i, en thébain et 
en bachmourique nei, tci, uei, ou, avec la résolution sur i de la diphtongue ei, m, 't, "^ 
en thébain. Ici encore, l'intluence dialectale ne se trahit que par des nuances assez 
faibles, telles que le «ç et le ■» du memphitique pour le n, t du thébain et du bachmou- 
rique, et la vocalisation en e pour «. du thébain dans la forme proclitique atone, du 
bachmourique dans la forme absolue comme dans la forme proclitique. Le bachmou- 
rique a subi le plus complètement la dégénérescence phonétique, mais, qu'il ait eu à 
l'origine la forme pleine n*.i, tô.i, nd.i, ainsi que les autres dialectes, cela résulte avec 
évidence de l'existence chez lui comme chez ceux-ci de la forme en h, dérivée de la 
forme en e.i par résolution de la diphtongue «^ sur ^-h. Ici donc, encore, la diversité 
dialectale nous ramène à Tunité d'origine, et, par conséquent, à une xoiv/-;, dans laquelle 
les pronoms démonstratifs aiu'aient été exprimés par /^>^ ^v . "^^^ > "^^ pai, tai, 



NAi. Je reviendrai un peu plus loin sur quelques-unes des questions que soulève le 
double emploi absolu et enclitique de la série démonstrative en copte. 

C. — Les pronoms possessifs se partagent également en deux séries, la première 
où la personne qui possède est exprimée par un nom, la seconde où la personne qu' 
possède est exprimée par les pronoms suffixes des personnes. 

La première série est ainsi conçue dans les trois dialectes : cç*. M. n*. M. T. B., 
•»*. M. Tè. T., n*. T. M. B. L'influence dialectale s'y réduit aussi à un minimum, la 
substitution de <ç et de -e- à n et à t dans le memphitique. En revanche, la vocalisation 
est identique partout; c'est celle de l'article hiéroglyphique a^ ^^, '=^^.. ""^ pa, 
TA, NA^j et une fois de plus, nous sommes obligés de convenir que les trois dialectes 
remontent à une forme commune en ce qui concerne cette série. 

La seconde séiie comprend deux variantes, l'une en od-ot, qui sert à former les pro- 
noms possessifs absolus, tçoji M. noji T. B., -acoi M. Tcoi T., «oTi M. T., le mien, la 
mienne, les miens, et ainsi de suite, l'autre en «.-e, qui sert à former les pronoms pos- 



1. E. UK RouGÉ, C/irrstoinat/lie égyptienne^ fasc. 11, § 156-157, p. 31-32, où soin réunis pour la première fois 
quelques exemples de cette forme : les formes ^ que cite E. de Rougé sont pour i^/www , le de, et nous 
montrent un usage qui n'a pas subsisté en copie. 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 147 

sessifs proclitiques, n*. T. M. B., t*. T. M. B., ix*. T. M. B., mon, ma, mes, et ainsi 
de suite. Que les deux formes dérivent de l'hiéroglyphe 2^'^v^l^' '^'^V^^^' 
"^ (1(1 ^ PAU, TAU, NAii, c'est ce qui est admis assez généralement par les gram- 
mairiens' pour que je n'aie plus à y insister; il y a eu seulement dédoublement de la 
forme première pour répondre aux deux emplois auxquels elle fut adaptée. La langue a 
choisi pour les pronoms possessifs absolus la variante où Ta s'est obscurci en o 
^^1^(|(|^ PAii-moi, ci^K (|(|^ TAii-Tcoi, "^ (][^^ NAir-noTi, ctc.', tandis qu'elle 
a réservé pour les pronoms proclitiques les formes dérivées de la vocalisation en a. Je 



reviendrai sur la forme n*., T*., n*., que A^ ^^'Js^' "^^ HS^' "^ 'J(J^°'^^ prise, 
dans un numéro prochain de ces études, en ce qui concerne les autres personnes, la 
vocalisation en e est, comme je l'ai indiqué ailleurs, la résultante de la résolution de la 
diphtongue ai qui s'était développée dans paik, paif, etc.'. Cette affectation des dou- 
blets phonétiques de A^ ^v^4^ ^■^"' ^^^'' ^' '^^^^ ^^ ^^^ Q^i nous occupe, une valeur 
considérable. Il semble en effet, s'il n'y avait pas eu unité de prononciation dans la 
langue d'où les trois dialectes procèdent, que chacun d'eux eût pu prendre pour ces 
emplois une forme différente de celle que les deux autres adoptaient, que le thébain, 
par exemple, eût pu employer la vocalisation en d.-e où le memphitique préférait celle 
en to, et dire n*.-iTeK. etc., Cjuand le memphitique disait cÇcoV-cÇcok. etc., et réciproque- 
ment. Si les trois dialectes sont, pour autant que nous les connaissons, unanimes dans 
cette double affectation, c'est qu'ils la trouvaient déjà faite dans la langue antérieure, et 
que celle-ci était une /.o'.vr,, au moins en ce qui concerne cet ensemble de formes des 
pronoms possessifs. 

Évidemment j'aurais pu pousser à fond cette étude et entrer dans le détail minutieux 
qu'elle comporte. L'exposé sommaire que j'ai fait suffît pourtant, je crois, à montrer 
que le système des pronoms du copte suppose, au moins en ce qui les concerne, l'exis- 
tence d'une y^o'.'/r,. Peut-on pousser plus loin la recherche et préciser à peu près le temps 
où cette xo'-v-/-; a dû se former? C'est un fait admis que la langue littéraire de l' Ancien- 
Empire ne connaît pas l'article, et que celui-ci apparaît encore à l'état sporadique dans 
la langue populaire du premier Empire thébain*: cet article naissant n'est d'ailleurs 
que le pronom démonstratif aK ^^ pa, ^^^ ta, l^v na. L'article et son dérivé 



A/WWA y-j /WW\A 

1. E. DE RouGÉ, Clirestomathie, §177. p. 48, admettait pour iio-yi l'origine ^ VQi nou-i; mais ^ 

est ici, comme je l'ai moatré il y a longtemps, un auxiliaire verbal. En ce qui concerne la dérivation de 
nu)i, etc., cf. Erman, /Egtjptische Grammatik. § 115, p, 46-47, et Steixdorff, Koptische Grammatik, §54-55, 
p. 37-38, où je lis, à côté du renvoi à la Grammaire d'Erman, le passage suivant qui me parait manquer de 
clarté: « Das absolute Possessivpronomen ist zusammeiigesetzt mit einem A'omen nto = masc, tco = fem., 
noT = plur. (ftir *itto, § 38 a), und den possessifsufiixen. Vgl. A.. § 115. » 

2. Pau est devenu Tttjoi-c^coi, paik, nijoK-«ÇtoK. et ainsi de suite, par l'intermédiaire de poîi-poik, etc. : l'i 
s'est diphtongue avec l'o et la diphtongue résolue sur U). ainsi que je l'ai indiqué ailleurs {Recueil, t. XX, p.lSOsqq.). 

3. Recueil, t. XVIII, p. 54-56. En ce qui concerne les féminins noT-TOT-iiO'y. et les pluriels noTT-TOV-ttOT, 
j'aurai l'occasion d'en discuter l'origine par la suite. 

4. E. DE RouGÉ, Chrcstomatltie, II, § 150, p. 27, disait déjà : « L'article défini existait depuis une très haute 
» antiquité, mais il était rarement employé, en sorte que Von peut considérer l'abondance des articles comme 
» un premier critérium à appliquer pour apprécier l'âge des textes. » Erman, yEgyptische Grammatik, § 113, 
p. 46 : « Die altère Sprache hat keinen uns bekannten Ausdruck fur die Bestimmenheit oder Unbestimmenbeit 
eines Substantivs und erst die Vulgârsprache des m. R. beginnt das Demonstrativ, /)j (vgl., § 90) als Artikel 
zu verwenden. » 



148 A TRAVERS LA VOCALISATION EGYPTIENNE 



le pronom possessif ne se montrent à l'état courant que dans les textes rédigés pendant 
le second Empire théhain, de préférence dans ceux qui se rapprochent le plus de la 
langue parlée chez les gens du monde sous la XIX® et sous la XX® dynastie, Conte des 
Deux Frères, Poème de Pentaouirit, Conte du Prince Prédestiné, Chants d'amour. 
Là on trouve déjà et aK^^^ pai employé soit comme proclitique, soit absolument, 



et les pronoms possessifs A^ ^^11^' /^ j \' ^^^•' ^^ /^ ^ ^^^^ P'"'^ comme 



pronoms démonstratifs absolus, et A^ ^^, usité comme pronom attributif. Les autres 
formes ne se rencontrent pas encore, mais ce n'est pas une raison pour qu'elles n'aient 
pas existé déjà. On sait avec quelle ténacité les langues littéraires résistent à l'invasion 
des formes développées dans la langue populaire; l'égyptien écrit par les scribes se 
défendit de son mieux contre l'égyptien parlé par le peuple, et tant que vécut le système 
hiéroglyphique, la tradition empêcha qu'il admit les éléments nouveaux du langage. 
Ce que l'on peut dire toutefois, en s'appuyant sur le témoignage des textes hiérogly- 
phiques et hiératiques du second Empire thébain, c'est que le système des articles et 
des pronoms possessifs, attributifs, démonstratifs, y était organisé déjà sur les mêmes 
thèmes et de la même mnnière qu'on le trouve en copte et qu'il avait déjà évincé une 
partie au moins du système usité antérieurement'. Le travail d'élimination des formes 
du système antérieur était achevé déjà à l'époque où l'écriture démotique prévalut, 
c'est-à-dire sous la domination perse, ainsi qu'on s'en assurera par la Grammaire démo- 
tique de Brugsch et par les textes mêmes, c'est-à-dire vers le V® siècle. Quant à 
l'évolution vocal ique du système, des transcriptions grecques telles que Ns-^opôtT); de 
"^ (1(1 "^ Wi '^^o'-^'' montrent que la résolution de la diphtongue ai de /^>^00 =^-=— , 

Q^. []/U^ , iK fj/l ^^ , était déjà accomplie vers la même époque. Je laisse à ceux 
que ces questions intéressent le soin de relever les autres exemples, et je conclus pour 
ne pas allonger cet article : 1° C'est entre la XVII I^ dynastie et la XXVIII^ que le 
système des pronoms démonstratifs a pris la forme qu'il possède dans les dialectes du 
copte; 2" C'est donc dans le temps qui s'écoule de l'une à l'autre de ces dynasties que 
l'on doit placer la floraison de la xow/, que suppose l'identité de ces pronoms dans 
les dialectes du copte. Diverses laisons, sur lesquelles j'aurai l'occasion de revenir, 
m'inclinant à penser qu'entre ces deux extrêmes, le beau temps de cette xoiv/j répondit 
à l'âge des Ramessides : je ne serais pas étonné d'ailleurs, si des recherches pos- 



I. Je rappelle ici pour mémoire, ce que j'ai indiqué il y a de longues années, que le système démonstratif 
de l'égyptien anièrieur repose sur le jeu de deux flexions adjectives aaaaaa n et \\\\ i- Les thèmes LJ, ^, -wwv^, 

° ° , 11, 



vocalises en V\ ou et en ^^v a, peut-éire en oua, forment, les deux séries , , -i--i-' ^^^' 

_Z1 rr\ ^ AAAAAA AAAAAA T T 

^ . AAAAAA D tk "^ tk "^'^^ tk 

TEN, NKN, G U , ^ (I , fl i) , Poui-PAi, Toui-TAi, NOUi-NAi : ^^ ' ^^ ' ^^ " '"^ Seraient 

que la forme en ou avec l'ou mué en consonne sous l'influence de la diphtongaison poua-pouai, devenant 
PWA-PWAI, PVA-pvAi, et ainsi de suite. J'espère reprendre bientôt et coordonner mes recherches sur a/w\aa et 

dont les premiers résultais ont été publiés, il y a plus de trente ans, et dont la suite a été exposée au 

l'ur et à mesure dans mes cours à l'École des Hautes Études ou au Collège de France. 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 149 

térieures m'amenaient :i en rabattre de cette date et à m'arrêter à la XXIP dynastie. 

2° Système de la conjugaison. — On peut caractériser la différence qui sépare les 
formes les plus anciennes de l'égyptien des formes les plus récentes, en disant que, 
dans le système le plus ancien, les conjugaisons sont formées par lasuffixion des encli- 
tiques possessifs à la racine, mais que, dans le système le plus récent, elles sont formées 
par la préfixion de ces mêmes enclitiques à la racine. L'interversion de ces deux 
éléments constitutifs s'est produite par le moyen d'auxiliaires, qui sont en copte 
e-, T-, «.-, ue-, pour les temps directs\ J'examinerai successivement les temps formés 
dans les trois dialectes du copte avec chacun de ces suffixes. 

A. — Les temps formés avec l'auxiliaire e- sont d'abord un présent, puis le par- 
ticipe, un futur en -e-, un futur en -ne.- T. M. ne B. Ils ne se rencontrent pas indiffé- 
remment dans les trois dialectes, mais le présent eViieV-cKAieV, etc., n'est pas usité dans 
le mempbitique : il est d'usage général dans le thébain, rare dans le bachmourique. Le 
participe présent eVjmeV-eqAJtei' est comnum aux trois dialectes; toutefois, en mempbi- 
tique, il est employé moins souvent qu'en tliébain et en bachmourique. Le futur en -e-, 
ei'ejuieV, est commun également aux trois dialectes, mais le futur en -n*.- T. B. ne B., 
ei*nô.Aiei*, ne se rencontre pas dans le dialecte mempbitique, et il est propre aux dialectes 
thébain et bachmourique. Je ne parlerai pas ici des nuances syntactiques qui varient de 
dialecte en dialecte pour ces formes en e-, mais je ferai remarquer que si, en mempbi- 
tique, par exemple, la forme eVineV ne s'offre plus à nous en tant que présent, son emploi 
en tant que participe montre qu'elle y a existé en un temps où ce dialecte n"avait pas 
encore pris définitivement ses allures actuelles. On sait d'ailleurs, assez généralement 
pour que je n'y aie pas à y insister, que ces temps en e dérivent d'un type hiérogly- 
phique en (1 ^ Aou, le présent et le participe de y> ^ AOuiMARi-ei'juiei", le 

futur en e du futur en <=> ra de ce type 1] ^^^ ''^^^^ AOUiRAMARi-eVejueV, le futur en n*. 

du futur en aa^ww^ na, ne, du même type (J^Mf AouiNAMARi-emô.AieVMci encore, 

les diversités dialectales se laissent ramener à l'unité antérieure, à une y.otvi', répandue 
pendant un temps dans l'Egypte entière. 

Je rattache à ce type d'auxiliaire en e- les formes R-, q-, c-, qui ont été combinées 



1. La méiue évolution s'est produite dans l'union des suffixes possessifs au nom : où l'ancien svstème met 
l'enclitique en suffixe [j Vrai Vv ^ , le système récent le met en préfixe neKitoT. Comme dans la conju- 
gaison, l'interversion des éléments est faite au mojen d'une série d'auxiliaires, ici articles ou pronoms démons- 
tratifs. Voici vingt ans que, dans mes cours à l'École des Hautes Études, j'ai établi l'iiistoire entière de la 
langue sur cette théorie des auxiliaires nominaux et verbaux, ainsi que des renversements qu'ils ont produits 
dans les éléments de l'égyptien antique. 

2. La donnée ordinaire est que le iie^ de ce temps est le verbe ri*^, cenire, en hiéroglvphe ou - 

(E. DU RouGii, Chrcstoinathie, III, § 314, p. 64; Stkindorff, Koptische Grammatil>. § :i5L, p. llô), soit l\ 
d'après le démotique. Mais le signe démotique que Brugsch rend A a aussi la valeur d'un n simple, et ré- 
pond, comme je l'ai montré il y a longtemps, à l'biéroglyphique . employé pour aa/ww à partir de l'époque saïte : 

la préposition /w\/w\, na, nis, a pris, à partir d'une certaine époque, la force future que seule <:^i> avait eue 
tout d'abord. 



150 A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 



avec (ios formes dérivées de l'auxiliaire tc-, pour composer un présent hybride ^, k-, 
Te-, etc. L'e de l'auxiliaire atone s'est affaibli au point ou de ne plus être qu'un souffle 
léger, ou de disparaître entièrement \ Cette forme affaiblie, de même que la forme 
pleine, s'emploie, pour le futur en u*., ne-, Kitô^uieV, qii«.Aiei, etc., dans les trois dialectes 
Elle nous inmène donc, elle aussi, à l'hj^pothèse de la xoiv/,. 

B. — Les temps formés de l'auxiliaire tc sont défectueux et n'ont qu'une partie 
des personnes au singulier et au pluriel. C'est un présent en '$•, puis un futur en '^n«., 
'J-JuieV, TCAiei*, TiiAieV, TeTÏtAieV, puis '^-ne.juLeV, Tett*>JULei', Time^JULeV, Tefïin*.ju.eV. La caractéris- 
tique dialectale y est assez faible : le memphitique préfère les orthographes pleines 
Ten-, TCTen-, et il a, pour la seconde personne du singulier féminin, Tep*.- qui se ren- 
contre parfois aussi en thébain; le bachmourique use quelquefois de la variante "tn*.-, 
quelquefois de la vaiiante i-ne-, et il a pour la seconde personne féminine TeAIl*.-^ Rien 
de tout cela n'est de nature à nous masquer la communauté d'origine de ces formes 
dans les trois dialectes : '^- et -fit*.- remontent à l'hiéroglyphique':^^^ tout, ^^ A.ww^^ 
TouiNA-TOULNH, et si l'explicatiou de la forme Tcp*.- est difficile à donner', son emploi 
dans deux dialectes indique, elle aussi, une époque d'unité pour la langue antérieure. 
L'examen des temps en tc- ■^^p. nous conduit, comme celui des temps, en e- 0^, à 
l'hypothèse d'une xo-.vr;. 

C. — Est formé avec l'auxiliaire *.- le temps du memphitique *.Vai«.i', «.Kjuia.i", etc., 
qui n'existe pas en thébain, et qui alterne en bachmourique avec le temps en eV de ce 
dernier dialecte. L'origine de cet auxiliaire a été cherchée de différents côtés. J'avais 
pensé y reconnaître un doublet dialectal de l'auxiliaire e- (1 V:^, et le parallélisme absolu 
des deux conjugaisons thébaine en eiX memphitique en È.i*, conserve encore une grande 
vraisemblance à cette conjecture : les formes ù.pe : epe, «.peTen, auraient renfermé en 
plus le verbe .<2>-. Stern avait adopté cette manière de voir*. E. de Rongé pensait 
pouvoir identifier W de ce temps avec le groupe (1q7\ a, usité dans la langue des Ra- 
messides°. Plus récemment, l'école de Berlin l'a dérivé du verbe .<^>-, soit dans sa 



1. C'était l'opinion de Schwarze et de E. de Rougè {Chrestomathie, III, § 296, p. 39) que j'avais adoptée, 
dès 1871, dans mon mémoire sur les Formes de la conjugaison. Stern est le premier, à ma connaissance, 
(Koptische Grainmatil,-, § 371, p. 210-211), qui ait admis la chute du t initial pour expliquer les formes 

iï-, q-, c-, et son opinion a été adoptée par l'école de Berlin (Steindorff, Koptische Grammatik, § 254, 
p. 116). Il me paraît difficile d'admettre qu'une consonne de la stabilité du t ail disparu à l'attaque du mot, 
et les faits qui ont été apportés pour justifier cette assertion (Erman, Spùrcn eines alten Subjunktics in 
Koptischen, dans la Zeitsc.hrift, 1884, p. 30; Stkindouff, Koptische Grammatik, § 235, p. 107) me semblent 
devoir s'expliquer de façon tout à fait différente (Recueil de Tracau.c, t. XXllI, p. 178). 

2. Stern. Koptische Grammati/,-, § 379, p. 219. 

3. Stern [Koptische Grammatik, § 379, p. 219) pense que Tep*^. « wie es scbeint, aus Tcp-ii*. entstanden 
ist indera Tcp .'\pocope wie ô.pe und epe enfahren bat; fiir Tepô^^iio^ejui : 'fene^ujTO'yxe (/ Cor., 7, 16) 
findet sich in miitelàg. Texte nocb die ursprûngliche Form TeAitô.ujTOTT'x*. ». L'assimilation de n à p, dans 
cette position, me paraît difficile h expliquer. Peut-être faut-il considérer Tep*. comme renfermant la forme «^ 
de la préposition dérivée de <cz> i'-a antique, et qui est transcrite pins tard e : Tepe^ équivaudrait à Tepe -\- ôl, 



^ v\ tou-err-t -\-<:::z>- nv. La question demande à être étudiée de plus prés avant de recevoir une 

solution. 

4. Stern, Koptische Grammatik. § 372, p. 211. 

5. E. DE RouGÉ, Chrestomathie égijpticnn", III, § 305, p. 51 sqq. 



A TRAVERS LA VOCALISATION EGYPTIENNE 151 

forme simple', soit dans sa forme (I n7\ '.Le démotique possède, en effet, un temps 
en (I QA , qui est très développé dans les textes que nous avons de la basse époque de 
l'égyptien. Je ne trancherai pas la question, qui présente des difficultés sérieuses, et je 
me bornerai à dire que, dans chacune de ces hypothèses, on remonte à une forme usitée 
dans la langue du second Empire thébain. Que l'on accepte l'hypothèse *. = V' ^^ 
l'hypothèse *. = n ^ , la part de l'action dialectale aura consisté uniquement à res- 
treindre aux besoins du memphitique une forme qui était d'usage général dans les textes 
antérieurs de tous les dialectes, les thébains comme les autres, comme le prouve l'étude 
de la littérature démotique. Il n'y a donc là rien qui s'oppose à l'hypothèse de la y.o'.vi^. 

D. — L'auxiliaire ne-, u*.-, sert à former des temps passés qui répondent à notre 
imparfait. Il est vocalisé eue. dans le memphitique ït*.i'iUd>V, ne..KAi.*.i', etc., en e dans le 
thébain neVjuLeV, ncKiieV, tantôt en *. et tantôt en e dans le bachmourique; de plus, le 
thébain préfère, là comme partout, la variante neTCTÏt- à la variante ««.pcTen- pour la 
seconde personne du pluriel, mais là se bornent les différenciations dialectales, et, dans 
les trois dialectes, on remonte à un modèle unique. J'avais pensé que les variantes en e 
initial du thébain, enepe-, erieq-, encT- OU en*.q- du memphitique, nous permettaient 
de rattacher ce temps à la flexion en ^aaaaa ne-, n*.-, du passé antique, par (J y> v^ 
AUN Aï-enei'-nei", yé^o?s', mais ce passé du verbe [1^ ne s'est pas rencontré dans les 
hiéroglyphes. L'analogie des formes démotiques me porterait maintenant à croire 
plutôt, avec Stern, dont l'opinion a été adoptée par Steindorfï et par l'école de Berlin, que 
«e dérive de l'auxiliaire ^^ ounou, si fréquenta p.'irtir de l'âge ramesside, et eneVjueV 
répond à un -^^ mî» ounaïmari*. De toute manière, et quelle que soit l'étymologie 
qu'on préfère, le temps en n*.-, ne- se comporte de même dans les trois dialectes et s'y 
rattache à une forme antérieure unique : preuve de plus pour l'existence d'une xor/rj. 

Et si maintenant on aborde les temps qui ne nous sont connus, jusqu'à présent, 
que par le copte seul, le passé eT*.i : nT«.i, le temps en tg«.-, igô.V-ige>.K, etc., l'optatif 
A3LA.pi-, juéwpeK-, le subjonctif îîTe. : t*., htô., les formes négatives de la conjugaison, il 
faudra bien reconnaître que l'étude de toutes nous ramène encore à la même conclusion. 
Quelques différenciations que l'influence dialectale ait établies entre leurs types, on 
voit toujours derrière elle, à l'origine, un type commun qui nous oblige à supposer 



1. Steindorff [Koptisclic GrammatUc. § 276, p. 126) dit : « «. geht auf ein *alrë-, mit Siiffixen z. B. *a.irff/, 
zurùck. Aber nui- in der P. Sg. f. hat sich das p erhalten. Die 2 P. PI. ist auf Grand der entsprechendea 
Forraen der Prâseus I, bez. Pràs. II neugebildet. — Bereits im .-Egypt. findet sich ir in Verbindung mit 
einem abhàugigen Inf. vgl. A., § 238 ». Erman, en effet, renvoyant à Steindorff (cf. § 249, p. 114), admet, sans 
insister, cette origine de «.. 

2. Sethe, Verbum, t. II, §206, p. 91. où il est dit que « nach den ansprechenden Vermutung von Stein- 

dorff wâre sie (die Umscbreibung (1 ^VA ^j ;^^ ) im Kopt. in den so-geuannten Perfeklum 1 *.q-cioTAi 

(ôw-nptoAJLe-ctoTÏt) erlialten ». 

3. Siern s'était rangé à cet avis [Koptische Grammatik, § 375, p. 213-214). E. de Rougé admettait une 
origine analogue, mais sans la définir (Chrestomathie, III, § 302. p. 47). 

4. Stern, Koptische Grammatik, § 303, p. 145; Stkindorkf, Koptische Graminati/,\ §272, p. 124. Il y a 

cette différence entre l'opinion de Stern et celle de Steindorff que Stern rattache ne à M vX-^^^dém.: e-oun, 

^ggi, 1 —D. AAAA/V^ 

tandis que SteindorS rattache directement ne-ene à -^s^i qu'il vocalise ene de wene. J'aurai occasion de 

f^f^f^A/^ 1111 

revenir sur la question et de montrer que l'origine proposée par Stern est plus conforme aux lois de la pno- 

nétique que celle qui est proposée par Steiudorff. 



152 A IRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 

une xotvr;, au moins pour la conjugaison. Si l'on cherche à se rendre compte du moment 
où cette xoiv/î a pu s'établir, on en arrive, comme par l'étude des pronoms, à reconnaître 
que sa période de développement coïncide avec l'époque du second Empire thébain. La 
langue littéraire anléiieure n'employait (1 ^ et ^^ qu'avec leur force pleine, et ce 
n'est qu'après l'expulsion des Pasteurs, surtout à la XIX* dynastie, que les conju- 
gaisons en (1^ Aou et en ^^ tou nous apparaissent comme pleinement en possession 
d'elles-mêmes : sous les Ramessides et sous les Bubastites, l'Egypte, éliminant les vieux 
dialectes, ])aria, d'un bout de son territoire à l'autre, une langue unique, une xoiv/-;, d'où 
sortii'cnt à leur tour, pendant les révolutions qui déchirèrent le pays sous les Éthio- 
piens, les Assyriens et les Perses, les dialectes dont nous connaissons l'existence par 
les textes coptes. 

Si l'on veut bien considérer que, dans tous les pays dont nous connaissons l'histoire 
linguistique, la -/.o'-v/; qui finit par s'établir n'est autre que le dialecte de la province ou de 
la ville qui arrive à l'hégémonie politique ou intellectuelle, nous pourrons nous figurer, 
sans trop de chances d'erreur, comment les choses se sont poissées en Egypte. Ce sont les 
rois thébains qui ont expulsé les Pasteurs et conquis l'Asie, et c'est Thèbes qui est la 
capitale de l'empire de la XVIP dynastie à la XX*" inclusivement; de plus, la famille 
régnante est Thébaine d'origine, elle réside à Thèbes, et la cour qui l'entoure renferme 
les représentants des grandes familles thébaines. Il est donc à croire que le dialecte de 
la capitale, de la cour et de la famille royale prit bien vite l'ascendant sur les autres 
dialectes, et qu'il s'imposa à toute l'Egypte comme langue du gouvernement d'abord, 
de la haute société et des littérateurs ensuite. Le dialecte tliébain du XV® siècle avant 
notre ère serait donc devenu la xoiv/;, bien entendu avec toutes les modifications de 
détail qu'un dialecte peut subir lorsqu'il passe de la condition d'idiome provincial ou 
local au rang de langue commune à toute la nation. Celte -/.oivr;, décomposée à son tour, 
lorsque l'unité de rÉgy|)te se brisa et que les divisions s'accentuèrent entre Thèbes et 
Memphis, puis enti-e Memphis et le Delta, donna naissance à des dialectes nouveaux, 
si bien qu'en dernière analyse, c'est du dialecte thébain du Nouvel-Empire que des- 
cendent le copte et ses dialectes. 

Quand donc M. Spiegelberg suppose que la forme Amanou, du nom d'Amon, 
provient d'un dialecte, cette hypothèse ne condamne pas, ainsi qu'il paraît le croire, 
la théorie que je défends sur l'ancienneté relative de I'a et de Tou-o dans certaines 
formes du copte. Si le dialecte en cjuestion était, comme il y a chance, le dialecte thé- 
bain, ANiaNou, appartenant à ce dialecte, serait la prononciation noble du nom, celle 
qui |)assa dans la xo'.vt;, et c'est ce que je soutiens. Aussi bien, je fer-ai observer à 
M. Spiegelberg (pie ce n'est pas sur l'exemple unique d AMaNOU = Amon que je pré- 
tends étaycr ma thèse de l'obscurcissement d'A antique en ou-o plus l'écent : l'étude 
du copte et de ses dialectes m'avait amené à ce résultat, avant que je songeasse à invo- 
quer la transcription assyrienne du nom égyptien'. Au début de mes recherches sur la 
phonétique, les analogies superficielles du copte m'avaient porté à croire que les voca- 



1. Recueil (Iv Tiacaux, t. XIX, p. 104-105, et t. XX, p. 153 sqq. 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 153 

lisations en o-w de cette langue représentaient les voyelles réelles de l'égyptien 
ramesside, et, si l'on prend mes lectures de cette époque, on verra aisément combien 
l'o y prédomine. Depuis lors, une analyse plus approfondie m'a porté à reconnaître que 
beaucoup des o-w du copte, loin d'être originaux, correspondent à un a de la /.oivi^ 
antérieure. Les philologues de Berlin, attaquant la question assez longtemps après moi, 
paraissent avoir suivi la même voie que moi. Pour le moment, ils croient que l'o est 
antérieur à I'a, et ils se tiennent au point où je me trouvais il y a quinze ans. Je ne 
puis m'empêcher de penser qu'à mesure qu'ils pousseront plus loin la recherche, les 
choses changeront d'aspect à leurs yeux, et qu'ils finiront par admettre la présence de 
I'a dans la /.oivt; en bien des endroits où maintenant ils ne veulent voir qu'un o, comme 
dans le copte. 

§ XXIII. — On a vu, par de nombreux exemples, que les sons a et i, en hiatus, 
forment diphtongue et aboutissent, en fin de compte, aux sons e-n. Ce n'est pas toute- 
fois la seule transformation qu'ils subissent, et la diphtongue aî-ae comporte d'autres 
résolutions : j'étudierai maintenant la résolution en a-*, pur. 

A. — Je veux en réunir d'abord les exemples indiscutables, et en premier lieu ceux 
que les pronoms nous fournissent. Le pronom possessif préfixe est n*.-, tô.-, ne.-, mon, 
ma, mes, et l'analogie des autres formes nen-, neq-, etc., où la dernière lettre -u, -q, e.st 
un pronom personnel, avait poussé les grammairiens modernes du copte à considérer 
1'*. de n*.-, T*.-, n«.-, comme une variante du pronom i de la première personne du sin- 
gulier' : j'ai été l'un des premiers, sinon le premier, à reconnaître que -«. n'était, ni Là 
ni ailleurs, un pronom, mais simplement I'a- ^^, inhérent au thème démonstratif 
^>^^\00 PAi, et que Ti Vif de la première personne était tombé'. Aujourd'hui, les 
grammairiens admettent que n*.-, t*.-, ne».-, mon, ma, mes, répondent aux ^.^ ^^ 
(1(1 ^ PAU, c^*^[l(l Wi TAU, TK^ ^y^ ^'-^"' d^ 1 égyptien ramesside'. Les explications 
du phénomène diffèrent, et je ne suis pas bien assuré que la mienne soit exacte*, mais 
le fait est incontestable en lui-même, et il nous fournit un exemple certain de l'hiatus 
de A sur i et de la diphtongue ai résolue sur a pur : pai-i, tai-i, nai-i, contractés en 
PAÎ, TAÎ, NAÎ, probablement avec l'accent sur I'a de pa-, sont devenus n*.-, t*.-, n*.-. 

B. — De même, le nom de nombre, dans sa forme théljaine ot*., répond à une 
forme plus ancienne ouÂi : Stern l'a déjà bien vu, et le cite comme premier exemple de 
la règle qu'il donne sur l'équivalence de -*.i memphitique et de «. thébain'. Les dia- 
lectes nous fournissent, pour ce nombre, les formes ot«.i M. ot*. T. oTeei-oTei B., et au 



1. Peyron, Grammatica, p. 55-56. 

2. Maspero, Recueil de Tracaux, t. XVIII, p. 55-56. 

3. Steindorff, Koptisclie Grammatik, § 55, p. 28. 

4. Recueil de Tracauœ, t. XVIII, p. 55-56; Steindorff [Koptische Grammatih\ §39, p. 28) dit que «tonloses, 
im Auslaut in geschlossener Silbe stehender e ist vor einem aus l entstandenen ' in is. ûbergangen », mais cette 

règle s'appuie sur une hypothèse que je crois non fondée, à savoir que, dans a^ ^è\ (J[J Mf' '^ vocalisation 

aurait été pëi, avec un ë, comme équivalent de ^. . 

5. Stern, Koptische Grammatik, § 50, p. 36. Il a eu seulement le tort de restreindre l'équivalence de 

-«. tbébain et de -«.i memphitique aux cas où a boh. «.i aus einem hier. a entstanden ist»; parmi les 

^^^^'^ X 
eremples qu'il cite n'y**.! • nK*. res, nenotia. équivaut à < ^ < nakaitou, qui ne contient pas ^ a. 

'^Z^l I I 

RECUEIL, XXIV. — NOUV. SÉR., VIII. 20 



154 A TRAVERS LA VOCALISATION EGYPTIENNE 

féminin oti M. ovei T. oTi-o-yei B., qui toutes se rapportent à un thème unique 

I , û, que l'ensemble des variantes coptes nous montre s'être vocalisé *ouÂi-ouÂiT, 

au moins dans la -M'.-ii ramesside. La même particularité dialectale se rencontre dans 
co-ir*.! M. co-y*. T. cois-ei-coTeei B., qui sert à désigner le premier jour du mois\ 

C. — Certaines formes de la conjugaison présentent le même phénomène, soit 
dans un seul des dialectes, soit dans les trois. Le futur négatif en n*., nu*.- M. T. B., 
répond à une forme plus ancienne *'^nnaï, où l'hiatus de a sur i et la diphtongue ai se 
sont résolus sur a. Le subjonctif a, de même, laissé tomber l'i du pronom de la première 
personne dans les trois dialectes', mais le dérivé qu'il compose avec cg*.- n'est pas 
aussi déformé : à côté de la leçon u}«.iiTe>.- M. T., qui a perdu son -i primitif, on trouve 
méwii-f T. uià.^ M. où l'i pronominal a subsisté et qui vient d'un *shantaï plus ancien 
par l'intermédiaire de *shanteï-shantei. Dans la combinaison Tpc-»pe, enfin, le thébain 
et le bachmourique présentent la forme mutilée rp*.-, où le memphitique a retenu un 
■e^pi- qui dérive par *tréï, trei, de *traL Steindorflf, et l'école à laquelle il appartient, 
acceptant le principe de la chute de l'i, tout en l'expliquant d'une manière qui ne me 
paraît pas exacte', je n'insisterai pas davantage, et je considérerai le fait d'une réso- 
lution de AI sur a, dans ces formes, comme étant prouvé suffisamment. 

D. — Stern a réuni, dans un paragraphe spécial de sa Grammaire, un certain 
m")mbre de mots où un -*. final du thébain répond à un -*.i final du memphitique*. J'ai 
déjà cité oT*.i M. -o-y*. T. ; je lui emprunterai deux autres noms où le phénomène me 
paraît être évident, «x*'* ^' "'^*^ ^> negotium, res, et -o-ou-iwi', ^ki>Ji M. -f, toit*. T. t, 
solium. L'i de n'^çj^x était l'i de l'ancienne terminaison féminine -it, ainsi que celui de 
■<»oT*.i*-o^Wi*, et par conséquent il n'y a aucune raison de soupçonner sa légitimité. La 
transcription hkh, que j'ai citée ailleurs', montre qu'à un moment donné, la solution de 
la diphtongue ai s'est faite sur ,e-e, comme dans la plupart des mots féminins; la leçon 
ïïKek du thébain et la leçon lov^ nous prouvent que, dans certains substantifs, comme 
dans les formes pronominales et verbales citées plus haut, la résolution du groupe ai 
pouvait s'opérer sur a pur. 

Ces exemples authentiques une fois cités, recherchons si nous ne rencontrerions 
pas, ailleurs, d'autres cas du même phénomène, soit dans le copte, soit dans les trans- 
criptions grecques et assyriennes de l'égyptien. , 

V Trois mots exprimant l'idée générale à.' habitation, demeure, entrent en compo- 
sition comme premier élément dans un certain nombre de noms communs, de noms 
propres ou de noms géographiques, *ÂiT, M *hâît et *a1t. 

. — Le premier est transcrit a dans «.h-thA M. •\, *.ii7HÊe T. t, scnola, de 



1. SïERN, Koptische Grammati/c, § 289, p. 139. 

2. Stern, Koptische Grammatik, §441, p. 273. 

3. Comme pour n&.-, Steindorff admet que « toiiloses im Auslaut in geschlossener Silbe stehender ë ist vor 
einem ans i eiitstaïuieneii ' in *>. ûbergangen » {Koptische Gi-ammatil,\ § 39, p. 28), ce qui ne me paraît pas être 
démontré par les exemples qu'il cite, et demeure jusqu'à présent une affirmation sans preuve. Il renouvelle 
cette assertion pour nnis. au § 290, p. 121-132, pour îtT*^-, -ït^-, au § 257, p. 118, pour Tp*.- au § 285, p. 130. 

4. Stern, Koptische Giaminatik, § 50, p. 36. 

5. Papyrus gnostiquc do Leyde, pi. XIII, 1. 31. 



AAAA/V* 



A TRAVERS LA VOCALISATION EGYPTIENNE 155 

nR iVc^^tll] Ici maison d'instruction. Le t féminin de la flexion -iT est tombé 
le premier, puis i'i féminin qui subsistait, se heurtant à Ta au lieu de se diphtonguer 
avec lui en je-e, a disparu^ laissant nu Ta de ÂiT' : de même que *paii-ranou est devenu 
n«.p«.n, ÂiTNiSABAlT est dovenu *AiNiSABAi, puis «.n7Hiie-*.it7Hli. La même formation se 
rencontre dans «.ncjupco, «^njutepto M. •\, portas, qui, par chute de *. final, est devenu nejuipio, 
M. -f . Peyron y reconnaît la même préformante que dans les noms de nombre et inter- 
prète le mot, Portus ex compluribus maris sinubus efformatus* : le genre du composé 
prouve que, dans «.ncAipco comme dans *.iï7Hlie, la préformante était un mot féminin. 



soit notre âît. 'l'é.iieju.pw serait donc c^^^^, n 00 ta âîtnemaraît, la 

maison de la berge, le port. 

, devenu masculin sous la forme *aî-hi, donne en composition i par résolution 
Ci n 
sur I de la diphtongue Êi, dans muTtoK et nmnoiop'. Comme cette origine de hj-i a été 

récemment encore contestée par Spiegelberg, je me borne à dire ici que je maintiens 

Fétymologie courante, et que je reviendrai sur ce point dans un prochain article. 

J . — Ce second terme est transcrit nar dans le nom de la déesse Hathor 

J ^ 'A6wp, et dans les dérivés de ce nom, ainsi que dans les noms de ville com- 
mençant par M dans 'ATapor./-.; *M y^ J^ ®, par exemple; mais il est transcrit ha 

dans M \\<=> ^® Ajap'.;, dans J^AAAA.^A at^ov.;, el-Asfoun, et probablement dans 

QC <■ ... ' Ci 
„ 'Aeiosaotî, "AGotê'.;. Le maintien du t du féminin indique une époque de la 

langue plus ancienne pour les noms où J haït répond à hât, Hathor, Atarbêkis. 

En ce qui concerne Athribis, la forme assyrienne du VIP siècle khatkhiribi, comparée 

à la transcription grecque "AOp'.oi^, nous montre que la syllabe khir, hir, répondant à 

ô ' " • 

, #, était atone, et qu'il v avait deux accents dans le nom, l'un sur la première 

syllabe khat, hat, répondant à M de l'orthographe pharaonique, l'autre sur la 

troisième ib répondant à "O"- Si donc l'on veut se figurer l'histoire du nom, il faut 
admettre que, le ^^^^^ ta étant très faiblement accentué dès le début, puisqu'il avait 
disparu dès le VIP siècle, le nom prononcé complètement sonnait à peu près HdTAHÏRîBÏ, 
qui devint HâTHiRi'Bi puis hatrîbi dans l'usage courant. Les variantes Hatarrhabis- 
Hatharrambè, qui se trouvent dans Etienne de Byzance et dont la seconde est attribuée 
à Hécatée de Milet, paraissent avoir conservé une vocalisation plus ancienne, où l'in- 
fluence des syllabes accentuées a déterminé une enharmonie en a, HdTAHARâBi-HdTAR- 
RâBi*. Les noms en Hax- sont intéressants en ce qu'ils nous montrent que la résolution 
de A + 1 sur a a pu avoir lieu en composition avant que le t du féminin fût tombé, 
c'est-à-dire avant l'époque ramesside : la transcription assyrienne khikoubta du nom 



1. La marche est probablement la suivante : *.neJupto sera devenu enejupio, puis ce dernier nejiipco- 
nejupu), de la même manière que le temps en eite dérivé de [1 ^è\-^^ est devenu ne. 

2. Dictionnaire, p. 8. 

3. Recueil de Tracatuc, t. XVIII, p. 64, et t. XXIIl, p. 49. 

4. Cf., pour la façon dont l'enharmonie s'exerce, ce qui est dit au Recueil, t. XXIV, p. 82-90. 



156 A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 

M I ® de Memphis^ nous montre en effet le t féminin de M haït, déjà tombé 

vers la lin de la XVIIP dynastie. 

De même que ÂiT se réduit à i, M haIt en composition se réduit à hî : la 

transcription Khikoubta en est un exemple, puisque M égyptien y est rendu en 
cananéen par khi. Toutefois, si, comme il y a lieu de le croire, aI'yutctoç, le nom de 
l'Egypte est aussi un dérivé du même mot, il conviendrait de rechercher jusqu'à quel 
point le témoignage cananéen est parfaitement authentique. AI- de aVyutttoç nous donne 
tous les éléments de M haï, moins l'aspirée initiale | que les Grecs n'ont pas rendue, 
ce qui leur arrivait parfois, comme dans Téw; à côté de Tâ/oj; et dans A'Jxp'.ç pour 
Auapti; : si, au moment où nous trouvons ce nom chez les Grecs pour la première fois, 
c'est-à-dire des siècles après la XVIIl® dynastie, la diphtongue ai sonnait assez 
encore pour qu'on l'enregistrât, à plus forte raison sonnait-elle au temps où le scribe 
cananéen vivait. La transcription hi pour haï doit donc s'expliquer par ce fait que 
haï- formait une diphtongue ascendante où l'accent pesait sur i, si bien que Ta dispa- 
raissait presque : ha/, prononcé avec insistance sur i, devait sonner assez semblablement 
à hi pour qu'un étranger s'y tromp ât. I[ ^ semble bien d'ailleurs que la solution de haï 
sur HI s'est opérée réellement dans d^^| Haibonou devenu en transcription d'époque 
gréco-romaine Hipponos-Hipponon, dans J=^=® devenu hisopis, dans le nom d'un 
bourg de la plaine thébaine que les Grecs ont transcrit etvaêouvouv et que son ortho- 
graphe démotique prouve s'être appelé ^ ^ M ^^ ^^ ©', T-hi-iiab-ounoun. 

. — Ce troisième terme, dont la prononciation originelle est ait, est transcrit 
par A pur dans deux noms géographiques pour le moins, celui de la ville de Médinet- 
Habou, [|v\ i^^.^A\n. (Çf^ rendu ii*.chai.ic ou Tievueiiic en transcription 

grecque', puis celui de la ville de Delta k^^ 'wwva >V rendu en copte n*.^«.non et en arabe 
ùyLJl Al-Batnoun'. Dans les deux cas, le grec et le copte ont fait précéder le nom de 
Tarticle n du masculin, montrant que le mot, de même que ÂIt, avait changé de 

Ci CD 

genre au moment où la/.ot/T, se décomposa. Les deux variantes nô^cHAiic et ii*.Keju.ic sont 
également légitimes : la première répond à la nuance ni. qui équivaut en copte au |, ^^ 
des hiéroglyphes, -xhaic, -xHHJuie T., l'autre à la nuance <^ qu'on rencontre pour le même 
son dans s'hjulï M. 

De même que et J , le terme ^^ résoud l'hiatus de a sur i en i dans le 

* ^ n mn ^ I 

nom de l'île célèbre de Philse, qui, écrit aelaki, var. ^, Q devient' 

en grec *!)^'. et en copte ni?v*.K avec prétixion de rarticle G du masculin, D 



u-^^ 






1. WiNCKLER, Die Thontafeln con Tell-el-Arnarna, n' 53, 1. 37, p. 126-127, et à llndex final, p. 38*, où 
l'identification avec Memphis est proposée en passant. 

2. Brugsch, Dirtinnnaire yéor/rap/iique, p. 329; la transcription exacte des signes démotiques serait 

3. Brugsch, Dirtionnaire ;/éo'jraphique, p. 988-991. 

4. Brugsch, Dictionnaire r/éographigun, p. 953, 1294, 1351. 

5. C'est par erreur de transcription que le démotique écrit avec pour Jt<r ou U- 

I _g^ci © I [/>!^ 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 157 

Il y a d'autres noms géographiques formés de l'un ou l'autre de ces trois mots et 

qui présentent le même ensemble de phénomènes. Ils ne pourraient que confirmer les faits 

déjà indiqués, et nous montrer la même progression dans l'évolution de ces trois mots. 

Si l'on veut résumer en quelques mots ce qui ressort de leur histoire, on verra qu'au 

début AiT, M hàIt et (1 ^^ aait-aît. entrant en composition, paraissent y 

avoir conservé leur valeur pleine, si bien que J V^ , par exemple, put se prononcer 

. , ^ ^ liln.^Q "^ *^ ^ ^ 

Haithorou, mais qu au bout d un certain temps, au plus tard quand la /.oivr; s'établit, 

l'i du féminin, placé en hiatus avec Va du thème, tomba, et que la combinaison HâItho- 
Rou aboutit à Hâthorou-Hâthor. Toutefois le -t féminin ne se maintint que dans les 
mots de formation très ancienne, dans ceux qui s'étaient soudés au temps où ce -t 
sonnait encore dans le langage courant. Dès le second Empire thébain, au moment où 
la xotvr; s'établit, le t s'était amui dans l'usage journalier, et âIt, HÀix, ait ne sonnaient 
plus que ÂI, HÀl, Al. Entrant en combinaison comme premier terme avec d'autres mots, 
ils suivirent une destinée double : dans certains cas, l'i tomba et l'hiatus a+i se résolut en 
A pur, ekHTHlie, «..itejuLpco, Auapt;, 'Aes-.o'.î, "att.ui'.;, dans d'autres l'accent porta sur i et, après 
avoir fourni des prononciations telles qu'Alv-j-To,-. évolua, par changement de a en e et 
par résolution sur i de la diphtongue el vers Hikoubta, nmTtoK. nmnocop, ■»m«.ùoT«o-yn 
niAiwR. La forme absolue de ayant passé de Ai à m, il est probable que si M et 

avaient subsisté en copte, ils auraient sonné *2^ei'-g^HV, *ei"-Hi. 

2" Je citerai pour compte la forme t*.- que le factitif ^ — ^ daIt prend en com- 
position, car j'en ai parlé assez longuement par ailleurs'. On voit de reste que t«.-cto, 
T*.-KTo sont à — ^ DAI-TÔ.V ce que n«.-p*.it est à ^>^^v (Jlj^ paji-paî. Pour ne pas 



Cl ^ I 



mêler une question nouvelle à la présente, je laisserai de côté la forme t*.*.- qui se 
rencontre avec les suffixes; la présence du double «. exigerait, en effet, une analyse trop 
longue pour pouvoir être insérée au cours de cet article. 

3° Un autre exemple du même phénomène semble nous être fourni par le mot 
a l/R-f-y, soleil, et par ses vocalisations différentes. 

Les formes de ce mot en copte, lorsqu'il est à l'état absolu, sont pn T. M., pe B., 
pi B., sol. La tonalité ë-ë nous est garantie, pour l'époque gréco-romaine, par les 
tran.scriptions des noms qui se terminent par - — a R + i?, tels que nexéçpr.î, },lty/^kpr^!;, 
Ne<pep/épT,<;, etc. ; toutefois, ces mêmes transcriptions nous prouvent que, placé en compo- 
sition au début ou au milieu d'un mot, le même groupe se vocalisait ra, 'PausTTT,;, 
'A|jiovpa!ToveT;p. Dans les transcriptions en lettres grecques de la même époque, le nom 
isolé du soleil est orthographié npe', comme en bachmourique. Si nous remontons plus 
haut dans le passé, les transcriptions assyriennes du VI I*^ siècle ne nous apprennent 
rien, mais celles du XV^ nous fournissent une prononciation riya, ria, pour le mot en 
composition dans NAPKHouROU/vrt, NAPKHOu/'/a oIS'' ^'immolv*'^^ w- Manakh- 
Bi''^<35 .....a^M' ^® sorte qu'on a, dans l'ensemble, la gamme de transcription suivante : 



1. Cf. Recueil de Tracaux, t. XXIII, p. 182183. 

2. Hess, Der Gnostische Papyrus, p. vu, 1. 21; p. x, 1. 10, et Griffith, The OUI Coptic Horoscope, dans 
la Zeitschri/t, t. XXXVIII, p. 76, 81. 



158 A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 



1° en composition à l'attaque ou à l'intérieur du mot RÂ-, à la fin du mot, -riya, -ria, 
puis pe-pH* ; 2^ à l'état absolu, à l'époque gréco-romaine, pe, en copte pn T. M., pe-pi B. 
Y a-t-il moyen de relier toutes ces formes l'une à l'autre? 

Prenons d'abord les formes absolues. Le pe des transcriptions, pH-pe-pi du copte, si 
on leur applique les observations que j'ai faites sur la diphtongaison, remontent aisément 
à une vocalisation rai dans la xotvr; : pn-pe résultent en ce cas de la diphtongaison 
dcA + i, par AÏ-.is-É, et la prévalence de l'e dans les transcriptions plus anciennes, 
comme dans le dialecte bachmourique, tient probablement à l'existence de cet e mixte 
que j'ai signalé précédemment'; pi dérive de raî par la forme réi, où la diphtongue eî 
s'est résolue sur i comme d'habitude. Si, pour compléter l'étude des transcriptions 
d'époque grecque, on invoque le témoignage des noms propres, on voit que la trans- 
cription RÂ- de jRâMESSÈs s'explique dans l'hypothèse d'une vocalisation Raî de a 

de la même manière que n«.- dans nei.p*.n de paijranou ou que «.- dans Tte.-»*.iton de 
D AA^ ^®- La question est maintenant de savoir si l'orthographe hiéroglyphique - — fl 

AAAAAA LA O 

R + » prête à une pareille transcription. Que <=> ait pour voyelle inhérente ordinaire 
un a, les variantes le prouvent où <n=> ou *T^ répondent à une transcription ra-la 

J C^ t z ;> AAA/W\ 

d'une autre langue, <=z>M[-j® RaKOTis, r"^ /?aMNANA-La6NANA, pour ne citer 

que celles-là : les exemples d'un a vocalisé en i sont rares, et il y aurait lieu de les 

discuter, mais a priori il n'y a pas d'objection à ce que le o égyptien ne puisse être 

vocalisé de la sorte comme le ^ sémitique. Dans le cas présent, l'ensemble des faits 

relevés me semble assez concordant pour que* je propose la lecture rai?! du nom o 

R + 17, que le soleil portait en égyptien. 

Reste la transcription cananéenne riya-ria, qu'il convient d'expliquer. Le hiatus de 
A sur I et la diphtongue ai qui en résulte, cette dernière diphtongue étant ascendante, 
aboutissent aisément au son i, soit que le a, prononcé très rapidement Rai, ait été entendu 
RI par le scribe cananéen, soit que I'a, s'étant changé en e la diphtongue Rei, se soit réel- 
lement résolue sur i. L'on a déjà vu nombre de cas semblables au cours de ces études, 
mais d'où vient I'a final? J'ai eu l'occasion de rappeler déjà que, sous la XVIII" et la 
XIX" dynastie, nombre de noms en (1(] i final prennent une finale en 



s 



îi, ïj], s=} v^n, et les transcriptions assyriennes MAia, Khayo!, montrent que 



cet ^^ final se prononçait a'. 



1. Je laisse de côté -pi qui, dans Méy/sptç, est un résultai de l'iotacisme des copistes; Muxspïvo; renferme 
.. -fl suivi d'un suffixe d'origine obscure, et je ne le ferai pas entrer eu ligne de conapte de manière positive. 

2. Recueil de Trapauœ, t. XXIII, p. 57 sqq. On trouve de même dans les textes étudiés récemment par 
Grifiilh {Zeltschn'ft, t. XXXIII), ott nqpcTC pour otp neqpH'^ (p. 78), i.peoir-d.pHOir (p. 79), tyepe pour 
u]Hpe-u)Hpi (p. 80), g^Tcq et neoT pour g^THq et itHOir (p. 82), peut-être e>.-©-e pour CTg^H, TcpoT pour THpoT 

(p. 84), puis ej'x.e de «^^^ A a , nom d'un décan, où le copte a g^H pour =^ , etc. 

3. Recueil de Travaux, t. XXIII, p. 173. 



A TRAVERS LA VOCALISATION ÉGYPTIENNE 159 

L'orthographe constante des textes assyriens, MANAKHBFRia, NiMMOURia, Napkhou- 
ROURia, montre que, dans ces noms royaux terminés en i nécessairement, puisqu'ils 
renfermaient comme finale le mot a Ravi, le même phénomène s'étnit produit. J'ajou- 
terai, sans hésiter pour l'instant, que l'apparition de cet a 1^ peut s'expliquer par une 



action purement mécanique du gosier, si l'on suppose que, dans ces noms en (1(1 i final, 
il y avait, vers la seconde époque thébaine, un arrêt analogue à celui que produit le 
ham^a chez les peuples de langue arabe. L'occlusion de la glotte qui caractérise le hainsa 
n'est jamais si complète, qu'au moins à la fin des mots, un peu d'air ne s'échappe et ne 
produise un son complémentaire qui sonne comme un a très léger, presque impercep- 
tible, l'impératif du verbe pour vendre se prononçant bi''" : le hamza, produit ainsi à la 
fin de Ma?, Kkài% aurait développé cet .\ léger, qui, vers la XVIIP dynastie, se serait 
fait sentir assez fort pour qu'on jugeât utile de le noter. 

En résumé, la prononciation RÂr, Rai^ dans la -Aov/i est la seule qui rende compte 
des transcriptions riya-ria du cananéen, rè-ri du grec, pn-pe-pi du copte. Des études 
analogues sur les noms des autres dieux montreraient des divergences semblables entre 
les prononciations anciennes et la prononciation gréco-romaine : j'en citerai seulement 
les deux prononciations Sairi et Sait des noms H J) et n qui, à l'époque gréco- 
romaine, sonnaient Osiris et Isis. 

4° Stern explique les termes memphitiques g^ ei.it a.TooTi, ^«.iti^po-yg^i par Anfang der 
Morgen-, Abend^eit\ avec raison, je crois; ils répondent à une combinaison de la xo-.vr;, 
""^ "^"^v V ® = "^"^ "^^ Mo , et ils présentent plusieurs particuhirités curieuses. 
En premier lieu, ils appartiennent à la classe peu nombreuse des mots qui ont conservé 
la préposition ~wws vocalisée, telle qu'elle se rencontrait dans la langue antique, et on 
doit les ranger de ce chef â côté des composés comme Méaiéphthès Q <rr> et MAnéxHON ; 
s'ils ont la vocalisation en a pour na, ils le doivent à la loi d'enharmonie dont j ai traité ré- 
cemment'. En second lieu, le mot féminin ==^ hait, par lequel ils débutent, s'y comporte 

comme les mots cités plus haut, ""^ °, J , etc. : isolé, il a résolu sur la diphtongue aï, 
puis sur .E-H, l'hiatus de ses deux voyelles a et i, g^H T. M. t, initium, principium, 
maiSj en composition, à l'initiale, il l'a résolu en a pur g^*.-. 

Je m'arrête ici pour le présent. Ces exemples prouvent bien qu'à côté de la formule 
A-|- 1 = -M-.E-E = H, e, il faut admettre, dans certaines conditions, la formule a + 1 = ai-a=*.. 
En se reportant à plusieurs des chapitres antérieurs de cette étude, on reconnaîtra que 
cette seconde résolution du groupe a + i présente un phénomène analogue à celui du 
groupe o-hi qui évolue vers l'o simple. Comme, dans bien des cas, l'o est un ancien a 
ob.scurci, on peut se demander si l'une des deux solutions n'a pas été formée sur le mo- 
dèle de l'autre, par analogie : c'est ce qu'on devra examiner plus tard, s'il y a lieu. 



1. Stern. Koptische Grammatik, § 192, p. 90. 

2. Recueil de Tracaua:, t. XXIV, p. 82-90. 



160 NOTES ET REMARQUES 



NOTES ET REMARQUES 



l'AR 

G. Daressy 



CLXXXVII. — II reste peu de chose des ruines de Xoïs, dont l'immense tell de 
Sakha marque l'emplacement; comme presque partout dans la Basse- Egypte, les pierres 
des temples antiques ont été transportées en d'autres lieux, dès l'époque gréco-romaine, 
et le tell ne renferme plus que des constructions en briques crues. Le Musée de Gizeh a 
pourtant reçu de Sakha trois gros blocs de basalte, ayant fait partie du soubassement 
d'un temple. Un de ces blocs porte sculptées trois femmes tenant un plateau chargé 
d'offrandes; elles devaient symboliser des districts égyptiens, mais les noms ne sont 
pas gravés. Les deux autres pierres ont des personnages géographiques étrangers, à 
type asiatique, cheveux épais et retroussés derrière la tète, petite barbe proéminente; 
un cartouche crénelé couvre leur corps et contient les noms; ce sont, sur la première 
pierre, dont les personnages sont tournés à droite : 1" I j c:^>^^Q£^; 2° ^. p, f^-^^ 

= Arrnpakhitis, écrit (1 ^ "^^^^ ^J^ T Q^^^ sous la XVIIP dynastie; 3° l^'^^^„ 
= Tyr. Sur le second bloc, dont les personnages regardent à gauche, on ne lit que 

deux noms inconnus: l°L-iJ^^; ^"^ "^^^^^ ^ ^ "^^^^^^ • ^^ ^^^'^® ^^ ^^ gravure 
annonce l'époque ptolémaïque. 

CLXXXVIIL — Il existe au Musée de Gizeh un petit poids en pierre noire, de 
forme rectangulaire (0'"02 sur 0"'013) et peu épais. Sur une des faces est gravé . Cet 
objet pesant 5 gr. 22, l'unité du système pondéral aurait valu 20 gr. 88, ce qui ne cor- 
respond guère avec les données admises jusqu'à ce jour. L'époque et la provenance sont 
inconnues. 

CLXXXIX. — Une des statuettes creuses en forme d'Osiris, provenant de la sépulture 
des prêtres d'Ammon et qui contenait un papyrus, a sur le socle cette inscription : 

de rOsiris, qui est peint en noir, se détache cette inscription en jaune : ^^fff|l ^^-'^ \ 

substantif, le nom même de la statuette représentant l'Osiris mumiforme. 

CXC. — Autour d'un socle en calcaire, trouvé à Sais et qui devait porter une 
statuette en bronze d'Isis assise, on lit cette inscription : \\ ^ J "^ ^ \^^\\ T 

dessus du socle, devant les pieds: AV^ a nO CJÎ ^^ ^s Jl'^* Cette 

forme d'Isis-scorpion ne m'est pas connue; 0-Y-i est sans doute un titre local de prêtre 
qui n'est pas indiqué dans les listes de Dendérah et d'Edfou. Le nom du personnage prin- 
cipal, ^^ <:>^ « le grand lion », ainsi que le déterminatif aide à traduire, paraît avoir 
emprunté sa seconde partie aux langues sémitiques : est a rapprocher de la racine 



NOTES ET REMARQUES 161 



vpnrapuit, abripuit, et signifierait « le lion ravisseur ». Le nom de la mère semble vouloir 
dire « l'esclave syrienne ». 

CXCI. — Sur un fragment de statuette d'Osiris en schiste, d'époque saïte, on lit 
autour du socle cette légende 4 /\ f^ ;^ j =1 ,=, Y JJ J ^fl [1 y I ^ ^ J^ 

Le titre du personnage, « le grand voyageur », est assez bizarre, mais ce n'est 

peut-être qu'un titre sacerdotal. On peut noter la chute du û dans le nom de la 

lune, (1 1 d au lieu de (j o Q d; le nom de la mère est également singulier, a Nephthys 

l'outre » ou « la cruche ». 

CXCII. — Les divinités funéraires préposées à la garde des canopes ne sont pas iden- 
tiquement les mêmes à Birchèh, sous le Moyen-Empire, que dans le reste de l'Egypte; 
les coffrets contenant les intestins embaumés donnent pour nom des déesses: 1" M, 

#^; 2° U- 3<'<=>11^ , ^^ ; 4° 1^=^, I ^. Isis et Nephthys 

disparaissent de cette liste. Les rapports entre les déesses et les génies funéraires ne 
sont pas constants; Selkit seule est toujours en communauté avec Kebsenuf, comme plus 
tard; les autres divinités n'ont pas de place fixe. Sur un dessin sommaire, la déesse 
l^.v.AAA I est représentée avec deux traits en avant du front; je n'en connais pas 
d'autres représentations. 

CXCIIl. — Le Musée de Gizeh possède une statuette en calcaire siliceux, dont il ne 
reste que le corps jusqu'aux genoux. La tête, qui est brisée, était celle d'Horus avec la 
tresse tombant sur l'épaule, le doigt est à la bouche; au cou sont passés des cordons 
auxquels est appendu sur la poitrine un cœur "0"; la main gauche tient le sign( -r 

Sur le pilier dorsal on lit : Hoii^^i^^^-^ P^ ^", J 

et sur le côté gauche : i 's^ ^^ i 8;^^ i ^:^l ftUU^- On aurait donc là une 

statuette de Séti II entant. 

CXCIV. — La partie inférieure d'une statuette de femme en calcaire porte plu- 
sieurs inscriptions dont le stvle annonce l'époque ptolém aïqu e, ce sont : 



2° Sur le côté gauche : |«»1 10^ P/^ 1110 î ^^"êf^M 



3° Devant les pieds, sur le socle : aaaaaa \^ r^ n T ^Pi 

Le monument a donc été dédié un 21 Payni, jour anniversaire de naissance d'un 

personnage. 

Le lieu où l'on a découvert ce monument n'est malheureusement pas connu, il est, 

toutefois, à présumer qu'il est d'origine memphite à cause des mentions du sacerdoce de 

Ptah du Mur blanc. Le signe £^ est ici pour I V' variante certaine, mais peu 

commune. 

RECUEIL, XXIV. — NOUV. SÉR., VIH. 21 



162 NOTES ET REMARQUES 



CXCV. — Une autre statue, érigée pour un anniversaire de naissance, a été décou- 
verte jadis à Karnak; c'était une Thouéris en schiste gris, dont il manque le haut. 
Devant les pieds de la déesse est gravée cette inscription en une ligne horizontale : 

unes des autres, ces mentions calendriques, au-dessus de cinq grandes corbeilles ^^^X^ : 



^^_^ 


AAA^WA 




n®o 


on 


Y Q 


n 


Ji^n 


o m 


INI 



® ^^ 



^o^ riTf 



^.=_ III o n n I ^^ n ii 

Ce Ben-ateh-hor vivait au commencement de la XXVP dynastie, il est connu, 
ainsi que son père (1 7^ ^^ , par plusieurs monuments, entre autres des cônes 

funéraires et la statue A 117 du Louvre. 

CXCVI. — Pendant l'été de 1901, des fellahs ont mis à jour à Rebaï, moudiriéh 
de Charqiéh, au nord-est d'Horbeit ou Pliarbœthus, un tombeau construit en blocs de 
calcaire. Le Musée a pu acquérir les ornements funéraires et le mobilier comprenant : 

1° Or. — Feuille estampée et découpée en forme de chenti ^V^ (hauteur 0™19), 
attachée à une ceinture de même métal, de 0'^58 de longueur (n° d'entrée 35188); 

2° Or. — Collier découpé dans une feuille d'or haute de 0'"20, large de 0'"245. La 
forme est celle de l'usekh (^3) avec le milieu plus large que les extrémités; le gaufrage 
imite huit rangs de perles et à l'extérieur des boutons de lotus (n** d'entrée 35193); 

3° Or. — Fragments de deux bracelets en feuilles d'or larges de 0'"02, dont la 
surface est striée alternativement en hauteur et en largeur (n° d'entrée 35189); 

4° Or et émail. — Fil d'or long de 0'"50, sur lequel sont enfilées des perles cylin- 
driques de différentes grosseurs et une plus grosse renflée en son milieu. Ces perles 
étaient en terre émaillée, mais l'émail, qui devait être vert ou bleu, est décoloré 
(n" d'entrée 35195) ; 

5° Bronze. — Plateau sur pied ~]Y . Diamètre du disque supérieur 0""48, diamètre 
de la base 0'°21, hauteur 0'"19. C'est la petite table qu'on voit si souvent représentée 
sur les bas-reliefs et qui le plus communément était faite en albâtre (n" d'entrée 
35190); 

6° Bronze. — Aiguière et son bassin. L'aiguière "^ ) a 0'"15 de hauteur, 0^16 de 
largeur maximum et 0"'10 à la base; le bec est disproportionné, ayant 0™17 de lon- 
gueur. Elle possède son couvercle, de forme conique, mesurant 0™09 de hauteur et 
O^^IO de diamètre à la base. Le bassin Y7 a 0'"14 de hauteur, 0™3l de diamètre supé- 
rieur et 0™165 à la base (n° d'entrée 35191); 

7" Bronze. — Vase ( / de 0"'20 de hauteur avec 0™ 16 de diamètre maximum et 
0™10 à la base. La partie supéiieure est doublée (n*^ d'entrée 35192); 

8° Bronze. — Disque de miroir, légèrement élargi transversalement, dont lalargeur 
est de 0"21. En bas est un petit prolongement qui devait entrer dans le manche 
aujourd'hui détruit (n° d'entrée 35196). 



NOTES ET REMARQUES 



163 



Tous ces objets étaient disséminés dans la terre qui remplissait la tombe; il n'y 
avait plus de traces du cercueil, qui était probablement en bois, en sorte qu'on ne peut 
dire si la parure en or était posée sur le mort ou si elle garnissait une statue. 

Autour de la porte du tombeau est gravée l'inscription suivan te : 

1° Horizontalement, sur le linteau:! A n ÏÏ \> î '^^^-^ 1 R 1^ ,<=r\ 

lY m- ^ m- 1 0^^ V' ^° verticalement, sur chacun des montants : 

Le style des hiéroglyphes, les titres, les objets trouvés dans le tombeau, tout nous 
reporte aux anciennes époques, vers la VP dynastie. C'est la seule tombe de l'Ancien- 
Empire, découverte jusqu'à ce jour dans le Delta. Le nom du personnage, « le frère des 
deux adversaires », c'est-à-dire Horus et Set, indique que la légende osirienne était déjà 
formée. 

CXCVn. — A Dahchour, un des mastabas mis à jour par M. de Morgan, celui qui 
porte le n° 11 dans la publication^ était accompagné de deux tables d'offrandes. La 
table qui se trouve devant la face Est est entourée d'inscriptions en mauvais état, qui 
n'ont pas été publiées, mais qui méritent pourtant d'être relevées à cause de la mention 
d'Usurtsen III divinisé. Les deux textes affrontés donnent : 1 A To s ULiU 1 ^^ 

^^^^m!^(m\ \^ ^^«- Ce dernier groupe fait partie du nom du propriétaire du 

tombeau, %.^ Il "*~^-». 

CXCVIII. — Dans la grande enceinte du temple d'Osiris à Abydos gît une dalle de 
granit, fort mutilée, qui portait une liste d'objets mobiliers et de matières diverses; 
probablement, c'était l'inventaire du trésor d'un temple. On ne distingue plus que : 



^r 



w 




mm 

niiii 

n 

I 





vi!» O AA/VWV 



E 



Y7 



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1. Fouilles à Dahchour, p. 27 et pi. IX. 



164 



NOTES ET REMARQUES 




Ml 
III 




I i; û I /=> w 



D B 






W 



^'=T'Ï^| 



1 



Le style annonce le Nouvel-Empire, XVIIP ou XIX® dynastie. 

CXCIX. — ■ Parmi les vases trouvés par M. Amélineau à Oumm el-Gaab, à Abydos, 
s'en trouvent plusieurs en terre cuite rouge ordinaire, ayant la forme du cœur O, avec 
deux petites oreillettes latérales. Sur un de ceux-ci est gravé ce curieux texte mytho- 
logique relatif au partage de la terre : 

III® CjCjCj^^^ ^ (3 111^^ ^ D 



m^M^Miîï^^m^ 



mrj':j.L\ 






n 



(5 

I I I 



I ^ 



3 A/\AAAA 



I I 

I o il 

AAA/VV\ 



4 



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II 



AA/WV\ 



I c=nzn j 



I I 1^ III' 



B D 






:¥©, et plus bas : 



AA/WV\ ^ 


1 '=^ 


® 1^ 


\ o 


V ^ _/ 


h-â^n 






^n. 



O 



(( Dieu bon (Ramsès II), vivificateur^ le roi du Midi 



et du Nord, Horus, m. kh., dit : « Ton père Seb t'ayant donné par décret la primauté,! 
en tant que seigneur de tes frères il t'a donné les deux tiers de l'Egypte et du désert, 
les attribuant à toi seul; un tiers de la terre est partagé entre ses (autres) enfants, en 
tant que dieux issus de ta mère Nout; mais toi, tu es leur maître très élevé. Aussi, ce 
qu'elle demande de toi, c'est que tu sois un Horus bon pour elle, depuis qu'elle te voit 
sous l'appai'ence de Râ, perfection de Kliepra, les ura3us entourant ton front; les amu- 
lettes de ta poitrine, Mât les a disposées pour toi. à ton cou, de même qu'à ton père 
Shou dans Abydos. — Fait par le prophète de Mât Min-mès uni(?)àson fils, le toparque 
et nomarque dans les deux royaumes Pa-râ-hotep. » 

Le même personnage avait dédié un autre vase de même forme, qui a été brisé. Il en 



subsiste que la dernière ligne du texte et la dédicace : 

°^^^^N/.A ii^^n?H ^^B^ « ^==^ 



mm% 



iill 



A 



j__, ^ r*^ . 



□ ^U 



-nfPTii^iîPM 



ce. — De Tell-Basta provient une pierre ayant fait partie d'un linteau de porte, 
surmontée d'une corniche. Au milieu, un tableau représentait un homme, en grande 
robe de la XIX*' dynastie, dont il ne reste que les jambes, un vase posé sur un haut 



NOTES ET REMARQUES 



165 



support enguirlandé, puis un autre personnage assis, vêtu de la grande robe de céré- 
monie, tenant d'une main une coupe et de l'autre une fleur de lotus. A la suite du 
tableau commence une légende qui encadrait la porte, et dont il ne reste que 
/^ j, «i^îl I l^t—i^P' ^" P^"^ ^^ demander si cette pierre était placée à la 



/n 1^ © Il I \mn\% 

porte d'une taverne publique ou simplement du cellier privé d'un temple ou d'une 

tombe. 



CCI. — Grande stèle d'Abvdos, de 1™05 de hauteur. Dans le cintre, le personnao-e 

second registre est occupé par le tableau de famille: à droite, Ifft '"' B^ûll'^ 
assis à côté de sa sœur \ c^ ^ ^m qui a sa fille -Sas{]^ J) accroupie sous sa 
chaise, reçoivent l'hommage du ^^^ J^()y, de |^](1^| et de J^ 
(j"^^- A gauche sont assis (j "^ (j ^ ^^^^^^^^^"^ "^ '^^' ^^^'^°* ^^^" 
quels y <^ J ^^ Jj verse la libation. 

Il y a quelques passages à noter dans l'inscription qui occupe le bas de la stèle, 
malheureusement "mutilé : j ^ ^ ^ J| ^ 1^=] { ^ ^ [v^J ° 1^ ^ ^ 



n 






AAAAAA 













n 



IOaa/vwv Jl _Zl 1 1' 






I 

AAA/^A^ 



\\'^lu%.-\^^\\ 







1H-Hrji<^ 




CCII. — Le groupe colossal, dont j'ai découvert les morceaux, en 1897, à l'extérieur 
du temple de M édinet-Habou, se compose du roi Amenhotep III et de la reine Taïa, 
=1 ^^ ( 1 ^^ fîl j T 11' '''^^^^ ^^^ ^^ même long siège. A côté de leurs jambes se tiennent 
debout trois de leurs filles, les noms de deux d'entre elles sont conservés : l'une est la 



(f^CcI 



166 NOTES ET REMARQUES 



]¥^(Tffli-B. .'autre est Bk-#"I1^-M::^¥ 
( H=^^^37 aJ I ifi 1^^. C'est sans douté cette dernière dont le nom est marqué par 
erreur 9 -» — ^[V] dans le L^rre c?es Rois {n°'^ 379 de Lepsius, 356 de Brugsch et Bou- 

riant). On notera T^[](l<=^^^, variante de ^(](]'^ ^£ - Le cartouche entourant le nom 
est marqué très faiblement, on croirait même qu'on a voulu l'effacer. 

CCIII. — Stèle en calcaire de 0"'90 de hauteur, trouvée dans le Tell el-Qal'a à 
Mit-Rahinéh. Dans le cintre plane le disque ailé sous lequel pendent deux longs uraîus 
coiffés l'un de la couronne blanche, l'autre de la couronne rouge, dans le cou desquels 
est passé horizontalement un long flabellum dont la plume repose, pour l'un, sur une 
hampe à fleur de lotus, pour l'autre, sur une tige de papyrus. Au-dessus du flabellum 
dusudonlit: ^1i|]5ïP^^f^' au-desms de celui du nord : S=|||]S 

Au-dessous est un double tableau d'adoration par Ptolémée Pbilométor. A gauche, 
le roi, coiffé du pschent surmonté d'un disque orné dedeux urœus, présente un vase sur- 
monté de la plume h. Sa légende est : 4=^ ( [ 

divinités auxquelles s'adresse l'ofïrande sont 



1" Ammon, coiffé de deux plumes : (1 ^ 



/V^WVA I > I I I I 




2° Maut, coiffée du pschent : .^vx"^^' 

3° Khonsou momifié, coiffé du disque lunaire, tenant un sceptre composé des sign es 
, fi, ^ et ?: c'est ® l|x 11 =^^A1Î*^, disant: S=^/^ 



_50i I 

A droite, le roi, costumé de même, ayant mêmes titres, présente la Vérité à : 
■•■ S^ ^-^ ^^ Ijfl ' w^^nl^ f<fc^-_2:^ , qui lui donne /vw 



Le dieu est antropomorphe, coiffé du pschent; 

2" Une déesse coiffée, comme Hathor, de deux longues cornes, du disque et de deux 
plumes. C'est ^Pn^lnf , disant : .vww. ^::=::^1 ^^ (f^\ 

3° Déesse ayant sur la tête un édicule, comme un haut de sistre; elle s'appelle 
^"J)^m^ °^r^û(lû^S°;eUedit: ^^*|1^^^. 

Le bas de la stèle a été applani pour recevoir une longue inscription qui n'a pas été 
gravée, et l'on ne voit dans cette partie qu'une petite ligne de démotique, gravée posté- 
rieurement et fruste en partie. 

On remarque que l'adoration de Ptolémée s'adresse aux divinités de Tanis. La 
pierre ne se trouvant pas dans l'est du Delta, il est probable que la stèle destinée à un 
temple de Tanis avait été commandée à un des grands ateliers de sculpteurs memphites, 
qui n'a pu la terminer. 



LE CULTE DE L'OBÉLISQUE 167 

CCIV. — Stèle en calcaire, de 0™28 de hauteur, provenant de Toukh el-Qarraous, 
au nord-est de Zagazig, dans la Basse-Egypte. Dans le cintre est profondément gravé le 
disque ailé, le reste de la stèle est occupé par une seule scène : un roi, coiffé de la cou- 
ronne blanche, adore iVmmon, tenant j et •¥•, coiffé de deux plumes, et Maut, coiffée du 

pschent, tenant la tige de papyrus et -j-. Le style est ptolémaïque. Devant les divinités, les 
légendes sont rédigées en hiéroglyphes qui semblent ne prése nter aucun sens, devant 

Ammon : 1M ^ M<"'1^B- devant Maut : ^°1 f\ 'H*^ = v\ . 

On trouve parfois dans le Delta des monuments offrant des inscriptions aussi peu 
compréhensibles. 



LE CULTE DE L OBÉLISQUE 

PAR 

Fr. W. von BlSSlNG 

Les fouilles que les musées royaux de Berlin ont pratiquées, sur mes instances, au 
sanctuaire de Rà-Atoum à Abousir, m'ont suggéré certaines idées sur la religion 
égyptienne que j'espère développer dans la publication que je prépare de cette fouille. 
Un des faits qui me paraissent ressortir de l'ensemble des monuments découverts, c'est que 
l'obélisque est lui-même l'objet du culte, le représentant du dieu Rà-Atoum, partant le ) 
dieu lui-même. Cela ne dira rien de nouveau à ceux qui sont habitués à avoir en main* 
l'œuvre magistrale de Zoega, De Origine et Usu obeliscûrum ; mais, pour Zoega^ les 
monuments égyptiens étaient encore muets. Il est donc peut-être utile de citer, dès à 
présent, un texte que j'ai trouvé Tautre jour dans le travail de M.Breastead sur les obé- 
lisques de Thoutmosis III', et qui est formel sur le point en question : p. | ^''^^ Jl Jl J] Il 

« Offrande divine aux quatre grands obélisques que Ma Majesté a refaits 
pour mon père (Amon), en une centaine de différents pains, en quatre cruches de bière 
qui sont pour chacun de ces obélisques». Probablement l'orthographe du dieu Amon, 
fréquente à l'époque thébaine, ||, s'explique par la raison que l'obélisque est précisément 
le dieu même; on se rappelle aussi aisément les scarabées du Nouvel-Empire où Pharaon 
est représenté adorant un obélisque. Enfin, l'inscription sur le curieux sarcophage 
publié récemment par G. Moeller' nomme l'action d'ériger l'obélisque: 1^ «ériger 
le dieu Rà ». 



I 



A/WVVA jCi 



AA/WVA A^^AAA 



1. .Efi. Zeitsclir., 1901. p. 58. 

2. ^E(j. Zeitschr.. 1901, p. 72. 



168 SUR Là toute-puissance DE LA PAROLE 



SUR LA TOUTE-PUISSANCE DE LA PAROLE 

PAU. 

G. Maspero 

M. Breasted vient de ramener Tattention des égyptologues' sur la curieuse ins- 
cription que Sharpe publia' et que Goodwin interpréta le premier'. Elle m'avait toujours 
intéressé grandement à cause du rôle qui y est prêté à Phtah et de l'importance qui y 
est attribuée à la langue, c'est-à-dire à la voix ou à la parole, dans la création, mais je 
m'étais privé de l'utiliser, au moins en ce qui concerne la théologie, faute d'en posséder 
un texte à peu près certain. La copie nouvelle que M. Breasted en donne après 
MM. Bryant et Read m'a permis de lever la plupart des difficultés qui m'arrêtaient. 

La partie dont je veux traiter brièvement est celle-là même que M. Breasted a 
essayé de traduire et de commenter, celle qui va de la ligne 48 à la ligne 61. Le début 
en est perdu entièrement, et nous ne savons plus par quel artifice de rhétorique Phtah y 
avait été introduit. Le but du théologien qui rédigea l'inscription était bien certainement 
de mêler à la légende osirienne le dieu de Memphis qui n'y avait aucune part à l'ori- 
gine, et l'on peut conclure de ce fait avec vraisemblable qu'il était affilié aux doctrines 
memphites. Il avait saisi, pour exposer sa thèse, le moment où il en venait à parler de l'ac- 
tivité déployée par Horus d'abord, puis par Thot dans les opérations de la résurrection 
d'Osiris. Horus en avait naturellement la conduite, et il concevait les actes que Thot 
exécutait par la voix : le premier était le cœur qui se parle à lui-même la pensée, le 
second la langue qui jette cette pensée à l'extérieur, et, l'émettant, la rend efficiente. 
Or, ce cœur et cette langue^ ce sont, comme les dieux qui les représentent, des émissions 
d'Atoumou, le démiurge^ le père et le chef de l'Ennéade héliopolitaine : comment les 
rattacher à Phtah ? Le théologien pouvait, comme ses confrères de Thèbes qui identi- 
fiaient Atoumou et Amon, identifier Phtah avec Atoumou et faire de lui le premier 
membre de l'Ennéade. Il ne le voulut pas, ce qui me porte à croire que, tout en se 
rendant compte de la valeur du dieu memphite, il n'était pas un Memphite lui-même, mais 
un homme d'une autre cité, peut-être un Héliopolitain désireux d'absorber les mythes 
memphites dans les systèmes de son école. Il semble donc avoir préféré une combi- 
naison dérivée de la doctrine hermopolitaine^ où les huit dieux dérivés du démiurge 
forment une compagnie de personnes si peu distinctes qu'on pouvait les fondre en un 
seul, et réduire l'ancienne somme de l-f-S, le dieu Un plus ses huit assesseurs, à la 
somme nouvelle de 1-|-1[=8], le dieu Un plus le dieu Huit, Atoumou avec Phtah- 
Khmounou. Le dieu Huit ou plutôt les huit membres de l'Ennéade qui aboutissent 
au dieu Huit devinrent, dans sa pensée, autant de formes de Phtah. Or, l'une d'elles est 
dite le cœur et la langue de l'Ennéade (1. ^2''); elle s'appelle Phtah le Grand, et elle 
procède, comme les sept autres, d'Atoumou par émission. Ce dieu cœur-et-langue se 



1.- J.-H. Breasted, The Philosophy of a Memphite Priest, dans la Zeitschri/t, t. XXXIX, p. 39-54. 

2. Sharpk, Egyptian Inscriptions, 1" ser., pi. 36-38. 

3. Chabas, Mélanges égyptologiques, III* série, t. I, p. 24 sqq. 



SUR LA TOUTE-PUISSANCE DE LA PAROLE 169 

dédouble à son tour en deux dieux, le dieu-cœur qui est Horus et le dieu-langue qui 
est Thot : Horus et Thot, qui créent par la pensée et par la voix, sont donc, en même 
temps que l'émanation d'Atoumou, une forme de Phtah, et, en tant que Phtah le 
Grand, cœur et langue de VEnnéade, ils agissent en général pour créer, dans le cas 
particulier qui occupait le rédacteur de notre texte, pour produire la vie nouvelle 
d'Osiris. On arrivait ainsi, sans sacrifier personne, à prêter une place prépondérante 
dans le mythe héliopolitain de la création, puis dans la légende d'Osiris, au dieu 
memphite, qui était originairement étranger aux spéculations osiriennes sur la survie* 
comme aux spéculations hermopolitaines de la création. 

Telle est, avant toute discussion, l'idée qui me paraît résulter du document; voyons 
maintenant si elle est justifiée dans l'ensemble et dans le détail par le texte lui-même, 
ou du moins par les seules parties du texte qui subsistent à peu près intactes, de la 
ligne 48 à la ligne 61. Le scribe, après avoir identifié d'une manière quelconque les 
huit membres secondaires de l'Ennéade avec huit des formes de Phtah, dénombre par 
leur nom et définit chacun de ces dieux qui étaient Phtah. Pour plus de clarté, il les a 
mis en tableau sous le titre commun de | | ] O ^ ^\ § l. 48), les dieux qui sont 
Phtah\ Chacun de ces dieux avait son image, la momie debout dans le naos îii-j que 
nous connaissons, mais il ne reste plus que quatre d'entre eux, un Phtah sur le grand 
siège R^J^^^ (l. 49^ , dont la définition est perdue, puis » Phtah-Nou, défini 

(I v,-„.^H ^^ P^^^^ d^ Toumou (1. 50'), puis g >L Phtah- , défini la mère 

qui a enfanté Toumou r-sV\ m 1 n_^ (l. 51"), puis Q -^^ Phtah le Grand, 

défini -^^ pi □'v> ]|| <'e cœur et cette langue de l'Ennéade [des dieux] (1. 52"). 

Les quatre autres sont détruits et la ligne qui suit le tableau est endommagée, mais il 
me semble qu'on peut la restituer en s'appuyant sur la légende qui accompagne le 
quatrième Phtah. légende d'après laquelle Phtah le Grand Q^i le cœur et la langue de 

ûl^^'^ P 1^ |\. =^ ° In ° ('• ^3) me parait devoir se traduire: «Celui 
» qui devient cœur, celui qui devient langue en émission d'Atoumou, c'est le grand 
» chef Phtah qui les fait devenir, si bien que leurs doubles sont ce cœur et cette langue. » 
On peut mettre l-j- ou tel autre mot à la place de I ® , mais, si la nuance est 
incertaine à cause de la disparition du verbe, le gros du sens ne saurait s'éloigner beau- 
coup de ce que je propose. Après avoir montré que les huit dieux sont des formes de 
Phtah, émanées d'Atoumou, le scribe, reprenant la quatrième forme de Phtah et 
jouant sur le nom qu'elle porte ainsi que sur les mots qui la définissent, affirme 
d'une manière générale que, si quelque être devient le cœur et la langue par émission 



1. Litt. : « les dieux qui sont devenus en Phtah ». M. Breasted a lu v\ ^^ ^ | | ] " *^® meaning 

of which is of course doubttul », et qu'il traduit avec hésitation, soit par « Fiah as the beiiig oE the Gods», soit 
par « Ptah as the forms of the Gods». La construction que suppose cette transcription me parait difficile à 
justifier grammaticalement: la transcription elle-même ne répond que par abus à l'ordre des caractères sur le 
monument, lequel donnerait exactement, dans l'hypothèse adoptée par M. Breasted, la séquence incorrecte 

que voici : ° 1 1^^*^ ^ ^=]^, non P-^|^^"^lll- 

RECUKIL. XXn. — NOUV. SÉH.. VIII. 22 



170 SUR LA TOUTE-PUISSANCE DE LA PAROLE 

d'AtoumoLi, c'est le grand Phtali, lui-même ce cœur et cette langue^ qui les crée et 
que, par suite, leurs doubles ne sont autres que ce cœur et cette langue respectivement. 
De là, passant au cas particulier qui le préoccupait, il rappelait, ce qui était suffisam- 
ment connu, ou ce qu'il avait peut-être dit auparavant, qu'Horus et Thot, ayant été 
ainsi émis dans Atoumou, en qualité de Plitah, le pouvoir du cœur et de la langue, 
qu'ils étaient en vertu de l'axiome énoncé â la ligne précédente, étaient leur pouvoir 
créateur: ^ ^flk 8 ^flklx °i « Çlk'n S^ ■ d- 54) S'est produit 
Horus en lut, c'est-a-dire en Atoumou, s'est produit Tliot en lui en r/ualtté de Phtah, 
s'est produite la puissance du cœur et de la langue par. . ., en d'autres tei'mes, et 
rendant, selon les modes de la syntaxe française, le jeu de syntaxe égyptienne qu'indique 
l'emploi du temps en a^aaa : « Du moment cju' Horus et Thot se sont produits dans 
)) Atoumou en tant que Plitah^ c'est par . . . que le cœur et la langue exercent 
)) leur puissance. » Le mot qui désignait le dieu actif a disparu, et M. Breasted 
a supposé qu'il était question de Phtah, ce qui l'a décidé à restituer ^^ '. Toutefois 
la suite du texte montre qu'il s'agissait d'un autre personnage divin, celui datis lequel 
(I ^\ ^^.==_ le cœur et la langue se produisent en qualité de Phtah et que la mention de 
son Ennéade | | | ^^=_ à la ligne 55 désigne suffisamment comme Atoumou; aussi, 
tout en admettant la restitution 1^ ^^ de Breasted, j'interprète le pronom ^^ 
comme représentant non ])oint Phtah, mais Atoumou. Celui-ci étant en effet la 
source de laquelle le cœur et la langue, Horus et Thot, émanent <:^q^ en qualité de 
Phtah, lorsque le pouvoir du cœur et de la langue se manifestent, c'est son pouvoir à 
lui qui se manifeste réellement. 

En quoi cette puissance consistait, la suite l'indique clairement. On rencontre 
d'abord une courte lacune, qui contient nécessairement une forme grammaticale telle 
que I v\ OU ^ Q\>. rappelant le nom du dieu mentionné précédemment, c'est-à- 

T_Zr ^^^ Jl A TQ AAAWA2-1 ^ Ci « ^-^ 

dire le nom d'Atoumou. « C est donc lui, Atoumou, I Mr p^-s^ \K\ d n^__E_ 

a m <=> qqq^:37 I Ll © J w/^^.=^_BÎ^"l" ^^:;:^ 

^i. fllfl ' ^'^ww ] I I (C qui fait vivre ce qui jaillit de tout ventre et de toute bouche 
de tous les dieux )). Les dieux proci'éaient de diverses manières, d'abord par les voies 
ordinaires de la génération, par le ventre *^^, et alors leur postérité était selon la 
formule des stèles ^^ ^ , ])uis aussi par la bouche, comme Thot et d'autres'' : ils 
sont les instruments de la reproduction, les créateurs de la chair, mais Atoumou seul 
insuffle la vie aux corps qu'ils produisent par ces deux procédés. Après avoir énoncé 
cette proposition générale, le théologien éprouve le besoin de la préciser, en énumérant 
les êtres que les dieux ci'éent, et en répétant à leur pro|)os l'affirmation de la puissance 
créatrice exercée par le cœur et par la langue d'Atoumou : ^îil \ g ikf^ 



T® .U^^i il) ^ S ^.111^^^ " ^°^^' '^^^ \^nnv^m,, tous les bes- 

L Zcitschri/t, t. XXXIX, p. 48 ei noie 4. 

2. M. Breasted, qui a vu le texte, admet la possibilité d'une lecture ■¥" pour le signe brisé qui suit I 

fn o /wvwv I I 

(Zeitsrhrift, t. XXXLX, p. iù, note 2). l.a restitution | -¥- me paraît d'autant plus vraisemblable que le 

AAAAAA 1 1 © 

se retrouve par la suite du développement comme exprimant la condition des êtres qui 
© c 
ont bénéficié de laction divine exprimée par le verbe mutilé. 

.S. Cf., sur ce sujet, Midanans da Myr./iolof/ic et /l'ArcJiùolofjie éyijpticuacs, t. II, p. o73-378. 



SUR LA TOUTK-PUISSAN'CP: de la parole 171 

)) tiaux, tous les reptiles vivent en vertu [de la faculté qu'il a] de penser et d'énoncer 
» toute chose qui lui plaît \ son Ennéade devant lui «.Les deux locutions u'vv'^\ ^mI 
ne peuvent être rendues dans nos langues par des équivalents réels, mais il est aisé d'en 
déterminer la signification et les rapports mutuels, u'^^^. Q()< \ QA est criei\ 
dire fortement une chose, et, comme certains autres verbes de même nature, tels que 

1^^^' 10 (^" ^' ''■^PP^'Q^e â la parole interne, à cet acte instinctif de l'intel- 
ligence par lequel chaque pensée, arrivant à éclosion, se prend intérieurement en mots et 
eu phrases muettes. La pensée était, pour les Égyptiens du début comme pour plus d'un 
peuple, un véritable discours intérieur, ^v qA. -^iTflOi' ^^'^ ^'^^ ^^ tenait à soi-même 
sur chaque sujet, et qui j^ouvait demeurer iniprononcé aussi longtemps qu'on le voulait: 
il ne se manifestait et il ne devenait actif que lorsqu'on l'émettait par la bouche et qu'on 
jetait la parole \\ au dehors. Il y a la. comme on le voit, une observation machinale 
mais exacte des phénomènes de la parole interne et de son passage à la parole externe, 
mais, en traduisant les mots qui l'expriment U '^^^ - ï h V^'^' les mots qui expriment 
ces phénomènes dans nos langues modernes, nous risquons d'en fausser grandement le 
sens originel, si nous n'y prenons garde, de substituer notre concept de la pensée â celui 
des Egyptiens, et d'aboutir, sans nous en douter, à des contresens véritables, he pai'ler 
en dedans, -^ ^, ce que nous appellerions le penser, évoque l'idée d'un objet ou d'un 
être devant l'esprit de celui qui le pratique, mais il ne produit aucune action au dehors; 
les choses et les êtres ne prennent une existence réelle que lorsque la personne qui les 
a parlés en dedans ouvre la bouche et Jette au dehors la parole Y il, qui, jusqu'alors, 
était enfermée en elle, et qu'elle devise ou proclame leurs noms ^^O • Dans 
notre membre de phrase, les êtres crées, humains, quadrupèdes, reptiles, vivent, 
■¥■ , parce que le dieu Atoumou a la faculté de parler intérieurement et de jeter au 

1 © Ci . . ^ -fi -n '^ é^ ô ' ® ^^ »>.^_\ es 

dehors par la parole toutes les c/ioses qu'il lui semble bon, v\ V\ Tli <=r> 

Notre texte ajoute qu'il fait cela, son Ennéade devant lui \\\^^ v\ 
(1. 55), et il fournit immédiatement après la raison de cette condition. C'est, dit-il, 
« qu'elle (cette Ennéade) est les dents et les lèvres, les vaisseaux et les mains de 
» Toumou; or, après que l'Ennéade de Toumou eut été produite par ses vaisseaux et 
» par ses doigts, l'Ennéade est, d'autre part, les dents et les lèvres de cette bouche qui 
» proclame le nom de toutes les choses et de laquelle Shou et Tafnouit sont issus », 

P V r^ '^'^^^ j| S ^ . Le texte rappelle immédiatement deux concepts égyptiens, l'un très 
général, celui d après lequel les neuf dieux de l'Ennéade seraient, comme il est dit au 
chapitre xvii du Livre des Morts, les membres du dieu qui les crée", l'autre plus particu- 
lier d'après lequel Atoumou aurait tiré de lui-même, par opération manuelle, le premier 



1. Litt.: « vivent par le penser, par l'éraettre-parole toute chose qu'il aime». 

2. Todtenbuch, pi. VII, chap. xvii, 1. 4. 



172 SUR LA TOUTE-PUISSANCE DE LA PAROLE 

couple de TEnnëade Shou et Tafnouit. Le rédacteur de notre texte s'est approprié ces 
deux idées^ mais en les restreignant. Et d'abord le mythe de Shou-Tafnouit semble 
l'avoir inquiété par sa brutalité, lui ou ses prédécesseurs sur ce sujet, et ils en ont 
dénaturé la donnée : ce n'est plus du phallus du démiurge que les deux jumeaux ont 
jailli sous la sollicitation des doigts divins, ils sont sortis de la bouche, et la significa- 
tion accessoire des noms de Tafnouit, la cracheuse\ et de Shou n'a pas peu aidé à cette 
substitution. Toutefois, ils n'ont pas osé efîacer complètement l'expression de h\ concep- 
tion primitive; ils n'ont essayé que de l'adoucir, et au phallus q, ils ont substitué 
un groupe presque identique d'aspect ^v , qui désigne les vaisseaux, veines ou artères, 
et les nerfs du corps humain, si bien qu'ils ont remplacé l'image trop crue des mains 
agissant sur le phallus par l'image plus discrète des mains agissant sur les vaisseaux et 
sur les nerfs. On voit donc maintenant la suite des idées théologiques. Atoumou a créé 
les huit dieux de l'Ennéade, et ces huit dieux sont devenus à leur tour ses membres 
créateurs, les vaisseaux et les mains, les dents et les lèvres de la bouche d'où sortit le 
premier couple divin Shou-Tafnouit : désormais, lorsqu'il pensera Ll v\ ^ et qu'il 
énoncera TA un sujet quelconque, ce sera par-devant cette Ennéade ainsi décrite et avec 
son aide. Notre texte s'empresse, en effet, de dire que « l'Ennéade sitôt née, les yeux 
» de voir, les oreilles d'entendre, le nez de respirer les souffles, et tous font monter ce 
)) qu'il y a dans le cœur, qui est celui qui fait sortir toute perfection % [mais] c'est la langue 
» qui répète le peu.er du cœur », f|™ IH^^^^^I^^PP^t"^ 

bien qu'ici nous ayons l'indication, non pas d'une idée philosophique générale, mais 
d'une doctrine expliquant le mécanisme de la création. La naissance de l'Ennéade, qui 
est la création des membres créateurs d'Atoumou, a pour conséquence l'éclosion des 
facultés corporelles, la vue, l'ouïe, la respiration, tout ce qui met en mouvement, ou, 
pour employer l'expression égyptienne, tout ce qui Jait monter \\ /\ aux lèvres 
ce qu'il y a dans le cœur; toutefois ces sensations internes ne pourraient rien produire 
de réel, si la langue ne répétait à haute voix I ^6v ce que le cœur avait dit U^^^. *==^ 
tout bas. Nous allons donc voir dans la suite du morceau l'œuvre accomplie par la 
langue, car, même grammaticalement, ce n'est qu'à la langue [M , et non pas au cœur 

'^ , comme le croit M. Breasted', que se rapporte le pronom lv:>, sujet de chaque 
phrase. « Elle donc donne naissance à tous les dieux, à Toumou et â son Ennéade, car 
» toute formule divine se produit en penser du cœur, en émission de la langue », 



1. Dérivé de (^ , cracher, par le moyen de ce vieux sufBxe /wvw\ ni, donc j'ai indiqué l'existence 

et le parallélisme au suÊBxe (1(1, W, i, dans les pronoms, dans les noms et dans les verbes, il y a un quart de 

siècle. 

û<î-=^ 

2. Cf. l'expression <!:> dans Brugsgh, Dictionnaire liiérorjly plaque. Supplément, p. 270-271. Le 

A ■()■ I 
sens de la locution reste obscur : ici il semble bien que l'expression désigne tout concept qui est arrivé a sa 

maturité et est prêt à sortir de l'esprit par l'opération de la bouche. 

3. Zeitschri/l, t. XXXIX, p. 49. 



SUR LA TOUTE-PUISSANCE DE LA PAROLE 173 

bien entendu, de ces formules souveraines, véritables incantations magiques auxquelles 
nul ne peut désobéir, ni dieu, ni homme, lorsqu'elles sont énoncées | ^^ proprement. 
Cette création par la parole est indiquée plus fortement encore au paragraphe suivant, 
dont voici la paraphrase : « Elle (la langue), elle fait les doubles mâles et femelles qui 
» produisent toutes les provisions et toutes les offrandes par [la vertu] de cette parole 
» quicréece qui estaiméetce qui est détesté», ^'^Ly^S(..c,llTh!l^HHK 

*==^ il ^^^^37 ^0^ ^ \ c. <=><:=>'^ ^ (Il I ^. La signification générale de 

doubles mâles et fenieUes pour la locution complexe du début 1\ 7T M lov\ 

KsrrsrT . .^ . \ ,, , ., , , u .M^Oc^'c)!! i | ^ 

JXl JXI est justifiée par les tableaux qu on voit dans les temples de l'époque ptolé- 

maïque et sur lesquels sont représentés les quatorze doubles de Râ en forme virile, 
chacun avec sa contrepartie féminine, portant les premiers le signe U, les secondes le 
signe J<r sur la tête. Brugsch lisait ce dernier groupe H H saapi\ mais notre texte 
montre que la lecture réelle en était Ic.'^, celles qui dardent, qui lancent la semence, 
ou peut-être celles qui l'ont reçue et qui, fécondées par elle, produisent les objets néces- 
saires à la vie : toutefois, je réserverai l'examen détaillé de ces deux mots f\ ;t \\ et 
^^>M*>M*/i ^"*^^^^ ""^ ?i^^^VQ occasion. Ces couples de génies, qui sont tigurés à 
Edfou et à Dendérah tenant chacun dans leurs mains l'emblème de leur attribut, la 
force magique ,SS), \a force l^U}, la lumière^, la j'ichessei, etc., sont dits ici fabri- 
quer les offrandes et les provisions par cette parole (\\ii fabrique ce qui est aimable et ce 
qui est détestable'. On sait que toutes les choses, et tous les êtres bons ou mauvais, 
aimables <=>c.gj ou détestables |T| (»()' sortent des dieux, de l'Œil d'Horus par 
la voie des larmes, ici de la langue d'Atoumou par l'effet de la parole : il serait difficile 
de trouver un passage où la création par le verbe soit indiquée de façon plus explicite. 
L'énumération ne s'arrête pas là : « C'est elle (la langue) qui donne la vie au juste 
» et la mort à Tinjuste. C'est elle qui crée tout travail, tout métier; les mains agissent, 
» les pieds vont, tous les membres s'agitent, lorsqu'elle émet la parole, pensée au cœur. 



1. Il y a une coustruction rompue, comme on en rencontre assez souvent en égyptien : la première partie 
de la phrase débute par 1 v\; le scribe, qui avait intercalé ensuite toute une incise (T| 1 | | ], etc., a brisé 
le fil de l'idée, et il a recommencé une phrase nouvelle I v ^ ^ , etc. 



AAAA/VV 



2. Brugsch, Dictionnaire hiéroyLyphique, Supplément, p. 9y7-lu01, auquel je renvoie pour l'indication de 
quelques sources relatives à ces doubles mâles et femelles. 

3. M. Breasted n'a pas tenu compte de la différence des formes verbales employées, et il a néo'lio-é leur 



valeur syntactique. Il a donc traduit <cir>, qui est la forme relative, de la même manière que , qui est 

la forme absolue du verbe, et il a attribué à l'être représenté par 1 ^ et qu'il croit être Phtah, ce qui appar- 
tient aux doubles, si bien que « he is (1. 57) : The mal,er of every food offering and every oblation, by this 
word ». Ici, il a méconnu une seconde fois la valeur svutactique de la forme à seconde lettre redoublée et il 

a rapporté de nouveau à Phtah ce qui se rapporte réellement à la parole c> : « The maker of that 



which is loved and that which is hated. » On remarquera que notre texte, grave à une époque où le ^ féminin 
ètait amui depuis longtemps, tantôt le supprime comme ici <c:2>, tantôt le maintient comme à la lio-ne 58 



174 SUR LA TOUTE-PUISSANXE DE LA PAROLE 

» sortie de la langue, qui produit la totalité des choses' », iyi\j\\ ® ni 

U ^R\ ^^ tP»""^^^^ ¥k. pl <=*^ ^1" • Même après cette ailinnation détaillée, 

le théologien ne se tient pas pour satisfait, et il reprend son thème avec des variations 
nouvelles : « Le verbe [une fois] produit, Toumou fait les dieux devenir Phtah- 
)) Totounen aux moments où les dieux naissent, [si bien que] toutes les choses sortirent 
» de lui (Phtah) en ces provisions et en ces offrandes aux dieux, composées de toutes 

^ k l\ ""^'^0% |\ 111"^ l\ îz^I"^- La lano-ue a est Thot, le sage, dont 

» la force est plus grande que [celle] des dieux », ^ ^ | | I' toujours par la vertu 

de sa voix et des incantations qu'il récite; « elle se joint à Phtah, après qu'elle fait 
» toutes les choses, et toutes les formules divines, si bien qu'il a enfanté les dieux. 
» fa])riqué les villes, organisé les nomes, placé les dieux en leurs sanctuaires, fait 
» fleurir leurs pains d'offrandes, organisé leurs sanctuaires, dressé leurs corps-statues 
» à la satisfaction; elle, (c'est par elle que), lorsque les dieux entrent dans leurs corps- 
» statues, qu'ils soient de bois, de pierres de prix, de bronze, tout prospère sur ces 
)) terrains où ces dieux se sont produits; elle, (c'est à elle) que tous les dieux font 
» offrande, tandis que leurs doubles se joignent et s'unissent en le maître des deux 
» terres », etc. Le reste du morceau nous ramène au mythe osirien et renferme la con- 
clusion de la légende dans laquelle le scribe avait enchâssé cette théorie du cœur et de 
la langue. 

J'aurais pu faire cette analyse plus longue et m'étendre sur l'interprétation gram- 
maticale du texte : il m'a paru préférable de démontrer ici l'enchaînement des idées 
théologiques. Je crois qu'en lisant la traduction et le commentaire sommaire que j'ai 
donnés de chaque phrase, on reconnaîtra que les idées exprimées par le rédacteur sont 
bien, au moins dans l'ensemble, celles que j'ai essayé d'indiquer dans le second paragraphe 
do cet article. Je n'y trouve pas ce qu'y trouve M. Brcasted, a the oldestknown formu- 



1. M. Breasted (p. 4.5; coupe la phrase différemment : « He is the maker of every work, of every baiidicraft, 
the doing of the baiids, the going of the feet: the movemeiit of every member is accordiug to his command, 
(viz.) the expression (lilt. «word») of the heart's thought, that cometh forth from the tongue and doelh the 
totality of everything ». On voit que, pour obtenir ce sens, M. Breasted a été obligé de couper en deux l'ex- 
pression T 1 qui est une. Il a été trompé sans doute par l'intercalation du pronom entre les deux parties cons- 
tituantes : il est pourtant reconnu que, dans ces locutions composées d'un verbe et de son régime ou d'un autre 
mot, les pronoms sujets tantôt se placent derrière le composé entier T Uv^;_, tantôt s'intercalent entre ses 
deux cléments Yî! ;^^ , .sans rompre pour cela la composition et libérer les deux mots l'un de l'autre. 

2. Comparant ce passage à celui de la ligne 57, on peut se demander si le: graveur ancien ou le copiste 



moderne n'a i)as passé un signe et s'il ne faut pas lire <::^ : néanmoins l'emploi de aaa/w\ dans cette 

construction, pour ne pas être fréquent jusqu'à présent, est très régulier. 

3. La traduction littérale serait : " Est devenu le dire, fait Toumou faire-devcuir les dieux à Fhtah- 
Totounen, les fois de naître les dieux. » L'emploi de <=> est fréquent en ce sens et je l'ai signalé ailleurs: de 
même l'emploi de r-i g, • 



VARIA 175 

» lation of a philosophical Weltanschauung^ », mais seulement le développement d'un 
concept très vieux en Egypte. J'ai parle souvent, depuis vingt ans^ de la toute-puissance 
que les Egyptiens attribuaient â la voix et à la seule émission du son, que cette émission 
aboutît ou n'aboutît pas à la parole : si j'ai insisté surtout sur le rôle du son n'aboutissant 
pas à la parole, c'est ce que celui-ci étnit méconnu dans l'école, mais la valeur de la 
parole n'était pas moindre à leurs yeux. Notre texte est de ceux où l'on trouve exposée 
nettement la doctrine des théologiens, pour qui la création est l'œuvre de la voix arti- 
culée en paroles, et peut-être serais-je tenté d'y supposer çà et la une intention de 
polémique contre ceux qui s'en tenaient pour le même objet au concept de la voix seule. 
Selon notre auteur, toute opération créatrice doit procéder du cœur et de la Inngue et 
être parlée en dedans, pensée Li V^ K\ • puis énoncée au dehors en paroles ? il. Il a 
pleine conscience de la force de cette parole Interne, mais la façon dont il insiste sur la 
nécessité de faire répéter ou interpréter | ^\ par la langue ce que le cœ^ur avait formulé 
intérieurement et d'émettre une parole, un discours n <=> afin de produire une 

action, prouve qu'à ses yeux le son aboutissant à la parole, le discours, possède la vertu 
suprême. De son aveu, comme je l'ai indiqué au début, les choses et les êtres dits en 
dedans U ^^ Vv ii'^xistent qu'en puissance : pour qu'ils arrivent à l'existence réellf. 



il faut que la langue [e^ parle au dehors ïfl et decise ou p/'oclame leurs noms 
solennellement. Rien n'existe avant d'avoir reçu son nom à haute voix. 



VARIA 

VON 

WiLHELM SpIEGEI.BERG 

LUI. — Zu einer Stelle des spâten Totenbuches. 

LIY. — Zu einer Formel in den Inschriften des alten Reiches. 

LV. — '^ f dt « Papyrus, Delta ». 

LVI. — Die Gruppe C±i "Mj)- 

LMI. — Y Ah *^*' l^'^MJ) " leben ». 

LVIII. — Zu dem Namen Naukratis. 

LUI. — ZU EINER STELLE DES SPÀTEN TOTENBUCHES 

In dem Totenbuch der Spâtzeit' findet sich eine Stelle, welche ein besonderes 
geographisches Interesse beansprucht. Der betretïende Passus lautet in Liebleins' 



1. ZeiUrhrifi, t. XXXIX, p. 39. 

2. S. CuASSiN.vr, « Le livre second des respirations >), in Reçue des Religions, lèJ'\ und Si^iicr.ELiîEiu;, 
Deinotisclit: Studien, S. 13. 

3. LiEBLEiN, Le licre que mon nom fleurisse. 



176 VARIA 



Ausgabe 37/12, die ja nur eiii erster Versuch zur Sammlung dieser Texte ist 



1^ /Ci AAAAAA [ 1 

AAAAAA . VM^V I i[ f\ r\ /^ 



In einem unverôffentlichten' Texte des Florentiner Muséums lautet dièse Stelle, 
an eine Frau gerichtet : 



AA/NAW n n «Y AA/VW\ 






Ein Papyrus in Brûssel, dessen Kenntniss icli der Gute des Herrn Capart ver- 
danke, bietet : 

AAAA/V^ ^ AAAAAA AAAAAA \ { I ] (npi 7-ç p :^ Cli C^ 



^ y |y AAAAAA ^yô AAAAA^ <:IZ^ ^s\. T I ^ ' 

AVWV^ clLl. ^ ^ A^AAA^ V I «:^ N l^^^-O 






Im Pap. Rliind' lautet die Fassung so 






^ © 



^111 



k^^k^k^^ 



« Wir reinigen dich mit dem Wasser, welches aus Elephantine hervorkommt, 
mit den Horusdingen (=Natron), welcbe aus El Kab^ hervorkommen, mit der Milch 
aus K{j)m. » 

Dafùr stelit demotiscb : 

sw^b-twk n {=zm) pi mw 'ta 'r 'jJ n (=:/«) Ib 
n p\ Jismn n NJjb 
n f' jrt-t n Gin) 



1. So nach Liebleins Umscbrift. 

2. Icb verdanke Herrn Dr. Pôrtner eine Abschrift des betrcfïendeii Papyrus. 

3. ÏI/4, éd. Brugsch. 

r\ AAAAAA _ H 

4. In El Kab gab es nacb Brugsch, Dict. gcogr., 1382, III, ein « Natronthal » ((I ^^^^ Q Ç^^)- 

1 <^?*t Ao o o 



VARIA. 177 

« Du wirst gereinigt mit dem Wasser, welclios ans Ele{)hantine kommt, mit dem 
Natron aus El Kab, mit der Milch aus Gini. » 

Auch sonst fînden sich âhnliche Wendiingen in der religiosen Litteratur, so auf 
einem Holzbrett des Louvre 3306 : 






D (2 

« N. wird gereinigt mit dem Wasser, welches aus Elephantine liervorkommt, mit 
dem Natron, das aus El Kab hervoikommt. » 

Sie làsst sich bis in die Pyramidenzeit hinauf verfolgen, so P. ///691-692 : 



^ii.n\^\Km 






(( Dièses dein reines Wasser, welches aus Elephantine kommt'. » 

Aus dieser Stelle ergiebt sich auch mit vôlliger Sicherheit, dass das Wasser zu 
Elephantine und nicht zu Abydos' in Beziehung gesetzt ist. 

Vi'elche Stadt ist aber unter Km (var. G'ni^ Gr'm) zu verstehen? — Ich glaube, 
man wird nur an Athribis denken dûrfen, dessen Name Km oder km icr^ lautet. nicht 
auch K>-km, wie Brugsch^ Dict. géogr., 835, will*. Denn der Stier ist Determinativ 
zu km, einem der Wôrter, mit welchem Rinder bezeichnet werden'. 

Ganz ebenso schreibt sich der Name eines Teils der Necropolis von Memphis* 
nahe dem Serapeum, und auch hier ist nur die Lesung iTm môglich. Daher ist die ja 
auch sonst bedenkliche' Identificierung dièses Namens mit Kw/jôar, nicht môglich*. 

Es ist beachtenswert, dass die verschiedenen Schreibungen fur das Wortzeichen 
j^ I zwischen dem ersten und letzten Radikal einen schwachen Konsonanten zeigen. 

LIV. — ZU EINER FORMEL IN DEN LXSCHRIFTEN DES ALTEN REICHES 

Ich stelle dièse Formeln zunâchst zusammen : 

1) L., D., Il, 34 (= Mariette, Mast., S. 538). — (Grabwand) ? "^^^^^t^N. 



1. Vgl. auch M/180-181. 

2. LiKBLEiN, Le ticre que mon nom fleurisse, S. 24. 

3. Vgl. die voile Schreibung j^^I^ V\ "^^sr jr^ ® "^^^^ •~v~ ® ia den Annales du Sercice des 
Antiquités, t. II, S. 2S2. Der Gau und dessen Haupistadt fùhren denscibeii Namen. Daneben fùhrt die letztere 
bekanntlich den Namen Ht-hrî-b (Athribis). — Ich môchte hier noch die Frage aufwerfen, ob nicht in dem 
von Cru.m {Coptic Ostraca, S. 73, zu N* 385) kùrzlicli besprocheuen khaic der Name des athribitischen Gaues 
stecken kônnte. 

4. Das /'^^X Ki^ 'Jn ' ^"^^- Q^'^O''-' ^45, ist doch wohi hmj-t zu lesen. Vgl. Brugsch, Oase el Khargch, 
S. 91. 

5. S. Brugsch, Wb., Sup/,1.. VII, 1245 ff.; vgl. auch Â.Z., 1891. S. 82. 

6. Dict. géogr., 836. 

7. S. Lauth, Pianchistele, S. 41. 

8. Dass unter dem P',-kmi des Setna 5/11 eine andere Ôrtlichkeit nahe bei Memphis zu verstehen ist, bat 
Griffith, Stories o/the Higli Prie.its, S. 34, Anm.. richtig gesehen. 

RECUKii., XXIV. — Nouv. sÉR., vni. 23 



178 VARIA 



AAAA/V\ 



[\f] m ^^î"^- ''' '^'-^'""' '^'- J'yh'lf "f<^" sk sw krs{j) m 'mnt{j)t nfv-i hft 
ddl-nf tm sk sw 'nh{j) hr rdwjj-f{j) « Sielie sein àltester Sohn N. hat ihm dièses 
gestiftet, als er (schon) im schônen Westen begraben war, gemâss dem \vas er damais' (?) 
gesagt batte, als er noch auf seinen Fûssen lebte )). 

2) Berlin 11665' mit Bezug auf einen Opferstein \\ 'w^'^^^^ |% N. ^^^ ""^ ^^ 
|'s=|_^J^^ '/^ S'/ 1(^1' ^ jiijynf r pf-hrw si sw m hr{jj-t ntr (Tsiehe sein 
àltester Sohn stiftete (es) ihm fur das Totenopfer, als er (schon) in der Unterwelt war* ». 

d)^Lepsius, Auswahl, VIII, D — (Grabwand?) \\ a~wva '^k^ N. MîiO 

sn krswjj m s[m)t (?) 'mnt{j')-t a Siehe sein Sohn N. bat (es) fiar (seinen) Vater und 
seine Mutter gestiftet, als sie im Westlande bestattet waren ». 

4) Lepsius, Text, I, S. 19. - (Stèle) (j "^P N. ^[] "^^-^^ll m 

Sy-s N. jrj-ns nw 'fih hr rdwjj, was nacb der vollstândigen Formel doch nur heissen 
kann a Siehe, ihr Sohn hat es ihr gestiftet, als sie noch auf den Fussen lebte ». Es 
liegt also in dem letzten Satz im besten Fall ein Anakoluth vor. Man soUte etwa 
n ^^r^ P \\ f"]! (j ^ 11 P \\ erwarten. 

5) Fine àhnlicheWendung lag L., i)., II, 15 a, vor \^'^ N. ^^^^B^B 
^^^^H^Bir ^ Q [] ^vvwsM , Dochwage ich keineWiederherstellung 

des Textes. Die bekannte Formel liegt wieder Lepsius, Text, S. 94 (Grabwand), vor 

.«.)H¥-Ê^--r-j('-p)-^^^M^k4'«-/- 

N. jrj nf sk sw krs{j) m hrt-tUr « Siehe sein àltester Sohn hat es ihm gestiftet, als er 
in der Unterwelt war ». 

Der Sinn dieser Formeln ist klar. Der Sohn stiftet dem Vater oder den Eltern das 
Grab oder irgend einen zur Grabausrûstung gehôrigen Gegenstand, zu ihren Lebzeiten 
oder nach ihrem Tode. Man wird sich dabei die Thatsache vor Augen halten, dass der 
Agypter seine « ewige Wohnung » schon zu seinen Lebzeiten zu bauen begann und 
dass oft die Hinterbliebenen den Bau oder seine Ausstattung (Verzierung mit Reliefs, 
Mobiliar, etc.) vollendeten'. Es ist gewiss kein Zufall, dass der Weihende fast ùberall 
der àlteste Sohn ist. Wir wissen, dass in dem Erbrecht der Ptolemâerzeit, welches 
gewiss gut âgyptisch ist und wohl bis in das alte Reicli hinaufreicht, der àlteste Sohn 
den grôssten Teil, das a Mehrteil », des Vermôgens erbte. Daraus erwuchsen ihm dem 
Meistbegûnstigten, wie uns die Strassburger Schenkungsurkunde* ans der Zeit 



1. Mariette giebt das Zeicbeu zerstôrt. 

2. Kaum « darûber ». 

3. Âgypt. Insc/u-i/ïen aus den Kgl. Miiseen, S. 67. 

4. Es ist beachtenswert, wie hier ék und st unterschiedslos im Temporalsatz gebraucht sind, dea sie be- 
kaaiitlich hâufig eiiileiten. Vgl. Bissing, Recueil, XIX, S. 187 ff. 

5. Beraerkeuswert ist Mast. 200, wo der Vater seinem àliesten Sohn ein Grabstùck weiht « als er noch 
ein Kind war ». 

6. Spiegeluerg, Deinotische Papyrus Strassburg, S. 20, und dazu Schubart, Literarisches Centralblatt, 
1902, S. 410 fl. 



VARIA 179 

Alexanders des Grossen gelehrt liât, aucli besondere Pflichten hinsichtlicli des Toten- 
kultus. Wir diirfen wohl auch fur die altère Zeit gleiche Verhâltnisse voraussetzen und 
annehmen, dass dem âltesten Sohn die Sorge fur das Grab der Vaters zufiel. 



LV. 



'^I dt « PAPYRUS, DELTA » 



In den Inschriften des alten Reiches, welche die Rinderzucht' betreffen, findet 
siclî mehrfach die Heimkelir der Rinder aus den Deltamarsclien durcli ^~~~^ ^f\ °^ ^ 

prjt m mh{j]t bezeichnet. Dafiir findet sich gelegentlich die Sinnvariante "^^^^ 

^1 ¥ pi\j)t m dt, die, wie schon Griflîth' bemerkt liât, von Maspero >. 0.. S. 109) 
zu Unrecht emendiert worden ist. Denn auch in dem Grabe des Ptah-hotep* findet 
sich dièse Variante. Das Wort ist nuri auch sonst in der Lilteratur nachzuweisen, 
zunâchst in der geographischen Bedeutung « Delta ». 

In einer Stèle des Leidener Muséums, V. 85, die ich dem mittleren Reiche zuweisen 

(X " Vorsteher der Schiffer (o. a.) von Elephantine an nôrdlich bis zum Delta )). 

Zu dieser Ûbersetzung môchte ich bemerken, dass hntj r. . . nihtj r « von. . . iDis » 
die Richtung von Siid nacli Nord bezeichnet, so auch L., D., II 149 n : flTh <=» -^ 

f^-^^ ^ <==> flf^^ ^J (( von M"w {T) an nôrdlich bis nach Aln't- H{ic)Jïc{j))). 

Dieselbe Bedeutung hat^wohl hntj m. . . mhtj m in der lV>z/-inschrift, Z. 14 und 33. 

Die erste Stelle wûrde ich ûbersetzen (er bildete ein Heer) a aus dem ganzen Suden 
von Elephantine an nôrdlich bis zum XXIIsten oberâgypt.* Gau hin, aus dem Delta 
und sâmtlichen gsw (?j », und âhnlich Z. 33 : « Fiirst und Vorsteher des Shdens von 
Elephantine an nôrdlich bis zum XXII oberâgypt. Gau hin. » Es sind also an beiden 
Stellen Nord- und Sùdgrenze Oberâgypten angegeben. 

Die andere Bedeutung c Papyrus » liegt in folgendem Beispiele vor . Ûber Leuten, 
die aus Papyrus Kôrbe und Matten flechten, steht L., Z)., II, 77 : H ^^ W sèii dt. 

Ssn ist als term. techn. der Webekunst bekannt', hier diirfte die Bedeutung « flechten » 
(o. â.) zutrefïend sein. Die Ûberschrift heisst also a flechten ^o. a.) des Papyrus ». 

Dieselbe Inschrift steht im Grabe des Ti^ ùber einem kauernden Mann, der einzelne 
(Papyrus'fâden anscheinend zu einer Matte zusammen flechten will. Nach Brugsch 
(W6., VII/1133) steht sie ferner ûber « hockenden Personen, die aus Binsen netzartige 



\. Maspero, Études égypt., II, S. 109. — Zur Bedtg. vou mh\j]t will ich nur bemerken, dass die Laud- 
schaftsbezeichuung a Flachsland » o. à (Brugsch, Dict. géogr., 1201 fï. und Wb., VI/633), von der geographi- 
schen « Delta» in Piahhotep (éd. D.wies), Tafel 13, unterschiedeu wird. Das erstere heisst mh{j)-t das zweite 
t'. mh[j). 

2. Davies, The Mastaba of Ptahliotep. II, S. 16. 

3. y.,V/., Ta.e. X... : n'^'^'^ll ^ ^i)P!M|^T|- ■" "" '"^'''""'' 

« Papvrusdickicht » steckt das Wort wohl auch in dem zerstôrtea ^^M « \ / fl V\ <^5 '^^i Daressy, 

Mrrœka, S. 525. 

4. S. Griffith. in Davies, Piahhotep, I, S. 33; II, S. 24. 

5. S. Brugsch, \V6., IV, 1314, und VII, 1131; Erman, Zauberspràche fur Mutter und Kind, S. 37 fï. 

6. Nach dem Gipsabguss des âgyptolog. Instituts zu Strassburg. 



180 VARIA 

Kôrbe oder Reiisen llechten », Die Biiisen werdeii wohl auch hier aïs Papyrus zu deuten 
sein, aus dem maii ja mit Vorliebe Korbe, Netze^ Matten, Stricke, etc., berstellte. Ich 
giaube demnncli, dass dt eine Bezeiclinung des Papyrus ist, von dem dann auch die 
Papyruslandschaft des Delta ihren Namcn erhielt. 

Ganz ahniicb bedeutet mhj « Flachs » und a Flachsland » (= Delta), ebenso wie 
nach -^ . . ./«", der ràtseihaften SudpHanze, der Sûden Àgyptens benannt wurde. 

LVI. — DIE GRUPPE S '\h(jY 

Sethes^ Nachweis, das.s der Name der LJberscliwemmungsjahreszeit'J/i(y)-<! zu lesen 
ist, bat mittelbar auch die Lesuiig der obigen Gruppe ermôglicbt, fur deren hieratische 
Form ich folgende Beispiele hierhersetze : 



A. (P. Kahun 



B. (P. Ebers) 



' '^ • C. (P. Westcar) |;?| 



Gegen die bisher ùbliche* Lesung sj sprechen dieselben Bedenken, die Sethe 
gegen diealte Lesung der Jahreszeit geltend gemacht hat. Ich weise vorallem darauf hin, 
dass weder in der hieratischen noch in der hieroglyphischen Gruppe der auslautende 
"^^ des Silbenzeichens si je hinzugesetzt worden ist. Ûberdies wird man ùberall in 
den betreffeudeii Handschriften einen unvereinbaren Unterscliied zwischen J^ s,' und 
dem damit identifizierten Zeichen unserer Gruppe finden. Freilich gilt das auch fur die 
neue Lesung insofern, als das Wortzeichen ">h ein anderes ist, je nach dem es in der 
Gruppe fur di(; erste Jahreszeit oder fur das in Frage stehende Wort erscheint, man 

vergl. nur B. mit P. Ebers, 61-6 : ^^ -"^ . 

Aber dieser Unlerschied erklârt sich leicht, wenn man bedenkt, dass eine in 
Urkunden (bei Datieruiigenj so unendiich hâufîge Gruppe ihre eigene Form entwickeln 
musste, von der dann auch die einzelnen Bestandteile getroffen wurden. 

Die Bedeutung des Wortes ist von Brugsch {Wb., IV, 1420) richtig erkannt 
worden als « ûberschwemmtes Land », was ja auch vortrefïlich zu der Bedeutung des 
Verbums "Ji{J) « ùberschweminen » stiinmt. In diesem « ijberschwemmten Land » 



1. Zu der Lesung s. Hess, Ros'ettana, S. 72. 
' 2. Der cor s stehende Suich bezeichnet dass darûbersteheiule Zeichen als Wortzeichen und unterscheidet 
es von d»m âhnlichen Silbenzeicheu À.'. 

3. A.Z., 1900, S. 103 ff. 

4. Die von Chabas {Voyarje, 251 ff.) vorgeschiagene Lesung beruht auf dem Worie 'm, in welchem die in 
Frage stehende Gruppe lediglich Determinativ ist. Wer eiwa an die Lesung slji denken solUe, sei abgesehen 
von der palaeographischen Unzulàssigkeit daran erinnert, dass Mutter u. Kiml (éd. Eu.man), 1/5, (LLX) H von 

unlerschieden wird. 



VARIA 181 

befinden sich nun die gewaltigeii Papyrusdickichte, welclie uisprimglich ganz Agypten 
bedeckt haben, soweit niclit Menschenhande Kulturland oder bewohnte Stàtten 

ir 

gescliaffen hatten. So bezeichnet denn 'Vifj) aucli ein solches « Papyrusdickiclit », in 
welcliem der vornelime Agypter so gern dem Fisciifang und der Vogeljngd iiachging'. 
Wenii ich inich nicht sehr tâusche, kliiigt die Erinneruiig au die landscliaftlichen 
Verhâltnisse des âltesten Agypten nocli in einer mehrfach belegten Wenduug diirch : 

® |\ S, P. Ebers, 98 4. 
ffi|\ ® . P. Kahun, 12/4. 
|\ ffilx ® ,SteleKarnak(.-i.Z.,1897.S. 18(Z. 10),S. 19 Z. 31, — Saitenzeit. 

^^ffi^- Bergmann. h. /., 60/1 (nach Brlgsch, Wb., VII. S. 1216) — 
Ptolemâerzeit. 

Hier ist wolil n j]t* ursprunglich das von Menschen urbar geniaclite und l)ewohnte 
Kulturland im Gegensatz zu dem noch unkultivierten Dickicht (Urwald . In spàterer 
historischer Zeit sind dièse Gegensâtze zu a Stadt und Lnnd » geworden. 

Mit der vôUigen Verânderung der Bodenverhâltnisse musste aucli die Bedeutung 

ir 

von ",h{j} eine andere werden. Die Papyrusdickiclite, welclie einst das ganze Land 
bedeckt hatten, verscbwanden mehr und mehr, und fristeten vielfacli infolge des 
intensiven Ackerbaus in dem eigentlichen Agypten nur noch kunstlieh in den Gârten 
der vornehmen Agypter ihr Dasein. So werden P. Harris, 9/4, erwâhnt U^v ^\ ""l/ 

^ czD"=n^ I « Gârten mit ihren Papvrusdickichten ». Sonst war der '»/i'/)* 

I I i<r=>s I û 1 I I I " "^ 

uberall Kulturland geworden, teils Wiesenland teils Ackerboden, auf dem, wenn 

ùberhaupt, Papyrusdickichte nur noch sporadisch und in geringem Umfang vorkamen. 

So ist denn im N. R. ''h(j) hâufig die « Wiese, Aue », welche mit Bâumen und Gebusch 

bestanden ist, und so tritt in dieser Zeit zu dem Worte nicht selten das Determinativ 

der Baume (D)*. Auch die Bedtg. « Ackerland » lâsst sich im N. R. schon geleçrentlich 

nachweisen, so Harfnerlied Z. 13 (éd. Max Multer) / -c^q ^-vvv^^ ^^^ czd ^^=_ 

« gieb Brot dem, der keinen Acker besitzt», wâhrend es Dûmichen, H. /., I, 2 8, als 

cEEd A^AA^A'^^ I das « Weideland » zu bezeichnen scheint'. So wird schliesslich ",h{j) 

Synonym von sh-t, so dass man sich fragt, ob nicht gelegentlich beide Gruppen mit 

einander verwechselt worden sirid'. Will man in der oben besproclienen Wendung m 

n{j)t m "h{j)t nicht Rerainiscenzen der âltesten Zeit erblicken,- so kônnte man sie 



1. Vgl. die Textziuue Brugsch, W/*., 1/51 (Grab zu Gurna:, IV 1421. Phot. Birl. Mus. LMeriensi 96 sielieu 

fff "^^^ -S) ^ T — r 

die r'-'-S parallel zu den ,. TO H^ZL. 

^ — ^ I I I _S) T — r 

2. Treffeii die obigen Ausfùhrungen das Richiige, so wird man ®. am besten als das Zen tru m des jedes- 
mal urbar gi-niachtsii Districtes fassun. In mancher llinsicht deckt >ich dièse Auffassung mit GriflBili, Pap. 
Kahun, S. it : « ©, mav be anv centre of hubiiatiou, wheiher farmhouse, hamlet. village or citv. » 

Ci I • - T - 

3. Mit .\rtikel p\, Turiner Liebe.-'U'ider. 1/4. 

4. Max MClleu, Liebeslf'ec/er, S. 20, Anm. 12. • 

5. Vgl. auch Pap. Ana.<ta.<i VU. 12,2-3. 

6. So ist im Kopii<clien ccoige gelegentlich Gegensatz zu '^jue. S. Ckum, Coptic ostraca, S. 55, zu N» 129, 
Anm. 2. 



182 VARIA 

aucli Inerher stellen. Dagegen spricht nur der Umstand, dass — freilich kann ich mich 
nur auf meine Sammlungen berufen — vor dem N. R. nur die Bedtg. « Papyrusdickicht » 
zu belegen ist'. 

Nach den obigen Ausfûbrungen môclite icb also annehmen, dass czd '\b-{j) in 
àltester Zeit das ùberscbwemmte Land bezeichnete, welches damais von Papyrus- 
dickichten bedeckt war. Als dièse langsam in Wiesen und Acker verwandelt wurden, 
teilte sich dieser landschaftlicbe Wandel auch dem Worte mit. So bezeichnet sebon 
im neuen Reicb — vielleicbt aucb scbon frûher — 'b{j) nicbt nur das « Papyrus- 
dickicbt » sondern aucb das daraus gewonne Kulturland (« Acker, Wiese », u. a.). 

Icb babe einen Augenblick daran gedacbt, in dem (u. var.) 'Wi{J)-t der 

Ptolemaertexte eine spàte Scbreibung unserer Gruppe zu seben. Abgeseben von dem 
wenig scbwerwiegenden Genusunterscbied' weise icb nur darauf bin, dass in dem 
Beispiel vjTlq "^ MU p^^^ '" | beide Gruppen neben einander vorkommen. Das 
Nomen ",h{j)-t « Acker » lâsst sicb scbon im N. R. nacbweisen, so Brugscb, Thésaurus, 
1295 (Dyn. XVIII). Fur die Etymologie dièses Wortes môcbte icb daran erinnern, dass 
"'JÂj) ein nicbt seltenes Epitbeton des Ackersist, vgl. Pap. Prisse, 10/10, von der Frau 
□ v^'^^ i| Vit ' " sie ist ein vortrefflicber Acker fur ibren Herrn » und 



Naopb. Statue des A'atican é , Z. 29% ^^ « ^^^ • ^^^^ '^^'^ ^"' " Weinstock » ' — obne 
und gelegentlicb mit auslautendem *^^ — von unserer Gruppe trennen muss, 
sei zum Scbluss nocb bervorgeboben. 

Auf unser Wort ">b{j) gebt nun wobl aucb das boheiriscbe d.55i^= Septuag. a/£c° 
zuriick, dem ein sahidiscbes **.2^e entsprecben Avùrde. Das âgyptiscbe Wort dûrfte 
'«5Ae(y) vokalisiert gewesen sein, eine Bildung wie m^li^j a Leinen » ^=. ju-é^g^i. Somit 
wâre in ">h{j) « Papyrusdickicbt )) aucli das Prototyp von in» gefunden. 

LVII. — l"" — ° ^ ^ 'W HMSJ « LEBEN » 

Die beiden Verba « steben » und « sitzen » fînden sicb naturgemàss in der âgypt. 
Litteratur biiufig neben einander. Icb greife ein Beispiel beraus Scbiaparelli, Catal. 
Florent, S. 299 (no. 1573) : 



I 



^P 



J\ 21i# 1 û — H— I I I 



k ^ME1I-â^rr;1k' 



1. So in Verbdg. mit sd{j)-t, Blackden-Frazer, Graffiti, 1/5, XII/12-13 (M. R.). 

2. Der Geuuswechsel ist nichts Ungewôhnliches (S. Sethe, Verbuin, II/§ 14). Auch làsst sich das Wort 
mànnlich nacbweisen (Buugsch, Wb., IV, Add., S. 1717). 

3. Nach Brugsch, Thésaurus, S. 640. 

4. Brugsch, Wb., IV. 1421; VII, 1217. 

5. So nach de Lagarde. 

6. Siehe die sonstigen Litteraturverweise bei Pevron, s. c, und. Ebers, jEgyfden und die Bûcher Moses 
S. 338. Hervorgehoben sei nur, dass Hierouymus (zu Jesaj., 19, 7) fur das fragliche Wort die gute Interpréta- 
tion bietet « omne quod in palude virens nascitur ». 

7. Vgl. ferner Todt. (éd. Naville), l.wiii, 14. 



VARIA 183 

In einem andercn aus einer Stèle des M. R/ A | czd ë '^^"^^dh " ^^^ grosse 

cV, (f,-t, welche stelit und sitzt » môgen beide Verben termini der Gerichtssprache 
enthalten '. 

Auch in El Bersheh, II, Tafel 21, 9-10, \vo es von einem liohcn Beamten heisst, 
Y^^ M^fîA y « das Stelien und Sitzen war seiner Anordnung unter- 

stellt », ebenso wie Sharpe, H. /., 80/7-8, § AU À Si ^^ ^^^ Stehen und 

Sitzen war unter meiner Lcitung (?) », sind beide Begrirte zu trennen. Es handelt sich 
um bestimmte Anordnungen, welche das Stehen und Sitzen bei Hofe regeln^ 

So sind auch Pap. Prisse, 2/8, ^^ \ f-^-^f]^ ^|\ fl/^O^ ® " « sie 
standen und sassen vor(ihni) (?) » beide Verba getrennt zu fassen. Die Stelle 5/2 ist 
dunkeP. 

Dagegen liegt in einer Reihe von Beispielen eine enge Verbindung beider Worte 
vor, welche den BegrifE a leben » wiedergiebt. 

Zunâchst einige Beleffe aus den Pvramidentexten : 



P. ///1350, ra'^N.N. D^ ^f^P^flhl H ^ (( 0, dieser N. N. lebt (als) 

Erster deines Herzens ». 

P. 7/224, (jfnl il (irnlra^N Q^ °n «erwaGhe Osiris, erwache! O, N. 

lebt ». Sehr viel spàter ist ein ptolem. Beispiel, das icli hierher ziehen môchte. Piehl, 
7. H., II, 83, heisst es von Gôttern fAh XNPn << welche zur Rechten und Linken 
weilen (o. à.) ». 

Ebenso wie nun ''nh « leben » in Verbdg. mit m « von etwas leben, sich nâhren » 
hat, so findet sich dieser Bedeutungsûbergang auch bei 'h'-hms{j), so schon Wtiîs, 

295, ra"^ N. f ^ jj T ^OÎ ^ 1^ " ^' ^' '^^^ ^'^" ^^^^ ^'^^^ Broten, 1000 von 
Bier » wofùr spàte Texte' die Konstruktion '/i* hms mit r einsetzen. 

Ebenso steht es Piehl, 7. H., U, 67, ë ^^^==_ AA <^ <=>(^3) "^^ « er lebt von den 
Opfern und Speisen {df',w) ». 

Das letzte Beispiel ist deshalb von besonderem Interesse, weil es zeigt, dass 7i' hms 
doch nicht in die Klasse der « zusammengesetzten Verba* » ïibergegangen sind. 

Noch sei erwàhnt, dass man von beiden Verben die Substantiva i n=n « Speise » 

und '^ ^ « TrankM) gebildet hat, vgl. Rec, XXIII, 68, ê'^ ^^ "^ 



1. Piehl, LH., 3/12. 

3. Vgl. Louvre, C 26, 6, und Mauiette, Catal. d'Abydos, 764 : A A® f [' T V^T "^ 

^ (] O lALA awv\a I I ^ o 

4. Ebenso Rechmara (éd. Newberry), 8/30 : ^ yr 

5. S. Annales du Seroice des Antiq., 1/238, 273. 

6. Sethe, Verbum, I, § 430 ff. 

7. Vgl. auch BiiUGSCH, Wôrterb., III, S. 960. 



184 VARIA 



LVIII. — ZU DEM NAMEN NAUKRATIS 

Die voii Masi)ei-o' herausgpgebciio Slele des Nektanebus liât uns ziim ersten Maie 
den Naincn Naukfatis in hieioglyphischer Wiedergabe gebracht als © ^ . var. 

. Maspero mochte in dieser Schi-eibung eine Volksetymologic eikennen, die 
sich eiwu an einen der Grunder von Naukratis, Namens Krales, anschloss. Vielleicht 
darf man aber docli wolil in der âgyptischen Schreibung eine rein lautliclie Wiedergabe 
sehen. Eine volksetyniologiscbe Wiedergabe wûrde sich gewiss durch Determinative 
— z. B. Personendeterminaliv hinter Krates — geholfen liaben. Ich mochte aiso cher 
annehmeii, dass der Schieiber in Naukratis fur die Wiedergabe von Nau den stat. 
estr. von . veiwcndete, der etwa nau-^ gelautet haben mag, und den Rest in rein 
konsonantischer Schreibung folgen liess. 

Ich mochte nun darauf hinweisen, dass wir den Namen Naukratis seit langem 
demotisch keniien, freilich in einer Schreibung. die erst durch dieNaukratisstele richtig 
gedeutet werden konnte. 

In einer Apisinschrift des Serapeums^ wird ein Apis erwâhnt, der geboren war in 



krit n p\ ts Si o . . .krit im saitischen Gau » 



Brugsch, der irrig trotz des fehlenden Striches den ersten Konsonanten d liest, 
giebt (.4. Z., 1884, S. 114) an, dass es sich nicht entscheiden lasse, ob vor deni ersten 
Wort noch andere Zeichen gestanden haben, oder ob dies der vollstàndige Name der 
Stadt sei. Ich glaube nun, dass es nicht zu gewagt ist, in einer Stadt « ...krit im 
saitischen Gau » das in dieseni Gau gelegene Naukratis zu erkennen. Vermutlich wird 
vor dem krit die Gruppe fur Nau- zu crgânzen sein. 

Ich benutze dièse Gelegenheit, um ein bisher nicht oder doch nicht richtig gedeutetes 
Zeichen in Z. 2 der Naukratisstele zu besprechen. Dort iieisst es von Neit : 



- ^^=_ V I I I 



A^y^^AA 



Ich glaube >^ hat hier den Lautwert des Worlzeichens^ welches es in der Gruppe 
drnj'' vertritt. Es iiegt also das Verbum dm''{j), das Prototyp von ^twojaic : twaii. vor, 
dessen altère' Schreibung den dritten Radikal als n^ zeigt, wàhrend die jùngere 



1. Com/jic.s- rendus de V Académie des^ Inscriptions et Brllea-Lettres, 1900 (janvier-février), und Musée 
égyptien, Tafel 45, Text, S. 40 fif. Vgl. jetzt auch Erman, .4.Z., 1900, S. 127 ff. 

2. Erman, Â.Z., 1900, S. 130, Anm. 4. 

3. Brugsch. Thésaurus, 971; i.Z., 1884, S. 112; Dict. 'jéorjr., 1000. 

4. Hesser V/m/ (vokali«iert adnmcj). Daraus sind JIDK und oôôviov, etc., entlelint. Ich denke darauf dem- 
nàchst zurùckzukommen. 

5. Thutmosis/i tj nmu.f (Gizeh), Z. n. Obelisk Lateran (Westseite). Vgl. auch dm' « Garbe » in den Inschriften 
des A. n. 



EIXE KUXSTLERIXSCHRIFT DES NEUEN REICHES 



185 



(N. R.)^ dafùr uj einsetzt. Es ist also zii ubersetzen « sie fesselt fur ilin die Herzen der 
Menschen (/)'), sie bindet (o. il.) fur ilin das Herz der Menschen {rhjt) ». 

Dièse Ubersetzung wird ja auch durcb deii Parai lelisnius der Glieder nahegelegt. 



EINE KÙNSTLERINSCHRIFT DES NEUEN REÏCHES 



WlLHELM SpIEGELBERG 

Als ein charaivteristischer Unterschied der griechischen und âgyptischen Kunst- 
geschiclite ist oft betont worden, dass die letztere keine ausgepràgte kùnstlerische 
Individualitâten kenne. Darin liegt gewiss ein Kern von Wahrheit. Denn das muss von 
vornherein zugegeben werden, dass die âgyptische Kunstgeschichte keine so markanten 
Persônlichkeiten aufweist wie die hellenische. 

Aber wer sich etwas eingehender mit der âgyptischen Kunst befasst, der weiss doch 
bald auch hier Kùnstler zu fînden, die mit ihrer Individualitât aus der Schablone 
herausspringen. So war es nur ganz natùrlich, dass auch allmâhhch âgyptische 
Meisternamen bekannt wurden', oder eine Inschrift wie die des Ier(isen\ in welcher 
dieser Kùnstler des mittleren Reiches, seine freilich mehr technische Bedeutung 
eindringlich und selbstbewusst zum Ausdruck bringt. 

Soiche Kùnstlernamen sind freilich noch recht selten. Um so grôssere Beachtung 
verdienen die beiden Inschriften, welche ich im Winter 18956 im Grabe des Stlw in 
El Kab (no. 4) abgeschrieben habe, der unter Ramses IX Hoherpriester der Gôttin 
Nechbet war : 



a) 



'^■ + ^ M 



a w 



ic?) 



o (S 



-my\ 



(^H, A.WNAA ;{ ^ 

a o'^^,^ ! I 



?: 



l_.^¥'1h'"-"^''JÎP 



^ 



D 






\> 



,-fei 



CTZl 



>< I I I I 



O 



A^AftAA O i^ 



An einer anderen Stelle desselben Grabes steht 






C3ED 

O 



D © 



o AA/WAA 

^ ÏU I 



rM%^rAm] 



Ilin I 



1. Z. B. Pap. JLid. Turiu, passim. 

2. S. Erman, Àgypten. S. 552; Â.Z., 1893. S. 97, 1900. S. 107; Steindorff, A.Z., 1894, S. 126: Davies, 
Roch tombs of Shcik/i Sald, S. 18, Anna. 3. 

3. S. Maspero, Bibl. éçji/ptoL, VII, S. 427, und Brugsch, Àgyptolof/ie, S. 41"^. 

4. Lepsius, Denhm., III, 236 6, der die Inschrift von dera .Stern * an giebt, bat deu volleii Namea Ram- 
ses' IX, ebenso der Text IV, S. 50, wo die Inschrift von *** an gegeben ist. 

ï:4 



RECUEIL, XXIV. 



NOUV. SElî., VIII. 



186 EINE KUNSTLERINSCHRIFT DES NEUEX HEICHES 

ÙBERSETZUNG 

a) « cr war kein Maler-Lehrling (Geselle) (oder « Scliablonenzeichner » ). 

Sein Herz leitete ilin selbst, kein ^'orgesetztergab ihni die Anleitung. Er warein Maler, 
gescliickt mit seinen Fingern, verstândigen Herzens fur jede Arbeit. Ilin holte (berief) 
der (Hohe'-priester der Nechbet Sljw, um sein Grab mit Darstellungen zu schmiicken' 
(o. a.) im Jahre 3 des Kônigs Ramses IX. » 

b) (( Môge Nechbet j die weisse von Necluiï, die flùgelausbreitende' (?), die 
Herrin von F^g^ , und Hathor, die Fùrstin der Xecropolis, ein kônigliches Opfer geben' 
dem Ka des Priesters, Schreibers des Gottesbuches, Priesters der Ml'-t, Opfer- 
schreibers (?) im Hause des Chnum imd der Nbw-t Mrj-R\ des Verstorbenen. Er hat 
dièse Zeichnungen mit seinen Fingern selbst gemacht, [als]' er kam, um das Grab des 
verstorbenen Hohenpriesters der Nechbet St]w auszuschmûcken. 

Siehe was den verstorbenen Schreiber des Gottesbuches Mrj-R" anlangt, so war 
er kein Maler-Lehrling (oder Schablonenzeichner). Sein Herz leitete ihn' selbst, kein 
Vorgesetzter gab ihm die Anleitung. Er war ein kluger Zeichner, gescliickt mit seinen 
Fingern, verstândigen Herzens in allem ». 

Die beiden Inschriften stimmen in den wesentlichen Punkten zum Teil wôrtlich 
ïiberein, so dass man den Anfang von a unschwer nach 6 ergànzen wird. Danach war 
Meri-Re"' , als Kûnstler im Kultus des Tempels von Esne' thàtig und von dem 
Hohenpriester Stow nach dem benachbarten El Kab berufen worden, um die Relief- 
schmùckung des hohenpriesteilichen Grabes auszufiihren. Dièse Arbeit fiihrte Meri-Re'' 
selbststândig nach eigenen Entwiirfen durch. Die Wendungen, welche dièse Angabe 
enthalten, siiid dadurch von besonderem Interesse, weil sie ûber die Stellung und 



1. Zu mtiuc, Ygl. Brugscii, V\b., VI, S. 579 fï. Das Verbum heisst vielleicht allgemein « darstellen » in 
Zeichnung oder Relief. Dass eiii Verbum « zeicluien, maleu und raodelUeren » bedeutet, wird iiiemanden ver- 
wundern, der daran denUt, dass die àgypiische Kunst zwiscben Malerei und Relief keiuen wesentlichen 
Unterschied kennt (Erman, Âgiji>ten, S. 5:30). Zu den a. O. gcizebenen Bcispielen fûge ich Darkssy, Oi^traca, 

■-<S>- f-=k -^^_ ;X ^ Q{-?I> / AA/WVA ^Œ= 

T. Vf, 25.029, wo ein Schreiber oder Maler von Thot sagt ?" i ? Mt^ '^ r- „^^:i^^ 

« mein Auge siebt dicb, mein Finger malt (zeichnet) dich». Beachte auch das Ueierminaiiv ,^^ in 0. 

2. Nach Grikfiths Deuiung Pa/ieri, S. 27. 

3. S. Brugsch, Dirt. cjéopr., S. 243. 

4. Den problemaiischen Wert dieser Ubersetzung der immer noch uicht sicber eriilàrten Formel branche 
ich wohl kaum zu betonen. 

5. Ergànze etwa /j/t. 



6. — H— stehl fur J, v\ wie hàufig in Inschriften am Ausgang den neuen Reiches. Vgl. A.Z., 1896, S. 21. 

7. Er ist wohl mit dem .\laler idenlisch, der sich nach Bœdcker (1902), S. 315, mit der Palette in der Hand 
in dem Grabe hat darstellen lassen. 

8. Zu der Verbindung der Gôtter Chnum, Nbic-t und Me siehe Brugsch, Mythologie, S. 506. 



DER TITEL AEStîNIS 187 



Bedeutung des fft{l% i s« (oder/i'') kdict' aufklàren. Man siehl vor alleni, dass dieser 
Titel keiiie liohe btellung bedeutet. Der ss (oder n") kdtct ist der Maler, der noch nacli 
Anleitimg arbeiten muss, der noch nicht ausgelernt hat. 

Man wird dalier .si- (oder ri") kdwt am besten durch « Maler'-Lehrling (Geselle) », 
« Schablonenzeichner » o. à. im Gegensalz zu « Maler-Mei.ster » wiedergeben, der in îU 
ohne jeden Zusatz liegen diirfte. Leider lâsst sich fur kdwt zur Zeit eine Bedtg. « Scha- 
blone, ^'orlage » o. à. noch nicbt sichcr nachwcisen'. Die griechisciie Ubersetzung 
unsres Titels durch C^yXô^o^' ist natûrlich fiir die Ermittelung der ursprûnglichen Be- 
deutune; ^Yertlos. 



DER TITEL AESliXIS 

\ ON 

WlLHELM SpIEGKLBERG 

Ober diesen Titel hat sich zuerst Wilcken' auf Grund der wenigen damais 
bekannten Stellen, dahin geaussert. dass er vermutlich âgyptischen Ursprungs sei und 
mit dem Kult des Sobk zusammenhângen moge. Die erste Vermutung hat sich 
bestâtigt, denn unabhàngig von einander haben Griffith und ich den Titel auf 
àgyptisches mr sn zurûckfûhren kônnen". Dagegen liess sich inzwischen feststellen, 
dass der Titel eine allgemeinere Bedeutung hatte, als Wilcken zuerst vermutete. Durch 
B. U. 916 (P. 7967) sind « 4 Lesonis der Gottin Isis Nefrommis" » neuerdings bekannt 
geworden, und noch besser sind wir inzwischen durch die demotischen Texte belehrt 
worden. 

In der Rosettana, Z. 4, und den entsprechenden Texten' ist mr sn (var. V sn) 
durch ipy-.tpzk wiedergegeben, und andere Texte zeigen uns, dass der Titel sich in dem 
Culte vicier Gôtter findet. So wird 

Setna, 3/25, ein mj- sn der Isis von Koptos, ib., 4/22, des Ptah von Memphis 
erwâhnt, L., Z).. VI, 42. no. 32 (= À. Z., 1884, S. 50) treffen wir denselben Priester- 
titel in Verbindung mit dem Amon von Djeme, und Griffith' hat auch einen m/' sn des 



\' 



1. Die Schreibungen des M. R., die àltesten mir bekaunten, haben \hf\\\ -^ (Louvre, C 12) und 

I (Leiden, V, 75). Ebeuso Transact. Soc. Bihl. arnh., VI. zu Seite 418. 

_ I ■ 

Z. Ich glaube nichl, dass man nach Leiden, V, 75, mit Strixdorff, A.Z., 1S94, S. 126, den Titel auch auf 

den Bildbauer beziehen darf. Der « Meisler » der Leidener Stèle ist also meiner Ansicht nach nur ein Lehriing, 
der die Stèle nach der Vorlage ausgefùhrt hat. Fur den BegriS « Maler » wird man sich wieder vor Angen 
hallen mûssen, dass in der âgyptischen Kunst kein Unterschied zwischen Malerei und Relief hesteht. Daher 
wird n" ebensowohl den Zeichner wie den ausfiihrenden Steinmetzen bezeichoen kônnen, dagegen nicht den 
Bildbauer. 

3. Auch aus dem Berliner Wôrlerbuch, welches Herr Bollacher daraufhin freundlichst durchsah, war 
dièse Bedeutung nichl zu ermitteln, 

4. Pap. Berlin 3119. Text, S. 10. 

5. Ostraca, I, S. 332. 

6. S. Grenfell-Hunt, Amherst Papyri II, S. 44. 

7. Oî [■:s'7Ta]p£[;] Xîtûve; "luiSo; [N]£9pôjji|j.[tSo]; 6îà; ij.îv''^''",;- 

8. S. Hess, Der demotische TeiL der dreisprachigen Inschri/t con Rosette, S. 47. 

9. Amherst Papyri II, S. 44. 



188 DER TITEL AESÛNIS 



.1^ 



Sobk nacliweisen kônneii. Ferner ist durch Pap. Berlin, 3115 4/5', ein mr sn des 
Amon von Karnak belegt. 

Auch hieroglyphisch ist der Titel bekannt, m. W. aber bisher noch nicht erkannt 
worden. 

Florenz. S490' — D^^n. XXII-XXV incl. — findet sich unser Titel in folgenden 
Verbindungen : 

TTi In. « mr sn vom Hause des Chons ». 

^T) 1 N. « Gottesvater des Amon, mr sn vom Hause des Chons ». 

q) N. « Gottesvater des Amon, mr sn ». 

Auch sonst glaube ich diesem Titel in Inschriften der Spâtzeit begegnet zu sein, 
ohne ein weiteres Zitat geben zu kônnen. 

Die Bedeutung von mr sn ist — wie so haufig bei derartigen Titeln — dunkel. Die 
Vokalisation s'^n^ lehrt uns, dass wir nicht an das Verbum IIl''^ inf. snj ^ igme a fragen » 
denken dùrfen. Und ebenso wenig ist es gestattet, an den Titel mr snV zu denken, 
denn dann miisste die griechische Transcription koptischem lytonT zufolge noch das t 
zeigen. Ich glaube viehnehr, dass der Stamm snw « umgeben, umkreisen » zu Grunde 
liegt, der vokalisiert s'^n^w *uju)iie* gelautet haben mag. Aber auch dièse Erklarung 
lâsstder Ubersetzungdes Titels noch weiten Spielraum. Man konnte z. B. an ^ '^^ œzd 
(( Umkreis » denken, welches ich in der besonderen Bedeutung « Mauer »' belegen kann 
fur den Wall, welcher den ganzen agypt. Tempel umschliesst. Also konnte mr snw 
den Herren des von der Mauer umschlossenen Tempelgebietes bedeuten, was ja gut zu 
der Ubersetzung ipyj.zozj:; stimmen wiirde. Naturlich sind auch andere Erklàrungen 
môglich. 

Vielleicht ist der Titel schon im A. R. zu belegen. Morgan, Catal., S. 175 u. 176, 



findet sich |>. <==> -^ W^W^W» , var. vX <c=>-^^^M^ mr snw, anscheinend als militâ- 
rischer Titel. Dazu sLimmi, dass eine Gruppe snw im N. R. und spâter eine Truppe 
bezeichnet'. Sollte er mit dem Priestertitel identisch sein, den ich erst nach der 
Dyn. XXII nachweisen kann, so wùrde sich ein Bedeutungswechsel in dem Titel 
vollzogen haben, den ja auch dessen weitere Geschichte aufweist. 

Dass altem M- mr kopt. Ae- entspricht, hat Griffith^ ùberzeugend dargethan. 
Schwierig bleibt uur die lautliche Entwicklung des mr zu Ae-. Qb das spâte .^^^ 
/(?) ms^ zu lesen ist und darin ein Versuch erkannt werden darf, lautlich AejuHHuje 
wiederzugeben, lasse ich dahingestellt. 



1. s. Text, s. 18, Anm. 5. 

2. Berknd, Catal., S. 16 = Schiapaurlli, Catal., S. .379 ff. 

3. S. Â.Z., 1898, S. 138. 

4. Wie KCDTe von kdw, Sethe. Verbum, II/§682. 

5. Mariette, Karnal,; 12/4. 

6. S. Brugsch, W6.. IV/1397. Die VII, 1195, hinziigefùgle Gruppe ist indessen .s! ^ zu lesen, wie auch 
DûMicHEN. H. /., II/3, an der betrePfenden Stelle richtig geieson hat. 

7. P.S.B.A., 1899, S. 271. Zu dem Constructus ist Aoj (Leiden, Gnofit., 9 5, 18/34) vielleicht der Absolutus. 
Siehe Grifpith, Stories. S. 118. 

8. Recueil, XXIIT, S. 131. 



DER TITEL Al^oNIS 189 



Griflltli' hat nuii weiter mr {'rij su zu Aewujô.ite' z= r,:o:y.r-r,^ gestellt, wie ich glaube 
mit Reclit. Ich mochte das koptische Wort fiir die mittelàgyptische Forra* eines 
bisher nocli niclit nachgewiesenen sahidischen *Aeigcone halten, welches der griechischen 
Wiedergabe li^Co^r.^ entspricht. 

Als Résultat dieser Ausfùhrungen ergiebt sich demnach dass Izaôi-n^ àgypt. mr sn 
ein Priestertitel ist^ der sich bis an den Anfang der « Spâtzeit » verfolgen lâsst. In 
koptischer Zeit hat dieser Priestertitel eine weltliche Bedeutung erhalten, die er in 
frûhester Zeit als militârischer Titel schon besass, falls die oben ausgesprocliene Ver- 
mutung sich bestâtigen sollte. 

NACHTRÀGH 

Zu den in dieser Zeitschrift verôffentlichten Aufsàtzen sind niir von Skthe eine 
Reihe wertvoUer Bemerkungen zugegangen, die ich mit der freundl. Erlaubniss des 
Verfassers hier soweit mitteile, als sie Berichtigungen meiner Aufstellungen enthalten. 

Fur die Lesung ichm von — ich hatte whni verteidigt — verweist Sethe mit 
Recht auf Verbum, I/§ 25. Da die boheirische Form von w/im oTw^eju. (niclit *oirog^eA«.) 
lautet, so kann der zweite Radikal kein Q sein. Demnach ist die von mir herange- 
zogene spâte ptolemàische Schreibung ungenau, und Sethes Lesung whm besteht zu 
Recht. 

û 



(var. [1 ^^(zsz] QA) erklârt Sethe — und ich stimme ilim darin bei — fiir 
eine îSchreibung ohne den mittleren Radikal j\ also wie <rr> I | und mit 

Bezug auf poeic und noem. Dass der mittlere Radikal hier wie in "k « Brot » nicht > ist, 
wie ich glaubte, zeigen die boheirischen Formen o»k und coitg. 

Zweifellos richtig erklârt Sethe weiter im Anschluss an meine Etymologie von 
epow-s-TOT- die Form *.-y als Adjectivum verbale « handanlegend sein». Fur das sahid. 
p*.TooT« mochte Sethe denselben Ursprung annehmen wie fiir die boheirische Form*. 

Ich benutze dièse Gelegenheit, uni einen O.L.Z.^ 1902, S. 495, ausgesprochenen 
Irrtum zu berichtigen. Die von mir a. O. angegriffene Lesung Sethes ist, wie ich mich 
jetzt uberzeugt habe, durchaus richtig. 



1. Stories of the High-Priests, S. 99, und P.S.B.A., 1899, S. 272. 

2. Stekn, À.Z., 1884, S. 153, Anm. 1, und ibld., IS^S, S. 12, und Crum, P.S.B.A., 1899, S. 272. 

3. So tritt i^ fur toaloses e ein [A.Z., 1886, S. 130; Stkindouff, EUasapokali/pse, S. 27), und ebenso fur to 
(s. Recueil, XXIII,/199. und Hiîss, Gnost. Papyrus London, Einleitung, S. IX). 

4. Zu Anm. 3 derselben Seite mochte ich nach Stern, Gr., § 519 (S. 345) noch hiuzufûgen A.pi «kiTTen- 
jéHUOTT : *Lpi ei^na^TOOTTHiTTii « thut das euere », -o i% -jikôv (Rom., \i\, 18), und Cru.m, Coptic Ostraca, 58 : 



190 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 

PAU 

François Martin 

VII. Fragments de Gudêa. — Ces trois fragments proviennent de Telloh. Ils se 
trouvent actuellement au Musée du Louvre, dans la salle des Antiquités assyriennes du 
rez-de-chaussée; ils ne sont pas cotés. Pour en reproduire le texte, j'ai utilisé une copie 
exécutée autrefois par le P. ScheiL et qu'il m'a obligeamment communiquée. 




I. Grand fragment K 
Face. — Col. I 

1 hi 

dar a 

ib-bi 

mê 

5 [dingir] Nin-gir-su-ka 

bi 

bi 



la bataille 



à Nin"ir.su 



Col. II 






tKJ 






f tf> 






■^ H> ^ 



•y^^ 



m 



^ m 




1 [Gu-dê-a] 

[pa-te-s]i 

[Sir-p ur-] la-ki-kit 

[dingir] Nin-gir-su 
5 lugal-a-ni 

giid ê/igar ka-sir-gub 

ênrjar giid-ra 
se-si-bi 
udu Sun 
10 siba-bi 

m-ib-tur-tur 
dingir Ba-û 



Gudêa, 

patési 

de Sirpurla'^', 

à Ningirsu 

son roi, 

des bœufs pour la culture' il a 

attaché'. 
Des bœufs de culture 
leur nourrisseur', 
des moutons 
leur pasteur 
il a offert. 
La déesse Bau 



1. Rapprocher de ce passage, Gudêa, F, III, 12 — IV, 13, où le patési offre i"! Ga-sig(?)-dug des bœufs, 
des moutons, etc., avec leur b^îrger. 

2. Ka-sir a la valeur de riksu, /,i.^ru eu assyrien. Gub(du) est-il ici un complément phonétique de sir, à 
lire ta? 

3. Se-si-bi paraît être le parallèle de siba-bi, 1. 10, « celui qui les remplit de grains ». 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



191 



Col. III 



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1 /« ?a 

ni-ba-e-ne 

miti ku bur 

min kid ':\-a-tar gu-^a 
5 sal ama èiun a bi-is 

es ma-na sig-ta 

ni-ba-e-ne 

min ku ib-Jal gu tab-ba 

us me-ni-sum-sum-ne - 



Il leur a donné 

deux vêtements bur, 

deux vêtements îr<^i-tcu'-gu-:;a^ 

(?) 
trois mines de hiine. 
Il leur a donné 

deux vêtements ib-lal gu tab-ba. 
Il a offert 



Col. IV 



("jp" 



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1 jÈ" /?irt/i 6/ 

kar kd gar-ra-ka 

id-da 

a-a su-su da-bt 
5 lui a-lai 

labara ba-gub 

gis gud 4 udu gis bir 

ba-sag sal ni e 
bur-gi-a-bi 
10 gis gud 4 udu gis bir 

ma TU 

Col. V 

1 ma GI 

2 en 

3 id ba 

4 galu 



de son grand temple 

pour faire le mur de la porte 

à côté du fleuve. 

Degrandeseaux à côté il aamené *. 

Une forte enceinte, 

qui était vieille, il a consolidé. 

Un bœuf, quatre moutons, un 

agneau 
il a ojere (?) 

pour son offrande' . 
Un bœuf, quatre moutons, un 

agneau 
[dans] le vaisseau TU 

Le vaisseau GI 

le fleuve 

l'homme 



1. Gu-sa, « un fil quadruple », comme à la ligne 8 gu-tab-ba, « un fil double )>, probablement deux locu- 
tions techniques qui désignent deux variétés de tissus. 

2. Ou : « Du fleuve les grandes eaux à côté il a amené». SU-SU = ruddû, «ajouter», en assyrien; voir 
BittîNNOw, u" 174. 

3. SAG = dainùqu, Br.,7290, « être pieux ». Le sens de « faire une offrande pieuse » serait donc acceptable. 
Mais que faire de sal ni e? Ces signes sont très nets sur l'original. 

4. Bar a dû d'abord désigner le vase dans lequel on présentait une offrande, puis l'offrande elle-même: Gi 
implique l'idée de « stabilité ». Bur-rji est donc probablement une « fondation perpétuelle » faite par Gudêa, et 
qui comprenait un bœuf, quatre moutons et un agneau. Cf. burr'afif/i. 



192 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 




Revers. — Col. II 

1 a-an 

gis gud as udu 

dingir Nin-gir-su 

gis gud as udu 
5 dingir Nina 

[gis] gud as udu 



un bœuf, six moutons 

à Ningirsu; 

un bœuf, six moutons 

à Nina; 

[un] bœuf, six moutons 



Col. III 



1 gi-bi 

is-gi-ta 

gain dub-ba (?) 

im 

5 gis ku 



Son roseau 

dans la roseraie. 

le scribe 

a 

un vêtement . . . . 



^^c=^ 






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LtJ^ [j> 






H 



*-^-<^ 



A ^ 



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^ i? fl »-» 



II. Statue brisée L 
Col. I 

1 ^[kur Ma-kan'-ki-ta 

\f\ak-isi 

[im-ta'-uddu 

{ala]n-na-ni-hu 
5 [mu]-tu 

lugal-ni 

. . . ag-me 

. . .ti-mu Ijê-sir 

mu-ku mu-na-sâ 
10 E-ninnû-a mu-na-ni-tur 



Du pays de Makan, 
de la dolérite 
il a apporté, 
pour sa statue 
il a façonné. 
(( Son roi, 

chéri 

ma vie qu'il prolonge! » 
pour nom il lui a donné. 
Dans rÊninnùa il l'a introduite. 



Col. II 



1 galu mu-sar-bi 
[su-ib]-ta-ab-[ur-a] ' 

^i a 

. . . qa zid-dub-dub^ 

5 gis qa gar Jjar-ra-as-an' 



L'homme qui son inscription 
effacera 

... qa de farine. . . 

un qa de nourriture har-ra-as-an. 



1. Les restitutions des lignes 1-5 sont faites d'après Gudêa. B, VII, lO-l.S. 

2. Sur la lecture Isi, voir Jensen, Keilin^chriftliche Bibl., IIIi, 40. n. 1. 

3. Cf. Gudôa, B, VIII, 8, 9. 

4. Dub {sapâ/,(c, «verser», en assyrien) désigne peut-être une farine plus soigneusement blutée que la 
farine ordinaire. L'offrande sid-duh-dub figura longtemps après sur les listes d'offrandes des textes rituels 
assyriens, c.çj. K 2486 + 4364, i-orso. 7-14 (I CRvir,). 

5. Cf. Gudôa. B. I. IL 



MÉLANGES ASSYRIOLOGIQUES 



193 



^QMt> 






f>f^cS>^^5H 



^ 3^ »q> 



^ï^ 



m 



■^ [>[| >€>^ 






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^ ^ -<%.^ 



* -H-, ^g::- 



3f^ ^FW <^g>-0 



fe. 



* [Ml >e>^ 









sa-duga-bi 

ba-ni-ib-lal-a 

dingir Nin-gir-su 

lugal gis-ku-qit 
10 dingir Ba-û 

dumu an-na-qit 

dingir Gal-êlim 

dingir Dun-sag-ga-na 

dumu ki-ag 
15 dingir Nin-gir-su-ka-qit-ne 

suh-a-ni hê-{^y-ri-ne 

kul-a-ni hê-iil-ne 



sa fondation, 

diminuera'. 

Que Ningirsu, 

roi de l'arme, 

que Bau, 

fille du ciel, 

que Gal-êlim, 

que Dun-saggana, 

fils chéri 

de Ningirsu, 

ruinent son fondement, 

anéantissent sa race! 





III. 


Petit 


fragment de statue M 








Col 


I 


1 zid-da-a 








De la farine 


sam-mu 








il a donné 


e 










bi 










5 bi 




e 










da bi 












.sag 
an 



Col. II 



1 ka 

uh-uh 

ni 

ni-ir 

5 ni-nun-[na\ 

sir 

ma gi-a- . . . -da-bi 

ku-gi 

[ku]-babbar 

gul^ 



(?) ^ 

De la graisse 

de la graisse ir, . . 

du beurre 

sur son vaisseau Gi-a- 
de l'or, 
de l'argent, 



-da. 



1. Ou « abolira »; LAL = matu, «être moindre», pael «diminuer», et aussi rakâsu, sandqu, «lier», 
« fermer » . 

2. Ce signe paraît être KA avec su à l'intérieur; voir BrOnnow, n» 820; Amiaud, n» 225, et Thureau- 
Dangin, n° 198. Il devait avoir une valeur phonétique terminée en /•, dont ri est ici le complément. Le con- 
texte impose le sens de « ruiner », « extirper », « déraciner ». 

3. Ce signe terminait sans doute le nom d'une matière précieuse. La colonne 3 contenait une énumération 
de bois ou d'instruments, comme le prouve la présence de is au commencement des trois lignes dont l'amorce 
se voit encore. 



RECUKII., XXIV. — NOUV. SER., VIII. 



25 



194 STUDIEN ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 



STUDIEN ZUR KOPTJSGHEN LITTERATUR 

VON 

Adolf Jacoby' 

III 

Neues ^u dem Traktat ûher die Bedeutung des Alphabets. 

Die von mir am Schluss meines ersten Beitrages zu dem raystisclien Traktat von der 
Bedeutung des Alphabets ausgesprochene Erwartung, dass noch weiteres Material aus 
der griechischen Litteratur uns Aufschluss ùber die Entstehung und die Quellen jenes 
koptischen Werkes geben ^Yerde, sollte sich rasch erfùllen, Beim Studium der koptisch- 
christlichen Unterweltsvorstellungen, die ich demnâchst eingeliend zu behandeln ge- 
denke, auf die noch meist der Verarbeitung harrenden reichen Schâtze gefiihrt, die 
Vassilievs Anecdota grseco-byzantina enthalten, fand ich auch zu den 22 Schôpfungs- 
werken des koptischen Textes eine, wenn auch nicht ganz ùbereinstimmende, so doch 
verwandte griechische Parallèle. Dieselbe steht in der iTTopîa TiaXa-oo -t^'Ayua^t ir.h -coO 'Aoâjji 
und lautet folgendermassen' : 

'Api6(Jio'j(Jt£vwv xotvuv TÎôv -xpà TO'j 6îOÙ '^v/oixh/oiv È'pYWv ev xaTî sj r,^époi'.<; Y'-vov-at ëoya x6' XsYOjjiévcov 
epywv O'jTw;- 



a 


çpwç y.a'. To 


P' 


oùpavôv xa'. 


y' 


TV' 





•:à joa^a 


e' 


xo'jç '.yÔjaç 


ç' 


xà kp-exà xa; 6T,pîa 


C 


7:0p 


•n' 


y(ova 


6' 


cijjiêpous 


i 


GaXâ(7(jaç 


1%' 


v£;p£Xaî 



i6' 


fjXtOV 


'ï' 


asXrJvTjV 


lo' 


àtjTÉpac 


te' 


àYYiXouç 


'?' 


(p'j-à 


tC 


^OTava; 


'■n' 


■::£-£'.và -Tepcoxâ 


16' 


opTj xa; pouvo'jç 


x' 


IpTTtOT'.xi 


xa 


tJtoi ojjLÎy^XiQV xaî 


x6' 


xôv avOoo)— ov 



Taù-ua là xê' ïo'(tx. ZTZo'.r^av/ o 6=0? Iv 'è^ -fjjjLÉpa!; xat o-.à toùto /.a; î'.'xojt oôo YpâfJt.uxxa Trap' eêoaîoiç tuY/^â- 



Der Text ist so gegeben, wie er sich im Codex Ottobonianus , n° 205, findet. Die 
Reihenfolge der Werke stinimt hier durchaus nicht mit dem, vvas in dem in der Palaea 
historica vorausgehenden Abschnitt ùber die Schôpfung ausgesagl ist : nôaa epYa £-!TotT,<Tev 

ô 6£C); £V laTç s^ Tipépai;. Tf, a' r,a£pa £7:o!r,Tîv to cpcô; v/o'jv tt,v T,|a£pav xa; tt)v vjXTav ttÏ Se-jTépqi ■îl|Jiépa -cov 
oùoavov xat xtjV y^i''' "^fi "p'-'^^ "^il^^p? "^î ôaXâTiraî, Tr,Yà; xa; roTaijio'JC xa; à-Xù)? Tràaav tt,v uoixiov ep'jffiv xfi 
x£TàoTT| T|[jiÉoa £Tro;r,aEv xov T,Xtov xa; xt,v sjeXt^vTjV xa; xo-jc àaxÉpa;, vÉtpr, xa; xov ojjiêpov. TtI ajxïi T,|ji£pa tSwv 



1. Vgl. Recueil, t. XXIV, StucUen sur koptischen Litteratur, 1. 

2. Vgl. l. c, 189. 



STUDIEN ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 195 



OTZO'Z ÈtÔTSocoç -/.a! vùv ÇoœtofxÉvo; tov ojpavôv X£XOjt/T,;ji£vov îrr^sOr, tt, O'.avoîa y.a! sTrev [ÈvJ îauTw- Qr,aio tov 
Opôvov (jio'j £-1 TÙ)v veçeXwv Tovj oùoavov) xa; ïToaa'. oaoïoî ~w 'j'itffTw- xaî iT.î{6)zhr, -ooTzi^zi Ôsoij Toà 
Tâyua-Oî 'wv àY^^Xiov xa: ty]; àvYEX.xï;; rzolr,<; iT-.zprfir, xa- yÉyovev àv-; çiotoî oxoto; i^ocsco.uÉvov Tivl; 0£ 
XévouT'.v OTi otà -rô ar, -poTX'jvTJTat tÔv 7:apà Oîo-j -ÀajOsvTa ivGpw-ov à-£(p)p'C5r/ xa; XTjpoôj'.v Ta -ro'.xj-a 
àviOîaa, 6 yi? ivGpw-o; Tr, £X-T| ^.[xipa ÈTXâdôifj, ô 8È àvTixs{{Ji£vo<; È?£tî£(I£v Tri TETap-rT^ f.fJiÉpa. 'O^o-mi; tt, 
7:£(a)T7TTi tf^^?? ï-o(r,T£v ô esôç Ta ouTa xa; ravTa Ta [TETpâroôa] ^Coi [-t] y.i\ ïztzizx xa; Or,p;a- tt, [oe] 

ç' •f,,u£pa E-XaT£v Tôv avOpw-ov yoùv Xaêtbv à-o t^; yr,^. Darauf folgt der obengegebeiie Text nach 
dem Cod. Ottob., wâhrend der Codex Vindobonensis tlieoL, n° 210, nur hat : 'Ap;ejjioo- 

[Xîvwv TO;'vjv TÛ)v -apà 0£où yîvouÉvcov EDytov £v TaT; "z^ f.aÉpa;? YivovTai à'pya xo' xa; o;à toôto eÎ'xot; O'jo 

Ypâfi(a)aTa -ap' kSpa;o;; -•j(Y)/ivo'jT;(v). Es kaiin unter den Umstânden kein Zweifel sein, dass 
hier der Cod. Ottob. ans irgend einer anderii Schrift die Aiifzâhlung der 22 Werke 
aufgenommen bat. 

Erinnern wir uns nun des Schlusses des Textes im Cod. Vindob. theol. gi\, 316 : 

TooTwv TÎôv xo TO'j j^p'.TTOj —paYfxâTtov xa; — îptôowv tjttwj;; :^v Ta xS' eoy^ "^^^iC XTÎdâtoî, à £7:o(r,(j£v ô Oeo^* 

xaTà ToùTo OE xa; ô àXïâ8.r,To; twv 'io'j8a;wv, iind vergleiclien das mit dem Schluss des Textes 
in der Palœa bistorica, so kann eine Verwandtscbaft nicht geleugnet werden. Wir 
saben aber, dass der koptische Text im Grunde aucb auf eine derartige griecbiscbe Quelle 
zuruckgeben muss. Das lâsst sich an unserm Stûck von neuem zeigen. Allerdings ist 
die Ûbereinstimmung mebr allgemein ; denn weder in der Reihenfolge der Werke noch 
in diesen selbst stimmt der koptische Text mit dem griecbiscben zusammen. Im- 
merbin hissen sich aucb hier einzehie unz^Yeifelbafte Berubrungen aufweisen. 

Das erste Werk des gr. Textes ist das siebente des kopt. Textes, wo aber anderer- 
seits wieder das Feuer dem siebenten Werk des gr. Textes entspricht. Das zweite 
Werk des gr. Textes entspricht wohl dem ersten Werk des kopt. Textes; oder etwa 
dem acbten Werk? Das dritte Werk des gr. Textes kann dem zweiten oder vierten 
des kopt. Textes entsprechen, Das vierte Werk des gr. Textes korrespondirt mit dem 
dritten Werk des kopt. Textes, das fûnfte Werk des gr. Textes mit dem sechszehnten 
des kopt. Textes. Das sechste Werk des gr. Textes entspricht dem neunzehnten und 
zwanzigsten Werk des kopt. Textes. Das acbte Werk des gr. Textes hat keine Paral- 
lèle; ebenso nicht das neunte, zehnte und elfte Werk. Das zwôlfte Werk des gr. Textes 
entspricht mit dem dreizebnten zusammen dem vierzehnten des kopt. Textes, wie das 
vierzehnte des gr. Textes dem dreizebnten des kopt. Textes. Das fûnfzebnte Werk des 
gr. Textes ist obne Parallèle; das secbszehnte und siebenzehnte Werk des gr. Textes 
entsprechen dem elften und zwôlften des kopt. Textes. Das achtzehnte Werk des gr. 
Textes ist parallel dem siebenzehnten des kopt. Textes. Das neunzehnte des gr. Textes 
hat keine Parallèle. Das zwanzigste Werk des gr. Textes entspricht dem zwanzigsten 
Werk des kopt. Textes; doch vergleiche aucb das sechste Werk des gr. Textes. Das 
einundzwanzigste Werk des gr. Texte hat keine Parallèle, dagegen korrespondiren 
das zweiundzwanzigste Werk des gr. und des kopt. Textes. 

Wir baben also in der That eine Reibe von Ûbereinstimmungen, z. T. selbst in 
der Zàhlung. Allerdings sind dièse selten; haufîger stimmen die Texte in der Sache 
zusammen. Daneben fînden sich aucb Werke, die im andern Text keine Parallèle 
baben. So beweist dieser kleine Beitrag zwar von neuem, dass uiiser koptischer 



196 STUDIEN ZUR KOPTISCHEN LITTERATUR 

Schriftsteller seine Weisheit griechischen Vorlagen entnahm, aber andererseits auch, 
dass es solcher Vorlagen mehrere mit verschiedener Zâhlung und verschiedenen An- 
gaben iiber die Schôpfungswerke gab. 

IV 

Zur Eliasapocalypse. 

In der von G. SteindorfE herausgegeben Apocalypse des Elias', findet sich auf 
Blatt 20 folgende Stelle : 

« Deshalb nun erbarnite sicli unser der Gott der Herrlichkeit und schickte seinen 
Sohn zur Welt (xôtjjio;)^ damit er uns erlôse aus der Gefangenschaft (aî/jjiaXwaîa). Nicht 
gab er Auftrag einem Engel (ayYeXos), indem er zu uns kam, noch (oùoé) einem Erzengel 
(àpydtYYE^'S':) noch (oùSi) irgend einer Herrschaft {^^yi), sondern er verwandelte sich gleich 
einem Menschen, indem er zu uns kam, damit er uns erlôse. . . » 

Dièse Worte richten sich zweifellos gegen jene uralten Anschauungen, vvonach 
Christus zu den Engelwesen gehôrte. Eine sehr frïihe Spur dieser Auffassung ist wohl 
in Apalypsis Johannis, xiv, 14-20, erhalten. Aber auch sonst begegnet sie uns hâufiger, 
namentlich in den sogenannten gnostischen Kreisen, wo Christus nicht selten als ein 
kosmisches Mittelwesen angesehen ist. Man denke etwa an jene Erzâhlung, nach der 
Christus in Gabriels Gestalt zur Maria kam, wo es Pistis Sophia, p. 12, ausdrûklich von 
den Archonten der Sphaira heisst : « Ich nahm die Gestalt des Gabriel, des Engels der 
Àonen, an und nicht erkannten mich (cf. Ascensio Jesaiae, ii, 24 ff.) die Archonten der 
Àonen, sondern ihr Gedanke war, ich sei Gabriel der Engel'. » So sagt auch Tertul- 
lian' ganz deutlich von Doketen : « Angelum gestavit ut satellitem fortem, cum que 
salutem hominis operaretur. » Harnack hat in seiner Dogmengeschichte bemerkt* : 
Angélus ist eine sehr alte Bezeichnung filr Christus, die sich bis zum nicsenischen 
Streit erhalten hat und z. B. noch in Novatians Schrift de trinitate, ii, 25 fî., ausdrùck- 
lich fiir ihn in Anspruch genomraen wird (ATliche Stellen, die auf Christus bezogen 
wurden, schiitzten das Wort°). In der Regel ist dasselbe nicht als Bezeichnung des 
Wesens, sondern als solche des Amtes Christi zu verstehen; doch zur vollen Klarheit 
ist die Sache nicht gekommen; es gab Christen, welche das Wort als Wesensbe- 
zeichnung gebrauchten und von al ter Zeit her findet sich ein Widerspruch gegen dièse 
Auffassung. Doch kam es nie zu einer grôsseren Controverse, und als sich die Logos- 
lehre allmâhlich durchsetzte, wurde die Bezeichnung « angélus » harmios, um dann zu 
verschwinden. « Solchen Widerspruch fînden wir nun z. B. im Diognetbrief, der, wie 
Harnack gesehen hat', eine auffallende Verwandtschaft mit unserer Stelle aus der 



1. Vgl. Texte und Untersuchungen, her. voti O. v. Gebhardt und A. Harnack. Neue Folge II. 

2. Vgl. auch meiiie Schrift, Ein noues Ecanrjelienfragment, 36 S. 

3. Vgl. De Carne Christi, 10. 

4. Vgl. l. c, 2. Aufl., 155, Anna. 1. 

5. Vgl. dazu etwa meine Andeutungen in Ein bisher unbeachteter apoltrypher Bericht ûber die Tau/e 
Jesu, 1900, 65. 

6. Vgl. Altchristl. Litteraturgesc/iichte, II, 587. 



M. LE D' LEHMANN P:T L'INSCRIPTION DE ZOUARTHNOTZ 197 

Eliasapocalypse besitzt. Es heisst da vu, 2' : àXX' xl-.o; àXr.Ow; 6 T.%^noy.pi-ioz ■/.%: -xvto/.-îttt,; 

xa'. àôpaTOî ôsô; aj-o^ à—' ojpavwv Tf,v àXT^Ostav /.aï ~ôv Xoyov -ôv «y'-ov vcai à-£civrr,-:ov àvOp.oTtoiî Èvropujs 
xaj £Y'43t'£'J^'"!pt^£ ~3t^î xapoîa'.!; aùxtôv, O'j xaOx— ep av -'.ç î'.xâdE'.ev av9pto— o^, i7rr,piTr// Ttvà — éj^i'^xç f) «yy^^ov 
•î] ap^ov-ra r^ T'.va -wv o'.£— ôv-wv xà î—iYî'-^t r, z'.'ix zwi — £— tTTîoaîvojv tx; £v oopavoT; oioixrjaôt;, àtXX' aùxôv 

Tôv -zv/r^r-r^^i Y.%\ oT,[jnojpYÔv tôjv oXiov, <p xoùç ojpavoj; èV.t'.jïv, /."X. Leidcr lâsst sich fiir die Prioritât 
nichts ausmachen; immerhin, dièse ganz auffallende Parallèle spricht entschieden dafur, 
dass wohl aile Versuclie den Diognetbrief in spâte Zeit zu setzen, verfehlt sind, zumal 
eine âhnliche Stelle aus dem IV. saec. ebenfalls litterarische Verwandtschaft voraus- 
zusetzen scheint. 

Man bat liingst die Verwandtschaft der Eliasapocalypse mit dem Ephraïm'schen 
Schriftenkreis erkannt; so bereits Bousset'. Bousset bat, wobl auch mit Recbt, dieapo- 
calyptiscben Scbriften, um die es sich bandelt, Ephraïm als Autor gelassen. Dass er in 
der Tbat jenes koptiscb erhaltene Apocrypbon gekannt bat, dafùr scbeint mir eben, 
neben jenen andern apoc. Scbriften und ihren Berûhrungen mit Apoc. Elias die Tbat- 
sache zu sprecben, dass er in einem seiner Hymnen, de nativitate Christi in carnem, 
V. 8% folgende Worte gebraucht : 

(( Dein Tag bat uns eine Gabe gescbenkt, wie der Vater keine zweite besass; nicht 
sandte er uns Seraphim, auch stiegen keine Cherubim zu uns herab, noch kamen Engel, 
seine Diener, sondern der Eingeborene, dem sie dienen. Wer vermôchte gebïdirende 
Lobgesânge darbringen, dass die unermessliche Majestât inder Krippe liegt? Gepriesen 
sei, der uns sein Besitztum schenktel » 

Die Verwandtschaft ist unverkennbar; sowobl mit dem Diognetbrief als mit der 
Apocalypse liegt hier ein Zusammenhang vor. Und zwar ist dieser Zusammenhang 
derart, dass er sowobl den Diognetbrief unzweifelbaft in die altcbristliche Zeit zu- 
riickweist, als auch die Beziehung des àcbt ephraïmschen Schriftenkreises mit jener 
Apocalypse ausser Zweifel setzt. Let'zteres trifft um so mehr zu, als ja zu Ephraïms 
Zeiten der Titel « angélus » fur Jésus und damit wohl auch jene eigentùmliche Chri- 
stologie, die ihn unter die Engelmâchte rechnete, mindestens stark im Schwinden be- 
grifïen war und ausdrùcklicher Bekàmpfung wohl kaum noch bedurfte. 



M. LE D^ LEHMÀNN ET L'INSCRIPTION DE ZOUARTHNOTZ 

PAR 

K.-J. Basmadjian 

L'inscription de Zouarthnotz, que j'ai publiée le premier dans ce Recueil, 
vol. XXIIÏ, est critiquée par M. Lehmann, dans la Z.D.M.G., 1902, pp. 101 et sqq., 
mais cette critique donne « des lectures que l'original ne présente pas », ce que fait 
remarquer F.-E. Peiser, dans V Orient. Litt. Zeit., 15 mars 1902. 



1. Vgl. Patres Apostolicl, éd. O. v. Gebhardt uud A. Harnack, eil. maior, I, 2, S. 159. 

2. Vgl. BoussHT, Der Antichrist, S. 56. Die Apocalypse stammt aus der Zeit vor Ephraïm. 

3. Vgl. éd. La.my, II, 466. 



198 LA DÉESSE ^ fl^ ^ ^J] 

M. Lehmann a tort de me faire des reproches, du moment que je n'ai jamais pré- 
tendu donner une traduction complète. Là où les matériaux me manquaient pour 
traduire, j'ai proposé approximativement un sens se rapprochant du contexte, mais, — 
et c'est ce qu'il ne fallait pas passer sous silence, — avec un point d'interrogation; 
voir, par exemple, les lignes 8, 9, 11, 12, 17, 21, 22, 25, 40, 45 et 46. Quant à mes ex- 
plications, elles peuvent être fautives pour M. Lehmann, puisqu'il fournit « des lectures 
que l'original ne présente pas ». Voici où je ne suis pas d'accord avec lui. 

M. Lehmann lit Ildaru abnu'-|-;î?' le nom de fleuve que je lis Ildaruni-ani . 
Mais l'original ne présente pas abnu (lire TAG). Heureusement j'ai sous les mains 
l'estampage de l'inscription^ soigneusement préparé par moi-même sur les lieux. Là, je 
ne vois que Il-da-ru-ni-^'^-ni , et non pas Il-da-ru-^l^-ni ; par conséquent^ les obser- 
vations et les résultats de M. Lehmann restent à corriger. — Je dois ajouter ici que 
M. W. Belck, dans les Verhand. d. Berl. antlirop. Ges., 1901, p. 222, lit aussi 
Ildaruniant . 

La dernière lettre de la ligne 8 est *-JJ^^ sur l'original; mais M. Lehmann, 
voulant corriger ma copie, donne la lecture ^yc:|t:. D'abord, le crochet ^ n'existe pas 
sur la stèle; c'est simplement un clou horizontal >^-. Et, d'ailleurs, il n'existe même 
pas de place suffisante entre les deux clous verticaux (H) pour insérer le groupe t= 
de di. 

Enfin, le nom Quturlï est QuarVi pour M. Lehmann, parce que « le syllabaire chal- 
déen rejette la polyphonie ». Eh bien, je lui demande pourquoi il lit tai' dans tar-a-i-e 
(1. 27), hal dans Hal-di (11. 1, 4, 9, 18, 19, 23, 24 et 42), gis dans Ar-gis-ti- (11. 5, 26 
et 31), bar dans u-bar- (1. 9), etc. 



LA DÉESSE ™r»^ 

PAK 

Pierre Lacau 

Je trouve dans mes notes quelques renseignements sur cette divinité peu connue^ 
La véritable lecture de son nom nous est donnée par un passage des textes reli- 
gieux du sai'cophage de Hor-hotep\ Les lignes 413-414 de l'édition' portent : ,yfU ' 

^*='v^ ' ^Mv niûu1rl|- Je ne connais pas d'autre exemple de cette phrase, mais le 

déterniinatif. très net bien qu'il s'agisse d'hiéroglyphes cursifs, ne peut être que le 

signe iM\'- ^^ 

Même lecture dans un texte inédit du sarcophage de [1 appartenant au Musée 

1. Je ne comprends pas pour quelle raison M. Lehmann donne des lectures purement assyriennes, par 
exemple abnu, ilu, i-<u, alu, nâru, iinmci-u, mê, er.^itim, etc., dans un texte qui n'est pas assyrien et qui 
demande une transcription idéographique. 

2. Lanzone ne la cite pas dans son Dictionnuiro mytholor/ir/tie. 

3. Musée du Caire. Provient de Deir el-Bahari. Catalogue général, n" 280S3. 

4. Maspero, Trois années de fouilles, dans Mém. de la Mission du Caire, I, p. 162. 

5. J'ai vérifié sur le monument. 



LA DÉESSE^ filial 199 



du Caire' : ^^ ^w^n'^^c^iOiIî 'v^ "^fiTlJ)- Là encore, le déterminatif 
ne laisse pas de doute. Nous avons du reste deux doubles de ce passage dans Unas, 
1. 390, et dans Livre des Morts, cliap. lxvi, qui suppriment toute hésitation. Il s'agit 
bien de la déesse ^^ fffliTl^- 

Nous trouvons encore la même orth ographe, pour la même racine, sinon pour le 
même mot, dans Hor-hotep, 1. 178 : ^^ fÔSTl* (ce texte reproduit Mirinrî, 122), et 

aussi dans Mirinrî, 243 : ^^^^^^^W' ^"-^ ''^ lacune qui suit peut cependant faire 

hésiter. 

D'après ces variantes, le signe (^\ a pour lecture Vv'" 

Le nom de la déesse est formé sur ce substantif par un procédé bien connu : il est le 
féminin de l'adjectif en (l final '. Le mot (1551)10 épithète si fréquente d'Horus dans 

les Pyramides)' représenta le masculin du même adjectif. 

Nous sommes en présence d'une orthographe défective de la lettre ^^^' (absolu- 
ment comme dans le nom de la déesse l() = shmt\ Ce n'est pas le lieu de discuter 
ici le sens et la portée de ce genre d'orthographe dont les exemples, bien constatés, 
sont assez nombreux'. Il suffit, pour le moment, d'ajouter ce mot nouveau aux formes 
déjà connues. 

Le signe qui sert à écrire le nom de cette déesse étant relativement assez rare et 
la déesse elle-même peu connue sans doute, il en est résulté, de la part des scribes, 
d'assez curieuses confusions : 

1° Un chapitre d' Unas donne la phrase suivante ( Unas, 390^ " : ^ T^ () pi \ R 6 



1. Provient de Berseh. Moyen-Empire. Journal d'entrée, n» 32868; Catalogue général, n" 28083. Texte 
religieux eu colonnes verticales, côté gauche (intérieur), ligne 36 (=; Todt., chap. lxvi; rédaction un peu diffé- 
rente). Cf. Unas, 390. Mais ici une des déesses manque et un <::i a été sauté dans le uom de la seconde, ce 
qui, du reste, n'est pas forcément une faute, le <^ final pouvant être considéré comme déjà tombé à cette 
époque. ^^^^ 

2. La suite du texte dans Hor-hotep donne partout __^ ^ (^uul comme dans Mirinrî. Le déterminatif 
que je donne ici est celui de l'original. 

3. Je ne connais aucun exemple de ce mot employé dans un texte. Est-ce un terme archaïque perdu de 
bonne heure"? D'après la forme du signe qui sert à l'écrire, il doit désigner sans doute une salle ou une cha- 

pelle. Quant au sens premier de cette racine V\ , je l'ignore. M. Maspero me rappelle qu'un autre nom 

divin est formé à l'aide du même ra dical. C'est celui du dieu dans Unas, l. 511, pour lequel le double 

texte de Téti, 1. 324, donne la lecture ^\ v\ ^^. Ici non plus le sens du radical n'est pas clair. Il 



faut remarquer d'ailleurs que l'hiéroglyphe représentant le nom de ce dieu ou génie dans Unas diffère beau- 
coup de celui qui nous occupe ici. Je n'ai pu vérifier la forme sur le monument ni sur les estampages. Peut-on 
considérer réellement ces deux signes comme deux variantes d'un type plus ancien? 



4. Erman, yEq. Gram ., § 133. Même formation dans le nom des déesses, <^^^ M Yf , Pépi l", 290; 

Pépi II, 861; M V\ %^' '^^^''^ "~'^' ^"^' ^^■*' ^^^■ 

5. Unas, Ô61; Pepi I" , 196, 197, 249, 328; Mirinrî, 632, etc. 

6. Erman, « Defeciive Schreibungen », ^g. Zeit., XXIX. 33. Cf. Sethe, Verbum, l, § 219. 

7. Est-ce que cette orthographe correspond à un réel phénomène phonétique? Ou bien est-ce une simple 
abréviation graphique? Et, dans ce cas, quelle en serait l'origine? Car même ces caprices apparents d'écriture 
doivent avoir une raison d'être. 

8. Le texte imprimé porte ij K . Erman (^g. Zeit., XXXII, p. 7, note 1) avait déjà proposé la correction 
sstt « en regardant le signe qui sert à écrire ce mot comme identique au signe is qui se rencontre dans le 
nom de Hr .isti ». L'estampage de cette partie du texte manque à la Bibliothèque nationale de Paris, et la 
vérification n'avait pu être faite par M. Chassinat pour M. Erman. Pour la même raison, la rectification fait 



200 LA DÉESSE ^n^l^l 



^ ^ I'MdI iti^r^^PT ■^' "'y ^ P''*^ ^'^ double de ce texte dans les Pyramides, 

mais deux exemplaires de 1 époque Ihebaine ont ete publies par Naville [loat., li. 



chap. CLXXiv); tous deux portent ici : ff[|]^f^, nom de déesse absolument inconnu. 

2° Dans le chapitre lxvi du Livre des Morts, où se rencontre une phrase tout à 
fait analogue, la confusion est différente. Ce chapitre est rare. Un exemplaire, cité par 

"^^ 1 qrp J](«'0. Ici la forme donnée au signe (vérifiée sur l'original) montre qu'à 

/T y^l AAAAAA III Ci i I 

cette époque (XVIIP dynastie), on lui reconnaît encore une valeur propre. On se trompe 
d'ailleurs sur cette valeur, car le mot est suivi du dieu comme déterminatif à la place 
de la déesse. 

Mais, dans le seul exemplaire thébain de ce chapitre, donné par Naville% nous 
avons ^''^^^''^ J). De même, dans l'exemplaire de Turin, il y a nettement . Le signe 

original a été confondu avec celui qui sert à écrire le nom de Neith, et cette dernière se 
trouve ainsi avoir usurpé par hasard un rôle mythologique qui lui est étranger'. 

Je ne connais aucune représentation de cette déesse, mais une stèle du Caire nous 
donne un renseignement précieux sur sa physionomie. Le propriétaire de cette stèle' 
s'intitule : fHfl ^ 1^ nO. Dans ce titre répété trois fois, le nom divin est suivi. 



comme déterminatif, de la déesse à tête de lionne, assise sur un trône et tenant le 
sceptre en forme de papyrus. Nous sommes donc en présence d'une déesse-lionne 
comme fil) %, et nous comprenons de suite le rapprochement établi par les textes 
cités plus haut entre ces deux divinités et le parallélisme de leur action sur le mort. 
Nous ne savons pas dans quelle ville cette déesse était adorée à l'origine. La stèle 
du Caire est de provenance inconnue; son propriétaire porte encore le titre de : 

^cr^ <^ ^ oi ,^it^i^ 1^1 y, ce qui fer ait penser à Men[iphis. Un personnage 

enterré à Medum' était également : (^\ |J. Mais il est clair qu'il a pu exercer 

ce sacerdoce loin de l'endroit où il a été enterré. Quant aux textes religieux qui la 
nomment, nous n'avons aucun indice sur la province où ils ont pu être rédigés primi- 
tivement. Tout au contraire, la présence du nom de la déesse pourra nous renseigner 
sur leur provenance, quand nous saurons de quelle ville elle était elle-même originaire. 

Le Caire, 29 mai 1902. 



défaut dans la collation de Lange (yEg. Zcit., XXXIV, 141). J'ai vérifié le passage sur le monument : la forme 
du signe est nettement celle que je donne ici. _^ 

1. Rec. de Trac, XX, p. 73.— Sur une toile funéraire au nom de ^A ^V1 wT' ^'^^^^ ^^ 
Caire. Journal d'entrée, n" 33984. 

2. Navii.le, Toc/tenbuch, I, pi. LXXVllI, 1. 2. 

3. Par exemple : Le Page Renouf, dans Transactions of the Soc. of Bibl. Arc/i., VIII, p. 208, s'appuie 

sur ce te.xte du Licre des Morts, pour identifier 1 7 Jf] e^ JV • 

lllc.mc.<::5lLl f] f , <=> f 

4. Cataloç/ue générai (Iîqrchaudt), n» 1403. — Le propriétaire s'appelle I ^=^i > surnommé ^^^^"^ À 
U. VI' dynastie environ. Provenance inconnue. 

5. PETPaE, Medum, pi. XX-XXI. Voir la forme du signe sur ces planches. 



NOTES DE PHONÉTIQUE ET D'ÉTYMOLOGIE ÉGYPTIENNES 201 



NOTES DE PHONÉTIQUE ET D'ÉTYMOLOGIE ÉGYPTIENNES 

PAR 

Pierre Lacau 

I 

Étymologie de ^oot (sah.) (( DiES ». — Le mot ^oot vient de v® " ^^^^ ^^ 

hésite sur la manière dont il faut se représenter le détail de cette dérivation, et les 
explications proposées ne me paraissent pas résoudre toutes les difficultés. Je les rappelle 
en signalant les points qui me semblent douteux. 

M. Maspero^ montre que la forme akhmimique g^ooTe nous ramène à l'orthographe 
©, le e du copte représentant le (5 final dégradé. Il admet la série suivante : 

<r — a . (5 ri en (3 

harou 'forme primitive} donne harouou = (mais d'où vient ce développement 

du second <2*?). On a ensuite haouou = cn^. ^ 0» par chute du <===>, puis hoouou^= 
2poTc (akh.), le a passant à o sous quelle influence ici?); enfin le (2 : e final disparait 
dans les autres dialectes := g^oo-y (sah.). Nous verrons plus loin que cette hypothèse ne 
rend pas compte du vocalisme de g^oo-y dans les différents dialectes. 

M. Sethe se représente les choses tout autrement. La forme primitive serait hj^ôw 
avec un vocalisme identique à celui de gpooT : sSpwoT, « voix »'. On a ensuite chute 
du <r> après en, comme dans le mot govpwoT (boh.) qui est pour hrewrowew (cf. g^poirp, 
boh.)*. Le e initial, que l'on trouve dans la forme boheirique cg^ooT et en sahidique après 



l'article : neg^ooT, se serait développé devant la double con.sonne h -f- /' à l'initiale. Le 
dans la forme cn^^ est « sans signification », puisque le <rr> est tombé, comme on 
l'a vu, sans laisser de traces*. 

Mais la chute du p dans cette position n'est pas expliquée'. L'ginalogie de g^oTpwoT 
est trompeuse, car les deux cas sont très différents' : dans l'un la chute a lieu devant 
voyelle atone, dans l'autre elle aurait lieu devant voyelle accentuée hvow, on ne peut 
donc rien conclure d'un exemple à l'autre. Tout au contraire, le p devant l'accent et 
après Di : g. (c'est-à-dire dans une position précisément identique à celle qu'il occupe 
pour hroùw) se conserve; ex. : 2_poTp (boh.), qui est pour hrêwrèœ*. Enfin, l'état du 
vocalisme n'est nullement expliqué dans cette hypothèse. 



1. Rec. de Trac, VIII, p. 191, u" 3. 

2. Ce (2 est, en effet, tardif, au moins dans l'écriture : je n'en connais pas d'exemple antérieur au Papyrus 
Abbott, 5, 12. 

3. Sethe, Verbu/n, I, § 160, a. 

4. Sethe, Verbum, I, § 239; II, § 84, 2. 

-51 (30 -n. , 

5. Sbthe, Verbum, I, §§ 74 et 239 : « D~l ^. hw (wo das ^. , gewiss bedeutungslos ist) ». 

6. Sethe compare encore cette chute de p après consonne à celle que l'on rencontre dans -xno : •xcÇo 
qui égalerait : d-hîfprà iSethh, Verbum, I, § 2o6, 1, et II, § 215). Mais la formation des verbes en d factitif est 
tardive. Elle a du se faire sur la racine igwne, ujoon, à une époque où le <:::> était déjà tombé. 

7. On peut noter du reste que g^OTpoiOT est une forme purement boheirique qui ne prouverait rien à la 
rigueur pour la chute du p eu même position dans les autres dialectes. 

8. Sethe, Verbum, I, § 426. 

RECUEIL, XXIV. — NOUV. SÉll., VIII. 26 



202 NOTES DE PHONÉTIQUE ET D'ÉTYMOLOGIE ÉGYPTIENNES . 

La vraie difficulté, en effet, dans ce mot provient de la diphtongue oo-y, qui présente 
pour les différents dialectes un traitement tout à fait spécial. Les formes sont les sui- 
vantes : 2^00-y (sah.) : eg^oo-y (boh.) : g*.oir (fay.)^ : g^ooire (akhm.). 

Or : 1° en boheïrique on s'attendrait à trouver ujot. C'est, en effet, une loi connue 
que la diphtongue oot du sahidique correspond à coo-v en boheïrique; l'allongement est 
de règle, cf. g^pooT : ^pcoo-y'. Il n'y a que deux exceptions qui sont notre mot : g^oo-y 
(boh.) : egoo-y (boh.) (avec son dérivé noo-y : ci^oo-y') et g^Tooire (sah.) : tootti (boh.)*. 

2° En akhmimique on s'attendrait à trouver e.T. La correspondance régulière du 
sahidique à l'aklimimique est en effet 00-y ^ *.t, cf. gpoov .- ^pd.-y'. Or, nous avons g^oo-ye 
(et noo-ye). (Le mot g^TooTe m'est inconnu jusqu'ici dans ce dialecte.) 

Le contraste qui existe entre le traitement de g^poonr (sah.) : ^ptoo-y (boh.) : ^p«.T 
(akhm.) et celui de g^ooir : cgoo-y : g^oo-ye nous montre immédiatement que nous ne pou- 
vons pas avoir dans le second cas, comme dans le premier, une diphtongue u -\- w. 
D'où vient la différence ? 

La solution nous est donnée par la forme akhmimique g^oo-ye. Dans ce dialecte, le ^ 
u {wy final prend parfois un e' derrière lui : mais il ne le fait que dans des conditions 
parfaitement déterminées, qu'il nous faut préciser. La règle est la suivante : 

1° ^ final après consonne subsiste intact comme dans les autres dialectes. 
Ex. : 

HTooTo-y iZacIi., VI, 10 (3 fois)'; Ap. Elias, xv, 5'); c€iiô>c*.ng^oT {Nah., m, 10); 
ô.qnToir {Ap. Elia^^ XVI, 15); Ho.oiru.ju.o-y {ibicl., xxxvii, 2); d^AAKo-y [ibid., XX, 1), etc. 

2° \\ final après voyelle redoublée par suite de la chute d'une consonne faible 
prend après lui un e de soutien. Ex. : 

■xoo-ye {Ap. Elias, xxxiii, 14; Zach., vu, 7; Exode, vi, 29'°) = sah. -x-oot; au sin- 
gulier, le redoublement apparaît : -xooq. En boheïrique, on devrait avoir ^■xoo-y, mais ce 
dialecte a introduit le suffixe au moyen d'un t hystérogène : -xotois^ (boh.). 



1. Il faut naturellemeûl séparer de ce dialecte les textes contenus dans le manuscrit des Épitres de Paul : 
n" III de Zoega [Catal., p. 139), ainsi que les fragments des mêmes Épitres (probablement débris du même 
manuscri'.?) publiés par Bouriant {Mé/n. de l'Inst. érjyptien. II, p. 590 etsqq.). Ces textes donnent partout g^ocy 
(Corinth., I, chap. xv, 4; Hebr., i, 2), e le traitement de ô y difière nettement de celui qu'on rencontre dans 
le fayoumique ordinaire. 

2. Voir les exemples dans Stekn, Kopt. Grain., § 59; Steindorff, Kopt. Gram., § 20, n" 11; Sethe, Ver- 
bum, I, § 24, 4. 

.3. Sethe, Vcrbuni, I, § 247. 

4. Le fait a été signalé par Steindorïï, Kopt. Grnrn., § 20, n» 11, sans explication. Stem avait déjà cité 
g^ooir, Kopt. Gram., § 120. Il y ajoutait avec doute coott, « six ». Je ne connais pas la forme boheïrique de 
ce mot (dans ce dialecte il est écrit partout par le chiffre c). Mais la forme akhmimique ce^-y montre que la 
diphtongue suit ici la règle habituelle. 

5. AïooT : Aïo-y; toott : tô^tt; ecooT : eces.'y; tjToo-y : qTa.-y, etc. Cf. Stern, ^t^g. Zeit., 1886, p. 129. 

6. Je conserverai pour v\ la transcription ic qui nous est plus habituelle. Le signe ii , consacré par la 



grammaire indo-européenne, serait plus clair. 

7. Le fait a été relevé par Stern, J£(j. Zeit., 1886, p. 130. Il donne des exemples sans expliquer. 

8. BouiuANT, «Fragments des Petits Prophètes», dans Rec. de Trac. XIX, p. 1-12. Les citations des 
Petits Prophètes se rapportent à celte édition. 

9. Steindorff, Die Apocalypse des Elias (1899). Je cite d'après la pagination adoptée dans cette édition. 

10. BouRiANr, « Les Papyrus d'Akhmîm », dans Méin. de la Mission du Caire, I, p. 243-304. Les citations 
de Exode, Sirac/i, Macchabées, se rapportent à cette édition. 



NOTES DE PHONÉTIQUE ET D'ÉTYMOLOGIE ÉGYPTIENNES 203 

Ke.oTe, K*.Te [Ap. Elias, \, 10, V, 18, etc.; Exode, vi, 1) ^sah. : kô.a.t' (du verbe 

KOT : Kio). 

eerc [Ap. Elia^, xi, 5; Exode, vi, 1) ; eoTc {Ap. Elias, xxxviii, 1, 2; Exode, iv, 15; 
Mich., III, 7) = sah. : *.*.-y' ( verbe eipe. 

TeoTc {Ap. Elias, xxviii, 2; Exode, iv, 21) = sali. : T*.*.-!r' verbe "t). 
Tu-xeo-ye {Am., ix, 4; Mich., v, 9; Nah., m, 13) — -xi-xecT (sah.j. 

ÂAAceTe, feAAeoTe {Ap. Elias, XXXIII, 4, XV, 16) = AAAeeT (sab.). 

A«.oTe [Ap. Elias, I. 7, xx, 8, etc.) = sab. : Ài.«.-y. 

^oTOTc Ap. Elias, IV, 3, v, 8) = sab. : g^woT. Le redoublement du w est visible au 
singulier : g^ioioq. 

^KooTe {N'ah., III, 12; Jon., m, 5); cf. ^iwioq {Mich., u, i<) =:^iwoi$-* (sab.). Le sin- 
gulier montre le w redoublé, g^uotoq. 

Dans tous ces exemples, le v\ est précédé de voyelle redoublée'. Quand il était 
précédé d'une consonne, ce v\ devenait vocalicjue =z ou; quand il était précédé de voyelle 
redoublée, il se trouvait suivre une sorte d'biatus, et, manquant de support antérieur, 
il était obligé de développer après lui une voyelle finale^ 

Or, dans le mot g^oo-ve. la finale e se rattacbe à la même origine. Elle nous dénonce 
un redoublement de la voyelle précédente. Ce redoublement ne peut provenir que de la 
cbute du <=>. Le <:=> u, en effet, deux façons de disparaître : ou bien il devient i, qui 
forme diphtongue avec la voyelle précédente, ou bien il donne un simple redoublement : 
par exemple dans les deux mots' K*.ice et kwcoc, provenant tous deux de la racine 
^03 cf. Steindorff, .E:g. Zeit., XXVU, p. 106, et Sethe, Verb., I, §§ 238 et 
240) \ 

Voici, dès lors, comment on peut se i-eprésenter l'ensemble des faits : v® ^^^^^ 

vocalisé hôrw : c'est la forme la plus ancienne à laquelle nous remontions. Nous avons 
une racine trilitère à troisième radicale V^, vocalisée o entre la première et la seconde 
radicale'. Ce ^ final est nécessairement ici la consonne n. S'il n'était que la finale 

1. Là encore, le boheïrique a une forme spéciale «j^^tooT. 

2. En boheïrique : «.itot. 

3. En boheïrique : thitot. 

4. En boheïrique : g^itoTOT. Dans tous ces exemples, on voit que le boheïrique présente des formes se- 
condaires qui n'éclaircisseut en rien la question de la diphtongue. 

5. Je laisse de côté, pour le moment, d'autres formes dans lesquelles la présence de e final après o-y ne 
paraît pas tenir à la même cause : TeVoTe, Ap. Elias, 7, 4 (= tô^iot (sah.j = tcoti (boh.)) ; nô^Tg^OTre, Ap. 
Elias, VI, 5; iift.noTe, Ap. £"im.>-, m, 16 (= itékitOTOT (sah.) z= ii&.iieir (boh.)]. Ces formes demandent un 
examen spécial. 

6. Le traitement de p et de & eu finale est tout à fait analogue et peut éclairer le cas qui précède. Après 
voyelle redoublée, ils prennent un e final. Ex. : ^«.«.pe : u]&.<s.p (sah.); *€ioop€ (dans -xioope) : eioop 
(sah.) ("xioop); oTô.eikfie : oTek*.fc (sah.): OTrieiJcie : othh& (sah.); VeeAe : eifi (sah.) : lefi. (boh.). Après 
consonne, ces deux lettres prennent encore un e final, parce qu'ils ne peuvent, comme le u devenir vocali- 
ques. Ex. : ^T*.pTpe : ujTopTp (sah.) ; ^coTfie : gcoTÈ : ^coTefi. De même, le i final après voyelle 
redoublée développe un e final. 

geeVe, geVe : g^e isah.) : gei (boh.) : gHKi (fay.). 
pneeVe : pne sah.) : epcÇei (boh.i : eAnHHi (fay.). 

7. Je n'examine pas à quelles causes est due cette double transformation du <r:i> : le fait seul est sur. 

8. Steindorff, Kopt. Gram., § 71 y. 



204 NOTES DE PHONÉTIQUE ET D'ÉTYMOLOGIE ÉGYPTIENNES 

caractéristique des substantifs masculins', il tomberait; le <r:=> serait découvert et 
tomberait à son tour, et tout se passerait comme dans le mot " = g^o. Au contraire, 
le OT s'est conservé en copte. La voyelle étant brève, la syllabe est fermée et le ^ m 
final se trouve en contact direct avec le <=z=>\ 

Or, le <cr> dans cette position ne subsiste pas'. Il tombe en amenant la réduplica- 
tion de la voyelle qui le précède = hôôu. Ce u {w), désormais sans support, développe 
derrière lui un (S : e final. Cet état du mot correspond à la graphie cn^^ © dans 
laquelle le redoublement est indiqué par le ^\ ', le w par le premier (E et le e par le 



second. Ce e tombe partout ailleurs qu'en akhmimique. Le redoublement de la voyelle 
n'explique pas seulement le e final de Taklimimique, mais encore l'état du vocalisme 
dans les difïérents dialectes. En effet, nous n'avons plus une diphtongue ô -\- u, mais 
un groupe ôô-\- u; il est logique que le traitement ait été différent dans les deux cas. 
La ç^duction de ôô -f- u à ou' n'a eu lieu que plus tard, lorsque la loi qui veut 



1. EinfAN, yEg. Grain., § 96. 

2. L'orthographe ancienne du mot me parait confirmer ce fait. Dans les Pyramides il est toujours écrit : 

V\ 0, Unas, 183, 4£0, 424, 430, 455, 459; Téti, 240, 243; Pépi /", 402, 393, 398, 399, etc., etc. Il est 
quelquefois remplacé par le signe O ou | (le trait servant à le distinguer de = ), Pépi 1", 410, 643; 

Mirinri, 681 : mais ce sont les deux seules orthographes que l'on rencontre. Jamais le V\ final n'est supprimé 



Au contraire, pour le mot opooT : ^piooir, à côté des orthographes habituelles | \\ , Mirinri, 773; 
, Unas, 608, 453; Pépi I", 662, 172, 179; Mirinri, 64; Pépi II, 891, 887; j%\, Pépi I", 72, 587; 



Pe/JL II. 978, on a encore les graphies suivante^ : \ _g^ , Unas, 599, 346, 81; Pépt, /", 778; Mirinri, 267; 

I ^ §^ , Pépi I", 289 (demi-lion pour le lion entier), l^,,,^_^, Pépi I", 779 (le lion coupé en 

Il # 

deux), Usic) _^^, Unas, 36 (3 fois). 13 (2 fois). L emploi du syllabique .2:^ pour écrire la syllabe finale 

tient à ce que ion a ici r + voyelle + lc. Dans le mot horw, on a, au contraire, r-\-w en contact direct sans 
voyelle intercalaire, aussi les deux lettres ne formant pas syllabe réelle sont écrites séparément. C'est là, je 
dois le dire, un argument purement provisoire : il faudrait chercher d'autres exemples du même procédé 
d'écriture. Dans les Pyramides, les finales plurielles sont souvent écrites avec des signes syllabiques. Ex.: 



1P 



l_2Si, Unas, 428; ^\ _pfi. o, Téti, 319. Cela tient à ce que la finale plurielle était vocalisée à l'ori- 

giue ëm (ou quelque chose d'analogue). 

3. Aucun exemple en copie de p + OTf. Dans Peyron, Leas., p. 361, g^opo-r est naturellement à décom- 
poser 'en g^op-j-OT, suffixe de la 3' personne du pluriel. Remarquons d'ailleurs que téut w final primitif, 



précédé de consonne, tombe. Dans gooT, le <:!:=> est tombé avant la disparition de ce v\ final, et c'est ce 



qui fait que nous avons conservé ici, par exception, un v\ final primitif, précédé de consonne. Et, comme ce 

en -fV ■ -il 

s'est conservé dans v\ tandis qu'il semble avoir disparu partout ailleurs dans des substantifs de 



formation identique, ex. ; i\ , Pépi 1", 119, nous sommes en droit de supposer que, dès l'époque des 

Pyramides, le <n> de ce moi était déjà tombé dans la prononciation. Pour la chute du <:z> médial dans les 
textes des Pyramides, voir la note suivante, 5. Quant aux v\ secondaires, ils subsistent. Tous les exemples 
cités plus haut (en akhmimique) sont des v\ secondaires (pionom de la 3' personne du pluriel). Ce sont les 
seuls v\ finaux précédés de consonne, que l'on trouve en copte (sauf quelques formes à réduplication et 
probablement hystérogénes. Cf. Sethe, Verbuin, I, §§ 161, a, et 172). 

4. Soit que le <=r> ait réellement passé par le stade ^. = ' (cf. A ^v I 3 pour 1 3 dans les 

Pyramides, cité par Siîthk, Verbum, 1, § 240), soit que cetie lettre serve uniquement, ici, à représenter le 
redoublement. 

5. La question se pose de savoir si cette réduction est réelle. On pourrait toujours supposer que la 
forme actuelle est une simple économie graphique d'un o : ou aurait gooT pour "^g^oooT, comme Aôw&.t 



NOTES DE PHONÉTIQUE ET D'ÉTYMOLOGIE ÉGYPTIENNES 205 

que (( ou de la /.ov/i = oot (sali.) : ioot (boh.) : «.t (akhm.) », avait déjà cessé d'agir \ 

Nous pouvons déduire de ces remarques la chronologie de quelques phénomènes 
phonétiques : 

1° La réduplication ou fracture de la voyelle a été un fait général dans toute la 
langue égyptienne : elle doit remonter à la xoiv/; ' et a dû précéder les différenciations voca- 
liques propres à chaque dialecte. Le boheïrique n'en offre plus de traces apparentes. 
Mais, dans le cas particulier qui nous occupe, l'existence du redoublement dans ce 
dialecte même est rendue sensible indirectement par l'intluence qu'il exerce sur le 
traitement de oot. 

2° Les changements oot ^= coot en boheirique et oot = «.t en akhmiinique sont 
antérieurs, dans ces deux dialectes, à la réduction *ooot == oot. 

3° Le changement oot = *.ot en fayoumique est au contraire postérieur à cette 
réduction, puisque l'on a g^ooT (sah.) : ^.^ov (fay.), ce qui plaide en faveur de l'origine 
tardive de «. fayoumique remplaçant o. 

Reste une dernière difficulté : d'où vient le e initial de la forme e^ooT (boh.). En 
sahidique cet e apparaît après l'article : hc^^oot; de même en fayoumique : ne^ô^oT (Is., 
XXXIV, 8; XXX, 23, 25, 26). Il n'y en a pas trace en akhmimique. On ne peut nullement le 
considérer comme une preuve que le mot g^ooT a dû commencer, à un moment donné, 
par un groupe de deux consonnes ^-f-P (comme dans c-xht ^= ëdjèjëw, pluriel de -xoi)'. 
Je crois que cette lettre est identique au e qui se rencontre, exactement dans les mêmes 
conditions, devant un certain nombre de mots exprimant^ comme g^ooT, une division 
du temps. Stern le premier a signalé cet e {Kopt. Grain., § 228. Cf. Steindorff, Kopt. 
Gram., § 125; Sethe, Verb., p. 98, n. 1) : par exemple, dans les mots suivants : tctuih 
(sah.); TCTitoT (sah.) : '^otuot (boh.) : '^hot (akhm.) : neoToeiuj (sah.) (le mot n'existe pas en 
boheirique), nes'iopg : mexiopg^ (ces deux dernières formes en parallélisme constant dans 

les textes avec negooT : nieg^oor). 



pour *A«.A.OT. Mais, eu boheïrique, la réduction de oo à o simple est la règle absolue. De plus, en composi- 
tion, le mot est traité comme ayant une diphtongue ordinaire : gOTAiice (sah.) comme gpoTÉiÉi&.i (sah.). 
Est-ce une preuve suffisante? 

1. C'est ainsi que, dans og^c (sah.i : oc^ (boh.), la métathèse du sahidique n'a pu se produire qu'à un 
moment où la loi « o -!- g i|) devient &. + g^ » n'agissait plus. Autrement nous aurions *e>gc. 

2. Sur la y.oivr,, voir l'ariicle de M. Mas^jero dans ce même numéro du Recueil. On peut naturellement se 
demander si le développement du e final, indiqué par la graphie (â(â, se rapporte aussi à la y.oivr,, ou bien s'il 
est propre au seul dialecte akhmimique. Je crois que c'est un phénomène général. Ce qui me le fait penser, 
c'est que, en sahidique, nous trouvons dans certains manuscrits anciens des graphies exceptionnelles donnant 
encore ce e final dans beaucoup de formes où il est tombé postérieurement. Mais cette question demande un 
long développement. Pour nous en tenir au mot qui nous occupe ici. la forme gooTe se rencontre dans un 
texte sahidique donné par Zoega (Catal., p. 652), mais voir la remarque de Stern, KoiA. Gram., § 218. Cette 
forme est fréquente aussi dans les textes sahidiques d'Akhmim (Steindokff, A/joc. Elias, p. 28, n" 10). mais 
ici on peut supposer une influence du dialecte akhmimique. Par contre, il faut supprimer le mot nooTe, donné 
par Peyron, Lexicon, p. 340. C'est une faute de lecture de Zoega {Catal., p. 213) pour pAinooTe (cf. Stern, 
Kopt. Gram., § 218). Le même manuscrit a été édité à nouveau par Bsciai, Reçue égyptologique, t. II, p. 365, 
et la leçon est pAinooTC. 

3. Le dérive ancien de ce mot (puisqu'il est commun à tous les ialectes), nooT : cbooT : nooTe, 
me semble indiquer que le n a dû être en contact immédiat avec g^ dont il a proToqué la chute. De plus, s'il 
s'agissait ici d'un e euphonique développé devant g^ + p, on devrait le retrouver aussi dans le mot gpoTp 
(boh.) qui présente le même groupe de consonnes. 



206 NOTES DE PHONÉTIQUE ET D'ÉTYMOLOGIE ÉGYPTIENNES 

Cette formation, d'ailleurs, est tout à fait cuigmatique; mais il est clair que dans les 
exemples qui précèdent, dont l'ëtymologie est bien connue, il ne saurait être question 
de deux consonnes initiales, pour expliquer la présence du e\ il peut donc en être de 
même dans le mot g^oo-y. 

Ces observations ne seront pas trop longues si elles suffisent du moins à donner 
l'impression de la complexité des faits dans la moindre explication phonétique. 

II 

A PROPOS DK l'ÉTYMOLOGIE DE ^TOOTe (SAH.) MANE ». — Le Substautif g^TOOTe 

(sah.) : TooTTi (boh.) vient de la forme hiéroglyphique P ï ^^ . Mais il présente deux 
difficultés qu'il faut tout au moins signaler : 

1" De même que dans le mot £oo-5-% nous avons ici une diphtongue oot du sahi- 
dique, qui correspond à oo-y en boheïrique et ne passe pas à toou-'. J'explique le fait de 
la même façon que pour g^oov. En elïet, '=^î?= est à lire ^^^- Au singulier, le ^^ 
final tombe sans laisser de traces : -oo (boh.), a orbis ». Au duel, au contraire, en contact 
3,vec le ^ de la terminaison ^ , il subsiste et amène le redoublement de la voyelle 
précédente, et c'est ce redoublement qui empêche que l'on aie wot en boheïrique''. 

2° Ce mot présente un e : i final. Ordinairement, le duel perd sa finale vocalique; cf. 
no.g^oTr, aïo-xov {=. pdhwëj , spôtwëj), Sethe, Verbum, I, § 156, a. Ici, s'il la conserve, 
c'est que le v\ est précédé de voyelle redoublée et non de consonne, comme dans les deux 
exemples précédents. Si cette voyelle finale conservée de cette façon ne disparaît pas 
ensuite, comme celle de g^oou-e : ^oot, c'est qu'elle était probablement tout à fait diffé- 
rente' à l'origine du simple e développé par le^ final quand il est précédé de voyelle 
redoublée'. 

III 

Les pluriels TOTieis-e ET AAOTieTe (akhm.). — • Nous rencontrons, dans le dialecte 
akhmimique. deux pluriels énigmatiques encore inexpliqués : 



1. Si cet e ètaifi réellement euphonique, comme dans les mots à deux consonnes initiales, on le retrouve- 
rait eu composition : or, il n'en est rien, ou a esTOiroeiuj à côté de neoToeitg tandis qu'on a ô^tccaiot à côté 
de necjULOT. 

2. Voir le § I de ces Notes, p. 202. Ce sont les deux seuls mots dans ce cas. Steindorfk, Kopt. Gram., 
§ 20, n» 11. 

3. Nous ne connaissons pas la forme du dialecte akhmimique, mais, d'après l'analogie de ^oott, on doit 
s'attendre à *2^TOOTrc. 

4. Cf. le numéro précèdent de ces A'Ote.<. — Ou peut-être encore <iu"ici le ^^ , sans amener de redou- 
blement, subsiste assez, longtemps pour empêcher le contact de ô + u\ 

5. C'est ainsi que la finale du duel devait différer également de la finale du féminin, puisque dans des 

conditions analogues le traitement est différent : après consonne, le V\ de la finale du duel perd sa voyelle 

dans tous les dialectes nôLg^oT (sah.) : cÇd^g^OTC (boh.) : iiA.g^oir (akhm.). .Au féminin, au contraire, le i subsiste 
en boheïrique : xx^tots- : Aid^TOiri ; ô^cott : «.coTi ; pôwccv : pô^coTi. 

6. Dans les mots cjulô.tt (=1 ^ Jjï ^ ^' Cït*.T, qui sont aussi des duels, la chute de la voyelle finale 
doit provenir du vocalisme de la diphtongue qui est différent. 



NOTES DE PHONÉTIQUE ET D'ETYMOLOGIE EGYPTIENNES 207 

TOTÎ'eTe, pluriel de xe^T sali, toot , « montagne »'. 

AïoirVeTe. pluriel de jui«.t (sali, aioot , « eau ))''. 

Remarquons d'abord qu'en saliidique le mol too-v possède également un pluriel 
bizarre totcih*. Les grammaires citent, sans l'expliquer, cette forme tout à fait isolée*. 

Or, le même mot se retrouve à xVklimîm ainsi écrit : totiVi'. C'est le correspon- 
dant exact du saliidique ToireiH, le h tinal de ce dernier dialecte étant toujours repré- 
senté en akhmimique par un i (souvent sous la graphie ei -. Nous avons dès lors trois 
mots parallèles : -vtxT toot, sali.) — ToVi'ei (totcih, sali. — TOTicTe. 

Comment les rattacher l'un à l'autre? Voici une hypothèse qui pourrait provi- 
soirement rendre compte de leur coexistence. 

La forme totcih sah.) : totici (akhm. ne serait pas un pluriel réel, mais une forme 
féminine dérivée d'une racine trilitère à troisième radicale (1. De même que pinem sah.) : 
pliVei (akhm.) ' provient de rëmjejet (Seteik, Verbuin, 1, § 93 a) en boh. pJui.H, avec chute 
du (1 final de la racine), de mêmeTo-yeiH représenterait une forme tëwjéjet. Ce mot aurait 
ensuite donné régulièrement en akhmimique un pluriel To-yVeTe akhm. ) de la même façon 
qu'en saliidique pAxem sah.) donne pïieiooTe (sah.). Puis ce féminin (débris d'une déri- 
vation autrefois très étendue' et dont l'origine n'était probablement plus claire) s'est 
spécialisé dans l'emploi du pluriel (peut-être avait-il un sens collectif), si bien qu'il a 
fait disparaître en sahidique son propre pluriel régulier. 

De même, A».oTeiooTe ' (sah.) correspond régulièrement à juoTi'cTe (akhm.). Seule- 
ment en sahidique une fausse étymologie a coupé ce dernier mot en deux et en a fait 
AJLOTs-neiooTe'", qu'on rencontre aussi souvent que la forme régulière". 



1. Steindorff, Apoc. Elias, xli, 2; Bouriant, Mém. de la Mission du Caire. I, p. 257. Dans ce dernier 
passage (= // Mardi., v, 27), le texte imprimé porte : «s.irceg^TOoir «^itTOTï' eir[c*.Ttl es^-y^cone eTek.it9 . Je 
crois qu'il faut corriger ainsi : *wKTO"yVeT[e «^ot] ô^T^oone. Le mot e'y[c&.n] n'est pas nécessaire au sens. 
De plus, en akhmimique, on aurait la forme «.-«-[cé^n], la préposition e donnant toujours &. dans ce dialecte. 
11 faudrait vérifier sur l'original l'étendue de la lacune. 

2. Steindorff, Apoc. Elias, xl, 2. 

3. Les références dans Peyron, Vocab., p. 233. Tous les exemples cités sont bien des pluriels. Dans les 
fragments sahidiques trouvés avec les textes akhmimiques et édités par Steindorff, ce mot est écrit totci 
(Apoc. Elias, p. 30, n» 5). Est-ce une faute ou est-ce dû à l'influence de la forme akhmimique que nous verrons 
plus loin ? 

4. Stern, fCopt. Gram., § 221; Steindorff, Kopt. Gram., § 120; Sethe, Verburn, § 198, a. 

5. C'est là la vraie forme, malgré l'orthographe capricieuse de ce mot. Voir Bouriant, Frac/ments des 
Petits Prophètes, dans Rec. de Trac, XIX. p. 1-12. On trouve les exemples suivants : TOiriei, Am., ix, 13; 
Mich., II, 9; Joid, ii, 5. Dans ce dernier passage, l'édition de ces mêmes textes donnés par Maspero (Rec. de 
7'r.,VIII, p. 181-192) porte toti€h. De même dans Joê/, ii, 2, tottich (Masp.i z= Tcve^ei (Bour.). (Mais l'édition 
de Maspero a été faite sur la copie d'un prêtre copte et non sur le manuscrit original.) totcic, Mich., i, 4 
(Bour.), TO-yi'ei'e, Mich., vi, 1 (Bour.). Ce dernier exemple n'est-il pas pour TOTrVe-ye? — Tous ces mots 
sont des pluriels. 

6. La règle est sans exception. Cf. Stern, .■Erj. Zeit., 1S86, p. 130 : otujh =:: o-y_g.i ; cxih ^ cjuli, 

CJULCI ; TJUIH =:z TA3L€I. 

7. Sirach, xxti, 17, dans Bouriant, Mém. de la Mission du Caire, p. 256. 

8. Cf. même procédé de dérivation, avec un vocalisme diSôrent dans juiecito, igeAico (Sethe, Verburn, I, 
§ 93. a). 

9. Le pluriel féminin est, en effet, de la forme eve en akhmimique (cf. Tfine-ye, Jovl, i, 18; Jonas, m. 7, 
8; pjuLneoTe, JoiJL ii, 2, dans Bouriant, Rec. de Trac, XIX, 1-12). On a régulièrement la correspondance : 
ooTre :sah.) : tooiri (boh.) : «wiri (fay.) : eire (akhm.). 

10. Références dans Peyron, \'ooa/>.. p. 31. Il regarde ce mol comme formé de aaot -j- eiooTe, ce dernier 
élément étant sans doute le pluriel de eiw (?), «lavage», mot inconnu par ailleurs. Zoega avait déjà soup- 
çonné la fausse coupure : il la croit purement euphonique (Zoega, Calai., p. 413. note 16). 

11. Les deux mots coexistent dans le même manuscrit (Zoega, 457i. 11 existe de nombreux mots composés 



208 LE TEMPLE ET LES CHAPELLES D'OSIRIS A KARNAK 

On a donc l'ensemble de formes suivantes : 

Te». "5" : Toou" — TOTiei : totj eiH — ToVie-ye : [TOTrciooire] ' 
Jixe^T : x»ooT ^ [aiotici : juotcihJ — Aïoirieire : xioireiooire 

Cette explication nous oblige à admettre que juloot et toot proviennent de racines 
trilitères en (] final de la forme ^Hl ^ [1 cl ^. ^ il- Mais je dois dire que je ne connais 
pas d'autre preuve à l'appui de cette hypothèse. L,'orthographe de ces deux mots en 
hiéroglyphes ne la confirme en aucune manière (sans du reste la contredire)'. On peut 
toujours supposer qu'un seul d'entre eux, toov par exemple, est originellement tri- 
litère, et que le pluriel jmo-yciooT-e a été refait analogiquement sur le modèle « toot : 
pluriel *TOTeiooTi^e », sans qu'ait jamais existé l'intermédiaire *AioTeiH qui nous est en 
effet inconnu. On peut même regarder les pluriels de ces deux mots comme des formes 
reconstruites sur un troisième modèle trilitère aujourd'hui perdu, dans lequel la déri- 
vation aurait été réellement telle que je l'ai supposé plus haut. Je n'ai pas de preuves 
qui me permettent de décider entre ces différentes hypothèses'. 

Le Caire, 20 mai 1902. 



LE TEMPLE ET LES CHAPELLES D'OSIRIS A KARNAK 

PAR 

Georges Legrain 

III 

LA CHAPELLE D'OSIRIS, MAITRE DE LA VIE (^^] 

La découverte de la chapelle d'Osiris, maître de la vie, est entièrement due aux 
travaux entrepris en 1900 dans la Salle hypostyle. Elle était enfouie dans le remblai 



qui ont ou n'ont pas ce ii intercalaire entre les deux éléments, c'est ce qui explique la survivance des deux 
formes. 

1. Les formes entre crochets sont purement théoriques. Je n'en ai aucun exemple à citer. 

2. Dans l'orthographe hiéroglyphique, le [| final n'est presque jamais écrit. Du reste, dans une racine vo- 
calisée comme ici 1 Ô2 -j- i, le / final devait forcément tomber. 

3. Le mot xiooT présente un dérivé (de sens peu clair d'ailleurs) qui semble plaider pour un état trilitère 

de la racine. C'est la forme V\ v\ aaaaaa c^ [Unas, 181). Les deux doubles de ce texte, donnés par Maspero, 

portent: ^\ û ^ VnM^Ç^ *^^^' ^^°'* ^^ Mv V^^"^ (XVIII» dyn.). Je laisse de côté, pour le moment, 

le mot Aïooir dans lout le groupe des langues sémitiques, où il se présente sous un aspect qui ne donne, 
semble-t-il, aucune indication précise touchant l'état premier de la racine. » U pourrait venir de mau; ; cf. ^l- 
zzz plu? ^1 II Z'. Quant aux dérivés de ce mot qui présentent un iod, ce sont très probablement des formes 
hystérogènes refaites sur »t<. La question est à examiner cependant. 



LE TEMPLE ET LES CHAPELLES D'OSIRIS A KARXAK 



209 



antique, et on la trouva fortuitement en prenant de la terre pour constituer le remblai 
destiné à l'enlèvement de Tarchitrave, 17 — 26'. 

Le monument se compose de deux très petites chambres et mesure 2'"26de haut 
sur 2°' 11 de large et l^QS de long. La porte donnant accès dans la seconde pièce ne 
mesure que 1"'24 de haut. C'est, je crois, le plus petit des monuments religieux de 
l'Egypte, perdu dans l'immensité de Karnak. Il est situé au nord de la Salle hypostyle, 
à 12" au nord de la chapelle d'Ahmos et d'Onkhnasit, à 64'" au sud-ouest du premier 
pylône du temple de Ptah. 

L'axe de la chambre principale est suivant une dérivation de 57' N.W. 

La construction est de petit appareil. Nous verrons que le monument a été restauré 
et qu'aussi on s'est servi, pour l'édifier ou le restaurer, de pierres prises aux chapelles 
environnantes. 

Ce fait est surtout évident si l'on examine la corniche qui a été faite d'un fragment 
de la chapelle d'Ahmos et d'Onkhnasit. On lit au dos de la pierre 
bons hiéroglyphes peints en bleu clair. 



^ ^^° 



FA€4DE 



surmonté du 



Linteau. — Le centre est occupé par le cartouche vertical ( J^^^l, 
et posé sur un socle cubique [jf^!;;] . 

Partie gauche. — Premier tableau. — Le ^\ ( m "^1 Ai ï présente le vin 

à Osiris et à sa compagne, A \\ ^ /^ rrf-. On ne lit devant Osiris que : | a 



Le roi porte le pschent 

Deuxième tableau. — Le 1 1 C'ct" "^1 A"?" ^^^ embrassé par ^'^jj 

qui lui dit : A a1 "'^^ T I l J (Hh y ^- Horsiési est hieracocéphale. Tahraqa porte 

la coiffure éthiopienne et tient le ? avec le bcâton de fl](T\ fondation. 

Partie droite. — Premier tableau. — La ^^m i\ ^ ;. 
■¥-|l présente le lait à Ptah, ^3:^ ] , et à Hathor qui ni [ 



de l'offrande : a H^ i ^ -c2=- A-V-- Shapnap porte 
Deuxième tableau. — Hathor 1^1 



IG 



'''^-m 



D X V 



El 



ui accordent -V-l • Texte 
ur la '^^. 







tenant la 



1. M. Maspero, daus son Rajjport sur les Fouilles exécutées par le Sercice des Antiquités, de nocem- 
bre 1899 à juin 1900, Institut égyptien, séance du 9 novembre 1900, explique la méthode de travail à Karuak 
et les résultats scientifiques qu'elle a déjà donnés. 

27 



RUCUEIL, XXIV. — NOUV. SER. , VIII. 



210 



LE TEMPLE ET LES CHAPELLES D'OSIRIS A KARNAK 



'ï_^^^ AAAAAA n A n p JJjr, Q 

menât et dit : | Ta ^^ T j 1' J (^^ 



On lit derrière Ameniritis : 

V 



Montant gauche. — Tableau inférieur. — Un Nil portant 
présente ^ % _ • — Texte : |^ ^^^^ c:^ | 




c:^ a^ 




bas-relief a été restauré autrefois. Une pierre a été in- 
entre les deux qui le composaient. Le corps du Nil est ainsi sé- 
deux. 






o 



Tableau supérieur. — Le 
brassé par J "^ ^"V ÛH Jl 



~A_ . Tahraqa porte le pschent et 

(S -C2>- JLU _ZJ. ■ —.^ -CENS- T T 

tient le T avec le bâton de fondation. Le dieu aux chairs bleues porte 

sur la tète. Le déterminât! f d' il , ^ tend le -¥■ vers le groupe 

o T ' 1 n n 6 ( ) -•<2>- JLd .1 or 

v^;n^. La déesse X^ll T _ plane au-dessus du roi, tenant le Q. 



est em- 



MoNTANT DROIT. — Tableau inférieur. — Un Nil apportait des 
présents. Il a été restauré plus maladroitement encore que celui du 
montant gauche. Les jambes occupent la partie supérieure, la tête 
l'inférieure. Une pierre sépare ces deux morceaux de bas-relief. 




AAAAAA r\ AA/VW\ 



A/vvvvv\ J-* 

Tableau supérieur. — La | | y> \u~x '\/' x 1 
est embrassée par jp}^^ |'\\i — r. Shapnap porte 



w R^; 



du corps de vautour et tient la menât. La déesse porte 
hiéroglyphe tend le •¥- vers le groupe | . Un oiseau à 
le Q, planait au-dessus de cette scène. 





sur la coiffure ornée 

X^ sur la tête. Son 
grandes ailes, tenant 



II 



CHAIIBRE A 



Mur a. — Dessus de la porte. — Au centre, deux Nils agenouillés lient le sam 

® ■ 



sous les deux cartouches fogelf^j r[]^^\\|j etlenom d'Horus ^)^ fevi 

Tableau de gauche : i\ '^^^^ i n -^^ I '^ ^^^ assis, portant, ses insignes ordinaires. 

Devant lui était un personnage qui a été soigneusement martelé. On lit devant lui : 

il ç=^ -^^ .'^^^T^^^m.' Une table d offrandes est au centre. Tableau 

de droite : Ce tableau est S3métrique à celui de gauche. [1 „^^ (J l]-, est 



. Les variantes de ce titre d'Osiris sont nombreuses. On les verra dans la suite du texte. 
2. Une variante du nom d'Horus, fournie par le cercueil de Pinot'era, est : AT'i' (1 -vvaaaa . 



LE TEMPLE ET LES CHAPELLES D'OSIRIS A KARXAK 



211 



assis. Le personnagequi é tait d evant lui a été martelé. On lit devant lui : (1 

l^'wvA^ ^^^^^mW^^^^M: ^^^ porte d'entrée, quoique petite, était cependant à 



deux battants. 



r'-^ n 



Mur B. — Tableau supérieur. — Shapnap est devant (1 ^ \\ et devant 
J^ . Les chairs d'Amon. au moment de la découverte, étaient peintes 

d'un bleu très vif. 

Tableau inférieur. — Osiris, en ïï avec bras et portant le i^ . est au centre du 

tableau. Adroiteestunépervier ^^, coiffé du jj. Il est nommé <=>^^. On lit derrière : 

n U y ^^^P8 T fe^ '^^^^^. Derrière, Neit est debout, portant le A 

sur la tête. A gauche, l'épervier ^^ . coiffé du Tj - est appelé «cr> "^ "^ • On lit der- 

rière : '^ (J J JU^V f)-i-^^ '' ■ Derrière, Selkit est debout, 

portant le 3^ sur la tête. 

Mur C. — Tableau supérieur. — Ce beau bas-relief était déjà en mauvais état au 
moment de la découverte. Quelques morceaux se sont encore détachés depuis. Nous les 
indiquons entre parenthèses. La I'^^ ( 

^jl^^Mji^Si suivi de J:J 
bleu vif, porte [^ sur sa coiffure et est cuirassé. 

Tableau inférieur. — Quatre Nils portent des présents sur le mur B. Le premier a 
la tête surmontée du V- On lit derrière lui : ' ]) j\ "^'^-^■^^ .^ ^ ^ ï^m. 

Le second ne porte pas d'emblème capital. 

On lit au-dessus : , et derrière : n A "-""^ \ m^:: iM.- Au-dessus du 



,J(SM] 3x°^ ] présente le 
'i Le dieu, aux chairs d'un 



troisième : | 
trième : "^ 'i • 



, et derrière : ^~1 A 



s\j\j>^rsj\j\ 



m. 



I I I 

et derrière 




^:^. Au-dessus du qua- 



MuR D. — La paroi de ce mur se divise en deux parties : à gauche les tableaux, 
à droite la porte. A gauche : tableau supérieur. Le totem d'Osiris, y, est soutenu par 
Anubis et Horus. Quatre momies à têtes de lion sont debout au pied du totem tandis 
que deux éperviers, nommés <:=:>. planent au-dessus. L'emblème représente : 

^^mm (i à If . On iTt au-dessus d'Horus : I±3 S ^ 1^3 S |. ^ J. ' 

Tableau inférieur. — Deux Nils portent des présents vers le mur B. Le premier 
porte Y sur la tète. On lit devant lui 






/'^17Z9 



devant le second 



■■^h 






i^<^ et 



dit : 



Porte. - 



. V JJ ^::3:^ i i i ~~' ^ f J 

[J I I I — ^^ I I I t-^ -j9 0=D ^^Zip'^ 

Montant gauche. — Tahraqa, portant le pschent, montre la porte et 
. Tahraqa est appelé : ^^ ^'■"=' ' -S^l 



i n A m\- ^ 



A côté, -^ ^ 



^\mjW 



'..=/] 



tend le ^ au groupe 



212 



LE TEMPLE ET LES CHAPELLES D'OSIRIS A KARNAK 



Montant droit 



La I ^^ê\ ^B ( n~x ^V^ A 1 ^^^P montre la porte, disant 
Osiris D^LH J"^^! tend le -?• vers le 1H- 



Dessus de la porte. Tableau de gauche. — Le ^^^{q 
derrière Ta.ra.a : ^1 JS (^^^jâ^^^f ^^^^^j^ 




Osiris 



AAAAAA 
AAAAA/\ 



WM'''//^/WM% 



Tableau de droite. — La 1 Td-^!]!]] | fn v V 






f' 




, et derrière 



111!;^ 



fait 



une offrande à Anubis, qui llT^ ^^222^ T 1 î=c£' ^-0^^^ '^ • ^^ ^^^ derrière le dieu : 



III 
CHAllBKE B 

Cette chambre, ainsi que la porte qui y donne accès, est de dimensions très res- 
treintes, puisqu'elle mesure 1™32 de long sur 0'"57 de large. 

Mur a. — Shapnap offrait de l'encens et faisait une libation à Osiris. Texte : 



A'^AA/^A -V A/VW\% AAA/WV 



maladroitement, de telle façon que le haut du corps de Shapnap est éloigné de la partie 
inférieure. 

Mur B. — Osiris est assis à gauche. Il est nommé r|^ ÏÏP lô^^— ^T J 
Devant lui sont deux rangs de personnages qui ~ '^ [ I ^^^ '^ i "~"~" ^"^ ^ \^\ 



"^S^ 



ra 



> Jl\ Jy -K \ r-m ^111 AAAAw X -£^ I I 

Registre supérieur . — Trois hommes agenouillés £f font le henou. Texte: 
Un personnage, debout, est derrière eux. 

r\ AV\AAA 

Registre inférieur. — Cérémonie du lavage des mains. Texte: Is=r3/www. Le 

I /Wv/VV\ 

kherheb est derrière, lisant. Une femme suit, tenant deux r^ — . qui serviront à l'ouver- 
ture de la bouche. 



hiéracocéphale et ' M...... 



ibiocéphale, debout, 



MurC— T 

lient le u surmonté de l^ 

Mur D. — Registre supérieur. — Un des nTTT soulève le u au moyen d'une corde. 
Un ju agite la grande ombrelle T. Enfin, l'Anmaoutf montre le u. On lit devant lui : 

fil il ^^- e texte du haut est brisé. 

Registre inférieur. — Un homme est debou^t, levant un bras, ^ . Devant lui, 
un iiersonnage tend un bras horizontalement vers lui. On lit entre les deux : 
A, ï*T^W; -t>, ^fr^^l. Au-dessus, quelques sjgnes mutiles. 



lin 



LE TEMPLE ET LES CHAPELLES D'OSIRIS A KARNAK 



213 



Derrière le premier personnage sont des bâtons d'enseigne portant un épervier 
coiffé 0/, un chacal et un çd. 

IV 

objet:» TROLIÉS PE.\D4:%T LE DÉBL4IE1IE.\T 

Le monument le plus important qu'ait fait découvrir le déblaiement du petit temple 

d'Osiris-neb-ankh est une stèle en calcaire fin, cintrée par le haut et mesurant 0"" 70 de 

haut, 0'°49 de large et 0™ 10 d'épaisseur. Elle a été trouvée en place, debout, contre la 

muraille, à droite de la porte. Son style dénote le Moyen-Empire. Le cintre est occupé 

-T par deux chacals affrontés, couchés sur leur édicule. 

11'=' A gauche, un homme de courte taille, vêtu d'une longue '^^^^^^^, 






jupe, la main droite posée sur la poitrine, regarde vers la •Q-flo w/ 

gauche. Le graffito ci-contre (A) est devant lui. A droite, ff^^Qm'-'- 

un personnage à courte shenti fait pendant. On lit devant lui b 
le graffito ci-contre (B). 

En dessous est une inscription de cinq lignes horizontales se lisant de droite à 



gauche 



1 M 



I I I O 



o'"'^ l 1 Un ^ V^l 






D 

(*'C) 





I m 
I H n 



I I I 



AftAAAA _Cr^ I I I .=»=^ 0= 

Tableau. — Un homme et une femme sont debout devant une double table d'of- 
frandes. L'homme porte le petit bonnet et la longue jupe nouée à la ceinture. La peau 
de panthère est jetée sur ses épaules. Il est chaussé. Trois vases cylindriques pendent 
sur la jupe. C'est le w^ ^ j J M. La femme lui appuie la main sur l'épaule. C'est 

lu 1 -^-^ 1) n^rjo;- ^ 1. Devant ces personnages en sont cinq autres plus petits 

'Cr-, T û I I I Jl I jLL û V -^ I q rn ^ 

qui les regardent, la main posée sur la poitrine. Le premier est le '^s: | lôplS '^'^^^ 



i, le second ^ 
, le quatrième 



-\A.w\\ fy. A^A/^A^ 



J 



-û^t^, le troisième 






u: 



Le cinquième, placé entre les supports de la 



III ' TfllllAc.^111 

table d'offrandes, n'est pas nomme. 

Dans le registre inférieur, quatre hommes se dirigent vers trois femmes. La pre- 
mière femme est : ^1 One=e=.(^ 8-^vA , la seconde 5>= i^V^, 

^.^=î_ T ^vvAAA û I I I _Lr^ A >*v >f *u==_ <:ZZ> I I I^wsaaT. 

la troisième __ ^ 



I I I ^OWNAA 

Le nom du premier homme a été gravé sous lui. C'était le "^ ^^^B 



quatrième /] ^v^^^ [1 



, le troisième / | 'wwv^ M 







214 LES PLUS ANCIENS ROIS DE L'EGYPTE 

Les autres objets, vases brisés, plaques de terre cuite ovales, étaient sans aucun 
intérêt. Nous ne les publierons donc pas. 



LES PLUS ANCIENS ROIS DE L'ÉGYPÏE 

PAR 

W. M. Flinders Pétrie 

Je regrette vivement, après avoir lu l'article du Recueil, t. XXIV, p. 109, d'être 
obligé à exprimer une manière de voir entons points différente de celle de M. Naville. 

Au sujet de la destination des édifices é'Oni el-Q'aab, remarquons que, même 
après le« pillages successifs des Égyptiens, des Coptes et des récentes fouilles, il restait 
un bras d'une momie, portant de riches joyaux, qui, à en juger d'après la ressemblance 
avec ceux de la tombe de Naqada, fouillée par M. de Morgan, sont certainement de la 
P'' dynastie. D'autre part, dans les petites chambres à l'entour des tombes, on a trouvé 
un certain nombre de squelettes qui appartiennent également aux plus anciennes dy- 
nasties. Leur position tient le milieu entre celles des sépultures préhistoriques et de la 
IIP dynastie. En outre, environ deux cents stèles portant différents noms propres se 
sont trouvées en rapport étroit avec ces tombes. Les tombes elles-mêmes ont dû être 
rapidement construites (à la mort du roi), car les briques en sont fréquemment si mal 
séchées que la simple pression les a détruites. La forme des édifices nous montre une 
continuation directe du style de la tombe préhistorique qui se rencontre encore sous 
la P'' dynastie. Si nous comparons ces monuments avec d'autres tombes royales et avec 
des chapelles royales, voici ce que nous trouvons : 

TOMBES ROYALES OM EL-q'aAB CHAPELLES 

Loin dans le désert. Loin dans le désert. A la lisière du désert. 

Souterraines. Souterrains. A la surface du sol. 

Contiennent des sépultures. Contiennent des sépultures. Pas de sépultures. 

Contiennent des offrandes. Contiennent des offrandes. Pas de magasins d'offrandes. 

Entourées des serviteurs. Entourés des serviteurs. Pas de serviteurs. 

Il semble donc tout à fait impossible d'admettre que les tombes royales mentionnées 
par Ramsès II ne soient pas les édifices d'Om el-Q'aab. 

On a soutenu que les scribes de Séti P'' avaient établi leurs documents d'après les 
monuments originaux. C'est en réalité impossible, car ils ont fait de légères fautes dans 
tous les noms, et cela nous indique bien que la liste de Séti n'a été qu'une compilation 
de papyrus hiératiques. Ces papyrus, datant de l'Ancien-Empire, provenaient de Mem- 
phis et commençaient donc probablement avec Menés. L'absence des plus anciens rois 
n'est donc aucunement en contradiction avec la dynastie de dix rois ayant régné 350 ans 
antérieurement à Menés. 

Le nom du roi Ka est toujours surmonté de l'épervier. et, par conséquent il ne 
s'agit pas seulement du « palais du ka », de plus le nom de J l'accompagne, ce qui ne 
se rencontrerait certainement pas, à cette époque reculée, .sans le nom d'Horus du roi. 



LES PLUS A^XIENS ROIS DE L'EGYPTE 215 

Le signe sma ne peut nullement se lire nefer; il est ouvert à la base IV, il n'a pas 
les marques qui caractérisent nefer X, et les lignes verticales sont prolongées jusqu'au 
bas du signe. Cette forme explique enfin l'origine de l'hiéroglyphe postérieur sma; 
comme on peut le constater, il semble qu'il faille y voir ['union du mâle et de la femelle. 
Le déterniinatif de J | Vi. dans les Papyrus Burton et de Bruxelles est qg et Jg- ce 
qui est entièrement différent du signe y , qui, dans la table de Séti, suit le nom de 
J I v\. Il est difficilement admissible que les deux signes représentent le même objet; 
et, comme les déterminatifs et les compléments phonétiques font défaut dans les noms 
des plus anciennes dynasties de la table de Séti (excepté le '—— -" qui est constant), il 

r — « AAAAAA 

est plus que probable que y est un signe indépendant. Cela n'a, du reste, pas d'impor- 
tance, puisqu'aucun de ces signes n'est identique au ciseau de Nar-mer, où toutes les 
ligatures sont représentées (voyez la palette de schiste, AZ., XXXVI, pi. XII), il est 
également impossible que le ciseau soit une partie d'une barque, comme l'est le Jj h ^\. 
Et même si les noms étaient identiques, la difïérence d'époque entre Narmer et Bezau 
serait prouvée par le style des cylindres; c'est ainsi, du reste, que les monnaies prouvent 
que Trajan n'est pas Trajan Dèce, ou Claude, Claude le Gothique. 

On a objecté, contre l'identité de Ck^ et de r"-^ , que le nom de ^R devrait être 
identique au nom de double, et cependant, sur la tablette de Qa {R. T., 1, pi. XVII, 29, 
et II, pi. XII, 6), nous trouvons \^ , ^£ y ^ ■ ^^^^ n'autorise en des âges aussi 
reculés la supposition qu'on aurait employé le titre royal comme partie d'un nom privé. 

La figure ^ est un nom de i (voir tablette, B. T., I, pi. XVII, 26, et ÀZ., 
XXXV, 3), et elle apparaît comme telle dans la liste de Séti. Il n'y a aucune raison de 
juger différemment dans ces deux cas. 

Le fragment publié par Sethe {AZ., XXXV, 3) est à toute évidence une pièce ré- 
employée (comme les nombreuses pièces avec noms effacés); les deux noms commencent 
par ^£ , et ils ne sont pas gravés régulièrement l'un par rapport â l'autre. Cette pièce 
démontre bien qu'il ne peut être question d'un seul et même roi. Les tombes de ces deux 
rois sont, du reste, différentes quant à leur forme, â leurs poteries et à leurs cylindres-. 

Je laisse à ceux qui ne peuvent pas lire des exemples comme « Thoutmès aimé 
d'Atmu », et les domaines de « Sahura aimé d'Hathor », de « Khafra aimé d'Horus », 
les remarques sur la signification de ■''=3:_ = domaine. Le ^■=cr. sur la palette de Gizéh 
(et non du Louvre, comme le dit M- Naville par erreur) est un instrument qui sert, 
dans la main d'une tribu conquérante, â détruire les fortifications en brique des villes 
conquises. La stèle de -^ a été trouvée dans une tombe en tout semblable aux autres 

tombes royales, accompagnée d'impressions de cylindres d'un style qui n'est pas le 
même que celui de n'importe quel autre roi. Il est tout â fait impossible de ne pas con- 
sidérer cette tombe, de même que les autres, comme étant celle d'un roi. Alerpaba est 
écrit, comme dans la liste de Séti, avec seulement interversion de deux signes. Le titre 
royal complet qui l'accompagne {R. T., I, pi. XXVI, 57, 58) pourrait être un nom de 
domaine au même titre que y^tjll et 0\>^ 

Il est absolument impossible que Merpaba et Khasekhemui soient un seul et même 
roi; ils diffèrent entièrement par leurs tombes, leurs poteries et leurs sceaux. 



216 TABLE DES MATIÈRES 



Enfin, Alia ne peut pas avoir bâti les monuments de ^, car, encore une fois, 

la forme, la poterie et les sceaux sont différents. 

Il est vraiment regrettable que, lorsqu'on met en discussion les tombes royales, on 
semble vouloir en ignorer l'archéologie. Cette époque est maintenant connue comme 
n'imi)orte quelle époque postérieure et dans tous les détails de style, si bien qu'il serait 
aussi impossible de faire un changement quelconque dans l'ordre des sceaux, tel que les 
variations de style l'indiquent, que de vouloir ignorer l'évidence tirée des monnaies dans 
un travail où l'on chercherait à démolir l'histoire romaine. 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Contributo alla Geografla dell' Egitto romano, da F. P. Garofalo ' 1 

Les Idoles arabes et les Divinités égyptiennes, pai- Ahmed-Bey Kamal 11 

Notes d'épigraphie et d'archéologie assyriennes, par V. Schf.il, O. P 24 

Berichtigung 29 

Varia, von Wilhelm Spiegelberg 30, 175 

Studien zur koptischen Litteratur, von Adolf Jacoby 36, 194 

Studien liber die Geschichte des aegyptischen Hausschafes, von D' J. U. Dïjrst (Zurich) und 

Claude Gaillard (Lyon) 44 

A travers la vocalisation égyptienne, par G. Maspero 77, 142 

Le roi foîul f^*^ [j^l , par Pierre Lacau 90 

La lecture du mot '^^^ n , par Pierre Lacav 93 

Mélanges assyriologiques, par François Martin 96, 190 

Les plus anciens Monuments égyptiens, par Edouard Naville 109 

Études sur certains rapports entre l'Egypte et la Bible, par William Groff 121 

Calcul de l'heure chez les anciens Égyptiens, par Romieu, directeur de l'École d'Hj^drographie à 

Alger 135 

Notes et Remarques, par G. Daressy 160 

Le Culte de l'obélisque, par Fr. W. von Bissixo 167 

Sur la toute-puissance de la parole, par G. Maspero • 168 

Eine Kunstlerinschrift des neuen Reiches, von Wilhelm Spiegelberg 185 

Der Titel '/.iiM-r.ç, von Wilhelm Spiegelberg 187 

M. le D' Leiimann et l'inscription de Zouarthnotz, par K.-J. Basmadjian 197 

La déesse ^^ f^] ^ J] - pa^" Pierre Lacau 198 

Notes de phonétique et d'étymologie égyptiennes, par Pierre Lacau 201 

Le Temple et les Chapelles d'Osiris à Karnak, i^ar Georges Legrain 208 

Les ])his anciens rois de l'Egypte, par W. M. Flinders Pétrie 214 



CHALON-SUII-SAÔNK, IMPRIMliUIE française et OIUENTALE de L. MAKCEAU, E. BERTRAND, SUCC'. 



DARMESTETER (J.). Études iraniennes. 2 vol. gr. in-8°. 25 fr. 

Haurvatâ^ et Ameretâi". Essai sur la mythologie de l'Avesta. Gr. in-8°. 4 fr. 

— — Ormazd et Ahriman. Leurs origines et leur histoire. Gr. in-S". 25 fr. 

DENYS DE TELL-MAHRÉ. Chronique, 4° partie. Texte syriaque publié d'après le manuscrit 162 de la 
Bibliothèque Vaticane, accompagné d'une traduction française, d'une introduction et de notes 
historiques et philologiques par J.-B. Chabot. 1 fort vol. gr. in-8°. 25 fr. 

DERENBOURG (H.). Essai sur les formes des pluriels arabes. Gr. in-8°. 3 fr. 

DOiMICILE DES ESPRITS (LE), Papyrus du Musée de Turin publié en fac-similé par le professeur 
R. V. Lanzone, de Turin, 11 planches et 2 pages de texte. In-f°. 30 fr. 

DUSSAUD (R.). Histoire et religion des Nosairîs. Gr. in-8". 7 fr. 

DUTENS (A.). Essai sur l'origine des exposants casuels en sanscrit. In-8°. 6 fr. 

DUVAL (R.). Traité de grammaire syriaque. Gr. in-8°. 20 fr. 

Les dialectes Néo-Araméens de Salamas. Textes sur l'état actuel de la Perse et Contes populaires, 

publiés avec une traduction française. In-8". Au lieu de 8 fr. 4 fr. 

EBN-EL-FARAD. Poésies en arabe. Gr. in-8°. 40 fr. 

EBN-HAUCAL.- Description de Palerme au milieu du X' siècle de l'ère vulgaire. Traduit par M. Amari. 
ln-8". I fr. 

FAIDHERBE (le général). Collection complète des inscriptions nuraidiques (libj'qaes) avec des aperçus 
ethnographiques. In-S" avec pi. , 12 fr. 

FARHAT (G.). Dictionnaire arabe, revu, corrigé et considérablement augmenté sur le manuscrit de 
l'auteur par Rochaïd Dahdah. Gr. in-8°. 30 fr. 

FUTUH EL-HABACHA des conquêtes faites en Abyssinie au XVI' siècle, parl'lman Muhammad Ahmad 
dit Gragne, version française de 1-a chronique arabe du Chahab ad-Din Ahmad. Publication 
commencée par A. d'Abbadie, de l'Institut de France, terminée par le D' P. Paulitschke, de « 
l'Université de Vienne. ln-8°. 20 fr. 

GAYET (A.-J.). Musée du Louvre. Stèles de la XII° dynastie, 60 pi. avec texte explicatif. In-4°. 17 fr. 

GOLÉNlSCHEFF (W.). Une excursion à Bérénice. Lettres de MM. Jaillon et Lemasson au sujet des 
monuments perses de l'Isthme. Stèle de Darius aux environs de Tell-El-Maskhoùtah. In-4% 
avec 4 planches. 7 fr. 50 

GOTTBERG (E. de). Des cataractes du Nil et spécialement de celles de Hannek et de Kaybar. Gr. in-4% 
avec 5 cartes. 20 fr. 

GUIEYSSE (P.). Rituel funéraire égyptien, chapitre 64°. Textes comparés, traduction et commentaires 
d'après les Papyrus du Louvre et de la Bibliothèque Nationale. In-4°, pi. Au lieu de 
20 fr. 10 fr. 

GUYARD (S.). Nouvel essai sur le pluriel brisé en arabe. Gr. in-8°. 2 fr. 

INSCRIPTIONS hiéroglyphiques copiées en Egypte pendant la mission scientifique de M. le vicomte 
E. de Rougé, publiées par M. le vicomte J. de Rougé. 4 vol. in-4°. Au lieu de 120 fr. 60 fr. 

JÉQUIER (G.). Le livre de savoir ce qu'il y a dans l'Hadès. Gr. in-8°. 9 fr. 

JOHANNES DE CAPUA. Directorium vitae huraanee alias parabola antiquorum sapientium. Version 
latine du livre de Kalilâh et Dimnàh publiée et annotée par J. Derenbourg. 2 vol. 
gr. in-8°. 16 fr. 

JORET (C). Les plantes dans l'antiquité et au moyen âge. Histoire, usage et symbolisme. 1" partie : 
Les plantes dans l'Orient classique. Tome 1" : Egypte, Chaldée, Assyrie, Judée, Phénicie. 
In-8°. 8 fr. 

LEDRAIN (E.). Les monuments égyptiens de la Bibliothèque Nationale (cabinet des médailles et 
antiques). 3 livraisons. In-4'' . 37 fr. 

LEFÉBURE (E.). Le Mythe Osirien. Première partie : Les Yeux d'Horus. In-4°. Au lieu de 20 fr. 15 fr. 

Deuxième partie : Osiris. In-4°. Au lieu de 20 fr. 15 fr. 

LEPSIUS (C.-R.). Les métaux dans les inscriptions égyptiennes, traduit de l'allemand par W. Berend, 
avec notes et corrections de l'auteur. In-4", avec 2 planches. 12 fr. 

LEVI (S.). Le théâtre indien. Gr. in-8°. 18 fr. 

Quid de Graecis veterum Indorum monumenta tradiderint. In-8°. 3 fr. 

LIEBLEIN (J.). Index alphabétique de tous les mots contenus dans le Livre des Morts publié par 
R. Lepsius d'après le Papyrus de Turin. rn-8°. Au lieu de 12 fr. 6 fr. 

MARIETTE-PACHA. Denderah. Description générale du grand temple de cette ville. 4 vol. in-f° et 

suppl. contenant 339 pi., ace. d'un vol. de texte in-4°. Au lieu de 390 fr. 200 fr. 

Le volume de texte se vend à part. Au lieu de 60 fr. 30 fr. 

Le supplément aux planches. Séparément. Au lieu de 10 fr. 5 fr. 

Monuments divers recueillis en Egypte et en Nubie. 28 liv. in-f^ Au lieu de 168 fr. 90 fr. 

Les Papyrus égyptiens du Musée de Boulaq publiés en fac-similé. Tomes I à III, Papyrus 1 à 22. 

3 vol. in-f" ornés de 121 planches. 400 fr. 

Le tome III, 20 pi. en couleurs, se vend séparément. Au lieu de 100 fr. 50 fr. 

Le Sérapéum de Memphis. Nouvelle édition publiée d'après le manuscrit de l'auteur par 

G. Maspero. Vol. I avec un atlas in-f° et un supplément. 55 fr. 
Les Mastaba de l'Ancien Empire. Fragments de son dernier ouvrage, publiés d'après le manuscrit 

par G. Maspero. 9 livr. 100 fr. 

MARTIN (F.). Textes religieux assyriens et babyloniens. Transcription, traduction et commentaire. 

Gr. in-8°, avec 1 planche. 6 fr. 

MASPERO (G.). Essai sur l'inscription dédicatoire du temple d'Abydos et la jeunesse de Sésostris. 

ln-4". 15 fr. 

Hymne au Nil, publié et traduit d'après les deux textes du Musée britannique. In-A". 6 fr. 

Une enquête judiciaire à Thèbes au temps de la XX" dynastie Étude sur le Papyrus Abbott. 

In-4" (Epuisé) 



MASPERO (G.). De Carchemis oppidi situ et historicà antiquissimâ. Accedunt nonnuUa de Pedaso 
Ilomeiicâ. Gr. in-S", avec 3 cartes. Au lieu de 4 fr. 2 fr. 

Mémoire sur quelques Papyrus du Louvre. In-4°, orné de 14 planches et fac-similés. Au lieu de 

20 fr. 10 fr. 

Rapport à M. Jules Ferrv, Ministre de l'Instruction publique, sur une mission en Italie. 

Gr. in-4°. ' 20 fr. 

Les inscriptions des Pyramides de Saqqarâh. Un fort vol. gr. in-4°. 80 fr. 

MÉLANGES d'archéologie égyptienne et assyrienne. 3 vol. in-4°. (Épuisé) 

MÉMOIRES de la Société de linguistique de Paris. Tomes I à XI complets. 342 fr. 

Tous les fascicules, à l'exception des 1", 2% 3' du t. I" et 2' du t. II, se vendent séparément. 

Table analytique des dix premiers volumes, par E. Ernault. Gr. in-8°. 18 fr. 

MYER (J.). Scarabs. The History, Manufacture and Religious Symbolism of the Scarabaeus, in Ancient 
Egypt, Phoenicia, Sardinia, Etruria, etc. Also Remaiks on the Learning, Philosophy, Arts, 
Ethics, Psychology. Ideas as to the Immortality of the Soûl, etc., of the Ancient Ègyptians, 
Phoenicians, etc. In-8° cart. toile. 12 fr. 

OPPERT (J.). Mémoire sur les rapports de l'Egypte et de l'Assyrie dans l'antiquité, éclaircis par l'étude 
des textes cunéiformes. In-4". 12 fr. 

Duppe Lisan Assur, éléments de la grammaire assyrienne. 2' éd. In-8°. Au lieu de 6 fr. 3 fr. 

LE PAPYRUS DE NEB-QED (exemplaire hiéroglyphique du Livre des Morts) reproduit, décrit et 
précédé d'une introduction mythologique, par Th. Devéria, avec la traduction du texte par 
M. Pierrot. Gr. in-f°. 12 pi. et 9 pages de texte. Au lieu de 50 fr. 30 fr. 

PERRUCHON (J.). Les chroniques de Zara Yà 'eqôb et de Ba'eda Mâryâm. rois d'Ethiopie de 1434 à 1478 
(texte éthiopien et traduction), précédées d'une introduction. Gr. in-8°. 13 fr. 

PIERRET (P.). Études égyptologiques comprenant le texte et la traduction d'une stèle éthiopienne 
inédite et de divers manuscrits relisieux, avec un glossaire égyptien-grec du décret de Canope. 
In-4°. Au lieu de 20 fr. " 10 fr. 

Recueil d'inscriptions inédites du musée égyptien du Louvre traduites et commentées. Première 

et deuxième parties avec table et glossaire. 2 vol. in-4°. Au lieu de 50 fr. 30 fr. 

Vocabulaire hiéroglyphique comprenant les mots de la langue, les noms géographiques, divins, 

royaux et historiques classés alphabétiquement; accompagné d'un vocabulaire français- 
hiéroglyphique. Gr. in-8°. 60 fr. 

Essai sur la mythologie égyptienne. Gr. in-8°. . 7 fr. 50 

POGNON (H.). Une incantation contre les génies malfaisants, en Mandaïte. Gr. in-8°, avec 1 pi. 2 fr. 50 

L'inscription de Bavian. Texte, traduction et commentaire philologique, avec trois appendices et 

un glossaire. 2 vol. gr. in-8°. 12 fr. 

Les inscriptions babyloniennes du Wadi Brissa. Gr. in-8°, avec 14 planches. 10 fr. 

L'inscription de Raman-Nérar 1", roi d'Assyrie (réponse à un article de M. Oppert). 1 fr. 

RAMBAUD (J.). La langue Mandé. Gr. in-8". 5 fr. 

REGNAUD (P.). Matériaux pour servir à l'histoire de la philosophie de l'Inde. Gr. in-8°. 19 fr. 

REVILLOUT (E.). Papyrus coptes. Actes et contrats des musées égyptiens de Boulaq et du Louvre. 

1" fasc. Textes et fac-similés. In-4°. Au lieu de 20 fr. 10 fr. 

Apocryphes coptes du Nouveau Testament. Textes. 1" fasc. In-4°. Au lieu de 25 fr. 10 fr. 

Chrestomathie démotique. 4 vol. in-4°. Au lieu de 100 fr. 40 fr. 

Études sur quelques points de droit et d'histoire ptolémaïques. In-4°. 10 fr. 

RITUEL funéraire des anciens Égyptiens. Texte complet en écriture hiératique, publié d'après le Papyrus 

du musée du Louvre, et précédé d'une introduction à l'étude du Rituel, par le vicomte E. de 

Rougé. Livr. 1 à 5. Gr. in-f°. 60 fr. 

ROBIOU (F.). Mémoire sur l'économie politique, l'administration et la législation de l'Egypte au temps 

des Lagides. Gr. in-8°, orné d'une carte. 6 fr. 

Recherches sur le calendrier macédonien en Egypte et sur la chronologie des Lagides. In-4*. 9 fr. 

La Question des mythes. 1" fascicule : Egypte, Asie antérieure. In-8°. 2 fr. 50 

Questions d'histoire égyptienne, étudiées dans le Recueil de travaux relatifs à la philologie et à 

l'archéologie égyptiennes et assyriennes. In-8". 1 fr. 

Recherches sur la religion de l'ancienne Egypte, le culte. In -8°. 2 fr. 

Le système chronologique de M. Lieblein sur les trois premières dynasties du Nouvel Empire 

égyptien et le synchronisme égyptien de l'Exode. In-8°. 1 fr. 50 

ROUGÉ (E. de). Chrestomathie égyptienne ou choix de textes égyptiens, transcrits, traduits et accom- 
pagnés d'un commentaire et d'un abrégé grammatical. 4 vol. gr. in-8°. 100 fr. 
— — Recherches sur les monuments qu'on peut attribuer aux six premières dynasties de Manéthon. 

précédées d'un rapport adressé à M. le Ministre de l'instruction publique sur les résultats 

généraux de sa mission en Egypte. Gr. in-4% avec 8 pi. dont 5 doubles. (Epuisé). 50 fr. 
Inscriptions hiéroglyphiques copiées en Egypte pendant sa mission. Publié par le vicomte J. de 

Rougé. 4 vol. in-4°. Au lieu de 120 fr. 60 fr. 

SAADYA (Gaon de Fayyoum). Commentaire sur le Sefer Yesira ou livre de la création, publié et traduit 

par Mayer Lambert. Gr. in-S". 10 fr. 

SAULCY (F. de). Dictionnaire topographique abrégé de la Terre-Sainte. 1 vol. in-8°. 6 fr. 

SCHACK (G. von). Die Unterweisung des Kônigs Amenemhat I. 1" et 2' Hâlfte. Gr. in-4°. 8 fr. 

TARAFA IBN AL-'ABD AL-BAKRI, Dîvvân. Texte arabe publié par M. Seligsohn et accompagné 

d'une traduction française. 1 vol. gr. in-8°. 16 fr. 

VIREY (P.). Étude sur le Papyrus Prisse. Le livre de Kaqimna et les leçons de Ptah-Hotep. 

Gr. in-8°, 8 fr. 



CHALON-SUR-SAÔNE, IMP. FRANÇAISE ET ORIENTALE DE L. MARCEAU, E. BERTRAND, SUCC.